XoXo

Un amour de body

Dur à prononcer le nom de ce body! Et pour cause, XoXo est plus un emoticône qu’un nom dans le fond, avec ce x qui ouvre les bras d’un gros câlin et ce o qui donne des bisous… Pour ma part, je vois surtout le o qui ouvre des yeux subjugués et le x qui mime le clignement de celui ou de celle qui n’en revient pas. Pour moi, XoXo, c’est le body qui épate! Par son audace, sa curieuse épaule dévoilée, son port près du corps.

Bon bon, on se calme! Car enfin, si ceci est une introduction, beaucoup pourraient à juste titre se demander à quoi. XoXo est un des trois bodies de Noël que Charlotte Jaubert a créé l’an dernier. Il y avait le Gashina, le Mago et le XoXo. J’ai cousu les trois modèles en terminant par XoXo qui, sur le papier, me convainquait le moins. Depuis que je l’ai fait néanmoins, je le porte en priorité. Quoique… Les trois entrent et sortent de ma garde-robe à de si fréquentes occasions que je serais bien en peine de désigner lequel mérite l’or, l’argent ou le bronze.

Comme pour Baila (voir mon précédent article La confisette Baila), ma taille a trop évolué en 6 mois pour que ma cousette soit tout à fait séante d’aujourd’hui. Vous pardonnerez les plis parfois disgracieux dûs à ce changement de morphologie. Mais les bodies, en élasthanne, je ne les adapte pas. C’est mon choix. Je préfère mettre mon énergie dans de nouvelles pièces bien coupées, plutôt chaine et trame, qui feront j’espère bientôt l’objet d’un article sur ce blog.

Que dire de XoXo? Eh bien, qu’à sa sortie, il n’était disponible qu’en version « coffret », dans deux versions : une version fuschia, une autre « prince-de-galles ». Cette dernière a retenu mon attention. J’adore la contradiction d’exposer ce motif habitué aux étoffes lourdes et raides sur une cousette qui épouse en toute fluidité les courbes du corps.

Très polyvalent, XoXo est stylé en toutes circonstances. Habillé avec une jupe crayon noire, sexy avec un pantalon satin ou une jupe plus courte, relax-chic avec un jean, et discret au bureau (si si je vous assure) s’il est couvert d’une veste. Le petit foulard-écharpe en soie de couleur vive, noué au cou, lui va aussi à ravir. Et je suis sûre ne pas avoir encore testé toutes les combinaisons gagnantes.

Quant à la réalisation de ce body ultra-rapide, j’ai peu à dire. Simple et sans histoire. Même si à l’heure où je vous écris je serais bien incapable de m’en coudre un second car il n’y a plus de points zig-zag à l’atelier en ce moment. Oui, bon, je vois… On a passé trop de temps loin les uns des autres et je ne vous ai pas tout dit…

Figurez-vous, pour commencer, que ma petite machine à coudre d’entrée de gamme qui a parcouru tant de chemin avec moi depuis son achat en décembre 2016 a rendu l’âme. OK, elle est encore en soins intensifs et pourrait revenir à la vie si le technicien trouve une pièce en seconde main. En attendant, exit ma Singer Talent.

Figurez-vous ensuite que j’ai parcouru 150 km dans l’idée de me procurer une très bonne machine à coudre cette fois. A ce propos, toute petite parenthèse pour les lecteurs belges, les établissements Stecker de Bertrix (https://www.stecker.be/) valent le détour! Je dis « détour » car enfin, Bertrix, c’est toujours un détour, à peu près où que vous soyez en Belgique n’est-ce pas? 😀

Plaisanterie mise de côté, le choix et les conseils d’un équipe dévouée et compétente qui prend le temps, quand on se prépare à acheter un objet qui doit durer et avec lequel on réalise tous ses vêtements, ça vaut la peine je crois. Toujours est-il qu’en cours de route je suis passée de l’idée d’une Bernina multi-options à… une piqueuse plate!

O combien douloureux fut ce choix! Trop d’arguments tant pour l’une que pour l’autre. Mais au final, la piqueuse plate est moins coûteuse et je vous avoue avoir été charmée par son côté un peu brut, industriel, son établi intégré, son bain d’huile, ses petites manières de Formule 1, son côté implacable, son caractère de fauve à apprivoiser… Vous comprenez, je suis envoûtée par ma petite Jack ❤ ❤ Et sans doute devrais-je y consacrer un article. Je ne dois pas être la seule couturière amateure qui s’est posé/ se pose / se posera la question du passage à la piqueuse plate.

Tout ça pour vous expliquer que je suis toute marie lorsqu’il s’agit de piquer en zig-zag dans un body comme XoXo dont c’est la finition prévue tant au niveau de l’encolure qu’à celui des jambes. Idem pour mes slips et soutien-gorge. Donc là, j’attends un peu et mets mes projets lingerie en stand-by. Je ne suis pas pressée et ce sera l’occasion qui fera le laron (réparation de ma machine si c’est possible, achat d’une machine basique d’occasion sinon,…)

Pour ce qui est des boutonnières, je m’exerce à la main en repassant tel un mantra les mots de Marie-Laure Thorne sur la qualité supérieure de telles boutonnières et en tâchant d’oublier que je suis à des milliers d’heures de travail et de dextérité de Marie-Laure…

Revenons à XoXo : facile à coudre, facile à porter, facile à assortir. La cousette sans histoire mais qui sort de l’ordinaire! Cette asymétrie qui dévoile l’épaule, ce n’est pas si courante en dehors des stations balnéaires et donne une touche audacieuse à la tenue, même quand on porte une veste par-dessus. Ce qui me fait penser à un précepte chez les joueurs d’échecs qui dit que la menace est plus puissante que son exécution 😀

Côté fourniture, pas de surprise, les coffrets de Charlotte Jaubert sont toujours impeccables, de qualité et dans des quantités largement suffisantes. Ce lycra Prince-de-Galles répond amplement à mes espérances et il va avec tout, y compris toutes les saisons. Ce XoXo est donc une pièce fort accommodante, que vous voyez sur moi sans le pourtant très joli bijou qui accompagne le coffret. Le voici sur une photo prise en début d’année.

Pour finir, je vous laisse avec quelques images réalisées par ma photographe maison qui a, ce week-end, postulé à l’emploi (ni publié ni même vacant) de manager auprès de sa maman. Anabelle, que vous connaissez déjà dans le rôle de mannequin et même couturière, a décidé de faire de votre dévouée une influenceuse hors pair.

Elle m’a proposé un programme stakhanoviste, ma foi assez bien conçu, qui passe par un milliard d’étapes, notamment de videos, de podcasts, de stories et d’interventions en tous genres dans l’univers des réseaux sociaux. J’ai bien tenté de signifier que si je faisais tout çà, je n’aurais plus de temps pour coudre, elle s’est comporté comme une professionnelle qui doit gérer la résistance au changement d’un client attardé.

