Resiste!

Prouve que tu reprises

Titre d’article en clin ou d’oeil ou en écho à la démarche de Camille Binet-Dezert (https://www.facebook.com/Fabriqueenutopie/ et hashtag #resisteprouvequetureprises) qui, de brocantes en brocantes, a retrouvé les manuels de nos aïeules et petit à petit a acquis et partagé l’expertise du reprisage. Sa démarche est simple : elle constate que l’industrie de la mode est la seconde plus polluante au monde. La fabrication des tissus l’est par nature et la domination du marché par la fast fashion aggrave le cas en produisant du peu durable à bas prix.

J’ai suivi le cours de reprisage/ravaudage que Camille Binet-Dezert propose sur Artesane ( Repriser et raccommoder : je ne jette plus mes vetements ) et j’ai découvert que les techniques de reprisage et de ravaudage sont des déclinaisons de… la broderie! Et entre la broderie et moi, c’est une longue histoire d’amour, même si je ne vous en ai jamais parlé sur ce blog…

C’est donc avec surprise que je réalise que cette activité que je croyais déprimante m’ouvre au contraire la perspective d’agréables soirées… Puis ce faisant, j’ai l’impression de retrouver un peu ma grand-mère disparue depuis longtemps mais aux côtés de qui j’ai grandi. Dans son vieux fauteuil élimé qu’elle appelait « club », Bobonne reprisait les chaussettes.

A travers mes yeux d’enfants, je la regardais avec horreur glisser ses mains noueuses à l’intérieur de nos chaussettes, les étirer si fort et combler inlassablement les trous en faisant glisser l’aiguille sur le bombé de son poignet. Ensuite, les chaussettes retrouvaient nos pieds et j’avoue avoir détesté au touché, le rugueux des endroits raccommodés.

Mais aujourd’hui, la reprise est un acte de résistance comme le dit Camille Binet-Dézert. C’est le refus de jeter ce qui peut, à peu d’efforts, encore servir. C’est contribuer à moins consommer et ce faisant, à moins polluer.

C’est du moins ce dont j’essaie de convaincre mes enfants en commençant par la moins ados de tous : notre apprentie couturière Anabelle déjà bien connue de ce blog. Specimen parfait pour tenter une approche, Anabelle est sans conteste la championne toutes catégories des pantalons troués.

Notez que j’ai d’abord tenté une stratégie préventive! Mes lecteurs les plus fidèles se souviendront des modèles de Wanderer (Ottobre) que je lui ai cousus, profitant de ce que ce modèle me permettait de doubler, parfois tripler, les zones de genoux. D’autres verront toute la malice dans le choix du Sarouel Burda, décoré fort opportunément au niveau du genou! A l’exception du sarouel, moins porté, tous ces pantalons néanmoins ont fini vaincus.

Donc, merci Camille Binet-Dezert, l’heure de la stratégie curative a sonné! Dans son cours, Camille propose une approche moderne pour réhabiliter les jeans usés. En effet, dans le temps, l’art du reprisage était aussi l’art du camouflage. Les vêtements raccommodés sentaient la pauvreté et il convenait de les faire discrets. Aujourd’hui, le raccommodage est une bannière, il est la fierté de ceux qui donnent priorité à la planète et à l’avenir.

Dans ces conditions, raccommoder devient drôle et créatif! Jugez plutôt. Après avoir coupé les effilochures aux abords des deux trous du jeans noir d’Anabelle, j’ai, suivant les consignes de Camille, thermocollé des chutes de tissu pour combler les trous. Mon choix s’est spontanément porté sur des chutes de coton au motif de renard (voir Maître Renard). Il m’a fallu ensuite trouver dans ma boîte à cotons moulinés des tons assortis.

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Ensuite, j’ai entrepris de fixer une seconde fois le tissu de réparation en réalisant aux contours du trou un grossier point de feston. En rouge pour une jambe, en vert pour l’autre.

Enfin, pour fixer au maximum la toile thermocollante à l’envers du jeans, j’ai rebordé sur toute sa surface des motifs imaginés dans la foulée. Plaisir garanti!

