CAP Couture : Yselda la Maudite

« Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends. » Nelson Mandela

Eh bien s’il m’était donné d’avoir une troisième fille, permettez moi de vous le dire, elle ne s’appellerait pas Yselda! 😀

C’est en ce début de mars que je trouve le courage de guider ma main vers le clavier pour vous dire combien fut long et difficile le chemin vers une Yselda forcément décevante. Ceci ne signifie pas du tout que l’expérience Yselda ait été vide d’enseignement, bien au contraire. Mais elle m’a tout de même coûté quatre dimanches de travaux inutiles pour un résultat très improbable.

Je vous explique. Le livre* que je suis pas à pas dans cette épopée du CAP Couture propose les patrons à réaliser en taille 38. Pour d’autres tailles, le site Artesane.com, qui est partenaire de l’ouvrage, distribue les patrons PDF. Pour la jupe Ambrosia ( voir mon article ici : CAP Couture : Ambrosia), j’avais tout naturellement imprimé les pièces en A4 et après un petit assemblage minutieux mais aisé, je m’étais constitué un petit patron prêt à utiliser. J’ai voulu rééditer ce que je ne pensais alors pas être un exploit sur Yselda et çà, c’est l’histoire de mon premier dimanche.

Dimanche I : Yselda se rebiffe

Yselda existe en trois variantes pour lesquelles chaque pièce est reproduite. Et ce, même si des pièces sont communes aux diverses variantes. Aucun calque sur le PDF ne permet de sélectionner les pièces dont on a besoin et éviter l’impression des autres. Dans ces conditions, c’est 78 pages qui sont sorties de mon imprimante. Considérant qu’il me suffisait de découper une partie seulement de ces feuilles, j’ai persévéré. Mais en fin d’après-midi, j’ai du admettre que non seulement je n’avais pas terminé mais aussi que ce qui était fait manquait cruellement de précision. Il ne faut pas oublier que dans ce programme tout est cousu et vérifié au millimètre. Alors à quoi rime de controler ses coutures à ce niveau de précision, quand on n’est pas garant de son assemblage papier? Rien. Cela ne rime à rien. Et c’est devant ce RIEN qui résonnait dans ma tête que j’ai accepté la perte d’une après-midi que j’espérais créative.

Je me suis avisée que d’autres lectrices avaient eu des problèmes semblables et avaient réclamé une version A0 des patrons. Cette version est également disponible sur le site d’Artesane et, surprise, en me renseignant sur qui diable pourrait bien m’imprimer du A0, j’ai appris que le petit imprimeur en bas de ma rue faisait çà à des conditions tout à fait acceptables. Problème? Solution! « A dimanche prochain chère Yselda » ai-je murmuré en chiffonant les morceaux irrécupérables de papier et en déposant les autres dans le bac à feuilles de brouillon.

Dimanche II : Yselda manque de couleurs

La veille au soir, pas peu fière d’avoir déniché le bon imprimeur, je regarde mes feuilles sortir en format A0 de la machine sous l’oeil médusé de son propriétaire, de toute évidence plus habitué à des plans d’architecte.

Avant cela, l’intérêt de mon portefeuille avait dicté mon choix d’une impression noir et blanc. Après tout me suis-je dit, je peux encore suivre une ligne noire sur fond blanc sans loucher non?

En fait, oui, mais parfois non. Sur certaines pièces, à certains endroits, le choix de suivre une ligne ou une autre est cornélien. Mais je ne veux rien céder à la qualité ni à la précision alors je vérifie, je vérifie, je vérifie et en fin d’après midi, j’ai le patron découpé bien correctement et j’entame la découpe sur ma belle ramie de chez Stragier, faisant déjà le deuil pour ce dimanche là de mon étape favorite : la couture.

Dimanche III : Yselda me fait courir

D’humeur moyenne face à cette cousette récalcitrante, pour le troisième dimanche d’affilée, j’ignore les commentaires des enfants qui s’étonnent que je sois « encore sur ce machin là », et ceux, toujours très délicats, de mon mari qui s’intéresse « je me demande bien ce qui va sortir vu comme ça a l’air compliqué ton bricolage cette fois-ci ».

Allez au diable mes chéris, je suis candidate au CAP et vous n’aurez pas raison de mon moral pour si peu. Je squate donc d’autorité la table de la salle à manger et je me lance. Et là, ce sont tous les conseils de Christine Charles (quoi? Elle va s’y mettre elle aussi? 😦 ) qui me reviennent tel un boomerang implacable.

Dans le chapitre préliminaire de son livre, l’auteure insiste sur l’espace vital de la couturière, l’espace dédié, celui qui permet d’avoir tout à portée de main, à commencer sans doute par un peu de calme. Et moi, avec une maison transformée en quadruple bureau pour les besoins du confinement, me voici à sortir mes machines à coudre et ma mercerie de leur placard, à transporter tout ça en de multiples voyages à travers les étages, l’une dans les bras, les autres dans des sacs réputés thématiques,…

Vous savez quoi? Christine avait raison. J’ai du perdre au moins une heure sur l’après-midi à aller rechercher le matériel manquant, ou à le retrouver tout simplement, et c’est fatiguée que j’ai entrepris la couture de mon Yselda. Mais, au moins, cet assemblage s’est laissé faire, sans présenter de grosse difficulté. Le zip invisible de longueur interminable fut docile et c’est même mon plus beau succès en la matière.

De même, les longues coutures en courbes, sur une matière aussi facile n’ont opposé aucune résistance. En fin de journée, je ne parvenais pas à assembler les parmentures d’emmanchures mais lasse, j’ai ajourné l’ouvrage au dimanche suivant. Après tout, j’en étais convaincue, le pire était passé.

Dimanche IV : Yselda m’assassine

Là, je la ferai courte. Il est des impossibilités inconcevables qu’il faut pourtant un jour observer avec courage et humilité. Alors, oui, après avoir revérifié que je n’avais pas commis d’erreur de découpage de patron, j’ai bien du constater que mes parmentures ne pourraient jamais convenir à ma robe et qu’elle-même ne serait jamais une robe. Et jamais personne ne la porterait.

Car j’ai réalisé tout bonnement que j’avais été jusqu’à ce stade de la réalisation d’Yselda alors qu’au dimanche II, j’avais, sans y penser, ajouté les marges de couture au patron alors que ce dernier les contenait déjà!!

Si si. Et je le savais, bien sûr. Et c’était clair dans les instructions de Christine. Si, si. Voilà, voilà. Exit Yselda. Je ne sais toujours pas si la déception était plus grande que le soulagement. Projet pénible « tot en met » comme on dit chez moi. Mais grande leçon. Car je le jure, plus jamais…

Après, çà, j’ai forcé les parmentures par grande violence puis j’ai tout de même réalisé la goutte, comme si Yselda, avant de mourir, devenait une simple pièce d’étude.

A très vite pour la suite de mes aventures CAP, avec, je peux déjà vous le dire, de quoi me consoler vraiment grâce à Eléanora, une robe merveilleusement rustique!

*Christine Charles, Passez votre CAP Couture avec Artesane.com, éditions Eyrolles.

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