Finalement, nous avons fait la paix en convenant que quelques photos prises dans un autre cadre que ma traditionnelle terrasse serait un premier pas acceptable pour toutes les parties. J’avoue avoir surtout sauté sur l’occasion de faire une promenade en bonne compagnie mais en fin de compte, je ne suis pas mécontente du résultat… Il est bien mon manager non? J’espère que ses tarifs seront raisonnables!

La confisette Baila

Mon amour du fil a plus d’une facette

Voici comme promis un petit flashback sur ma première réalisation de l’année. Nous étions à l’aube de 2022, en janvier. J’avais le Covid et confinais dans mon atelier, d’où l’idée me vint de réaliser une cousette confinée, appelons çà une « confisette ». Il y a pire convalescence me direz-vous avec raison! Comme tout de même, sans être très malade, j’étais en petite forme, j’ai évité les gros défis et les grands choix. Pour ce genre de situation, les coffrets de Charlotte Jaubert sont tout de même imbattables : toujours de bon goût, généreux, de qualité.

J’ai repris le patron du body Baila qui m’avait tant plu (souvenez-vous de Baila sur mer) et j’ai commandé dans l’urgence un coupon de tissu que Charlotte recommandait à l’époque pour ce modèle. Ledit tissu, un lycra de bonne facture, côtelé, était disponible en rose ou en bordeaux. Rose, tendresse, douceur, lenteur, ou bordeaux, sensuel, capiteux et de caractère. En toute autre occasion, j’aurais tenté cette dernière alternative ambitieuse façon femme fatale mais là, lovée dans mon peignoir préféré, ma petite théière à côté de ma machine à coudre, la gorge en bouillie, j’étais dans le mood gentil. Rose! Ce fut mon choix.

A l’époque de la confection de ce body, je n’ai même pas songé à le photographier, ou si peu. En tous cas, je ne dispose d’aucune photo sur laquelle je porte ce petit chef d’oeuvre de body bien coupé et si agréable à porter. C’est un comble car depuis qu’il est arrivé dans ma garde-robe il en sort chaque semaine en toute occasion, même le boulot!

Pas de photo donc. Qu’à cela ne tienne, 9 mois plus tard, j’ai choisi de profiter d’un beau week-end d’automne en compagnie de mes enfants, improvisés photographes, pour scénariser Baila sur le fil. Car après tout, « Baila » signifie « Danse ». Et la danse que je connais le mieux est celle qu’on pratique sur un fil. Le fil du funambule cette fois, rien à voir avec ceux qui remplissent les tiroirs de mon atelier.

Ces photos ne rendent pas tout à fait justice à mon Baila d’origine. Car je l’ai réalisé en janvier en taille 42 alors qu’aujourd’hui… je taille 38! Alors, forcément, le séant n’y est plus tout à fait. Mais honnêtement, je le porte encore et ne boude pas mon plaisir quand bien même il plisse un peu trop par-ci ou glisse un peu trop par-là. Après tout, on est sur une matière stretch qui permet une certaine marge de manoeuvre. Mes autres cousettes chaîne et trame n’ont pas la même capacité d’adaptation. D’où un peu de pression en ce moment à l’atelier pour vite vite retrouver quelques basiques portables à ma taille. Mais ça, c’est déjà la fin de l’histoire. Commençons avec le rose Baila!

Baila existe avec deux types de manches : les manches ballons avec poignet ou des manches droites, près du bras. J’avais beau être d’humeur soft, il m’a semblé qu’une invitation à la danse, à l’ondulation, à la séduction, s’accommode mieux de manches ballon que de manches droites. Donc, manches ballon! L’autre option : finition slip ou tanga. Là, par contre, c’est le côté « gentil » de la force qui l’a emporté. Slip classique! J’étais vraiment en quête de confort et n’envisageais pas de porter ce body avec un bas moulant qui aurait justifié le mode tanga.

Le coffret matière de Charlotte est arrivé avec une doublure magnifique effet « seconde peau », une caresse textile en gros. J’ai cousu le tout à la surjeteuse. Trop facile, trop vite fait, trop ce qu’il me fallait à ce moment-là!

Sortir de l’ombre

Où il ne peut être question de couture pour cette fois

Il m’en coûte mais je reviens.

Avez-vous jamais, enfant, joué au bord de la mer à vous faire ensevelir de sable? Votre ami, cousin, neveu, pote d’un jour s’active à la pelle tandis que vous vous installez confortablement, lové dans une niche fraîchement creusée. Une fois que seule la tête et les épaules émergent, le moment est impressionnant. Car il faut prendre conscience et accepter que d’insignifiantes pelletées de sable, chacune à peine perceptible, une fois mises toutes ensemble, vous empêche de bouger. On n’y croit pas vraiment, on se sent tellement plus fort que ces quelques grains légers… Pourtant, la conclusion est implacable, nous sommes bel et bien prisonniers de la plage.

Heureusement, le jeu continue et consiste alors à tout défaire au plus vite. La victime et son bourreau partagent le même état, celui qui confond peur et amusement, celui qui appelle, aux frontières de la panique, à prouver au plus vite que tout cela est réversible. Une fois l’expérience terminée, c’est à peine si on y croira encore et il faudra que peu de temps s’écoule avant qu’on regarde à nouveau les grains de sables, minuscules et inoffensifs, avec arrogance. Et si on se souvient de s’être senti contraint, on en rira.

Alors voilà, en 2022, je me suis laissée ensevelir dans le sable en songeant qu’aucune de ces pelletées ne pourrait avoir raison de moi. Puis, une fois prise au piège, bouger vers la libération me paraissait trop lourd. Genre fatiguée avant de commencer. Et je pensais à mon blog, à tout ce que je n’avais pas écrit. Mes cousettes se succédaient mais les photos ne suivaient pas, les textes et les articles encore moins. Nous voici en octobre et 2022 est encore vierge de partage.

C’est le cas parce que, du fond de ma niche, écrire futilement sur des choses futiles me semblait inapproprié, presque inauthentique. Parce que 2022, en plus d’être planétairement glauque, a aussi malmené ma vie privée et professionnelle. Alors, captive sous le poids, tantôt de la tristesse, tantôt du stress, parfois même de la colère, je me suis tue.

Je me suis tue mais je n’ai pas cessé de coudre. Même dans le deuil, même les jours de grande méforme, même en situation d’échec, et cela, ça signifie quelque chose. Je pense que coudre participe de mon équilibre, de ma capacité à sortir des niches de sable quand elles sont pleines. C’est pourquoi, communiquer sur cette activité, dans le fond, n’est probablement ni futile ni inconvenant.