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Mais l’intéressée me direz-vous, qu’en pense-t-elle? Pas charmée à vrai dire : le rouge est trop voyant, les broderies c’est nul : ça fait enfant et ça fait fille! En effet… C’est juste que moi, je la voyais comme une enfant. Où avais-je la tête! Elle a 10 ans tout de même! Cela dit, elle fait contre mauvaise fortune bon coeur car aujourd’hui est jour de rentrée scolaire pour notre Ana : le premier retour à l’école après le confinement et devinez ce qu’elle portait??

Bingo!

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Pour ceux ou celles qui s’interrogeraient sur les pieds nus de la princesse, sachez qu’il s’agit là de son équipement de marche favori. Tant et tant que c’est à la veille de la rentrée en classe que nous nous sommes avisées que ses chaussures étaient désormais trop petites! Effet colatéral du confinement 😀

Et pendant ce temps, notre compagne d’Atelier ronronne… Portez-vous bien!

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Chercher la petite bête…

Histoire d’un atelier confiné

Chercher la petite bête, c’est bel et bien ce qu’Anabelle et moi avons fait à l’atelier à l’heure du confinement. Comme beaucoup d’entre vous que je lis avec délectation, nous nous sommes jetées sur les fournitures en stock et leur avons trouvé usage.

Bien sûr, la confection de masques s’est taillé la part belle de notre déstockage. Mais la fantaisie n’était pas absente pour autant comme cet article va vous le montrer. Le confinement, c’était aussi chez nous une occasion inespérée de faire les tris qui, sans cela, auraient attendu… disons 10 ou 20 ans! Notamment, les cours des années scolaires passées ont été dépecés : les feuilles au verso vierge ont filé rejoindre notre stock de papier de brouillon, les autres ont atterris dans la corbeille à papier.

Une exception à cette règle de bon sens : la leçon de science naturelle dédiée à la coccinelle. C’était en 2e année. Anabelle s’en souvenait, m’énumérait les mots appris à cette occasion… Ni elle ni moi n’avions le coeur à la séparation sur cette simple feuille qui sans doute n’évoque pas grand chose pour vous chers lecteurs… Cette fameuse cox, la voici!

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Ne sachant quoi en faire, l’idée a germé d’en sortir un patron et de la reproduire en 3D. Avec le très gros avantage de récupérer des coupons de tissus éventuellement très petits. Et, ma foi, ça a fonctionné. Avec des fortunes diverses et avec de nombreuses retouches progressives au patron original. Mais çà a fonctionné et notre maison s’orne désormais de petites bêtes sympathiques qui s’accrochent ici et là…

Exemple 1 : patron original, tout premier essai. Sélection de tissu : un tissu d’ameublement en coton épais vert pomme pour le corps et la tête, un reste de coton aux motifs de cerise pour les élytres puis un coton à pois sur fond blanc pour les ailes.

Résultat :

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La demoiselle coccinelle ressemble surtout à une sauterelle. Et en tous cas, le cordon de suspension est beaucoup trop marqué! Rectification de patronage et de matériel à l’essai suivant.

Ici, le tissu est récupéré d’une chute menue de satin de soie rose, un reste de velour noir d’ameublement et la récupération d’une robe type chinois de notre ainée quand elle avait 3 ans… Cette robe qui semble bien conservée était en fait importable et (donc « indonnable ») en raison de signes d’usure fort vilains dans le dos.

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Résultat : j’ai choisi le velour pour le corps et la tête mais j’ai recouvert la partie « corps » de bandes de chutes de ruban en satin rose pâle. Ca donne du relief. Cette idée a germé lorsque Anabelle et moi-même avons visionné le podcast de Clotilde (Couture & Clo) qui montre les déguisements égyptiens de ses deux fistons. Elle utilisait cette technique du ruban sur la coiffe de ses petits pharaons. Les ailes sont en soie rose (je disposais d’un échantillon de 10cm de haut en provenance du Chien Vert). Les élytres sont coupées quant à elle dans la robe usée de notre petite Eve.

Pour le troisième essai, comme on s’amusait bien, on a testé un effet « poilu » sur le dos de notre troisième demoiselle Cox. Pour cela, nous avons sélectionné un tissu type lin (reste de la jupe Perle de nacre d’Yvanne S, réalisée en 2017) pour le corps et la tête de notre insecte coquet. Pour les élytres, une chute du tissu utilisé jadis pour le top Diamond de la même auteure. Enfin, un reste de tissu très ancien (acheté en 1993) qui n’a jamais servi à grand chose. Tissu translucide aux motifs de fruits.

