Blog

La magie de Noël III : Jane

Le pilote de la gamme Lady

Publicités

Elles m’ont fait rêvé ces ladies à l’ancienne qui truffent les romans d’Agatha Christie. Non qu’elles affichent toutes les vertus, sans quoi peu de meurtres en ce bas monde, mais leur élégance suggérée par l’auteure a longtemps nourri mon imagination. Et cette nuit, comme je ne trouvais pas le sommeil, sais-je pourquoi ?, l’idée m’est venue de partager cet héritage imaginaire et très personnel en vous dévoilant, par la couture, la trace que je garde de ces demoiselles, jeunes ou moins jeunes… 

Vous l’avez compris, c’est mon univers mental, celui de mes lectures d’adolescente, qu’il faut ouvrir pour cela et soudain l’angoisse me prend. Aurais-je égaré la clé ? Peut-être pas Sophie, mais il est parfois cruel de mesurer l’écart entre quelques images floues qui suffisent à satisfaire le cerveau et un objet du monde, concret, palpable, exposable à tous les yeux, à toutes les critiques. 

Tiens, je ne déglutis plus si facilement tout à coup… Et ce frisson dans le dos ? Sans doute le temps pré-hivernal… Mais assez de doutes pour l’instant ! Déjà se dessine dans les brumes de ma pensée la silhouette d’un personnage qui m’est si familier que je pourrais la compter parmi mes amies intimes : cette très chère Miss Marple ! En son honneur, ma première production s’appellera « Jane » et sa ligne sera comme elle : sage et implacable quoique non dépourvue de féminité… 

Bien sûr, ce sont des mots ! Reste à les transformer en un objet acceptable qui soit une expression sincère de mon souvenir de Jane.  

L’objet : faisons pratique, ça fera plaisir à ma grande sœur de famille qui est aussi une fidèle lectrice des Gaufres! Je souhaite depuis longtemps trouver une solution pour ranger efficacement et ENSEMBLE les soutien-gorge et leur slip assorti (ou quasi assorti). Car comme je ne suis pas du matin (ce que vous pouvez désormais comprendre puisque  je viens de vous donner une idée de ce à quoi je pense au lieu de dormir), je me lève régulièrement en catastrophe et m’habille de même. Si je trouve alors encore à peu près l’énergie de choisir un pantalon et un top qui s’accordent, il va de soi que côté underwear, par contre… Ca craint ! 

OK, la lingerie, ça ne se voit pas… Mais est-ce une raison pour ne pas s’améliorer ? 

Donc, je vais réaliser une gamme de petits sacs à lingerie que je vais appeler « Lady » et chaque modèle de sacs portera le nom d’un personnage dont je garde le souvenir. Et bien sûr, Jane ouvre la marche. Ce que je vous présente aujourd’hui est la toile de Jane : le premier draft de patron réalisé « pour voir » dans une toile de calicot.  

L’idée est de rappeler le style d’un chemisier propret et bien boutonné à l’avant, avec une parmenture et deux plis à l’arrière. C’est l’idée que je me faisais du style de  Miss Marple. Voici la face avant et la face arrière :

Petite fantaisie utile : le premier bouton est bien réel et permet la fermeture du petit sac. Et pour information, ses dimensions sont de 19 cm sur 21 cm. C’est peut-être un peu juste pour les soutien-gorge à armure…

Mon idée est, une fois le patron fixé, de réaliser ce modèle dans une mousseline, un crêpe léger voire  un coupon de Liberty. Car c’est un sac à lingerie tout de même… Evitons le velours côtelé et la gabardine! :-D J’envisage aussi de l’agrémenter de dentelle (au col et dans le dos par exemple), voire d’un collier à perles ou d’une broche vintage,… L’avantage de toutes ces variations possibles est d’obtenir aisément des résultats différents avec une seule recette 😊 

Qu’en pensez-vous ? L’idée est-elle bonne ? Comment améliorer Jane ? Je verrais bien un col plus présent et peut-être une petite poignée pour faire plus sac que pochon… Le cas échéant, est-ce un cadeau de Noël acceptable ?  

J’en ai des questions aujourd’hui n’est-ce pas ? Mais ce n’est pas tous les jours qu’on avoue publiquement avoir lu tous les romans d’Agatha Christie et les avoir aimés assez que pour, 25 ans plus tard, en proposer le témoignage couturier. Petite précision en vue de conserver toutes mes amitiés blogueresques : je n’avais rien fumé hier soir. 