Il va me falloir, les jours qui viennent, reprendre méthodiquement (ouille!) les réalisations de l’année, trouver un photographe qui leur rende justice (à mesure que les enfants grandissent, j’ai de moins en moins de choix…) et les habiller de l’article qu’elles méritent. Je n’ai pas cessé de vous lire, membres de la communauté couturesque qui n’avez pas encore cédé au « tout-Instagram » et j’ai hâte, à mon tour, de vous offrir à nouveau les quelques témoignages qui permettent d’échanger et de ne jamais se sentir seuls et seules à l’atelier.

Je suis de retour.

Sophie

Retrospective 2021

Productivité et amusement!

Hellooo! Avant de foncer tête baissée dans les projets foisonnants de 2022, je ne résiste pas au très classique mais non moins gratifiant exercice de la rétrospective de l’an écoulé.

2021, seconde année passée entre risque de contamination et risque de confinement, année partagée entre l’envie de sortir, de voir ses proches devenus trop lointains et la volonté de ne pas leur nuire. Je ne vous apprends rien mais je rappelle ces faits car ils posent une question pour tout couturier qui se respecte : est-ce encore la peine de coudre, de fabriquer des vêtements, de prendre soin de son apparence si c’est pour rester chez soi.

La question est pertinente, d’autant plus que la généralisation du télétravail et la réduction drastique des occasions de sortir limitent beaucoup l’usure de nos pièces de garde-robe. Et c’est tant mieux! La conséquence n’est pourtant pas de changer de hobby et de passer au vélo d’intérieur. La conséquence est coudre mieux : prendre plus de temps et de soin à chaque pièce et pourquoi pas? Coudre autre chose que le tout-venant destiné à couvrir les besoins quotidiens.

Pour ma part, voici, sans concession, les réalisations de 2021.

Les bodies et la lingerie

Section qui méritait d’ouvrir la marche parce que c’est vraiment dans ce domaine que je me suis le plus amusée. Je ne vous refais pas l’histoire de mon désir de body que j’avais fait taire jusque là. J’adore cette pièce confortable et un peu provocante parfois. En 2021, trois bodies sont nés dans mon atelier, tous trois dessinés par Charlotte Jaubert : Le Baïla avec ses manches-ballons m’a donné des ailes sur une plage normande, le Gashina devant le sapin de Noël m’a fait briller de 1000 feux et le Mago, plus soft, a eu son petit succès le jour de l’An, grâce à son dos bénitier rehaussé d’une jolie chaîne.

Côté lingerie, j’ai surtout travaillé la culotte, même si j’ai aussi tenté le patronnage sur mesure d’un soutien-gorge bien couvrant. L’ensemble culotte/soutien-gorge sont en plumetis de chez Stragier. La culotte est le modèle « pique-nique champêtre » de Laura Stanford et Katherine Sheers.

Le reste, c’est la série présentée dans mon article Salade de fruits Les modèles et le coffret matière sont de Charlotte Jaubert.

Enfin, un expérimentation convaincante : la culotte menstruelle de Charlotte Jaubert pour Artesane. Confort et beauté conjugués au moment où on en a le plus besoin :

Le C.A.P.

Vous l’aurez compris, 2021 était plus orientée « plaisir » que « devoir ». Aussi, les réalisations dans le cadre du programme CAP de Christine Charles ne sont pas légion. Voici tout de même deux très beaux résultats : la robe Eleanora et le chemisier Adelise :

Les tops

Une série d’articles vous a déjà présenté ce que j’ai appelé les tops de l’été. Parmi eux, le petit top noir pour les chaudes soirées d’été, le Liberty manche 3/4 bouffantes, le sans-épaules aux motifs de mirabelle, la marinière avec noeud à l’avant, le T-shirt avec noeud à l’arrière… Tous les modèles sont de Burda et tous les tissus sont Stragier.

Un petit dernier jamais édité (parce que je ne l’avais pas repassé au moment du shooting et que la luminosité était très moyenne…) : le joli top Burda Easy en plumetis Stragier :

Une robe tout de même

Enfin, une robe a tout de même vu le jour en 2021 : féminine à souhait dans un coton de la collection UNE de Stragier. Trop beau pour en liquider les chutes si petites soient-elles. J’ai testé une couture récup’ : les petits sachets de thé pour jouer à la dinette…

Des accessoires

Les sachets de thé n’ont pas été mes seuls essais en matière de récupération et de surcyclage des restes ou des matériaux usagés. Une vraie réussite en 2021 a été la confection d’un tissu à partir de petits carrés de denim retirés aux jeans (très) usagés et moultes fois déjà rapiécés d’Anabelle. Avec le coupon ainsi conçu, j’ai pu réaliser une très jolie trousse. Solidité et bonne tenue au rendez-vous :

A propos de trousse… J’en ai imaginé une à partir du modèle « caméléon » de Corinne Romeyer. C’était à l’occasion d’un anniversaire dans ma famille et j’avais envie de faire quelque chose d’unique. Aussi me suis-je lancée dans le perlage, forte des conseils de Marie-Laure Thorne lors de sa master classe de fin d’année pour Artesane. Le motif est familial, dans le sens où sa conception un peu aléatoire a requis l’intervention de plusieurs parmi nous 😀

Enfin, terminons avec le sac à main, autre projet récup très satisfaisant. La sangle est d’un vieux sacs en lambeaux, le corps est issu d’un vieux jean d’Anabelle (oui vous avez compris, elle est un intarissable fournisseur de vêtements élimés!), le rabat est un reste de simili cuir utilisé pour la trousse en forme d’éléphant (voir Fan d’éléphant!) et la doublure est un reste de coton fil-à-fil utilisé pour le chemisier Adelise. La seule matière neuve utilisée est l’entoilage thermocollant. Vu l’usage journalier que je fais de ce sac, il m’a semblé plus que raisonnable de l’entoiler.

Enfin, il me faut terminer cette rétrospective en saluant le départ du chat de l’atelier, Nikita, la fan des shootings, la démente des chutes de tissus, la chasseuse des restes de papier de soie, mon assistante imprévisible, nous a quitté à presque 17 ans.

Entre-temps, Oreo est entré en formation mais il a encore du chemin à faire pour comprendre tous les délices de l’atelier… Et pour l’instant il préfère le classique panier à mes tiroirs à tissus mais me direz-vous, est-ce un inconvénient?

Entrons à présent en 2022. Qu’elle vous soit douce!

Sophie

Salade de fruits

Joli! Joli! Joli!!!

Voici, comme il arrive parfois, un article dédié à la couture de ma lingerie. Que cela reste entre nous mais j’avais acheté, alors que j’étais étudiante sans le sou, un set de culottes en coton blanc dans un magasin qui les liquidait à prix cassé.

Ces culottes se sont avérées inusables et m’ont accompagnée jusqu’à… aujourd’hui (ou presque)! Ahaa! me suis-je dit, voilà une occasion en or de me refaire un petit jeu de culottes/slips/tangas/strings bien utiles et cette fois, je vais éviter le coton blanc.

