Le petit top noir

Le top des tops de l’été n°3

Dans la série des tops de l’été, citons tout de même cette petite cousette sans histoire qui m’a permis de récupérer efficacement les chutes du T-Shirt amphibie (voir à ce propos l’article 118, T-shirt Burda amphibie). Il s’agissait de jersey de bambou. Doux, fluide, léger, mais tout de même facile à dompter sous le pied de biche.

Le modèle est du magazine Burda Style de juin 2021 (n°109). Ce modèle existe en version courte (version top) et en version longue (version robe). La version robe, dans un jersey lurex donne un style très « soirée » intéressant grâce à un son excellent rapport effort/effet.

Néanmoins, c’est bien la version top que j’ai réalisée, vu que pour moi, l’enjeu était de récupérer utilement une chute de tissu d’un projet précédent. Je vous laisse face aux photos le soin de prolonger vous-mêmes par la pensée les lignes latérales de ce modèle jusqu’à mes chevilles pour juger de ce qu’il peut donner en robe longue.

Ce projet ne présente aucune difficulté si ce n’est peut-être celle de répartir correctement les fronces côté gauche et côté droit, point sur lequel j’ai en effet péché. Malgré cela, c’est un bon compagnon estival, il se porte à toute occasion et va avec tout. La finition de l’encolure est un biais coupé dans le même tissu et rapporté par un passage à l’aiguille double.

Il s’agit d’une pièce peu consommatrice de matière première (1m10 de tissu), agréable à porter, facile à faire et qui s’accommode des journées chaudes (quand bien même celles-ci n’ont pas été légion cette année dans ma contrée :-))

On se quitte classiquement avec la petite galerie de photo, remerciant Carole, la photographe improvisée du jour et Nikita, le vieux chat de famille, toujours aussi attiré par les séances de shooting.

Et pourquoi pas crop le top?

Le top des tops de l’été n° 2 : Audace et Liberty

Ca, c’est la question! Car c’est super joli un crop top. Mais bien sûr, il ne se voit ni ne se vend que sur des silhouettes hyper minces et hyper jeunes. A l’approche de la cinquantaine et avec les kilos qui suivent la courbe de l’âge à peu près proportionnellement, j’en viens à ressentir quelques frustrations.

Je lis avec plaisir les coups de gueule de bloggeuses couturières qui ont du mal à trouver des patrons adaptés à leur morphologie. J’ai relayé des articles à ce sujet dans le passé et le dernier dont le souvenir reste bien présent en moi est de Garak, qui a l’élégance d’avoir la colère constructive et de proposer des pistes (merci pour l’adresse de Curvy Sewing!). Mais tous les jours on peut lire des témoignages en ce sens.

Vous les trouverez plus ou moins justifiés ou exagérés suivant votre propre expérience. Mais zut! On n’en n’est pas à la nuance près. La mode a grand besoin de se renouveler de ce point de vue et la clé de voute de cette révolution, malheureusement, ne sera pas d’avoir plus de marques de patrons qui couvrent toutes les tailles.

Le point de départ dont tous les changements doivent découler, la clé, c’est… le regard! Le regard de l’autre sur soi, son propre regard sur soi, et les critères implicites mais très intégrés qui font qu’on se ressent belle/beau ou non et qu’on anticipe ce que les autres vont penser. Ces critères nous échappent, ne sont pas le fait de notre volonté et c’est bien pour cela qu’un vrai changement n’est pas pour demain.

Pour autant, il ne faut pas baisser les bras, il faut y contribuer. Dans une société inclusive, les critères de l’esthétique le sont aussi et doivent bannir les considérations a priori telles que « on ne porte pas de mini-jupes à cet âge-là, on ne porte pas de body quand on a des bourrelets, On ne porte pas des vêtements amples quand on est petit etc…

Ces listes de « fashion faux-pas » comme dirait l’autre me donnent envie de hurler. Je ne pense pas que la beauté, le sentiment de plaisir esthétique, puisse répondre à des règles intangibles. Chacun a sa manière de porter une tenue et je veux croire que si la personne aime ce qu’elle porte, elle est capable de défendre son choix vestimentaire en dégageant des ondes positives et plaisantes, en partageant de ce bonheur que ses choix lui apportent.

Mais pour cela, encore faut-il que nos récepteurs et ceux des autres ne soient pas limités à une bande de fréquences trop sélective. Encore faut-il que nous soyons ouverts à ces formes de beauté qui ne répondent pas aux principes de bases communément admis, à ces p. de règles tacites qui dictent ce qui est beau/convenable et ce qui ne l’est pas. Ce qui se porte et ne se porte pas.

Et là, la route est longue. Des premiers pas sont faits, à chaque fois qu’un créateur propose des photos de mode de ses nouveaux patrons sur des personnes de toutes morphologies. Pas seulement des minces et des gros mais des petits, des grands, des bossus, … Des personnes comme tout le monde, les gens qu’on croise chaque jour au magasin ou dans le train, au café ou dans les parcs.

Je rêve d’un monde où il y a de la place pour la beauté de chacun et chacune. C’est une réflexion que je me faisais parce que j’ai tenté et tente encore de mettre mes talents de couturière amateure au service d’une personne pour le coup très belle que j’aime beaucoup et qui souffre quotidiennement au moment de s’habiller, au moment de rencontrer le regard d’autrui sur son corps. Petit et gras.

Ses yeux d’un bleu océan, sa magnifique poitrine, l’intelligence qui transpire de son visage et du langage que parle sa bouche parafaitement ourlée, sont autant de prédispositions avantageuses mais elles ne sont rien. Parce qu’elle est petite et grosse. Et quand elle me parle de son corps, ses mots tranchants comme un poignard me blessent et me révoltent : « je n’ai pas de taille ». Et la taille, ça, c’est ce le sauf-conduit vers l’habillement, le charme, le glam’. Pas de taille, pas de fantaisie, pas de fun, pas de choix! Surtout pas de choix!