Le corps de cette dernière coccinelle est en lin turquoise, recouvert de cette fameuse mousseline synthétique. Des couture verticales espacées d’un centimètre fixent les deux tissus l’un sur l’autre. Ensuite, entre les coutures, j’ai coupé le tissu translucide pour créer du volume, un peu d’effilochage, espérant ainsi créer un effet « poilu » 😀 Les élytres ont aussi été redessinées pour être plus couvrantes.

Résultat :

Et voilà! Cherchez-vous la petite bête vous aussi? La trouvez-vous? Au plaisir de vous lire.

Sophie

Jane and Mabel

Deux ladies sous le sapin

Vous souvenez-vous de ces ladies imaginaires dont je parlais dans un précédent article (La magie de Noël III : Jane)? Après vous avoir livré un résultat prototypal, je me suis mise en quête de quelques bouts de tissus appropriés et ai réalisé les premières versions de ce concept-maison : le sac à lingerie.

En satin de soie rose, tout doux, Jane apparaît plus convaincante que dans la toile calicot du prototype. Je regrette encore de ne pas lui avoir ajouté un bord de dentelles au col. Petit détail craquant à l’arrière : le « dos du chemisier » :

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Mabel, la nièce de l’autre, présente un col plus moderne et des plis minuscules installés dans une mousseline bleue.

Pour l’un comme pour l’autre, les boutons sont de récup’. Le temps de travail sur ce genre de tissu est juste indécent. Mais n’est-ce pas là le luxe qui sied à ce genre d’article?

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A très bientôt, qui sait?, pour une série de bonnes résolutions? 😉

Sophie

Minute papillon!

Papillon-minute!

Dans un article précédent, je testais le patron gratuit de noeuds papillon proposé par I Am Patterns : La magie de Noël I : Le noeud pap’.

A présent, j’ai  le plaisir de partager avec vous le résultat final de cette découverte : les noeuds pap’ offerts sous le sapin pour poursuivre le vestiaire masculin déjà riche d’une chemise ( Four fellows ). Ce noeud papillon est une fameuse affaire : l’accessoire est classieux et pour le réaliser, il faut bien peu de chose : une bande de 25 cm de tissu et 1/2h de temps (sur ce dernier aspect, je dois admettre que la phase de retournement de l’ouvrage est parfois plus chronophage que toutes les autres étapes prises ensemble).

Ici, j’ai utilisé deux tissus Liberty :

Les autres tissus sont de la récup’ de chutes diverses. Mes plus fidèles lecteurs doivent d’ailleurs commencer à connaîre ces tissus par coeur :-D.

Le délicieux flamant rose noir et crème de Veritas, pécédement utilisé pour un top Rummer de La Maison Victor :

Les tissus précédemment utilisés pour diverses pochettes :

Et voilà! Mission accomplie, homme comblé^^.

 

La magie de Noël IV : les pochettes origami

A l’approche de Noël, l’atelier des Gaufres a vu ses couturières (eh oui, il faut désormais compter avec Anabelle qui constitue une force vive) s’affairer autour des cadeaux de fin d’année. Le but du jeu : faire du beau avec du vilain, de l’utile avec du résidu. Pour une énième variation sur le thème de la récup’, nous avons sorti les chutes et restes de tissu en tout genre et nous avons fabriquer…des pochettes origami à la chaîne.

Le modèle est étonnant puisqu’il ne requiert que 2 coutures. Je l’ai découvert grâce au blog de Mamgal qui déstockait aussi 🙂 Personnellement, j’aime à ajouter les deux petits ourlets qui rendent l’ouvrage final tout à fait propre mais Anabelle s’est contentée, elle, de suivre les instructions et semble s’en être fort bien portée également.

Pour ceux et celles qui aiment les détails et petite finitions, ces pochettes présentent une petite séparation intérieure tout à fait charmante…

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Voici les réalisations de notre jeune couturière, à l’attention de sa fratrie. « Ce n’est pas parce que je n’ai pas d’argent que je ne peux pas faire un beau cadeau ». Convaincant non?

