La magie de Noël III : Jane

Le pilote de la gamme Lady

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Elles m’ont fait rêvé ces ladies à l’ancienne qui truffent les romans d’Agatha Christie. Non qu’elles affichent toutes les vertus, sans quoi peu de meurtres en ce bas monde, mais leur élégance suggérée par l’auteure a longtemps nourri mon imagination. Et cette nuit, comme je ne trouvais pas le sommeil, sais-je pourquoi ?, l’idée m’est venue de partager cet héritage imaginaire et très personnel en vous dévoilant, par la couture, la trace que je garde de ces demoiselles, jeunes ou moins jeunes… 

Vous l’avez compris, c’est mon univers mental, celui de mes lectures d’adolescente, qu’il faut ouvrir pour cela et soudain l’angoisse me prend. Aurais-je égaré la clé ? Peut-être pas Sophie, mais il est parfois cruel de mesurer l’écart entre quelques images floues qui suffisent à satisfaire le cerveau et un objet du monde, concret, palpable, exposable à tous les yeux, à toutes les critiques. 

Tiens, je ne déglutis plus si facilement tout à coup… Et ce frisson dans le dos ? Sans doute le temps pré-hivernal… Mais assez de doutes pour l’instant ! Déjà se dessine dans les brumes de ma pensée la silhouette d’un personnage qui m’est si familier que je pourrais la compter parmi mes amies intimes : cette très chère Miss Marple ! En son honneur, ma première production s’appellera « Jane » et sa ligne sera comme elle : sage et implacable quoique non dépourvue de féminité… 

Bien sûr, ce sont des mots ! Reste à les transformer en un objet acceptable qui soit une expression sincère de mon souvenir de Jane.  

L’objet : faisons pratique, ça fera plaisir à ma grande sœur de famille qui est aussi une fidèle lectrice des Gaufres! Je souhaite depuis longtemps trouver une solution pour ranger efficacement et ENSEMBLE les soutien-gorge et leur slip assorti (ou quasi assorti). Car comme je ne suis pas du matin (ce que vous pouvez désormais comprendre puisque  je viens de vous donner une idée de ce à quoi je pense au lieu de dormir), je me lève régulièrement en catastrophe et m’habille de même. Si je trouve alors encore à peu près l’énergie de choisir un pantalon et un top qui s’accordent, il va de soi que côté underwear, par contre… Ca craint ! 

OK, la lingerie, ça ne se voit pas… Mais est-ce une raison pour ne pas s’améliorer ? 

Donc, je vais réaliser une gamme de petits sacs à lingerie que je vais appeler « Lady » et chaque modèle de sacs portera le nom d’un personnage dont je garde le souvenir. Et bien sûr, Jane ouvre la marche. Ce que je vous présente aujourd’hui est la toile de Jane : le premier draft de patron réalisé « pour voir » dans une toile de calicot.  

L’idée est de rappeler le style d’un chemisier propret et bien boutonné à l’avant, avec une parmenture et deux plis à l’arrière. C’est l’idée que je me faisais du style de  Miss Marple. Voici la face avant et la face arrière :

Petite fantaisie utile : le premier bouton est bien réel et permet la fermeture du petit sac. Et pour information, ses dimensions sont de 19 cm sur 21 cm. C’est peut-être un peu juste pour les soutien-gorge à armure…

Mon idée est, une fois le patron fixé, de réaliser ce modèle dans une mousseline, un crêpe léger voire  un coupon de Liberty. Car c’est un sac à lingerie tout de même… Evitons le velours côtelé et la gabardine! :-D J’envisage aussi de l’agrémenter de dentelle (au col et dans le dos par exemple), voire d’un collier à perles ou d’une broche vintage,… L’avantage de toutes ces variations possibles est d’obtenir aisément des résultats différents avec une seule recette 😊 

Qu’en pensez-vous ? L’idée est-elle bonne ? Comment améliorer Jane ? Je verrais bien un col plus présent et peut-être une petite poignée pour faire plus sac que pochon… Le cas échéant, est-ce un cadeau de Noël acceptable ?  

J’en ai des questions aujourd’hui n’est-ce pas ? Mais ce n’est pas tous les jours qu’on avoue publiquement avoir lu tous les romans d’Agatha Christie et les avoir aimés assez que pour, 25 ans plus tard, en proposer le témoignage couturier. Petite précision en vue de conserver toutes mes amitiés blogueresques : je n’avais rien fumé hier soir. 