OK le coton blanc, c’est confort et ça passe partout. Mais bon. Est-ce que le porter est un plaisir renouvelé chaque matin? Est-ce qu’avec çà on se sent irrésistiblement en confiance ou même irrésistible tout court? Vous devinez bien la réponse 😀

Donc, ce fut décidé : les remplaçantes seront faites maison et elles seront chatoyantes! Et aussi, sans peur des sarcasmes de la moitié qui me veut du bien, elles seront dans mon style. Vous savez ce truc étrange entre vintage et goût douteux? Mais je ne lâche rien cette fois, je fais ce que je veux, comme je le veux. Ce sont mes culottes après tout 😀

Sur les matières je n’ai pas hésité beaucoup. A l’époque où j’ai conçu ce projet de cousettes lingerie, Charlotte Jaubert sortait une série de coffrets « dentelles » dont un allait vraiment rendre possible mes envies jusque là enfouies dans ma tête. Ce coffret, épuisé depuis, s’appelait « Citronnade » et composait une jolie variation de jaune et de blanc. Et moi, le jaune… J’ADOOOORE!

Pour accompagner ces splendides dentelles, j’ai choisi deux tissus de chez Stragier. Le premier est la version jaune et glossy du tissu présenté sur un body dans mon précédent article (Baila sur mer), un lycra bi-stretch de très bonne tenue. Le second est un satin duchesse extensible, dans un ton jaune « anis ». Les références respectives de ces matières sont les articles 0000 2551 et 0000 3308.

Dotée ainsi des plus belles fournitures, j’ai choisis d’utiliser les patrons du cours culotté d’Artesane. Ce cours est donné par Charlotte Jaubert, qui du coup, occupe dans mon projet une place carrément centrale! Dans ce cours, quatre patrons sont proposés :

  • La culotte Kiwi
  • Le tanga Tropical Juice
  • La culotte montante Rhubarb
  • Le shorty Black grappe

La voilà la fameuse salade de fruits! Mes projets à présent :

Le shorty Black Grappe

Il fallait absolument que je tente la version du cours de Charlotte avec un dos en dentelle. C’est trop beau!! Côté taille, j’aurais pu viser un 40 plutôt qu’un 42, ça aurait été plus seyant. Mais ce shorty est tout de même confortable et si beau!

Le tanga Tropical Juice

le tanga, c’est le parfait compromis entre slip et string. J’aime son confort et sa jolie ligne. Du coup, je m’en suis concocté deux, dans la bonne taille cette fois!

Le premier présente un devant en satin duchesse tandis que l’arrière est coupé dans une résille couleur chair. Je voulais absolument tester cette technique de finition sans élastique présentée dans le cours de Charlotte mais j’admets que l’utilisation pour cela de la résille chair est peut-être une faute de goût. Je dis bien peut-être parce qu’elle ne fait pas l’unanimité dans le couple (mais moi j’adore ce que j’ai fait 😉 )

Le second est une tentative à partir d’un devant en lycra et d’un dos en broderie anglaise extensible. Pas sûre que le résultat soit digne des magnifiques matières utilisées. Je m’y prendrai autrement la prochaine fois, notamment pour avoir une parfaite symétrie de motifs du dos.

La culotte montante Rhubarb

Mon idée? Le truc vraiment vintage, taille haute gainante, avec côtés en dentelles. Pour le corps de culotte, c’est du satin duchesse, et pour les côtés, j’ai cousu, suivant les conseils de Charlotte, deux bandes de résille couleur chair (effet déjà sublime sans rien d’autre que celà) sur lesquelles j’ai placé deux pans de dentelles blanches et jaunes (parce que dans mon mood lingerie, plus c’est mieux).

Sur la photo, on voit fort la doublure de résille mais une fois portée, l’effet « transparent » est bien présent. Je sais, il faudrait que je vous le montre mais voilà, je ne suis pas encore convaincue de placer ce genre de photo sur un blog public et à dire vrai, mon photographe de mari l’est encore moins que moi 😀

Pour les finitions, j’ai opté pour une laminette emprisonnée, jugeant qu’il y avait assez de fioritures comme cela.

Me voici donc à la tête d’un petit ensemble bien agréable à porter et à regarder!

Et de plus en plus, la couture lingerie devient addictive. Quel plaisir de travailler des choses si petites en prenant soin du détail. Des petites choses qu’on fait d’abord pour soi 🙂

Baila sur mer

L’incroyable histoire du body qui affranchit

Comme parfois, je vais vous conter une historiette. Historiette, qui commence comme « histoire » et finit comme « cousette ». Historiette donc, ou histoire d’une cousette. Je vais donc préférer aujourd’hui parler atmosphère, impression, rencontre, vécu plutôt que marges de couture, poids des tissus et choix des aiguilles.

J’ai cousu le body Baila de Charlotte Jaubert (https://www.charlottejaubert.fr/) par volontarisme mais avec peu de foi. Je vous explique : j’aime énormément le vêtement « body ». La mode de ma jeunesse au début des années 90 et une silhouette à l’époque avantageuse m’ont permis d’en porter avec bonheur, sans me poser de questions.

Aujourd’hui, je couds ce que je porte et je vois des patrons de body sortir doucement des doigts de fée de quelques stylistes indépendantes et cette offre naissante est venue faire trembler les bases de ma confiance en soi. Ces questions étaient déjà présentes sans doute mais je ne les avais jamais exprimées aussi nettement jusqu’ici.

Peut-on porter un body à mon âge? Avec ma silhouette? Avec mes cheveux que j’ai choisi de garder gris? Que suis-je devenue? Que puis-je encore me permettre? Y a-t-il des barrières à ne pas franchir? Lesquelles? Pourquoi? Des commentaires plein de venins et si communément admis sont venus me taquiner : « elle est ridicule », « c’est une vieille folle »,  » on ne porte pas çà quand on est petite et boulotte »,…

Pourtant, au fond de moi, l’envie de plaire est intacte et l’envie de porter le body aussi. Alors quoi? Certains vêtements sont-ils réservés aux top models? Et dans ce cas, à quoi et surtout à qui servent-ils vraiment?

Dans le même temps, tout à fait par hasard, j’ai lu des articles de mode qui parlaient de Jean-Paul Gauthier. Du questionnement qu’il a permis sur la mode, le sentiment esthétique qu’elle produit, de l’importance pour celui-ci du bonheur qu’à une personne à porter le vêtement. Ces idées m’ont travaillées et vous en trouvez une part dans Et pourquoi pas crop le top?

Comme il arrive parfois, elles ont trouvé à se nourrir aussi chez d’autres blogueuses. Une blogueuse en particulier dont je recherche avidement les coodonnées du blog tristement égarées. J’ai vu un des ces articles qui était référencé par Clotilde (Couture and Clo) et qui la montrait en démonstration d’un tout nouveau patron de body. Cette personne dont je recherche le nom portait une très grande taille et avait réalisé son body dans un tissu velour stretch beige-or.

