Mon dos divisé par 5 plus 8,5 cm…

Hello tous! Vous me trouvez aujourd’hui en pleine effervescence autour d’un projet enthousiasmant qui consiste à se lancer dans le monde merveilleux du patronage. Pour m’accompagner, j’ai choisi Tomoko Nakamichi et son approche qu’elle dit peu orthodoxe mais que je trouve bien pragmatique et décomplexifiante, ce qui n’est pas si mal.

Dans ses ouvrages « Pattern magic », Tomoko lève le voile sur son cheminement créatif. Elle s’inspire d’éléments du quotidien, en particulier d’éléments naturels, et exprime son ressenti à travers des pièces uniques.  Et oui, c’est un peu magique, de retrouver la rondeur et la couleur diaphane d’une certaine pleine lune dans un top chic en jersey, de deviner la forme d’une pelure de pomme découpée en spirale dans un legging stylé, d’esquisser de l’oeil l’agencement implacable des pousses de bambous au centre d’un chemisier délicat,…

Tomoko voit ce que la nature a de géométrique et ce que la géométrie a de naturel. Tomoko me touche et ses créations me parlent, me nourrissent, comme il arrive parfois. Par contre, il arrive plus rarement qu’au-delà de la sensation esthétique qu’il me procure, un artiste me donne envie de faire un pas aussi. Modeste et sans finalité. Mais un pas irrépressible parce qu’il me semble soudain que ma tête renferme trop d’images et qu’il me faut donner corps à quelques unes d’entre elles.

Ce que Tomoko me chuchote à l’oreille, c’est que la technique ne peut pas être un obstacle indépassable et qu’après tout, aucune intention créative, si complexe soit-elle, ne peut résister à l’une de ces trois opérations basiques : couper, ouvrir, fermer 🙂 Alors me suis-je dit, pourquoi pas? Pourquoi ne pas suivre Tomoko jusqu’à maîtriser ces opérations de bases pour enfin créer les pièces que je veux plutôt que celles que je peux? Les pièces que je vois plutôt que celles que je reproduis?

Ainsi donc me suis-je lancée pleine d’entrain dans le traçage d’un buste de base sur mesure. Si Tomoko fournit les patrons de base pour les profils japonais classiques, il va sans dire que mon cas demandait plus de soin : entre une Japonaise standard et moi, il y a tout de même quelques centimètres d’écart ici et là :-). Peu importe, Tomoko explique comment dessiner soi-même son buste sur mesure à partir du tour de taille, du tour de poitrine et de la longueur de dos.

Ce buste de base une fois fait et testé constitue le plan à partir duquel il est possible de créer à peu près toutes les formes souhaitées. Mieux vaut donc ne pas rater cette première étape pour éviter les déceptions ultérieures. Curieusement, ce buste se taille dans trois blocs grossiers rectangulaires comme ceux-ci :

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Rien que çà, c’est drôlement enthousiasmant non? Se dire que de ces trois morceaux sans forme naîtra une pièce en 3D qui vous correspond au cm près, c’est… « un acte de foi! » a dit mon mari alors que tout émue je cherchais mes mots. C’était juste avant de me faire ce regard qui signifie « je t’aime quand même ».

Pourtant pourtant, rien d’illogique jusqu’ici. Comme vous le voyez ci-dessous dans un croquis qui n’est pas à l’échelle (!), le premier bloc est destiné à devenir une moitié de dos, la base est une moitié de taille (largeur de caisse dit-on non élégamment), le second bloc, plus bas que les deux autres va former l’emmanchure et le troisième bloc, plus haut sera un demi devant. Sa hauteur est supérieure à celle du dos car il faut prévoir le volume de la poitrine.

Sans titre

Jusque là, je comprends et même, j’ai hâte de poursuivre… A l’intérieur de ces blocs, en suivant scrupuleusement les proportions énoncées par Tomoko, je me mets donc à dessiner les encolures, épaules, les emmanchures. Ce faisant, me voici vite en quête d’une équerre Aristo et d’un compas à la grande surprise de mes ados qui acceptent de me fournir le matériel avec une moue sceptique. Quand je leur ai demandé de me rappeler comment construire la bissectrice d’un angle avec un compas, ils ont carrément cru que je tendais un piège. Mais non mes chats! Je vous jure, un jour, c’est une info dont on a vraiment besoin et c’est pas pour une interro!

Ci-dessous, j’ai terminé le haut du dos mais la hauteur du bloc « avant » me semble vraiment surfaite. Soit, je n’ai pas la silhouette japonaises mais  mon tour de poitrine ne fait pas 1m50 non plus.

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En posant rapidement le papier contre mon corps, je ne peux que confirmer cette impression de faire fausse route. Et pour cause, je constate qu’en calculant les différentes mesures, j’ai commis un 20+8,3 = 48,3. OK. Erreur dans le recopiage de la réponse qui aurait pu coûter cher mais à ce stade, pas de souci, il faut juste raccourcir le troisième bloc de 20 cm. Après quoi le traçage des pinces de taille sont l’enfance de l’art. Résultat :

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C’est trop beau non? Cette maquette, je vais la conserver dans un coffre-fort à l’arrière d’un tableau dans la bibliothèque, c’est sûr. Mais avant cela, j’en prends un calque que je découpe en un demi devant et un demi dos. A partir de ces deux pièces-là, je suis parée pour apprendre enfin le sens profond des opérations-clés : ouvrir, fermer, couper…

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Et ensuite, si ça marche, je suis le maître du mooonde 😀

Suite au prochain épisode!

