Maître Renard

…Sur le corps beau d’Anabelle

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Hello tout le monde! Non, je n’avais pas disparu. Oui, je cousais toujours, pas nécessairement avec autant de fortune que j’aurais voulu et surtout pas au rythme que j’aurais souhaité. Mais le début d’année m’a demandé quelques concessions en raison d’un nouveau projet professionnel qui, comme tout les nouveaux-nés, avait besoin de soins attentifs et assez exclusifs. Comme il m’emmène régulièrement outre-Europe, ça n’aide pas non plus car je n’ai pas trouvé le moyen de mettre une machine à coudre dans mes valises. Damned!

Puis, il y a eu deux videos « lecture-couture »! Ca me plaît tellement de vous entretenir de mes livres de couture favoris! Cependant, je ne me sens pas un grand talent de youtubeuse. La simple confection de la video et plus encore sa compression (en témoigne cette abominable publicité qui barre mon visage dans la video consacrée au livre « Coudre avec 1 mètre de tissu« ) sont un tel cauchemar que j’ignore encore si je vais poursuivre cet effort-là.

Voilà! A présent que j’en ai fini avec les excuses, passons aux faits! Hier, c’était dimanche, ma fille passait la journée avec une bande de copines et je culpabilisais de lui avoir refusé la veille la confection au pied levé d’un déguisement de Croc-mou. Vous savez, Croc-mou, le fameux dragon furie nocturne des studio Dreamworks? J’estimais n’avoir ni le tissu ni le temps matériel pour réaliser ce costume d’ici jeudi soir. Mais la déception d’Anabelle me peinait vraiment.

Alors, plutôt que rester sur ce triste sentiment, j’ai ouvert mon armoire à tissu, en ai extrait un beau coton imprimé du Chien Vert au motif de renards et en deux-temps trois-mouvements, ai décalqué et découpé le tout nouveau patron de La Maison Victor « Oliver ». Objectif : terminer une version de ce  petit chemisier avant le retour à la maison de la belle. Histoire de faire oublier ce maudit Croc-mou.

Résultat atteint et à la hauteur des espérances : avec du coton, le risque est faible de se fourvoyer et Oliver s’est montré très accommodant à toutes les étapes, depuis le calque, jusqu’à l’assemblage en passant par la coupe. Du limpide de A à Z. Bravo LMV! Et vous savez quoi? J’ai été pardonnée par une petite fille très fière de porter cette pièce couverte du plus rusé des animaux! Ce que j’aime, me disait-elle encore ce soir, c’est le col (pas de col en fait), les bords qui permettent de le laisser à l’extérieur du pantalon (très important pour Anabelle le confort!), et surtout les poches que j’adore.

En fine couturière, elle a repéré immédiatement les petits détails qui font tout : la parmenture intérieure, les bords de manche retournés, et le raccord parfait d’une des deux poches! Ca, je plaide non coupable : je ne voulais pas de raccord, pour que les poches ressortent bien. Malheureusement, en les découpant au hasard, j’ai réussi à en faire correspondre une mieux que je n’aurais pu si je l’avais voulu. Si, je vous jure!

Mais dans l’ensemble, voilà un chemisier « qui le fait » d’après mes ados maison et une pièce bien intéressante en ce début de saison. Vu la vitesse de réalisation et le résultat sur notre jeune couturière, pas de doute que d’autres versions verront le jour à l’atelier des Gaufres.

Je vous reviens vite avec :

  • Un pantalon femme de Fashion Style, le type jambes larges dans un imprimé extensible au motif « Prince de Galles »;
  • Un top très féminin pour la soeur de notre héroïne du jour;
  • Un projet que j’aimerais vous soumettre autour d’une tenue de funambule. (Quoi? Je ne vous avais pas dit qu’il y avait plus d’un fil dans ma vie?) J’aurai des décisions à prendre à ce sujet, et des conseils à vous demander. Vous serez là n’est-ce pas?

Je vous embrasse.

Sophie

 

 

Le pavillon des girafes

Ou des avatars de la couture familiale

Aujourd’hui, je n’ai pas de créations à vous présenter. Souvent, la fin d’année se traduit en un festival de cousettes qui voient le jour grâce à quelques jours de congé et à l’envie irrépressible d’offrir quelque chose de personnel à mes proches. Pas d’exception cette année : la machine n’a pas chômé et mon petit atelier se remet à peine de tout cet affairement.

Mais en janvier, une fois les fêtes derrière nous et l’activité professionnelle reprise, j’aime à m’asseoir, feuilleter mes livres et revues de couture encore et encore. J’imagine toutes les combinaisons, tous les projets tentants du plus utile au plus challengeant… Et le temps passe et je le laisse passer. Parce que c’est bon ce moment où on laisse les idées tomber et qu’on formate sans même le savoir ce qui sera le plan de l’année future.