Une leçon de bien-être, de confiance, de bonheur. Grâce à elle, j’ai compris comment la personne qui croit dans ce qu’elle porte sans complexe peut réellement induire un sentiment esthétique chez celui ou celle qui la regarde. Cette personne qui ne méritait pas que j’oublie son nom, m’a convaincue de faire un premier pas.

Ce premier pas fut l’achat du patron Baila de Charlotte Jaubert. Je connais l’auteure pour avoir réalisé quelques-uns de ses patrons dans le cadre des cours et masterclasses d’Artesane : le body Amoroso cousu pour ma fille, et quelques patrons du cours culotté. Si je ne l’avais égaré (oui, je sais c’est pathologique), j’aurais bien testé une version personnelle d’Amoroso mais face à l’échec de mes recherches dans mes patrons PDF, j’ai fini par céder à l’appel de Baila, patron que la styliste décrit elle-même comme conçu pour une femme imaginaire « confiante et libre ».

Soit, me suis-je dit. Voilà certainement un signe. La coupe me plaisait beaucoup par ailleurs : un croisé type cache-coeur sur le devant et le dos, des enformes à l’encolure et à la culotte sans parler des manches bouffantes avec poignet prononcé.

Côté défi, c’était largement suffisant. Je me suis dit que comme je n’oserais sans doute pas le porter, je pourrais toujours l’utiliser en secret pour séduire mon petit mari et tout çà resterait entre nous. Un article sur le blog? Peut-être mais avec le body posé sur un cintre!

Vous voyez? Ce n’était pas gagné et les photos que je finis par publier sont le témoin du chemin parcouru grâce à ce vêtement magique. Il est tellement confortable et je me sens tellement bien dedans que la honte de montrer « trop » finit par laisser la place progressivement à l’envie de le porter en toute occasion.

D’abord un dimanche à la maison. Puis, des photos de test à des personnes de confiance pour recevoir leurs impressions. Puis, une journée au bureau avec un grand foulard qui cache tout. Enfin, porté seul, sans plus aucun complexe sur une plage normande. Ouf! Quel coquin ce body Baila. Ma seule envie : en coudre d’autres!

Le tissu est pour beaucoup dans le succès de cette réalisation : je vous recommande sans réserve les ultrastretch matt de la Maison Stragier! La palette de couleur n’est pas énorme mais quelle qualité! Le taux d’élasticité est parfait pour le patron Baila : il permet de coudre sa taille du commerce. Ici, une taille 42 pour moi. Ce tissu est par ailleurs facile à manipuler (pour un extensible) et se comporte très bien à l’entretien.

Côté finitions, j’ai tout fait à la surjeteuse en m’offrant le petit plaisir d’avoir tout bâti à la main avant de passer à la machine. Ce n’est pas tout à fait nécessaire : une bonne pose d’épingles le fait aussi. Mais les préparations à la main me donnent beaucoup de satisfaction et sont tout de même très efficaces en terme de précision. Pas nécessaire donc mais efficace et luxueuses! Et vous savez quoi? Nous qui cousons nos propres vêtements, nous sommes en capacité de nous offrir du luxe! Alors pourquoi pas?

Libre et confiante, Charlotte? Sans rire? C’est ce que je ressens aujourd’hui.

Le petit top noir

Le top des tops de l’été n°3

Dans la série des tops de l’été, citons tout de même cette petite cousette sans histoire qui m’a permis de récupérer efficacement les chutes du T-Shirt amphibie (voir à ce propos l’article 118, T-shirt Burda amphibie). Il s’agissait de jersey de bambou. Doux, fluide, léger, mais tout de même facile à dompter sous le pied de biche.

Le modèle est du magazine Burda Style de juin 2021 (n°109). Ce modèle existe en version courte (version top) et en version longue (version robe). La version robe, dans un jersey lurex donne un style très « soirée » intéressant grâce à un son excellent rapport effort/effet.

Néanmoins, c’est bien la version top que j’ai réalisée, vu que pour moi, l’enjeu était de récupérer utilement une chute de tissu d’un projet précédent. Je vous laisse face aux photos le soin de prolonger vous-mêmes par la pensée les lignes latérales de ce modèle jusqu’à mes chevilles pour juger de ce qu’il peut donner en robe longue.

Ce projet ne présente aucune difficulté si ce n’est peut-être celle de répartir correctement les fronces côté gauche et côté droit, point sur lequel j’ai en effet péché. Malgré cela, c’est un bon compagnon estival, il se porte à toute occasion et va avec tout. La finition de l’encolure est un biais coupé dans le même tissu et rapporté par un passage à l’aiguille double.

Il s’agit d’une pièce peu consommatrice de matière première (1m10 de tissu), agréable à porter, facile à faire et qui s’accommode des journées chaudes (quand bien même celles-ci n’ont pas été légion cette année dans ma contrée :-))

On se quitte classiquement avec la petite galerie de photo, remerciant Carole, la photographe improvisée du jour et Nikita, le vieux chat de famille, toujours aussi attiré par les séances de shooting.

Et pourquoi pas crop le top?

Le top des tops de l’été n° 2 : Audace et Liberty

Ca, c’est la question! Car c’est super joli un crop top. Mais bien sûr, il ne se voit ni ne se vend que sur des silhouettes hyper minces et hyper jeunes. A l’approche de la cinquantaine et avec les kilos qui suivent la courbe de l’âge à peu près proportionnellement, j’en viens à ressentir quelques frustrations.

Je lis avec plaisir les coups de gueule de bloggeuses couturières qui ont du mal à trouver des patrons adaptés à leur morphologie. J’ai relayé des articles à ce sujet dans le passé et le dernier dont le souvenir reste bien présent en moi est de Garak, qui a l’élégance d’avoir la colère constructive et de proposer des pistes (merci pour l’adresse de Curvy Sewing!). Mais tous les jours on peut lire des témoignages en ce sens.

Vous les trouverez plus ou moins justifiés ou exagérés suivant votre propre expérience. Mais zut! On n’en n’est pas à la nuance près. La mode a grand besoin de se renouveler de ce point de vue et la clé de voute de cette révolution, malheureusement, ne sera pas d’avoir plus de marques de patrons qui couvrent toutes les tailles.

Le point de départ dont tous les changements doivent découler, la clé, c’est… le regard! Le regard de l’autre sur soi, son propre regard sur soi, et les critères implicites mais très intégrés qui font qu’on se ressent belle/beau ou non et qu’on anticipe ce que les autres vont penser. Ces critères nous échappent, ne sont pas le fait de notre volonté et c’est bien pour cela qu’un vrai changement n’est pas pour demain.