Pour ma part, j’avais constaté que parmi les utilisatrices de mes petits paniers de lingettes durables ( Projet récup’ : Des paniers, des lingettes…), certaines emmenaient avec elles lesdites lingettes… M’est venue alors l’idée d’une pochette de voyage à glisser dans le sac à main :-). Exemple :

Par ailleurs, j’ai songé aux enfants qui ont coutume de transporter leurs mouchoirs et les microbes y afférents dans le fond du cartable, stockés sous forme de boules immondes. Je ne prétends pas disposer du remède définitif à cela mais… on peut tout de même essayer de motiver les troupes, non?

Petites pochettes et mouchoirs assortis…

 

D’autres idées?

La magie de Noël II : les chouchous

Le plaisir de faire plaisir…

Les voyages dans le temps, ça existe, j’en ai fait un! Car les chouchous, si il y a bien un truc emblématique de la mode ado de mon époque, c’est cela. En essayant d’expliquer à ma fille ce que nous, à son âge, mettions dans les cheveux, je me suis rendue compte que dans le fond, le plus clair était encore d’en faire un. Comme çà, sur le pouce, sans préméditation, autour d’un élastique de cuisine.

Alors dans la gamme des cadeaux de Noël autant que dans celle du projet récup’ par lequel je veille à faire du beau avec du laid, de l’utile avec du brol, de la valeur avec des poussières, je vous présente… ta-damm! LE CHOUCHOU.

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Pour ceux ou celles qui ne partageraient pas mon idiôme natal, un chouchou, c’est un truc informe cousu autour d’un élastique et qui orne agréablement les queues de cheval (la coiffure hein, pas le bel ornement que la nature à offert aux équidés). Ouh! Le tracassin linguistique ici… Si on causait couture, histoire de retrouver un peu de confort?

J’ai opté pour un montage très simple dans la plus pure tradition de la « couture approximative » que j’affectionne au point que je pense un jour déposer un brevet sur ce concept. A toutes fins utiles, je fournis le pas-à-pas expliqué ici. Avis aux plus débutantes que moi s’il y a : le chouchou, c’est 10 minutes montre en main. Rapport résultat-effort imbattable.

Finalement, voici le résultat :

Le chouchou Flamant

Issu d’une chute de ce tissu que j’adore et qui avait permis la réalisation d’une trousse (voir à ce propos un de mes premiers articles : La vie en flamants roses!)

Le chouchou aux cerises

Issu d’une chute de coton imprimé qui avait servi lors de la confection d’un chemisier estival (voir Beaucoup de cerises)

Le chouchou étoilé

Merveilleux tissu que celui-là : blanc éclatant parsemé d’étoiles dorées qui brillent de mille petits feux. La réalisation d’origine est un patron d’Ivanne S. : Diamond (voir mon article Diamond, un petit bijou!

Le chouchou du Colonel Moutarde

Souvenez-vous! Voici peu de temps, je me lançais dans l’aventure d’un vestiaire masculin et pour palier une carence en tissu fort inopinée, j’avais choisi de travailler avec un tissu secondaire dans une couleur tranchante : la couleur moutarde (Four fellows). Ce chouchou est un peu maigre parce que mes réserves dans ce tissu étaient faibles 🙂

Le chouchou aux fleurs

Ce chouchou hérite quant à lui de chutes de tissu acheté pour rehausser la géniale pochette caméléon de Corinne Romeyer ( Une pochette « caméléon ») mais il a été moultes fois recyclé dans divers projet comme celui d’une pochette de type « compagnon » ( Comme un jardin de fleurs)  ou encore d’un panier de lingettes durables (Projet récup’ : Des paniers, des lingettes….)

Le chouchou en jean

Quelques chutes d’un des pantalons Wanderer d’Anabelle (SOS Wanderer) attendaient le jour de leur transformation 🙂 Une première récup’ très gratifiante avait pris la forme d’un pochon. Aujourd’hui, voici donc le chouchou…

Le chouchou passe-partout

Du noir, c’est obligatoire! Ca va avec tout. Tiré d’un coupon très bas de gamme récupéré d’un jeu de société bidon, voilà tout de même deux chouchous très présentables :

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Le chouchou imperméable

Enfin, je termine la marche des chouchous avec la transformation (très partielle je le concède) d’un vieux parapluie! Le tissus de ce parapluie me plaisait tant que je n’ai pu me résoudre à le jeter avec l’armature brisée de mon ancien compagnon.

Une fois mes petits chefs-d’oeuvre terminés, je les ai présentés à ma fille pour appuyer mon propos sur ce que fut la mode quand j’avais son âge. Elle s’en est emparée et les porte chaque jour depuis. Mission accomplie!