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J’ai commencé 2019 non par un livre ou une revue mais par une boîte. Deux boîtes. L’une évoque la campagne anglaise, l’autre le pavillon des girafes au zoo d’Anvers. Deux boites que je vois sans les regarder depuis…ma naissance. Deux boîtes qui renfermaient le matériel de couture de ma maman!

Elle était sur petite flamme en cette fin d’année ma maman et plutôt que regarder mes créations, comme elle le fait depuis que je couds, d’un oeil neutre voire sceptique, après m’avoir félicité pour la réalisation de Four fellows , elle m’a demandé d’un air sombre « et donc tu aimes çà? » Euh… La couture, oui j’aime çà, j’en raffole en fait, et en ce moment, c’est même ce qui me tient en équilibre sur le fil quoiqu’il arrive, mon balancier à moi sur cette grande traversée qu’est la vie.

Bon, j’ai pas dit ça comme çà bien sûr! Je l’ai pensé seulement. Vous savez comme on peut être sibyllin voire taiseux quand il s’agit d’exprimer des choses importantes… Alors elle me les a amenées ces fameuses boîtes pleines de trésors (du brol diront les mauvaises langues)… Des rubans, de la dentelle, des morceaux de tissus de bric et de broc, récupérés sur des vêtements voici de cela plusieurs décénies…

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Puis il  y a eu … des patrons décalqués. Des feuilles et des feuilles de papier de coupe jaunis découpés, marqués, commentés. Mon Dieu! Certains étaient assemblés par des épingles rouillées (ouille!) « Mais oui, t’inquiète! Bien sûr je suis vaccinée contre le tétanos ». J’étais sans voix! Quels merveilleux souvenirs! Une robe! Un chemisier! Et du vintage, je vous dis pas! Authenticité garantie…

Mais ma maman, sur petite flamme et donc un peu désabusée, m’a suggéré d’emporter tout ou de lui laisser remplir la poubelle. Ces souvenirs ne valent plus rien à ses yeux sinon le regret d’une époque qui ne reviendra pas et dans laquelle elle était jeune et belle aux côtés de mon papa. Même que cela compensait aisément le fait qu’il faille coudre…

Car autour de toutes ce vieilleries, parfois moisies, nous avons parlé couture. Nous avons constaté simplement, presque de façon dépassionnée, que la couture qui m’est un facteur de libération et d’évasion lui était un joug. Ce que les femmes font quand elles font des études en plus des 6 années d’enseignement fondamental. Ce qu’elles font ensuite pour habiller les enfants en montrant (sinon pour montrer) qu’elles sont de bonnes mères.

Elle n’accuse personne de l’y avoir contrainte. Mais comme la plupart des femmes rurales nées dans les années 30, il lui semblait devoir coudre. Parce que c’était comme çà qu’elle percevait ce que devait être le comportement normal d’une épouse et d’une mère. J’ai cru voir que ça lui faisait du bien d’oser en rire aujourd’hui pour finalement avouer qu’elle n’a jamais aimé çà!

Alors ainsi elle nous a observé moi et mes cousettes, sans trop comprendre. Puis, jugeant que je le faisais de mon plein gré, elle n’a pas cherché à comprendre davantage mais elle a estimé que l’heure de l’héritage des rubans, dentelles et autres fils avait sonné. Parce qu’elle a compris que c’est du bonheur pour moi, pas de la contrainte.

Me voici donc à la tête d’un paquet de calques vieux de près de 50 ans et aussi d’une mercerie datée dont je sais que vous aurez des nouvelles tôt ou tard. Car mes projets 2019 sont nombreux :

  • Poursuivre le vestiaire masculin (pour placer le ruban et la dentelle je conviens que c’est inapproprié)
  • Reprendre mes velléités de patronage où je les ai laissées (pas loin autant dire)
  • Continuer le projet récup’ en transformant le vilain en beau
  • Revisiter par de nouveaux tissus mes plus beaux succès (robe Lora, top Rummer…)
  • M’amuser tant et plus avec le concept d’Evelien Cadie : 200 tops à partir de 20 patrons
  • Et…Faire plaisir!

Belle année en perspective!

Jane and Mabel

Deux ladies sous le sapin

Vous souvenez-vous de ces ladies imaginaires dont je parlais dans un précédent article (La magie de Noël III : Jane)? Après vous avoir livré un résultat prototypal, je me suis mise en quête de quelques bouts de tissus appropriés et ai réalisé les premières versions de ce concept-maison : le sac à lingerie.

En satin de soie rose, tout doux, Jane apparaît plus convaincante que dans la toile calicot du prototype. Je regrette encore de ne pas lui avoir ajouté un bord de dentelles au col. Petit détail craquant à l’arrière : le « dos du chemisier » :

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Mabel, la nièce de l’autre, présente un col plus moderne et des plis minuscules installés dans une mousseline bleue.