Pour autant, il ne faut pas baisser les bras, il faut y contribuer. Dans une société inclusive, les critères de l’esthétique le sont aussi et doivent bannir les considérations a priori telles que « on ne porte pas de mini-jupes à cet âge-là, on ne porte pas de body quand on a des bourrelets, On ne porte pas des vêtements amples quand on est petit etc…

Ces listes de « fashion faux-pas » comme dirait l’autre me donnent envie de hurler. Je ne pense pas que la beauté, le sentiment de plaisir esthétique, puisse répondre à des règles intangibles. Chacun a sa manière de porter une tenue et je veux croire que si la personne aime ce qu’elle porte, elle est capable de défendre son choix vestimentaire en dégageant des ondes positives et plaisantes, en partageant de ce bonheur que ses choix lui apportent.

Mais pour cela, encore faut-il que nos récepteurs et ceux des autres ne soient pas limités à une bande de fréquences trop sélective. Encore faut-il que nous soyons ouverts à ces formes de beauté qui ne répondent pas aux principes de bases communément admis, à ces p. de règles tacites qui dictent ce qui est beau/convenable et ce qui ne l’est pas. Ce qui se porte et ne se porte pas.

Et là, la route est longue. Des premiers pas sont faits, à chaque fois qu’un créateur propose des photos de mode de ses nouveaux patrons sur des personnes de toutes morphologies. Pas seulement des minces et des gros mais des petits, des grands, des bossus, … Des personnes comme tout le monde, les gens qu’on croise chaque jour au magasin ou dans le train, au café ou dans les parcs.

Je rêve d’un monde où il y a de la place pour la beauté de chacun et chacune. C’est une réflexion que je me faisais parce que j’ai tenté et tente encore de mettre mes talents de couturière amateure au service d’une personne pour le coup très belle que j’aime beaucoup et qui souffre quotidiennement au moment de s’habiller, au moment de rencontrer le regard d’autrui sur son corps. Petit et gras.

Ses yeux d’un bleu océan, sa magnifique poitrine, l’intelligence qui transpire de son visage et du langage que parle sa bouche parafaitement ourlée, sont autant de prédispositions avantageuses mais elles ne sont rien. Parce qu’elle est petite et grosse. Et quand elle me parle de son corps, ses mots tranchants comme un poignard me blessent et me révoltent : « je n’ai pas de taille ». Et la taille, ça, c’est ce le sauf-conduit vers l’habillement, le charme, le glam’. Pas de taille, pas de fantaisie, pas de fun, pas de choix! Surtout pas de choix!

Le modèle de la robe droite, qui est aussi celui du sac de patates, est le seul tolérable… Une coupe Empire éventuellement… Après tout, c’est l’astuce stylistique qu’on a trouvée pour atténuer les formes de l’impératrice Joséphine, alors pourquoi réinventer l’eau chaude? Que puis-je dire à cette femme courageuse (je ne parle pas de Joséphine ;-)) qui a bien intégré tous ces impératifs de la mode telle qu’on la subit aujourd’hui et qui, ce faisant, ne dirige sa colère que contre elle-même? J’avoue n’avoir pas encore trouvé.

Peut-être cet article est un premier balbutiement pour dire combien sa souffrance m’attriste, m’indigne, me désespère. Au lieu de ça on pourrait s’amuser! Elle pourrait se demander ce qui lui plaît, sans restriction, quel est son style, on pourrait faire des ébauches de patron ensemble, rigoler autour de quelques séances d’essayage. Mais cette joie là lui est refusée de facto parce que savoir et tester ce qu’elle aime n’est pas à l’ordre du jour. Pire, ce serait cruel.

L’ordre du jour, la question qui la taraude, c’est que puis-je porter pour donner une apparence convenable à mon corps qui ne l’est pas. Pas de taille! Et dans le fond, n’en sommes-nous pas tous là? J’aimerais tant que choisir les tenues qui nous font sourire, qui nous font plaisir, qui nous font rêver soit l’unique critère. J’aimerais tant, tout simplement, que « choisir » soit permis à tous.

Je n’ai pas de solution à cela. Ne me demandez pas comment faire, je n’en sais rien. Mais je me dis que chacun à notre échelle, on peut commencer à assumer des tenues qui nous font envie, même si elles ne sont pas « convenables » sous tout rapport. Alors voilà l’histoire de ce crop top. Je me suis dit souvent, « quel dommage que je ne soit plus jeune… Je me ferais un petit crop top. » J’ai souvent songé aussi que si j’étais plus mince et plus longue j’aimerais un peu de tulle sous une jupe, que si j’étais plus fine, un body me ravirait…

Eh bien, si le monde ouvert et bienveillant envers tous les genres et toutes les silhouettes doit prendre forme en passant par moi, le crop top m’a semblé un premier pas. Qu’il s’accommode ou non des cheveux blanchissants et des capitons ventraux dans le code de la mode bienséante, je vais le tenter, je vais le porter.

Ne vous méprenez pas, je ne suis pas tout à fait à l’aise. Et sans doute en portant ce crop top, je manque de conviction et je témoigne encore d’une certaine honte. Mais si c’était facile, ce ne serait pas un véritable geste n’est-ce pas? Si de plus en plus de monde ose, nous pourrons progressivement sensibiliser et éduquer les regards pour plus d’ouverture envers les pratiques vestimentaires des plus vieux, des plus gros, des corps différemment équilibrés, bref, de cette immense majorité de personnes qui dérogent aux proportions des tailles du prêt-à-porter supérieures à 38.

Pour terminer cet article d’un genre un peu différent de mes coutumiers blabla 100% couture, encore un petit mot. J’ai parlé ci-dessus de gros, de gras, de bourrelets. J’ai usé intentionnellement de mots simples et directs parce que je suis sensible à l’énervement de Garak qui relevait les manières détournées qu’ont les marques de patrons de désigner les femmes « aux formes généreuses ».

Ces précautions sont la marque de la gêne qu’on éprouve encore aujourd’hui à parler du surpoids et de ses effets sur la silhouette. S’il faut taire les mots, s’ils ne semblent pas polis, c’est que la réalité qu’ils désignent est honteuse ou qu’elle n’est pas souhaitable. Voilà pourquoi leur usage m’a semblé bien plus respectueux que n’importe quelle paraphrase prétendument délicate.

Enfin, tout de même, sachez que ce modèle est le n° @ du magazine Burda Style de @. Le tissu Liberty aux motifs de mirabelles est de chez Stragier. Et les manches sont couvertes sur leur partie supérieure des premiers smocks de ma vie de couturière. Je pensais que ce serait fastidieux et ce fut tout le contraire. J’en referai sans crainte et ni appréhension à la prochaine occasion. Les manches encore, présentent deux rangées de volants de peu d’ampleur que je trouve très à mon goût.

Je vous embrasse, Sophie.

Le top des tops de l’été

N°1 : la parfaite collab’ entre Burda et Liberty

Pour rompre avec le traditionnel count down des hit-parade, je vous écris une série d’articles autour des tops que je me suis confectionnés cet été en vue d’un véritable événement : 10 jours à deux (sans enfants si si!) avec mon homme pour la première fois depuis nos débuts, soit tout de même… 21 ans!