Je vous embrasse. 

 

Sophie 

IMG_2191

La magie de Noël II : les chouchous

Le plaisir de faire plaisir…

Les voyages dans le temps, ça existe, j’en ai fait un! Car les chouchous, si il y a bien un truc emblématique de la mode ado de mon époque, c’est cela. En essayant d’expliquer à ma fille ce que nous, à son âge, mettions dans les cheveux, je me suis rendue compte que dans le fond, le plus clair était encore d’en faire un. Comme çà, sur le pouce, sans préméditation, autour d’un élastique de cuisine.

Alors dans la gamme des cadeaux de Noël autant que dans celle du projet récup’ par lequel je veille à faire du beau avec du laid, de l’utile avec du brol, de la valeur avec des poussières, je vous présente… ta-damm! LE CHOUCHOU.

IMG_2178

Pour ceux ou celles qui ne partageraient pas mon idiôme natal, un chouchou, c’est un truc informe cousu autour d’un élastique et qui orne agréablement les queues de cheval (la coiffure hein, pas le bel ornement que la nature à offert aux équidés). Ouh! Le tracassin linguistique ici… Si on causait couture, histoire de retrouver un peu de confort?

J’ai opté pour un montage très simple dans la plus pure tradition de la « couture approximative » que j’affectionne au point que je pense un jour déposer un brevet sur ce concept. A toutes fins utiles, je fournis le pas-à-pas expliqué ici. Avis aux plus débutantes que moi s’il y a : le chouchou, c’est 10 minutes montre en main. Rapport résultat-effort imbattable.

Finalement, voici le résultat :

Le chouchou Flamant

Issu d’une chute de ce tissu que j’adore et qui avait permis la réalisation d’une trousse (voir à ce propos un de mes premiers articles : La vie en flamants roses!)

Le chouchou aux cerises

Issu d’une chute de coton imprimé qui avait servi lors de la confection d’un chemisier estival (voir Beaucoup de cerises)

Le chouchou étoilé

Merveilleux tissu que celui-là : blanc éclatant parsemé d’étoiles dorées qui brillent de mille petits feux. La réalisation d’origine est un patron d’Ivanne S. : Diamond (voir mon article Diamond, un petit bijou!

Le chouchou du Colonel Moutarde

Souvenez-vous! Voici peu de temps, je me lançais dans l’aventure d’un vestiaire masculin et pour palier une carence en tissu fort inopinée, j’avais choisi de travailler avec un tissu secondaire dans une couleur tranchante : la couleur moutarde (Four fellows). Ce chouchou est un peu maigre parce que mes réserves dans ce tissu étaient faibles 🙂

Le chouchou aux fleurs

Ce chouchou hérite quant à lui de chutes de tissu acheté pour rehausser la géniale pochette caméléon de Corinne Romeyer ( Une pochette « caméléon ») mais il a été moultes fois recyclé dans divers projet comme celui d’une pochette de type « compagnon » ( Comme un jardin de fleurs)  ou encore d’un panier de lingettes durables (Projet récup’ : Des paniers, des lingettes….)

Le chouchou en jean

Quelques chutes d’un des pantalons Wanderer d’Anabelle (SOS Wanderer) attendaient le jour de leur transformation 🙂 Une première récup’ très gratifiante avait pris la forme d’un pochon. Aujourd’hui, voici donc le chouchou…

Le chouchou passe-partout

Du noir, c’est obligatoire! Ca va avec tout. Tiré d’un coupon très bas de gamme récupéré d’un jeu de société bidon, voilà tout de même deux chouchous très présentables :

IMG_2180

Le chouchou imperméable

Enfin, je termine la marche des chouchous avec la transformation (très partielle je le concède) d’un vieux parapluie! Le tissus de ce parapluie me plaisait tant que je n’ai pu me résoudre à le jeter avec l’armature brisée de mon ancien compagnon.

Une fois mes petits chefs-d’oeuvre terminés, je les ai présentés à ma fille pour appuyer mon propos sur ce que fut la mode quand j’avais son âge. Elle s’en est emparée et les porte chaque jour depuis. Mission accomplie!