Pour l’un comme pour l’autre, les boutons sont de récup’. Le temps de travail sur ce genre de tissu est juste indécent. Mais n’est-ce pas là le luxe qui sied à ce genre d’article?

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A très bientôt, qui sait?, pour une série de bonnes résolutions? 😉

Sophie

Julia, la belle romaine

Merci chéri!

Pour la première fois de ma vie, j’ai reçu en cadeau… du tissu! Yesss! J’ai coutume de lire sur mes blogs préférés que leur auteure ont reçu du tissu en cadeau (quand ce n’est pas la vieille voisine qui couve un stock inédit de tissu d’époque parfaitement conservé… :-D) et cela m’a toujours étonnée. Car enfin, du tissu c’est personnel, c’est un présent audacieux.

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Mais j’enviais cela car un tissu qu’on ne choisit pas, c’est une contrainte et la contrainte encourage la créativité. Le tissu offert, qu’il nous plaise ou non, parle de la personne qui l’a offert et dans tous les cas, ce doit être un plaisir de le transformer puis de le porter. Eh bien ce Noël, ce fut mon tour! Mon chéri m’a offert 3 mètres de tissu!

Oui, vous avez bien lu! 3 mètres! Ce n’est pas rien. Accompagné d’Anabelle pour éviter les erreurs techniques, mon mari s’est lancé : il est entré dans une mercerie (déjà!) et en a sorti 3 mètres de tissu synthétique noir couvert de petits points dorés. Sans aucun doute le tissu que je n’aurais jamais acheté. Par contre, j’étais si contente de cette grande première, qu’une fois entre mes mains, il a vite trouvé forme agréable.

Comme cette matière n’était pas plus noble qu’il ne faut, j’ai choisi un patron qui ne demandait pas non plus trop d’efforts. Mais comme il était doré, j’ai choisi un patron de robe de princesse : le Julia récemment publié par La Maison Victor…

Le tissu est très souple mais absolument pas extensible. Il me semblait donc convenir à ce modèle que Victor propose pour sa part dans un satin doré. Oui, bon, c’est pas le même. Mais l’idée n’était cependant pas complètement mauvaise. Jugez plutôt! Hormis que le style « romain » m’avait complètement échappé à la lecture de ma revue préférée, la surprise fut assez bonne finalement et va me permettre de passer le cap de 2019 dans la peau d’une vestale 😀

Merci chéri! Et bonne veille à tous mes lecteurs!

Sophie

 

Minute papillon!

Papillon-minute!

Dans un article précédent, je testais le patron gratuit de noeuds papillon proposé par I Am Patterns : La magie de Noël I : Le noeud pap’.

A présent, j’ai  le plaisir de partager avec vous le résultat final de cette découverte : les noeuds pap’ offerts sous le sapin pour poursuivre le vestiaire masculin déjà riche d’une chemise ( Four fellows ). Ce noeud papillon est une fameuse affaire : l’accessoire est classieux et pour le réaliser, il faut bien peu de chose : une bande de 25 cm de tissu et 1/2h de temps (sur ce dernier aspect, je dois admettre que la phase de retournement de l’ouvrage est parfois plus chronophage que toutes les autres étapes prises ensemble).

Ici, j’ai utilisé deux tissus Liberty :

Les autres tissus sont de la récup’ de chutes diverses. Mes plus fidèles lecteurs doivent d’ailleurs commencer à connaîre ces tissus par coeur :-D.

Le délicieux flamant rose noir et crème de Veritas, pécédement utilisé pour un top Rummer de La Maison Victor :

Les tissus précédemment utilisés pour diverses pochettes :

Et voilà! Mission accomplie, homme comblé^^.

 

Jodie! Attention à l’addiction…

Un basique LMV à décliner à l’infini

Puis-je partager ma grande conviction quant à ce modèle de La Maison Victor? Le T-shirt basique qui va avec tout : suffit de varier les tissus. Et le chronomètre reste votre ami parce ce patron de seulement 4 pièces (1 devant, 1 dos, 1 manche et 1 col) se réalise en moins de temps qu’il ne faut pour s’exclamer « ouf! » ou plutôt « oufti » comme on dit dans ma ville natale…

Alors basique, oui, mais… avouez que ce petit col en V permet à Jodie de se démarquer du « bête » T-shirt. Donc, basique avec du caractère et capable d’accompagner à mon avis à peu près n’importe quels vêtements : tailleur, pantalons, jupe, classieux ou détendu, avec ou sans veste,… Je crois que je vais m’empresser de le réaliser en uni pour tester tout çà à mon aise.

