Roland

Tutoriel pour un pochon simple et intuitif

Roland, c’est le nom que j’ai donné à la seconde production-maison des Gaufres au Guatemala qui expérimente, avec une fortune dont vous jugerez, les vertus de la couture intuitive. Je dis bien intuitive même si de mauvaises langues pourraient préférer l’adjectif « approximative ».

De quoi s’agit-il? Un modèle qui se construit en fonction de deux choses :

  • un objectif : réaliser un pochon pour ranger ces fichues pièces du jeu d’échecs familial qui traînent partout;
  • des contraintes matérielles :
    • Aucun achat de matériel : usage exclusif des chutes de tissus disponibles à l’atelier;
    • Aucune mesure : le présent tutoriel ne sort jamais ni latte ni ruban millimétré. Détendez-vous et faites-vous confiance : la bonne taille, c’est celle qui vous convient;

Ca vous dit? Alors on y va pour un « step by step » en images.

Etape 1 : sélectionner le tissu : rechercher des morceaux de tissus dans vos fonds de tiroirs : nul besoin de grands coupons, bien au contraire! Tous les tissus sont possibles mais ils doivent pouvoir s’associer. Donc, même en couture intuitive, on évite la déception en refusant d’assembler des tissus extensibles avec des tissus tramés. Tout de même!

Etape 2 : tracer dans le sens du droit-fil (parallèlement à la lisière) des languettes uniformes. Quelles dimensions? Couture intuitive, c’est aussi couture pragmatique : saisissez une latte et utilisez-la comme gabarit : la largeur est à peu près celle qu’il vous faut et ça fait des lignes parallèles fort acceptables. Sachez que la taille du coupon importe peu. Celui illustré ci-dessous est probablement le plus grand que j’ai utilisé.

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Etape 3 : découper les languettes tracées dans vos divers tissus. Il va de soi que suivant les coupons utilisés, la longueur des languettes variera. Pas de souci. C’est maintenant qu’il faut se demander à quel usage on réserve le pochon. Quelle devrait être sa hauteur à peu près? Je choisis la hauteur naturelle des languettes coupées dans le coton aux motifs de coccinelles (à peu près 25 cm mais peut nous importe). Vous voyez sur la troisième image ci-dessous que pour une hauteur de coccinelles, j’ai besoin de deux hauteur de coton fleuri et de trois hauteurs de coton à motifs de chats.

Etape 4 : Du coup, il me faut coudre de nouvelles languettes à partir de deux languettes en coton fleuri et de trois languettes à motifs de chats et ainsi de suite avec les autres tissus. La première image ci-dessous montre le résultat de cette opération. Ainsi, finalement, je dispose d’une série de languettes qui ont toutes AU MINIMUM la longueur dont j’ai envie (en l’occurrence la longueur des languettes à coccinelles). Je les trie par motifs. Cool! C’est déjà beau. A ce stade, vous méritez une pause au bord d’une tasse de thé.

Etape 5 : Faire appel à son sens artistique pour assortir au mieux les couleurs. Disposer sur une table les languettes dans l’ordre qui vous convient le mieux. Changer, tester, rechanger…jusqu’à ce que vous trouviez la bonne composition. Ensuite, cousez dans l’ordre voulu les diverses languettes (endroit contre endroit bien sûr).

J’avoue avoir vu ma belle confiance vaciller sur ses bases à cette étape car j’avais l’impression que mes tissus n’allaient pas du tout ensemble et que le résultat ne pourrait être que grotesque. Alors j’ai fait le choix qu’entre chaque languette à motifs, j’insérerais une languette de tissu uni. Par grande chance, j’avais un vieux coupon de jean léger (chutes d’un pantalon Wanderer d’Ottobre). Résultat face avant et face arrière après un repassage soigneux que je vous recommande, question de survie :

Etape 6 : Avec la même latte qui servait de gabarit à l’étape 2, tracer des lignes horizontales et couper :

Résultat face avant, face arrière :

Etape 7 : coudre ensemble les languettes en les disposant de façon à créer un contraste entre les différents motifs :

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Une cousez autant de languettes qu’il faut pour arriver à la largeur de pochon souhaitée. Dans mon cas, j’en ai cousu 7.

Etape 8 : Coudre un cadre de coton assorti. Repasser.

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Puis un second sur trois côtés. En fait, l’ouvrage peut ainsi s’agrandir jusqu’au moment où on obtient la taille souhaitée.

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A ce stade, si la taille de l’objet vous convient, la face avant est terminée.

Etape 9 : Il reste à réaliser le dos de l’ouvrage dans un coupon plus large (ou en répétant les mêmes opérations avec un peu de courage). Ici, j’ai choisi un coupon de jean léger uni. Sa taille? Je l’ai coupé en posant sur le tissu la face avant. On se retrouve avec deux pièces de même taille qu’il faut encore assembler.

Etape 10 : préparer la doublure : dans une chute de tissu assortie, tailler encore deux rectangles de même taille que les faces de l’ouvrage. Les assembler en laissant une ouverture d’un demi index sur un des côtés :

Couper les coins comme suit et épingler la doublure au pochon comme ceci :

On pique le bord ainsi épinglé et on retourne l’ouvrage sur l’endroit en faisant passer le pochon par la petite ouverture laissée dans la doublure et on ferme cette ouverture par un petit point invisible pratiqué manuellement.

Le résultat est si bien qu’on peut s’arrêter là si on veut  :

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Si vous souhaitez fermer le pochon par un gros bouton sympa c’est une bonne idée aussi. Alors on sort sa réserve de boutons, celle de sa grand-mère et les autres et on choisit sur un coup de coeur :

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Etape 11 : poser la boutonnière.

En pliant le pochon en deux, on trouve aisément le milieu de l’ouvrage, on le bouton sera posé. Sur la face avant, il faut coudre une boutonnière et sur la face arrière, côté intérieur, il faut coudre le bouton.

 

 

Et voilà votre Roland réalisé. C’est un peu fastidieux ce petit damier de tissus mais quelle valeur ajoutée pour des lambeaux de tissus qui traînaient au fond d’une armoire! Ca fait du bien non? Je trouve qu’en faisant du beau à partir de choses insignifiantes, on se sent un peu dans la peau du maître du monde non?

Une réflexion sur « Roland »

  1. De loin, j’ai cru que les lamelles étaient croisées.
    Ça a l’air fastidieux, mais c’est une belle façon d’utiliser ses chutes ! Et pour le coup, le motif est thématique avec le contenant. ^^

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