 

Un drapeau pour les Hobereaux

Oiseau rapace diurne du genre faucon…

Les hobereaux sont de fiers rapaces qui élisent domicile dans les forêts européennes durant l’été. Mais « Les Hobereaux », ça, c’est le nom de la patrouille scout de ma fille et ceux-là désiraient un drapeau.

Cahier des charges : quelque chose de beau, de représentatif, qui correspondent aux couleurs de la patrouille : rouge, bleu ciel et bleu foncé.

Dimensions : inconnues. Budget : 0€.

Ce dernier critère est tellement puissant qu’il a donné seul au  projet les spécifications qui faisaient si cruellement défaut. Car si c’est gratuit, ça veut dire qu’on va devoir se contenter des tissus de récup’ qui attendent l’heure de leur résurrection dans les tiroirs de l’atelier des Gaufres :

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Le choix d’Eve s’est porté sur les tissus suivants :

  • Pour le bleu foncé, une chute du tissu employé pour le projet Tipsy – Trousse de toilette réalisé pour son frère;
  • Pour le bleu ciel, le tissu récupéré d’une housse d’oreiller en fin de vie;
  • Pour le rouge : les chutes du tissu employé pour confectionner un pantalon Wanderer (Ottobre) à sa soeur. Comme celui-ci n’a pas fait l’objet d’un article, voici, pour la petite histoire, la photo dudit pantalon : IMG_1147

La première étape du travail a consisté à refaire des pans de tissus suffisamment grands à partir des lambeaux en présence. J’ai cousu tout ce que je pouvais pour refaire des formes approximativement rectangulaires. Ces dernières ont été retaillées par la suite, conformément au patron réalisé entre-temps par Eve.

Et pour cela, il nous fallait une idée, chose dont Eve n’est jamais à court. Elle a donc conçu un gabarit qui représente un hobereau un fier hobereau qui plâne à l’affût d’une proie devant un soleil dont il faut deviner s’il se lève ou s’il se couche…

Le résultat :

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Bien sûr, vu de près, on se rend bien compte que ce fagnon est aux drapeaux ce que Frankenstein est aux humains : une reconstitution à partir de petits morceaux. Mais néanmoins, cela reste une satisfaction réelle de pouvoir construire du beau avec de l’informe.

Mon dos divisé par 5 plus 8,5 cm…

Hello tous! Vous me trouvez aujourd’hui en pleine effervescence autour d’un projet enthousiasmant qui consiste à se lancer dans le monde merveilleux du patronage. Pour m’accompagner, j’ai choisi Tomoko Nakamichi et son approche qu’elle dit peu orthodoxe mais que je trouve bien pragmatique et décomplexifiante, ce qui n’est pas si mal.

Dans ses ouvrages « Pattern magic », Tomoko lève le voile sur son cheminement créatif. Elle s’inspire d’éléments du quotidien, en particulier d’éléments naturels, et exprime son ressenti à travers des pièces uniques.  Et oui, c’est un peu magique, de retrouver la rondeur et la couleur diaphane d’une certaine pleine lune dans un top chic en jersey, de deviner la forme d’une pelure de pomme découpée en spirale dans un legging stylé, d’esquisser de l’oeil l’agencement implacable des pousses de bambous au centre d’un chemisier délicat,…

Tomoko voit ce que la nature a de géométrique et ce que la géométrie a de naturel. Tomoko me touche et ses créations me parlent, me nourrissent, comme il arrive parfois. Par contre, il arrive plus rarement qu’au-delà de la sensation esthétique qu’il me procure, un artiste me donne envie de faire un pas aussi. Modeste et sans finalité. Mais un pas irrépressible parce qu’il me semble soudain que ma tête renferme trop d’images et qu’il me faut donner corps à quelques unes d’entre elles.

Ce que Tomoko me chuchote à l’oreille, c’est que la technique ne peut pas être un obstacle indépassable et qu’après tout, aucune intention créative, si complexe soit-elle, ne peut résister à l’une de ces trois opérations basiques : couper, ouvrir, fermer 🙂 Alors me suis-je dit, pourquoi pas? Pourquoi ne pas suivre Tomoko jusqu’à maîtriser ces opérations de bases pour enfin créer les pièces que je veux plutôt que celles que je peux? Les pièces que je vois plutôt que celles que je reproduis?