Je vous embrasse. 

 

Sophie 

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La magie de Noël II : les chouchous

Le plaisir de faire plaisir…

Les voyages dans le temps, ça existe, j’en ai fait un! Car les chouchous, si il y a bien un truc emblématique de la mode ado de mon époque, c’est cela. En essayant d’expliquer à ma fille ce que nous, à son âge, mettions dans les cheveux, je me suis rendue compte que dans le fond, le plus clair était encore d’en faire un. Comme çà, sur le pouce, sans préméditation, autour d’un élastique de cuisine.

Alors dans la gamme des cadeaux de Noël autant que dans celle du projet récup’ par lequel je veille à faire du beau avec du laid, de l’utile avec du brol, de la valeur avec des poussières, je vous présente… ta-damm! LE CHOUCHOU.

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Pour ceux ou celles qui ne partageraient pas mon idiôme natal, un chouchou, c’est un truc informe cousu autour d’un élastique et qui orne agréablement les queues de cheval (la coiffure hein, pas le bel ornement que la nature à offert aux équidés). Ouh! Le tracassin linguistique ici… Si on causait couture, histoire de retrouver un peu de confort?

J’ai opté pour un montage très simple dans la plus pure tradition de la « couture approximative » que j’affectionne au point que je pense un jour déposer un brevet sur ce concept. A toutes fins utiles, je fournis le pas-à-pas expliqué ici. Avis aux plus débutantes que moi s’il y a : le chouchou, c’est 10 minutes montre en main. Rapport résultat-effort imbattable.

Finalement, voici le résultat :

Le chouchou Flamant

Issu d’une chute de ce tissu que j’adore et qui avait permis la réalisation d’une trousse (voir à ce propos un de mes premiers articles : La vie en flamants roses!)

Le chouchou aux cerises

Issu d’une chute de coton imprimé qui avait servi lors de la confection d’un chemisier estival (voir Beaucoup de cerises)

Le chouchou étoilé

Merveilleux tissu que celui-là : blanc éclatant parsemé d’étoiles dorées qui brillent de mille petits feux. La réalisation d’origine est un patron d’Ivanne S. : Diamond (voir mon article Diamond, un petit bijou!

Le chouchou du Colonel Moutarde

Souvenez-vous! Voici peu de temps, je me lançais dans l’aventure d’un vestiaire masculin et pour palier une carence en tissu fort inopinée, j’avais choisi de travailler avec un tissu secondaire dans une couleur tranchante : la couleur moutarde (Four fellows). Ce chouchou est un peu maigre parce que mes réserves dans ce tissu étaient faibles 🙂

Le chouchou aux fleurs

Ce chouchou hérite quant à lui de chutes de tissu acheté pour rehausser la géniale pochette caméléon de Corinne Romeyer ( Une pochette « caméléon ») mais il a été moultes fois recyclé dans divers projet comme celui d’une pochette de type « compagnon » ( Comme un jardin de fleurs)  ou encore d’un panier de lingettes durables (Projet récup’ : Des paniers, des lingettes….)

Le chouchou en jean

Quelques chutes d’un des pantalons Wanderer d’Anabelle (SOS Wanderer) attendaient le jour de leur transformation 🙂 Une première récup’ très gratifiante avait pris la forme d’un pochon. Aujourd’hui, voici donc le chouchou…

Le chouchou passe-partout

Du noir, c’est obligatoire! Ca va avec tout. Tiré d’un coupon très bas de gamme récupéré d’un jeu de société bidon, voilà tout de même deux chouchous très présentables :

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Le chouchou imperméable

Enfin, je termine la marche des chouchous avec la transformation (très partielle je le concède) d’un vieux parapluie! Le tissus de ce parapluie me plaisait tant que je n’ai pu me résoudre à le jeter avec l’armature brisée de mon ancien compagnon.

Une fois mes petits chefs-d’oeuvre terminés, je les ai présentés à ma fille pour appuyer mon propos sur ce que fut la mode quand j’avais son âge. Elle s’en est emparée et les porte chaque jour depuis. Mission accomplie!

