Ouvrages de dames

A l’heure ou amiante et couture faisaient bon ménage

Il est assez rare que je publie un article qui ne présente aucune cousette sortie de l’Atelier. Mais aujourd’hui, je ne résiste pas à partager une découverte réalisée lors de la lecture d’un passage d’un de mes ouvrages de référence préféré. Et puisque l’occasion s’offre à moi, j’en profite pour vous parler de cette encyclopédie fétiche.

Il s’agit de « L’Encyclopédie des Ouvrages de Dames » par Thérèse de Dilmont. L’ouvrage, qui a connu maintes éditions, peut encore être acheté aujourd’hui sur diverses plateformes en ligne. Sa première publication remonte à 1886 mais la version que j’ai entre les mains doit être plus « récente » puisqu’en préambule, on se félicite de son succès triomphal lors de l’exposition universelle de Chicago :-D.

Aucune date n’y figure mais je dispose d’indices pour conclure que ma version, chinée en brocante, est très ancienne :

  • Les pages, asséchées, sont profondément jaunies
  • Le signet de délicate toile s’étiole mais la qualité des matériaux et de la reliure me permet de l’utiliser régulièrement sans précaution particulière
  • Le paragraphe dont je veux vous parler ne pourrait plus paraître aujourd’hui (patience! j’y viens)

Concernant la qualité de fabrication de l’ouvrage, j’avoue ressentir toujours un peu de nostalgie pour une époque où la qualité n’était manifestement pas une variable d’ajustement. Mais j’en reste là sur la nostalgie et surtout, je suis gonflée d’espoir vis-à-vis de l’avenir qui je crois remettra la durabilité des produits au centre de nos nouvelles manières de consommer.

La biographie de Thérèse de Dilmont est consultable sur Wikipedia. J’y trouve toute sorte de motifs pour m’attacher à cette auteure qui pour moi jusqu’à aujourd’hui n’était qu’un nom. Et je m’avise de l’ampleur de ses entreprises et de son succès alors qu’elle est décédée à l’âge de 44 ans, après seulement 4 mois de mariage, en raison de l’épidémie de grippe qui sévissait alors.

Quelle triste et précoce fin pour cette femme talentueuse. Mais, est-ce une consolation?, Thérèse, à l’instar de toutes ses lectrices d’alors, risquait une mort plus lente et sans doute plus pénible.

Voici ce qui m’amène à vous écrire aujourd’hui. A très juste titre, Thérèse recommande de choisir les aiguilles pour la couture à la main avec une haute exigence de qualité. Elle aborde notamment le problème encore aujourd’hui bien connu de l’oxydation des aiguilles, en contact avec la transpiration des mains.

De nos jours, que fait-on contre ce mal ? Eh bien, on jette les aiguilles régulièrement pour les remplacer par des neuves. Et pour le coup, j’adhère à cette solution à 110%!! Car à l’époque où écrivait Thérèse, il existait une astuce qui consistait à ranger les aiguilles dans une boîte contenant… de la poudre d’amiante!

Ah! Quand je vous disais que parfois, jeter est mieux qu’entretenir… 😉 Notez que l’auteure recommande également de réserver une boîte à part contenant cette même poudre d’amiante pour permettre aux dames d’y plonger les doigts avant chaque ouvrage manuel nécessitant l’usage d’aiguilles. J’en tremble! Chaque ouverture de cette maudite boîte devait éjecter dans les airs de quoi nuire aux poumons de toute la famille mais en particulier à ceux de la couturière.

Bref, je lisais ces lignes émue, en me disant que parmi les nombreuses victimes méconnues de l’amiante, il ne faut pas oublier les nombreuses femmes qui ont, sans le savoir, favorisé la longévité de leurs aiguilles et des chaussettes qu’elles reprisaient plutôt que la leur.

Mais que cela ne vous détourne pas de ce magnifique ouvrage ni de son auteure disparue trop tôt. Il s’agit du meilleur référentiel de ma bibliothèque pourtant bien fournie.

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