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Eve, la mini-pochette des Gaufres

Premier tuto step by step

Premier reportage photo avec explication step by step en l’honneur de ma première fille qui donne naturellement son prénom au modèle qu’elle a spécifié de ses mots de jeune ado après avoir sélectionné deux tissus à son goût lors de la foire Creativa de Bruxelles le mois passé.

Cahier des charges

« M’man, tu me ferais une petite pochette un peu festive comme pour sortir le soir, tu vois? Brillant mais pas kitch non plus. Faut que ce soit un peu chic, quoi. »

Après moultes tergiversations, nous voici alignées sur la chose : une pochette en simili argenté, partiellement recouvert par un coton parsemé de touches brillantes rappelant  le simili.

Le matériel

Les tissus

 

Deux coupons de 50X70 cm.

  • Tissu 1 : simili cuir argenté qui brille de mille feux;
  • Tissu 2 : coton aux motifs japonisant avec touches argentées;

La mercerie

Après négociation, nous convenons que ladite pochette serait bâtie en fonction du matériel de mercerie disponible à l’atelier : un zip blanc de 20 cm ou un noir de 25 cm. Bien sûr, Eve a jugé qu’idéalement il faudrait un zip blanc de 25 cm mais la contrainte étant ce qu’elle était, elle a fini par opter pour le zip blanc de 20 cm.

Donc :

  • Un zip blanc non séparable de 20 cm;
  • Fil à coudre assorti;

La réalisation

Etape 1 : Découpe des tissus

Les dimensions ont été dictées par le zip et par la quantité de tissu disponible. Un peu au hasard donc… Elles peuvent donc être modifiées librement en fonction du goût de chacun. Ici, je reprends les dimensions de ce premier proto, histoire d’en conserver la trace si d’aventure je souhaitais le refaire.

Dans le simili argenté, découper :

  • 2 rectangles de 23 cm X 16 cm (pour le corps de la pochette);

Step1-1

Dans le coton à motifs, découper :

  • 2 rectangles de 23 cm X 16 cm (pour doubler la pochette);
  • 2 rectangles de 11 cm sur 23 cm (pour la poche extérieure à l’avant de la pochette et sa doublure);
  • 2 rectangles de 13 cm sur 23 cm (pour la poche extérieure à l’arrière de la pochette et sa doublure);
  • 2 rectangles 4 cm X 15 cm (pour les languettes latérales, utiles uniquement si on souhaite un jour doter la pochette d’une bride pour la porter à l’épaule);

A noter :

  • Je pense que la pochette est plus équilibrée avec des poches extérieures de même dimension. Néanmoins, ici, Eve souhaitait voir à l’arrière un motif de grue complet, tandis qu’elle préférait plus de brillant sur la face avant.
  • Je trouve les languettes surdimensionnées. A refaire, je prendrais une longueur de 11 cm au lieu de 15 cm.

Step1

Step1-2

Step1-3

Etape 2 : Pose du zip

Nous voici à présent à l’étape de la traditionnelle prise en sandwich du zip par le corps de trousse d’une part et la doublure d’autre part…

Tout d’abord, se faciliter le travail en fixant les tissus au zip grâce à un grossier point zigzag. Cette astuce, je la dois à Riet et Lies : merci les filles!

D’abord, la doublure est fixée comme illustré ci-dessous : endroit posé sur l’arrière du zip.

A noter : Si le zigzag dévie vilainement à l’endroit où se trouve la navette du zip, respirer sereinement, boire une gorgée de thé vert et gérer la situation : au moment où l’aiguille de notre machine arrive à la navette, il est possible de s’arrêter, veiller à ce que l’aiguille soit piquée dans le tissu (pour le maintenir  en place), lever le pied de biche, faire passer dame navette à un autre endroit et poursuivre la couture. Si, comme moi, vous avez un pied de biche qui ne se lève pas suffisamment pour procéder ainsi, faites-le en deux temps : arrêter la couture avec un point d’arrêt juste avant de rencontrer la navette, sortir l’ouvrage, faire passer la navette et reprendre une nouvelle couture qui se confond avec la première et terminer le travail.

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Ensuite, recouvrir cet ensemble d’un des pans en simili posé endroit contre ouvrage et fixer d’un nouveau zigzag. Une fois fait, notre ouvrage ressemble à ceci :

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Ensuite, doter votre machine du pied de biche le plus zip-friendly possible. Si vous n’avez pas de pied de biche spécial zip, lancez-vous tout de même mais en veillant au préalable à sacrifier une poule rousse 66 minutes avant la pleine lune :-D. Piquer le zip pris en sandwich en évitant de piquer trop près des dents du zip. Résultat :

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Ouvrir le tout et admirer le travail mais sans laisser la fascination faire oublier le coup de fer salvateur qui va bien écarter les deux tissus et les aplatir au bord du zip.