Ainsi donc me suis-je lancée pleine d’entrain dans le traçage d’un buste de base sur mesure. Si Tomoko fournit les patrons de base pour les profils japonais classiques, il va sans dire que mon cas demandait plus de soin : entre une Japonaise standard et moi, il y a tout de même quelques centimètres d’écart ici et là :-). Peu importe, Tomoko explique comment dessiner soi-même son buste sur mesure à partir du tour de taille, du tour de poitrine et de la longueur de dos.

Ce buste de base une fois fait et testé constitue le plan à partir duquel il est possible de créer à peu près toutes les formes souhaitées. Mieux vaut donc ne pas rater cette première étape pour éviter les déceptions ultérieures. Curieusement, ce buste se taille dans trois blocs grossiers rectangulaires comme ceux-ci :

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Rien que çà, c’est drôlement enthousiasmant non? Se dire que de ces trois morceaux sans forme naîtra une pièce en 3D qui vous correspond au cm près, c’est… « un acte de foi! » a dit mon mari alors que tout émue je cherchais mes mots. C’était juste avant de me faire ce regard qui signifie « je t’aime quand même ».

Pourtant pourtant, rien d’illogique jusqu’ici. Comme vous le voyez ci-dessous dans un croquis qui n’est pas à l’échelle (!), le premier bloc est destiné à devenir une moitié de dos, la base est une moitié de taille (largeur de caisse dit-on non élégamment), le second bloc, plus bas que les deux autres va former l’emmanchure et le troisième bloc, plus haut sera un demi devant. Sa hauteur est supérieure à celle du dos car il faut prévoir le volume de la poitrine.

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Jusque là, je comprends et même, j’ai hâte de poursuivre… A l’intérieur de ces blocs, en suivant scrupuleusement les proportions énoncées par Tomoko, je me mets donc à dessiner les encolures, épaules, les emmanchures. Ce faisant, me voici vite en quête d’une équerre Aristo et d’un compas à la grande surprise de mes ados qui acceptent de me fournir le matériel avec une moue sceptique. Quand je leur ai demandé de me rappeler comment construire la bissectrice d’un angle avec un compas, ils ont carrément cru que je tendais un piège. Mais non mes chats! Je vous jure, un jour, c’est une info dont on a vraiment besoin et c’est pas pour une interro!

Ci-dessous, j’ai terminé le haut du dos mais la hauteur du bloc « avant » me semble vraiment surfaite. Soit, je n’ai pas la silhouette japonaises mais  mon tour de poitrine ne fait pas 1m50 non plus.

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En posant rapidement le papier contre mon corps, je ne peux que confirmer cette impression de faire fausse route. Et pour cause, je constate qu’en calculant les différentes mesures, j’ai commis un 20+8,3 = 48,3. OK. Erreur dans le recopiage de la réponse qui aurait pu coûter cher mais à ce stade, pas de souci, il faut juste raccourcir le troisième bloc de 20 cm. Après quoi le traçage des pinces de taille sont l’enfance de l’art. Résultat :

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C’est trop beau non? Cette maquette, je vais la conserver dans un coffre-fort à l’arrière d’un tableau dans la bibliothèque, c’est sûr. Mais avant cela, j’en prends un calque que je découpe en un demi devant et un demi dos. A partir de ces deux pièces-là, je suis parée pour apprendre enfin le sens profond des opérations-clés : ouvrir, fermer, couper…

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Et ensuite, si ça marche, je suis le maître du mooonde 😀

Suite au prochain épisode!

Eve, la mini-pochette des Gaufres

Premier tuto step by step

Premier reportage photo avec explication step by step en l’honneur de ma première fille qui donne naturellement son prénom au modèle qu’elle a spécifié de ses mots de jeune ado après avoir sélectionné deux tissus à son goût lors de la foire Creativa de Bruxelles le mois passé.

Cahier des charges

« M’man, tu me ferais une petite pochette un peu festive comme pour sortir le soir, tu vois? Brillant mais pas kitch non plus. Faut que ce soit un peu chic, quoi. »

Après moultes tergiversations, nous voici alignées sur la chose : une pochette en simili argenté, partiellement recouvert par un coton parsemé de touches brillantes rappelant  le simili.

Le matériel

Les tissus

 

Deux coupons de 50X70 cm.