 

Un drapeau pour les Hobereaux

Oiseau rapace diurne du genre faucon…

Les hobereaux sont de fiers rapaces qui élisent domicile dans les forêts européennes durant l’été. Mais « Les Hobereaux », ça, c’est le nom de la patrouille scout de ma fille et ceux-là désiraient un drapeau.

Cahier des charges : quelque chose de beau, de représentatif, qui correspondent aux couleurs de la patrouille : rouge, bleu ciel et bleu foncé.

Dimensions : inconnues. Budget : 0€.

Ce dernier critère est tellement puissant qu’il a donné seul au  projet les spécifications qui faisaient si cruellement défaut. Car si c’est gratuit, ça veut dire qu’on va devoir se contenter des tissus de récup’ qui attendent l’heure de leur résurrection dans les tiroirs de l’atelier des Gaufres :

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Le choix d’Eve s’est porté sur les tissus suivants :

  • Pour le bleu foncé, une chute du tissu employé pour le projet Tipsy – Trousse de toilette réalisé pour son frère;
  • Pour le bleu ciel, le tissu récupéré d’une housse d’oreiller en fin de vie;
  • Pour le rouge : les chutes du tissu employé pour confectionner un pantalon Wanderer (Ottobre) à sa soeur. Comme celui-ci n’a pas fait l’objet d’un article, voici, pour la petite histoire, la photo dudit pantalon : IMG_1147

La première étape du travail a consisté à refaire des pans de tissus suffisamment grands à partir des lambeaux en présence. J’ai cousu tout ce que je pouvais pour refaire des formes approximativement rectangulaires. Ces dernières ont été retaillées par la suite, conformément au patron réalisé entre-temps par Eve.

Et pour cela, il nous fallait une idée, chose dont Eve n’est jamais à court. Elle a donc conçu un gabarit qui représente un hobereau un fier hobereau qui plâne à l’affût d’une proie devant un soleil dont il faut deviner s’il se lève ou s’il se couche…

Le résultat :

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Bien sûr, vu de près, on se rend bien compte que ce fagnon est aux drapeaux ce que Frankenstein est aux humains : une reconstitution à partir de petits morceaux. Mais néanmoins, cela reste une satisfaction réelle de pouvoir construire du beau avec de l’informe.

Dusty

Le top de l’été indien

Nous y sommes! Des rayons de soleil qui n’apportent plus que leur lumière, des couleurs ocres et rouilles dans les arbres, trop chaud pour un pull mais trop froid pour un T-shirt. 2018 sort son été indien! Alors, moi, je m’adapte grâce à Dusty, un top chic, chaud mais pas trop, de La Maison Victor.

Le tissu, je le couve depuis quelques mois. Un de mes coups de coeur au Chien Vert : un jersey dans des tons pourpres avec un discret fil doré que je trouvais fait pour Dusty. Et comme Dusty, lui, me semblait fait pour moi, l’équation a été vite résolue. C’est peu dire : le patron Dusty est simple et se réalise sans opposer aucune résistance (sauf peut-être lors du calque mais çà, c’est un problème perso qui a peu à voir avec le patron lui-même). En tous cas ne soyez pas surpris si je le ressors à l’occasion…

Sa fantaisie : le petit drapé qui tombe parfaitement depuis l’épaule droite.

Pour la petite histoire, Dusty est une réalisation de septembre publiée donc avec un certain retard. A vrai dire, l’organisation du photoshoot n’a pas été simple : ces jeunes ados qui ont trop d’occupations en perdent le sens des priorités! 😀 A ce propos, c’est mon photographe Raoul qu’il me faut féliciter cette fois. Merci mon loup!

J’espère que chez vous aussi l’automne ouvre la porte en douceur et vous comble de bonheurs aux potirons, de délices aux noix, et de petits tops sympas.

Leonora

« En attendant, ça fait quand même un sweat sympa… »

Et encore une portion de cerises! Après Beaucoup de cerises qui augurait le bel été que nous connaissons ici à Bruxelles, voici Leonora, un patron junior de la maison Victor qui sublime également ce fruit frais et délicieux. Ici, les cerises sont dorées, et rehausse un tissus Sweat de chez Mode Coupon.