 

La magie de Noël I : Le noeud pap’

L’Atelier passe en ambiance « fin d’année ». Sous les lumières tamisées, au rythme des gouttes de pluie, au son des bourrasques, les idées de cadeaux de Noël se succèdent sous l’aiguille de ma machine.

Aujourd’hui, focus sur le noeud papillon! Ce pourrait être aussi une page de mon vestiaire masculin entamé tambour battant par la chemise Four Fellows (Four fellows)  Mon choix s’est porté sur un patron de I Am Patterns : explications et video de Marie-Emilienne ici.

Le tissu : un petit mais admirable coupon de Liberty.

Magnifique! Oui. Mais…encore faut-il nouer ce machin correctement! Alors, on s’informe et on recommence…

Eh bien voilà! C’est beaucoup mieux! Reste à lui trouver un emballage digne de l’occasion et le placer sous le sapin!

On se revoit très vite autour d’autres idées-cadeaux bourrées d’amour.

Coup de foudre au n°23

Histoire du plus beau chemisier sans nom

Coups de foudre à tous les numeros en fait! Je suis tombée en extase devant les modèles de l’édition Hors série n°9H de Fashion Style. Le principe : 25 modèles automnaux classieux, originaux sans trop, et des patrons de robes réalisables en chemisier! A moins que ce soit le contraire… Ce qui est sûr, c’est que le plus dur est de choisir!

Une fois que réaliser tous les modèles est une évidence, il faut se faire violence et choisir lequel sera le premier et ça, c’est très dur quand on les veut tous 😀

Pas de panique! Que les plus raisonnables de mes lecteurs se rassurent : je saurai réprimer cet élan couturier qui m’anime et ne coudre que ce dont j’ai vraiment besoin. Là, j’écrivais mes intentions débridées, sans retenue, pour exprimer la valeur que j’attache à cet exemplaire d’une revue que je n’ai jamais pratiquée auparavant : Fashion style…

L’élu de mes pensées, celui qui s’est retrouvé sous l’aiguille de ma machine par la grâce d’un heureux hasard (un tissu Veritas tout-à-fait-comme-il-le-fallait) est un chemisier qui mérite le nom de « Coup de foudre » mais qui se désigne seulement par un sobre numéro : 23! Non mais sérieusement! A quoi pensent les marketers de Fashion Style si jamais il y en a… Je sais, d’autres marques de renom comme Burda font de même et l’étendue de leurs collections est telle qu’il leur serait pénible de nommer toutes leurs créations, mais c’est dommage!

Bref! Voici en image le fameux chemisier 23 : dans un tissu très fluide parsemé de petits motifs floraux stylisés de couleur crème et caramel sur fond noir, le n°23 présente une fantaisie au col tout à fait délectable : une bande de tissu à nouer comme çà, négligemment, ou au contraire fermement, comme une cravate, pour tous les jours où « ça rigole pas avec moi » :-D.

Le n°23 se caractérise par une coupe cintrée (avec un dos qui adopte les courbes de la colonne comme s’il avait été moulé sur mannequin (enfin mannequin, n’est-ce pas, on se comprend ;-)). A noter également les manches bouffantes au poignet.

Qu’est-ce qui m’a surtout séduite dans tout cela? Eh bien, tout voyons! Ma seule déception : j’ai longuement hésité à couper la robe (vu que c’est le même patron!) et cette tentation reste fort présente quand bien même j’adooore ce chemisier.

Oh! Avec tout cet enthousiasme, j’ai oublié de vous dire, mais c’est un détail que c’est du travail tout de même cette petite chose… Et je n’ai pas survécu à toutes les explications exclusivement verbales de Fashion Style. Enfin, ceci ne m’empêche pas de porter fièrement le résultat!

Avant de vous quitter, qu’il me soit permis de remercier ma photographe du jour : Anabelle.

Sophie

Four fellows

Quatre hommes, un seul patron

Comme je m’en ouvrais avec enthousiasme dans mon précédent article Le monde macabre de Halloween… , je me suis lancée le défi de réaliser un vestiaire masculin dont ma moitié doit être l’heureux bénéficiaire quoiqu’il n’en soit pas le commanditaire.

L’énoncé du problème

Changer le look de mon homme par petites touches patientes, voilà en quelques mots l’objectif de toute une vie de mariage. Sauf qu’aujourd’hui, je pense avoir des chances raisonnables de parvenir à mes fins et ce, grâce à la magie de la couture maison et de l’amour qu’elle renferme.