En attendant, si vous débutez, go go go! Jodie est une des perles du LMV de fin 2018. Julia en est une autre dans tout autre registre mais je vous en parlerai dans un prochain article. Belle fin d’année et à très vite autour de Julia, mais aussi de la rétrospective 2018 et des cadeaux de famille cousu-main.

Sophie

PS : merci à Raoul pour les photos.

La magie de Noël III : Jane

Le pilote de la gamme Lady

Elles m’ont fait rêvé ces ladies à l’ancienne qui truffent les romans d’Agatha Christie. Non qu’elles affichent toutes les vertus, sans quoi peu de meurtres en ce bas monde, mais leur élégance suggérée par l’auteure a longtemps nourri mon imagination. Et cette nuit, comme je ne trouvais pas le sommeil, sais-je pourquoi ?, l’idée m’est venue de partager cet héritage imaginaire et très personnel en vous dévoilant, par la couture, la trace que je garde de ces demoiselles, jeunes ou moins jeunes… 

Vous l’avez compris, c’est mon univers mental, celui de mes lectures d’adolescente, qu’il faut ouvrir pour cela et soudain l’angoisse me prend. Aurais-je égaré la clé ? Peut-être pas Sophie, mais il est parfois cruel de mesurer l’écart entre quelques images floues qui suffisent à satisfaire le cerveau et un objet du monde, concret, palpable, exposable à tous les yeux, à toutes les critiques. 

Tiens, je ne déglutis plus si facilement tout à coup… Et ce frisson dans le dos ? Sans doute le temps pré-hivernal… Mais assez de doutes pour l’instant ! Déjà se dessine dans les brumes de ma pensée la silhouette d’un personnage qui m’est si familier que je pourrais la compter parmi mes amies intimes : cette très chère Miss Marple ! En son honneur, ma première production s’appellera « Jane » et sa ligne sera comme elle : sage et implacable quoique non dépourvue de féminité… 

Bien sûr, ce sont des mots ! Reste à les transformer en un objet acceptable qui soit une expression sincère de mon souvenir de Jane.  

L’objet : faisons pratique, ça fera plaisir à ma grande sœur de famille qui est aussi une fidèle lectrice des Gaufres! Je souhaite depuis longtemps trouver une solution pour ranger efficacement et ENSEMBLE les soutien-gorge et leur slip assorti (ou quasi assorti). Car comme je ne suis pas du matin (ce que vous pouvez désormais comprendre puisque  je viens de vous donner une idée de ce à quoi je pense au lieu de dormir), je me lève régulièrement en catastrophe et m’habille de même. Si je trouve alors encore à peu près l’énergie de choisir un pantalon et un top qui s’accordent, il va de soi que côté underwear, par contre… Ca craint ! 

OK, la lingerie, ça ne se voit pas… Mais est-ce une raison pour ne pas s’améliorer ? 

Donc, je vais réaliser une gamme de petits sacs à lingerie que je vais appeler « Lady » et chaque modèle de sacs portera le nom d’un personnage dont je garde le souvenir. Et bien sûr, Jane ouvre la marche. Ce que je vous présente aujourd’hui est la toile de Jane : le premier draft de patron réalisé « pour voir » dans une toile de calicot.  

L’idée est de rappeler le style d’un chemisier propret et bien boutonné à l’avant, avec une parmenture et deux plis à l’arrière. C’est l’idée que je me faisais du style de  Miss Marple. Voici la face avant et la face arrière :

Petite fantaisie utile : le premier bouton est bien réel et permet la fermeture du petit sac. Et pour information, ses dimensions sont de 19 cm sur 21 cm. C’est peut-être un peu juste pour les soutien-gorge à armure…

Mon idée est, une fois le patron fixé, de réaliser ce modèle dans une mousseline, un crêpe léger voire  un coupon de Liberty. Car c’est un sac à lingerie tout de même… Evitons le velours côtelé et la gabardine! :-D J’envisage aussi de l’agrémenter de dentelle (au col et dans le dos par exemple), voire d’un collier à perles ou d’une broche vintage,… L’avantage de toutes ces variations possibles est d’obtenir aisément des résultats différents avec une seule recette 😊 

Qu’en pensez-vous ? L’idée est-elle bonne ? Comment améliorer Jane ? Je verrais bien un col plus présent et peut-être une petite poignée pour faire plus sac que pochon… Le cas échéant, est-ce un cadeau de Noël acceptable ?  

J’en ai des questions aujourd’hui n’est-ce pas ? Mais ce n’est pas tous les jours qu’on avoue publiquement avoir lu tous les romans d’Agatha Christie et les avoir aimés assez que pour, 25 ans plus tard, en proposer le témoignage couturier. Petite précision en vue de conserver toutes mes amitiés blogueresques : je n’avais rien fumé hier soir. 

Je vous embrasse. 

 

Sophie 

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