Pour marquer le coup, j’ai cousu 5 petits tops pour toutes les circonstances :

  • Un T-Shirt Burda Easy à manches raglan qui a disparu entre-temps, sans doute oublié sur place (j’en suis malade : je l’adorais et le jersey Liberty était à la fois très beau et tout de même couteux)
  • Un petit top noir sans manche cousu dans les chutes d’un T-shirt réalisé naguère comme cadeau d’anniversaire (voir 118, T-shirt Burda amphibie)
  • Un top à volants en plumetis blanc. Du Burda Easy aussi : simple, confortable et beau)
  • Un crop top aux motifs de mirabelles qui révèle joliment les épaules
  • Un top Liberty à manches ballons et encolure en V

C’est le dernier de la liste qui fait l’objet de ce petit article. Le tissu est si riche en soi qu’il ne me semblait pas demander une grande éloquence stylistique coté patron.

Le modèle

C’est pourquoi mon choix s’est porté sur un modèle à la fois simple mais présentant quelques détails agréables : le modèle 104 du Burda de mars 2019.

Ce numéro en soi est un de mes favoris. Deux thèmes s’imposent dans ce numéro :

  • un style emprunté à l’univers de la danse classique (tulle et organza, fins lainages, jupes vaporeuses et cache-coeur,…)
  • les motifs « exotiques » fleuris et coloris chatoyants

J’avoue que le patron de couverture reste aujourd’hui encore l’objet d’une forte convoitise et je ne pense pas finir ma carrière de couturière sans l’avoir confectionné…

Ce n’est cependant pas celui élu pour ce projet (je pense qu’il appelle un tissu uni car il développe en soi suffisamment de fantaisie).

Ici, c’est le top 104 que j’ai réalisé : un basique avec un col en V mais tout de même une manche ballon délicieusement féminine et une ceinture intégrée qui fait office de martingale dans le dos.

Je l’ai réalisé dans une taille 44 mais je pense que c’en est une de trop. Le modèle est déjà ample en soi. Mais ça c’est un problème qui n’est pas près d’être résolu. Je continue à prendre mes mensuration seule et il est bien connu que cette démarche ne peut que fournir de mauvais résultats. Si j’y pense, ma nièce sera de corvée lors de son prochain passage à la maison…

Enfin, j’ai légèrement modifié le patron en retirant 5 cm en hauteur au devant et au dos, histoire de passer de cette femme imaginaire d’1m68 à ma petite personne d’1m63 🙂 Le modèle étant parfaitement droit, ce n’est pas la peine d’en parler. Sitôt décidé, sitôt fait.

Le tissu

Là encore, j’ai patienté longtemps avant de craquer mais c’est sans regret. Quand un tissu vous tape dans l’oeil à ce point, la déception est peu probable. Il s’agit d’un Liberty de qualité Tana Lawn, un peu atypique, baptisé Felda Peach, fleuri certes mais dans un style aquarelle étonnant. La référence du produit chez Stragier est 0363 1116 A :

Les petites violettes, les belles iris,… ce tissu à plus d’un tour pour plaire. Le Tana Lawn, c’est une batiste qui combine légèreté et robustesse grâce à un tissage dense. C’est trop beau et puis en plus, c’est très facile à coudre!

Comme le remarquait à juste titre ma grande soeur, ce top se porte été comme hiver, en toutes circonstances, ou presque, et je l’adore! (le top! Ma soeur aussi mais ce n’est pas trop le sujet ici ;-))

Les détails croustillants

Détail 1 : Des manches-ballons! Vite vite avant que la mode s’en débarrasse! Pour ma part, ça reste une de mes manches favorites, mode ou pas et en plus, c’est confortable! Ici, amour oblige, les finitions intérieures sont à la main (point de côté).

Détail 2 : une encolure en V. OK, ce n’est pas un V très plongeant. Ma soeur toujours avisée trouve que je dois davantage viser des décolletés plus ambitieux. Ce sera pour une prochaine fois, promis!

Reste que cette forme me plaît beaucoup et en tous cas bien plus de les encolures rondes. Les encolures rondes! Pourquoi pas avec col Claudine tant qu’on y est. Sans blague, je me suis toujours demandé pourquoi l’encolure ronde était celle par défaut. Une sorte de degré zéro de l’encolure en quelques sortes…

Pour un bon maintien de la parmenture, que des valeurs sûres : un bon entoilage, une surpiqure-nervure intérieure. Ca tombe parfaitement.

Détail 3 : comme une martingale, deux rubans emprisonnés dans chaque couture de côté viennent se nouer dans le dos pour apporter un peu de cintrage. Mamé comme tout!

J’avoue que j’ai validé toutes les cousettes de tops estivaux cette année mais celui-ci est la pièce maîtresse de ma collection. Quelle satisfaction renouvelée à chaque fois que je le porte!

A très vite autour d’une cousette ou d’un projet!

Sophie

Adelise

Histoire d’une longue attente

Alors Adelise, c’est le modèle du mois de décembre dans le programme proposé par Christine Charles dans son livre « Passez votre CAP Couture avec Artesane.com ». Un modèle manches longues à composer durant les longues soirées d’hiver, entre une tisane et une giclée de pluie sur la vitre. Mais comme vous pouvez le constater, j’ai quelque peu allongé le trajet initialement conçu…

D’une part, j’ai le confort de n’être aucunement pressée, d’autre part, comme déjà raconté, mon atelier est squatté par mon matériel de bureau depuis que la COVID-19 me contraint à prester professionnellement la plupart du temps à domicile. Alors en l’état, mes machines à coudre ne sont plus au même étage que ma planche à repasser. Les couturiers et couturières parmi vous comprendront sans plus d’explications ce qu’il m’en coûte 🙂

Donc, cette Adelise faite pour être cousue dans un mood de fêtes de fin d’année a été réalisée entre le printemps et l’été 2021. Notez bien que du coup, l’aspect « giclée de pluie sur les vitres » n’avait rien à envier à la froide saison! L’aspect « tisane » était conséquemment aussi au rendez-vous et au final, coudre un modèle manches longues, ça le faisait!

J’en veux pour preuve que la bénéficiaire du produit final n’a pas pu attendre la séance de photos avant d’entrer dans sa nouvelle acquisition pour une séance de « roulé en boule » dans le divan devant la télé (si, si je vous jure…) Vous pardonnerez je l’espère les abominables plis qui sont nés de ce traitement inapproprié. Cela dit, ça montre aussi comment se comporte ce tissu dont il sera question plus bas.

Donc, Adelise est adulée, adoptée dans la garde-robe de ma grande adolescente « qui-ne-porte-pas-n’importe-quoi ». Mais dans le programme CAP, la satisfaction du client est secondaire, ce qui compte, ce sont les millimètres, l’application correcte des techniques en cause. Alors de ce côté, où en sommes-nous?