Le choix d’une chemise

Pour commencer, je voulais une belle pièce et quoi de plus emblématique du vestiaire masculin qu’une chemise? En soi, la chemise est un beau défi couturier aussi. J’avais beaucoup aimé ma première expérience en 2017 mais je n’avais à l’époque pas eu suffisamment d’habileté pour poser les manches correctement et au final, l’embu,  surdimensionné, avait eu raison de moi (La chemise (#jecoudsmagarderobecapsule2017)

Par contre, j’avais eu plaisir à façonner ces petits détails qui font tout : poignets, patte de boutonnage, col, passe-poils et jeux à 4 tissus. Aussi, j’avais juré de tordre le cou une fois pour toutes à ces problèmes d’embu et de revenir à un nouveau projet de ce genre. Pour l’embu, ce fut chose faite grâce à l’explication en ligne très éclairée de In The Mood For Couture (Le top du top ). Quant au nouveau projet, il me tendait désormais les bras.

Trouver la bonne taille

Le modèle qui, je l’espère, sera le premier d’une longue série à passer sous ma machine à coudre, est la chemise Four Fellows d’Ottobre. Dans un premier temps, je lui trouvais deux qualité : sa coupe assez traditionnelle et sa disponibilité en taille 58.

Car si la chemise cousue en été l’an dernier reste actuellement dans la garde-robe, ce n’est pas en raison de la pose de ses manches mais plutôt parce que son propriétaire a du mal à la boutonner sans risquer la suffocation. C’est pourquoi j’ai tenu à jouer la prudence cette fois et je ne le regrette nullement!

La richesse d’un modèle

Cela dit, Four Fellows cachait (à peine en fait) d’autres attributs qui en font un patron de grand intérêt : comme son nom l’indique, ce patron permet de créer 4 chemises différentes grâce à des variantes qui, combinées au choix du tissu, permettent la variété de style à moindre effort : 2 choix de poches poitrines, 2 choix de poignet, possibilité de travailler avec plusieurs tissus ou pas…

Ceci au prix de décalquer quelques 18 pièces pour disposer de toutes les variantes, ce qui me paraît tout de même beaucoup plus économique que de décalquer les pièces de 4 chemises différentes 🙂 De toute façon, je n’ai pas eu à faire le choix. Ma nièce, de passage à la maison, et moi-même avons tellement papoté en décalquant ce patron que nous ne nous sommes même pas rendues compte de tout ce potentiel et nous avons tout décalquer sans réfléchir… Pourquoi tous ces poignets et toutes ces poches? Pourquoi ce nom étrange de Four Fellows? Nous avions bien mieux à penser…

Du tissu, et vite!

C’est après avoir tout découpé que je me suis mise à lire les instructions (ça c’est d’office!) et que j’ai compris qu’il me fallait choisir mon style de chemise et cerner à quelles pièces correspondaient mon choix. En l’occurrence, j’ai opté pour des poches de poitrine simples mais avec une belle forme, fermée discrètement par un bouton. Côté poignet, j’ai choisi une patte de boutonnage comme ceci :

Le tissu, lui, devait faire partie de ma réserve personnelle. Pourquoi? Eh bien, tout d’abord, quand je me lance pareil défi, c’est « tout de suite »! Et ensuite, le destinataire de l’ouvrage ne paraissait pas pressé de consulter les catalogues de tissus en ligne pour exprimer ses préférences. Ainsi, j’ai consacré à cette chemise un très beau tissu du Chien Vert à la couleur un peu capricieuse (Est-ce du gris? Est-ce du brun?) mais chinée. Il s’agit d’un coton mais dont le motif joue un peu à la toile sergée.

Malheureusement, ce tissu n’est pas disponible en 140cm, ce dont je ne m’étais pas avisée. Il est plus étroit. Du coup, en posant les pièces sur le tissu pour les découper, j’ai bien du admettre que je n’en aurais pas assez. Premier écueil, contourné en réservant quelques pièces choisies qui seraient avantageusement découpées dans un tissu secondaire contrasté.

Un tissu rouge était mon plan. C’était sans compter sur une nouvelle déconvenue : n’ayant pas le temps de me rendre dans un vrai magasin de tissu, j’ai cherché mon coupon de coton rouge dans une mercerie près de chez moi et là, damned! Pas de coton rouge. Même rien de très attirant. Pas même de sympathie pour celui que j’ai fini par acheté d’ailleurs : un coton moutarde avec de petits motifs gris, crème et brun.