  • Tissu 1 : simili cuir argenté qui brille de mille feux;
  • Tissu 2 : coton aux motifs japonisant avec touches argentées;

La mercerie

Après négociation, nous convenons que ladite pochette serait bâtie en fonction du matériel de mercerie disponible à l’atelier : un zip blanc de 20 cm ou un noir de 25 cm. Bien sûr, Eve a jugé qu’idéalement il faudrait un zip blanc de 25 cm mais la contrainte étant ce qu’elle était, elle a fini par opter pour le zip blanc de 20 cm.

Donc :

  • Un zip blanc non séparable de 20 cm;
  • Fil à coudre assorti;

La réalisation

Etape 1 : Découpe des tissus

Les dimensions ont été dictées par le zip et par la quantité de tissu disponible. Un peu au hasard donc… Elles peuvent donc être modifiées librement en fonction du goût de chacun. Ici, je reprends les dimensions de ce premier proto, histoire d’en conserver la trace si d’aventure je souhaitais le refaire.

Dans le simili argenté, découper :

  • 2 rectangles de 23 cm X 16 cm (pour le corps de la pochette);

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Dans le coton à motifs, découper :

  • 2 rectangles de 23 cm X 16 cm (pour doubler la pochette);
  • 2 rectangles de 11 cm sur 23 cm (pour la poche extérieure à l’avant de la pochette et sa doublure);
  • 2 rectangles de 13 cm sur 23 cm (pour la poche extérieure à l’arrière de la pochette et sa doublure);
  • 2 rectangles 4 cm X 15 cm (pour les languettes latérales, utiles uniquement si on souhaite un jour doter la pochette d’une bride pour la porter à l’épaule);

A noter :

  • Je pense que la pochette est plus équilibrée avec des poches extérieures de même dimension. Néanmoins, ici, Eve souhaitait voir à l’arrière un motif de grue complet, tandis qu’elle préférait plus de brillant sur la face avant.
  • Je trouve les languettes surdimensionnées. A refaire, je prendrais une longueur de 11 cm au lieu de 15 cm.

Step1

Step1-2

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Etape 2 : Pose du zip

Nous voici à présent à l’étape de la traditionnelle prise en sandwich du zip par le corps de trousse d’une part et la doublure d’autre part…

Tout d’abord, se faciliter le travail en fixant les tissus au zip grâce à un grossier point zigzag. Cette astuce, je la dois à Riet et Lies : merci les filles!

D’abord, la doublure est fixée comme illustré ci-dessous : endroit posé sur l’arrière du zip.

A noter : Si le zigzag dévie vilainement à l’endroit où se trouve la navette du zip, respirer sereinement, boire une gorgée de thé vert et gérer la situation : au moment où l’aiguille de notre machine arrive à la navette, il est possible de s’arrêter, veiller à ce que l’aiguille soit piquée dans le tissu (pour le maintenir  en place), lever le pied de biche, faire passer dame navette à un autre endroit et poursuivre la couture. Si, comme moi, vous avez un pied de biche qui ne se lève pas suffisamment pour procéder ainsi, faites-le en deux temps : arrêter la couture avec un point d’arrêt juste avant de rencontrer la navette, sortir l’ouvrage, faire passer la navette et reprendre une nouvelle couture qui se confond avec la première et terminer le travail.

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Ensuite, recouvrir cet ensemble d’un des pans en simili posé endroit contre ouvrage et fixer d’un nouveau zigzag. Une fois fait, notre ouvrage ressemble à ceci :

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Ensuite, doter votre machine du pied de biche le plus zip-friendly possible. Si vous n’avez pas de pied de biche spécial zip, lancez-vous tout de même mais en veillant au préalable à sacrifier une poule rousse 66 minutes avant la pleine lune :-D. Piquer le zip pris en sandwich en évitant de piquer trop près des dents du zip. Résultat :

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Ouvrir le tout et admirer le travail mais sans laisser la fascination faire oublier le coup de fer salvateur qui va bien écarter les deux tissus et les aplatir au bord du zip.

Pas de coup de fer sur le simili hein! Repasser côté coton.