Anabelle le voulait absolument quand bien même il est un peu chaud pour la saison. A refaire : oui mais deux ou trois tailles au-dessus! Elle  ne le mettra pas longtemps et elle aura du mal à dissimuler un T-shirt au-dessous. C’est aussi pour cette raison qu’il m’a fallu trafiquer le col : taille trop petite pour mon petit top-modèle. Ta fille grandit Sof’ ne l’oublie plus jamais.

En attendant, ça fait quand même un sweat sympa où se lover pendant les longues soirées d’été au camping, quand le soir apporte sa brise fraîche, quand les étoiles scintillent sur notre Bretagne chérie…

Eden

Le charme vintage du noir et blanc

Eden! Voilà le patron! Le numéro 10 de notre belle équipe de foot qui vient de sortir poliment le Brésil de la course à la coupe du monde. Notre belle équipe qui, à mon sens rencontre la France une étape trop tôt dans ce mondial car à mes yeux, la France et la Belgique sont les seules équipes qui méritent l’accès en finale. Mais voilà, le « hasard » parfois nie la raison.

Oups! Je me trompe de blog là. Voilà ce que c’est des soirées trop arrosées, ça met la tête à l’envers. Eden, pourtant, c’est bien le patron au coeur de cet article mais c’est un patron de La Maison Victor.

Je la couds à point nommé cette robe 🙂 Je la couds cependant dans un jersey qui manque un peu de tenue pour donner à ce modèle tout le charme dont il est capable. Mais ça fait tout de même une robe agréable à porter et plutôt élégante avec une jolie paire d’escarpins non?

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Et là, j’entends déjà ma soeur exprimer une surprise légèrement lassée : curieuses chaussures pour faire du jardinage, Sophie! Oui. Mais nous tentions un contraste intéressant avec Anabelle, ma dévouée photographe du jour. Ca marche ou pas finalement? En tous cas, nous nous sommes bien amusées.

Le jersey est un tissu du Chien Vert que je recommanderais volontiers pour des tops fluide, des T-shirts…

Sinon mon Eden, vous en pensez quoi?

Je vous embrasse et vous souhaite un bel été!

Le top du top

En un tour de manche!

Flamants roses, troisième! Clap!

Vous le savez, j’ai déjà cédé à la folie « Flamant rose » (rappelez-vous La vie en flamants roses! et 2017, l’année des flamants )  et pourtant, je peux vous assurer que je me domine. J’aime cette silhouette élancée, ces couleurs chaleureuses, cet air mystérieux… C’est une belle bête que ce flamant rose…

Voici donc une troisième variation sur le même thème dans une déclinaison en noir et crème. Le tissu me faisait de l’oeil en mercerie (Veritas)… Après 10 minutes d’hésitation oui/non/encore un tissu/en ai-je vraiment besoin/en ai-je vraiment envie…, j’ai décidé d’en demander un mètre dans l’idée de limiter les dégâts sur mon portefeuille et sur le volume de mon armoire à tissus. Après tout, je pouvais toujours en faire un chemisier dans le style de l’autre ( Beaucoup de cerises ) que je porte en permanence.

L’affaire fut conclue entre mes deux consciences, la raisonnable et la débridée,  et aucune des deux n’allait le regretter cette fois puisque la vendeuse leur a annoncé que c’était la fin du rouleau, qu’il en restait 1m30 et qu’elle m’offrait donc les 30 cm en bonus.

J’étais trop contente car avec ces 30 cm de plus, le nombre de patrons possibles pour un top explosait véritablement. Alors, j’ai aussitôt songé au modèle « Rummer » de La Maison Victor dont la particularité réside dans un merveilleux petit volant qui met un terme adorable à des manches très simples. Eh oui, me revoilà face à mes vieux démons, devant le défi de l’emmanchure classique, banale, de ce fichu embu et de ce tour de main qui ne vient pas ( Les manches de princesse de mon mari ).

Mais vous savez quoi? Cette fois, j’ai joué de chance avec mes recherches sur le net. J’ai découvert le blog In the mood for Couture . Ses dessins expressifs, ses explications patientes et soignées, ont surpassé en efficacité et pédagogie toutes les videos que j’avais regardées jusque-là. Résultat : mes premières manches réussies. Du moins est-ce ce qu’il me semble et autant vous le dire, j’en ronronne de plaisir…