Avantage : il tranche assez bien sur le tissu principal. La preuve en image avec une photo prise lors de la confection du col (appréciez-vous autant que moi l’élégance du renfort de col? )

IMG_2076

Le montage

Pas de commentaire particulier : montage long mais agréable. Je relève ici le moment M, celui où contre toute attente, l’ouvrage, monté sur l’envers, va se retourner sur lui-même et montrer toute sa cohérence (notez que parfois, ça ne marche pas, comme illustré dans Jogging lacanien (#jecoudsmagarderobecapsule2017) )

IMG_2075

Eh oui! Cette espèce de sandwich mal ficelé finira par donner la jolie chemise que voici (et qui mérite un petit coup de fer, je sais :-)):

Quelques détails :

  • l’hirondelle qui permet une jolie finition sur les côtés (important vu que son propriétaire ne la rentrera sans doute jamais dans son pantalon);
  • le poignet doublé du tissu secondaire à défaut de tissu en suffisance (on dirait que c’est fait exprès non?);
  • le dos : col et parmenture nickel.

Vu le succès, la taille qui sied parfaitement, je crois que je vais la faire, re-faire et re-re-faire cette chemise et enfin tester toutes les variantes que son patron offre…

IMG_2095

Alors ce vestiaire masculin? Il est sur les rails non?

Sophie

Un drapeau pour les Hobereaux

Oiseau rapace diurne du genre faucon…

Les hobereaux sont de fiers rapaces qui élisent domicile dans les forêts européennes durant l’été. Mais « Les Hobereaux », ça, c’est le nom de la patrouille scout de ma fille et ceux-là désiraient un drapeau.

Cahier des charges : quelque chose de beau, de représentatif, qui correspondent aux couleurs de la patrouille : rouge, bleu ciel et bleu foncé.

Dimensions : inconnues. Budget : 0€.

Ce dernier critère est tellement puissant qu’il a donné seul au  projet les spécifications qui faisaient si cruellement défaut. Car si c’est gratuit, ça veut dire qu’on va devoir se contenter des tissus de récup’ qui attendent l’heure de leur résurrection dans les tiroirs de l’atelier des Gaufres :

IMG_2053

Le choix d’Eve s’est porté sur les tissus suivants :

  • Pour le bleu foncé, une chute du tissu employé pour le projet Tipsy – Trousse de toilette réalisé pour son frère;
  • Pour le bleu ciel, le tissu récupéré d’une housse d’oreiller en fin de vie;
  • Pour le rouge : les chutes du tissu employé pour confectionner un pantalon Wanderer (Ottobre) à sa soeur. Comme celui-ci n’a pas fait l’objet d’un article, voici, pour la petite histoire, la photo dudit pantalon : IMG_1147

La première étape du travail a consisté à refaire des pans de tissus suffisamment grands à partir des lambeaux en présence. J’ai cousu tout ce que je pouvais pour refaire des formes approximativement rectangulaires. Ces dernières ont été retaillées par la suite, conformément au patron réalisé entre-temps par Eve.

Et pour cela, il nous fallait une idée, chose dont Eve n’est jamais à court. Elle a donc conçu un gabarit qui représente un hobereau un fier hobereau qui plâne à l’affût d’une proie devant un soleil dont il faut deviner s’il se lève ou s’il se couche…

Le résultat :

IMG_2056

Bien sûr, vu de près, on se rend bien compte que ce fagnon est aux drapeaux ce que Frankenstein est aux humains : une reconstitution à partir de petits morceaux. Mais néanmoins, cela reste une satisfaction réelle de pouvoir construire du beau avec de l’informe.

Le monde macabre de Halloween…

… et ma princesse-aux-chauves-souris

OK, j’arrive avec un temps de retard pour parler Halloween et cela compte! Car Halloween est avant tout une question d’ambiance et l’ambiance, c’est aussi une question de moment. Les amateurs de polars vous le diront : une intrigue policière qui se déroule à Noël se lit différemment en décembre ou en plein mois d’août. Pour lire et suivre dans tous ses entrelacs un crime mystérieux commis sous le sapin, rien ne vaut une soirée d’hiver bien froide et un divan douillet placé sous un éclairage tempéré implacablement par les spasmes d’une guirlande de Noël. Dans ces conditions, la lecture s’envole et il arrive même que le lecteur ne sache plus, de la réalité et de la fiction, distinguer les traits. Expérience jouissive que celle-là. Mais ne nous égarons pas!