Et voilà. C’est tellement cool que refaire la même chose de l’autre côté ne demande plus aucun effort. Résultat :

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Ne pas s’arrêter en si bon chemin car à ce stade le zip est presque de l’histoire ancienne. Il reste à piquer les tissus bien en place de chaque côté du zip pour éviter qu’après la mise en service de cette pochette, la doublure se prenne continuellement dans la navette. Résultat :

Etape 3 : Pose des poches extérieures

Pour de belles finitions et une bonne tenue des poches (faudrait pas que çà baille non plus!), doubler entièrement les poches extérieures en cousant ensemble, endroit contre endroit, les 2X2 rectangles découpés lors de l’étape 1. La valeur de couture est d’environ 1 cm.

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Ensuite, repasser pour avoir matière à contentement et fixer au point zigzag chaque poche sur son pan de corps de pochette :

A noter : à ce stade, il est possible de choisir de piquer des compartiments sur ces poches en piquant des perpendiculaires au bord inférieur aux endroits voulus en fonction de l’usage. Ici, je me suis abstenue, contre l’avis de ma fille. Ce sera pour une prochaine fois.

Etape 4 : Réalisation et pose des languettes

Une fois de plus, le fer à repasser sera un allié de poids dans cette aventure couturière. Prendre les languettes découpées à l’étape 1, les plier en deux dans le sens de la longueur et repasser pour bien marquer le pli. Ensuite, faire coïncider les bords vers ce pli qui marque la moitié de la languette :

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Plier l’ensemble sur lui-même puis couper pour obtenir deux languettes de 7,5 cm :

Ensuite, piquer de chaque côté des deux languette à environ 0,5 cm de chaque bord. Plier chaque languette en deux et marquer le pli au fer :

On obtient deux languettes d’1 cm de large.

Poser les deux languettes de chaque côté du pan avant de la pochette à 1 cm en dessous du bord supérieur. Les maintenir en place avec une épingle.

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Etape 5 : Assembler la pochette

Ouvrir le zip de façon à ce que la navette se tienne environ en son milieu.

Epingler ensemble les 2 pans du corps de pochette endroit contre endroit. Les poches extérieures et les languettes disparaissent momentanément de notre vue. Piquer  les trois bords et dégarnir les angles pour obtenir de beaux coins lors du retournement final^^.

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Epingler ensemble les deux pans de la doublure endroit contre endroit. Les piquer en veillant à conserver une ouverture confortable (environ 7, 8 cm). Cette ouverture sera refermée à la main en toute dernière minute.

Retourner la pièce par l’ouverture laissée dans la doublure. L’action peut donner quelques sueurs  froides mais au final, le résultat doit ressembler à ceci :

L’affaire est presque dans le sac :-). Il suffit maintenant de refermer à la main l’ouverture laissée dans la doublure par un point invisible. Des tas de tutos circulent sur le net au sujet de ce point invisible qui, une fois compris, est l’enfance de l’art :

Rentrer la doublure à l’intérieur de la pochette. Fermer le zip. Savourer l’instant.

Voilà comment, sans patron ni matériel spécifique, passer 60 minutes de plaisir créatif. Pour plus de satisfaction, photographier le résultat en associant à l’objet nouveau-né quelques éléments de décoration. Ici, une magnifique rose en céramique, reçue récemment d’une personne au goût très sûr, jouxte quelques accessoires de maquillage…

Alors cette pochette « Eve », vous en pensez quoi?

Amitiés,

Sophie.

 

 

Fait du 46 ou casse toi

Ibijau, elle a du goût, elle couds, j’aime ses réalisations et aujourd’hui, elle s’offre un coup de gueule qui me touche.

ibijau

Petit coup de gueule à l’intention des créateurs de patrons indépendants en francophonie: Et sinon, c’est quand que vous pensez offrir quelque chose au-dela du 46?

A vu de nez, je vais du 50/52 en taille « couture ». Je dis à vu de nez, parce que franchement, je n’ai pas croisé beaucoup de marques françaises qui montent aussi haut dans les tailles, et donc il s’agit d’une pure spéculation de ma part. Mes rares achats prêts à porter ce sont faits selon le système américain et m’ont placé entre XL et XXL. Même avec mon 1m70 pour 100kg, autant vous dire que je ne suis pas un brindille.

Et je ne me sens pas très bienvenue dans le monde de la couture francophone, ou clairement les créateurs indés ont mieux à faire que de s’occuper des grosses.

A chaque fois que je tombe sur une nouvelle marque de patron, c’est la…

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