Gestion du tissu

Pas de précaution particulière pour un coton de qualité de poids normal (entre 105 et 150 grammes par mètre laize) me direz-vous. Oui. Oui, mais! Il s’agit d’un coton fil-à-fil dont il est impossible de distinguer l’envers de l’endroit à l’oeil nu et qui marque sans pardon les piqûres d’assemblage.

Le seul moyen que j’ai trouvé pour identifier sûrement l’envers de l’endroit est de me rapporter aux petits trous qui percent les lisières du tissu : sur l’endroit les trous présentent de légères bosses et sur l’envers de légers creux. Les bosses ne sont pas facilement visibles mais se sentent assez bien lorsqu’on y passe le doigt.

Cet exercice étant réalisé, j’ai consciencieusement appliqué un ruban adhésif mat sur chacune de mes pièces pour indiquer l’envers. Vous verrez plus bas que ces précautions ne sont ni superflues ni suffisantes 😉

Les défis du buste

Après cela, je me suis jetée dans la gamme de montage avec d’autant plus d’empressement que ma fille trépignait d’impatience : elle a véritablement flashé sur ce modèle dès qu’elle l’a aperçu dans le livre. Notez que c’est tout bénéfice pour moi quand un modèle de Christine plaît à ma fille car elle fait une taille 38 (ma fille, pas Christine. Quoique, je n’en sais rien :-D) et c’est dans cette taille que les patrons papier sont délivrés dans le livre (pour les autres tailles, ce sont des PDF téléchargeables en A4 ou A0 au choix).

Bref, je m’empresse, j’ai des ailes et nous voici très tôt avec un buste satisfaisant :

  • Symétrie des pièces anthracites (à un millimètre près hélas comme le montre la photo ci-desssous)
  • Patte de boutonnage bien entoilée, bien alignée
  • Double empiècement en sandwich réussi (c’était pas le premier! Souvenez-vous de mon émerveillement à la découverte de cette technique pourtant classique dans mon article Four fellows)

L’épreuve des manches

Je n’étais pas spécialement stressée par les manches. Ce n’est pas mon premier chemisier. Pourtant, j’étais curieuse de découvrir deux techniques que je n’avais encore jamais pratiquées : la fente simple avec parmenture surpiquée et la patte de boutonnage sortante aux poignets. Curieusement, j’avais déjà pratiqué la patte capucin et la fente indéchirable mais la fente simple, non.

En couture, lorsqu’on est occupé à travailler les parties du vêtement qui existent en double comme typiquement les manches, il est recommandé de réaliser chaque étape d’un côté puis de l’autre, pour garantir une homogénéité de traitement. Ce faisant, après avoir pratiqué la fente à droite, j’ai pratiqué la fente à gauche, puis j’ai posé le poignet à la manche droite et ai ensuite entrepris celui de la manche gauche et là… « Horreur et damnation!! »

L’évidence m’a sauté aux yeux : l’une des manches était cousue et montée sur l’envers du tissu pourtant dûment marqué. Cette erreur s’est avérée irréparable. En effet, la fente ayant déjà été montée, avec sa parementure, nul découd-vite ne pouvais me secourir. Sans parler du coton fil-à-fil qui marque sans concession les trous occasionnés par les coutures.

L’unique solution était la plus chronophage et la plus couteuse : recommander 50 cm de coton chez Stragier et recommencer la manche gauche. Cette interruption m’a lancée dans une boucle de procrastination que j’ai un temps songée infinie. Mais je vous écris n’est-ce pas, ce qui signifie que le défi devait avoir une fin.

Voici mon évaluation du résultat final :

  • Symétrie entre les poignets : échec cuisant, en particulier sur la surpiqure en « U » le long de la fente. Les consignes prévoient que la fente finie mesure 2 mm au bas du « U » et que la surpiqure se place à 5mm du bord de fente. Sur ce dernier point, en haut du « U », nous avons une manche à 7 et l’autre à 3. Ouille! En plus, ça se voit et se voit d’autant mieux que le fil enthracite est très contrastant sur le « bleu nuage » du tissu! Moi qui pensais en avoir fini de suer avec cette précision au millimètre… Serait-ce comme pour la plupart des nouvelles compétences? Que c’est au moment où on pense les maîtriser qu’elles nous rappellent à l’ordre?
  • Résorption d’embu et pose des manches : là, au moins, rien à dire, ça roule. Sauf que je n’arrive toujours pas à résorber l’embu sans poser de fil de fronces préalable. Je crois que pour cela, je ne m’en sortirai qu’avec une bonne vidéo bien faite. Peut-être d’ailleurs une parmi la série des 1001 techniques de couture que propose Christine sur le site d’Artesane. A voir. Pas d’urgence en ce moment car après tout, le fil de fronce fonctionne.
  • La patte de boutonnage sortante a été correctement exécutée d’un côté (photo n°1 ci-dessous) tandis que de l’autre, votre gaffeuse préférée a posé les boutons sur la partie réservée aux boutonnières et les boutonnières là où il eût fallu poser les boutons (photo n°2). Hormis cette distraction impardonnable, la réalisation n’a pas posé de grande difficulté et j’aime bien ce rendu : les deux côtés en bas de fente se rejoignent naturellement et le surplus de patte est caché sous les boutonnières. C’est plaisant. J’ai moins d’enthousiasme pour la fente avec parmenture. La parmenture se voit pour l’ouverture de la fente et c’est moins joli qu’une finition « capucin ». Cela dit, les deux techniques permettent des variations de style potentiellement intéressantes.

En conclusion

Voici un modèle qui ne valide pas ma capacité actuelle à passer un CAP Couture mais une pièce qui fera de l’usage, ce qui me console assez largement.

A noter : Les boutons et boutonnières ne font pas partie de la matière à connaître pour le CAP Couture car dans l’industrie, ils font l’objet d’une étape de montage distincte soutenue par des machines particulières.

Ici, bien sûr, je ne pouvais offrir ce chemisier à ma fille sans lui donner les moyen de le boutonner 🙂 J’ai opté pour des boutons de forme carrée aux coins arrondis qui allaient bien avec le côté « géométrique » du modèle et dont la couleur anthracite présente çà et là des nuances qui rappellent le bleu de l’autre tissu.

Ceci me permet de vous raconter que si j’ai toujours effectué mes boutonnières à la machine ainsi que la pose des boutons, je travaille actuellement à les réaliser à la main. Les finitions me paraissent tellement plus propres : plus aucun fil visible et + de régularité (ma machine ne fait pas des points semblables du côté gauche et du côté droit de la boutonnière).

J’espère pouvoir dès lors vous montrer sous peu une réalisation qui implique des boutonnières « à la main » et des boutons posés de même. Pour l’instant, je fais des gammes alors patience! 😉

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