Si je vous parle Halloween à la mi-novembre, c’est précisément parce que j’ai mis sur cette fête toute l’énergie qu’elle appelait et que pendant ce temps, mon clavier est resté au repos. Je vous passe les volets cuisine et déguisements pour toucher au sujet qui occupe ce blog : la couture! Et Anabelle avait passé commande (l’an dernier à la même époque, je l’avoue en rougissant) : un gilet à capuche avec des chauves-souris!

Chiche! Le tissu, facile! Le chien vert propose (proposait l’an dernier en tous cas) un sweat d’excellente qualité, extensible, doublé de molleton trop doux. Le gilet, j’ai longtemps hésité entre des modèles intéressants mais élaborés d’Ottobre et d’autres, plus simples de La Maison Victor. Au final, c’est cette dernière qui l’emporte et voici ma princesse ravie dans un gilet Stevie!

Et entre Anabelle et Stevie, pas question de toutes ces histoires de moment M : pour porter son Stevie, tous les jours conviennent à Anabelle. Me le tendre pour le mettre à la machine est un déchirement qui s’accompagne d’un regard qui est comme une menace : « ok, lave-le puisque tu trouves qu’il le faut mais qu’il me revienne indemne surtout… »

Pour le reste, ça bouillonne pas mal à l’atelier des Gaufres en ce moment… Je compte vous revenir prochainement avec un projet de vestiaire masculin qui me tient beaucoup à coeur actuellement.

D’une part, les garçons de la famille (qui sont tout de même 3) se profilent comme nouveaux clients potentiels : deux d’entre eux ont manifesté leur intérêt pour un gilet comme celui d’Anabelle (le Stevie aux chauves-souris mais sans les chauves-souris) et l’autre place carrément la barre très haut en me demandant d’envisager un pantalon.

D’autre part, je rêve de relooker complètement leur père qui lui, se garde bien de rien demander, trop content qu’il est de circuler librement sous de vieux pulls sans forme, au fond de quelques jeans usés. Mais parole! Je m’en vais lancer une attaque subtile et pourtant implacable contre sa garde-robe. Ma méthode? Les petits pas!

Première étape : déclarer solennellement que ses deux pantalons en velours côtelés ne sont plus réparables tant ils sont usés : CHECKED. (C’est pas vraiment un mensonge et je récupère le tissu, ça va comme çà?)

Deuxième étape : trouver un patron de chemise suffisamment passe-partout mais avec un potentiel de fantaisie suffisant pour son côté non-conformiste : CHECKED. (je sais, une chemise ne remplace pas avantageusement deux pantalons en velours mais je n’ai pas dit que je n’attaquais pas sur plusieurs fronts à la fois)

Troisième étape : identifier un tissu possible dans l’armoire à tissus : CHECKED. Un coton de belle tenue avec un motif « chiné » d’une couleur à définir quelque part entre gris et brun.

Quatrième étape : réaliser la première pièce du vestiaire stylé que ce grand homme mérite : IN PROGRESS (en fait, je dois trouver les boutons, puis les poser et faire les boutonnières)

Cinquième étape : lui offrir le livrable dans les formes voulues (à déterminer) pour qu’il ne puisse le refuser (actuellement, le regard qu’il me jette quand je coupe, couds, découds (eh si), finalise n’est pas celui d’un homme qui comprend qu’il est concerné par cette chose en cours de fabrication)

Sixième étape : partager avec la blogosphère cette très agréable aventure couturière : TO DO.

Vivement que je puisse vous montrer cela et vous expliquer ces petites choses qui font que la couture est pleine d’interrogations, de déconvenues, de fous-rires aussi comme au moment où l’ouvrage ne se retourne pas sur l’endroit, au moment où une épingle se fait littéralement avaler par le fer à repasser (promis!), au moment où je teste avec ma nièce une technique de décalquage de patron à quatre mains, au moment où nous réalisons un peu tard que le nom du patron « four fellows » n’est pas du au hasard…

Du bonheur à partager! Alors à très vite chers lecteurs!

Sophie

IMG_2042