Pas de coup de fer sur le simili hein! Repasser côté coton.

Et voilà. C’est tellement cool que refaire la même chose de l’autre côté ne demande plus aucun effort. Résultat :

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Ne pas s’arrêter en si bon chemin car à ce stade le zip est presque de l’histoire ancienne. Il reste à piquer les tissus bien en place de chaque côté du zip pour éviter qu’après la mise en service de cette pochette, la doublure se prenne continuellement dans la navette. Résultat :

Etape 3 : Pose des poches extérieures

Pour de belles finitions et une bonne tenue des poches (faudrait pas que çà baille non plus!), doubler entièrement les poches extérieures en cousant ensemble, endroit contre endroit, les 2X2 rectangles découpés lors de l’étape 1. La valeur de couture est d’environ 1 cm.

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Ensuite, repasser pour avoir matière à contentement et fixer au point zigzag chaque poche sur son pan de corps de pochette :

A noter : à ce stade, il est possible de choisir de piquer des compartiments sur ces poches en piquant des perpendiculaires au bord inférieur aux endroits voulus en fonction de l’usage. Ici, je me suis abstenue, contre l’avis de ma fille. Ce sera pour une prochaine fois.

Etape 4 : Réalisation et pose des languettes

Une fois de plus, le fer à repasser sera un allié de poids dans cette aventure couturière. Prendre les languettes découpées à l’étape 1, les plier en deux dans le sens de la longueur et repasser pour bien marquer le pli. Ensuite, faire coïncider les bords vers ce pli qui marque la moitié de la languette :

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Plier l’ensemble sur lui-même puis couper pour obtenir deux languettes de 7,5 cm :

Ensuite, piquer de chaque côté des deux languette à environ 0,5 cm de chaque bord. Plier chaque languette en deux et marquer le pli au fer :

On obtient deux languettes d’1 cm de large.

Poser les deux languettes de chaque côté du pan avant de la pochette à 1 cm en dessous du bord supérieur. Les maintenir en place avec une épingle.

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Etape 5 : Assembler la pochette

Ouvrir le zip de façon à ce que la navette se tienne environ en son milieu.

Epingler ensemble les 2 pans du corps de pochette endroit contre endroit. Les poches extérieures et les languettes disparaissent momentanément de notre vue. Piquer  les trois bords et dégarnir les angles pour obtenir de beaux coins lors du retournement final^^.

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Epingler ensemble les deux pans de la doublure endroit contre endroit. Les piquer en veillant à conserver une ouverture confortable (environ 7, 8 cm). Cette ouverture sera refermée à la main en toute dernière minute.

Retourner la pièce par l’ouverture laissée dans la doublure. L’action peut donner quelques sueurs  froides mais au final, le résultat doit ressembler à ceci :

L’affaire est presque dans le sac :-). Il suffit maintenant de refermer à la main l’ouverture laissée dans la doublure par un point invisible. Des tas de tutos circulent sur le net au sujet de ce point invisible qui, une fois compris, est l’enfance de l’art :

Rentrer la doublure à l’intérieur de la pochette. Fermer le zip. Savourer l’instant.

Voilà comment, sans patron ni matériel spécifique, passer 60 minutes de plaisir créatif. Pour plus de satisfaction, photographier le résultat en associant à l’objet nouveau-né quelques éléments de décoration. Ici, une magnifique rose en céramique, reçue récemment d’une personne au goût très sûr, jouxte quelques accessoires de maquillage…

Alors cette pochette « Eve », vous en pensez quoi?

Amitiés,

Sophie.

 

 

Fait du 46 ou casse toi

Ibijau, elle a du goût, elle couds, j’aime ses réalisations et aujourd’hui, elle s’offre un coup de gueule qui me touche.

ibijau

Petit coup de gueule à l’intention des créateurs de patrons indépendants en francophonie: Et sinon, c’est quand que vous pensez offrir quelque chose au-dela du 46?

A vu de nez, je vais du 50/52 en taille « couture ». Je dis à vu de nez, parce que franchement, je n’ai pas croisé beaucoup de marques françaises qui montent aussi haut dans les tailles, et donc il s’agit d’une pure spéculation de ma part. Mes rares achats prêts à porter ce sont faits selon le système américain et m’ont placé entre XL et XXL. Même avec mon 1m70 pour 100kg, autant vous dire que je ne suis pas un brindille.

Et je ne me sens pas très bienvenue dans le monde de la couture francophone, ou clairement les créateurs indés ont mieux à faire que de s’occuper des grosses.

A chaque fois que je tombe sur une nouvelle marque de patron, c’est la…

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Une baby blanket pétale et Liberty

Hélène Mora est créative et généreuse : elle a de belles idées, les partage et aide tous ses fans à les réaliser. Son blog est un vrai coup de coeur. Ci-dessous, le lien vers un de ses articles. Mais tous les autres valent le détour!! Bonne lecture, bonne découverte!!

Source : Une baby blanket pétale et Liberty