Le modèle de la robe droite, qui est aussi celui du sac de patates, est le seul tolérable… Une coupe Empire éventuellement… Après tout, c’est l’astuce stylistique qu’on a trouvée pour atténuer les formes de l’impératrice Joséphine, alors pourquoi réinventer l’eau chaude? Que puis-je dire à cette femme courageuse (je ne parle pas de Joséphine ;-)) qui a bien intégré tous ces impératifs de la mode telle qu’on la subit aujourd’hui et qui, ce faisant, ne dirige sa colère que contre elle-même? J’avoue n’avoir pas encore trouvé.

Peut-être cet article est un premier balbutiement pour dire combien sa souffrance m’attriste, m’indigne, me désespère. Au lieu de ça on pourrait s’amuser! Elle pourrait se demander ce qui lui plaît, sans restriction, quel est son style, on pourrait faire des ébauches de patron ensemble, rigoler autour de quelques séances d’essayage. Mais cette joie là lui est refusée de facto parce que savoir et tester ce qu’elle aime n’est pas à l’ordre du jour. Pire, ce serait cruel.

L’ordre du jour, la question qui la taraude, c’est que puis-je porter pour donner une apparence convenable à mon corps qui ne l’est pas. Pas de taille! Et dans le fond, n’en sommes-nous pas tous là? J’aimerais tant que choisir les tenues qui nous font sourire, qui nous font plaisir, qui nous font rêver soit l’unique critère. J’aimerais tant, tout simplement, que « choisir » soit permis à tous.

Je n’ai pas de solution à cela. Ne me demandez pas comment faire, je n’en sais rien. Mais je me dis que chacun à notre échelle, on peut commencer à assumer des tenues qui nous font envie, même si elles ne sont pas « convenables » sous tout rapport. Alors voilà l’histoire de ce crop top. Je me suis dit souvent, « quel dommage que je ne soit plus jeune… Je me ferais un petit crop top. » J’ai souvent songé aussi que si j’étais plus mince et plus longue j’aimerais un peu de tulle sous une jupe, que si j’étais plus fine, un body me ravirait…

Eh bien, si le monde ouvert et bienveillant envers tous les genres et toutes les silhouettes doit prendre forme en passant par moi, le crop top m’a semblé un premier pas. Qu’il s’accommode ou non des cheveux blanchissants et des capitons ventraux dans le code de la mode bienséante, je vais le tenter, je vais le porter.

Ne vous méprenez pas, je ne suis pas tout à fait à l’aise. Et sans doute en portant ce crop top, je manque de conviction et je témoigne encore d’une certaine honte. Mais si c’était facile, ce ne serait pas un véritable geste n’est-ce pas? Si de plus en plus de monde ose, nous pourrons progressivement sensibiliser et éduquer les regards pour plus d’ouverture envers les pratiques vestimentaires des plus vieux, des plus gros, des corps différemment équilibrés, bref, de cette immense majorité de personnes qui dérogent aux proportions des tailles du prêt-à-porter supérieures à 38.

Pour terminer cet article d’un genre un peu différent de mes coutumiers blabla 100% couture, encore un petit mot. J’ai parlé ci-dessus de gros, de gras, de bourrelets. J’ai usé intentionnellement de mots simples et directs parce que je suis sensible à l’énervement de Garak qui relevait les manières détournées qu’ont les marques de patrons de désigner les femmes « aux formes généreuses ».

Ces précautions sont la marque de la gêne qu’on éprouve encore aujourd’hui à parler du surpoids et de ses effets sur la silhouette. S’il faut taire les mots, s’ils ne semblent pas polis, c’est que la réalité qu’ils désignent est honteuse ou qu’elle n’est pas souhaitable. Voilà pourquoi leur usage m’a semblé bien plus respectueux que n’importe quelle paraphrase prétendument délicate.

Enfin, tout de même, sachez que ce modèle est le n° @ du magazine Burda Style de @. Le tissu Liberty aux motifs de mirabelles est de chez Stragier. Et les manches sont couvertes sur leur partie supérieure des premiers smocks de ma vie de couturière. Je pensais que ce serait fastidieux et ce fut tout le contraire. J’en referai sans crainte et ni appréhension à la prochaine occasion. Les manches encore, présentent deux rangées de volants de peu d’ampleur que je trouve très à mon goût.

Je vous embrasse, Sophie.

Le top des tops de l’été

N°1 : la parfaite collab’ entre Burda et Liberty

Pour rompre avec le traditionnel count down des hit-parade, je vous écris une série d’articles autour des tops que je me suis confectionnés cet été en vue d’un véritable événement : 10 jours à deux (sans enfants si si!) avec mon homme pour la première fois depuis nos débuts, soit tout de même… 21 ans!

Pour marquer le coup, j’ai cousu 5 petits tops pour toutes les circonstances :

  • Un T-Shirt Burda Easy à manches raglan qui a disparu entre-temps, sans doute oublié sur place (j’en suis malade : je l’adorais et le jersey Liberty était à la fois très beau et tout de même couteux)
  • Un petit top noir sans manche cousu dans les chutes d’un T-shirt réalisé naguère comme cadeau d’anniversaire (voir 118, T-shirt Burda amphibie)
  • Un top à volants en plumetis blanc. Du Burda Easy aussi : simple, confortable et beau)
  • Un crop top aux motifs de mirabelles qui révèle joliment les épaules
  • Un top Liberty à manches ballons et encolure en V

C’est le dernier de la liste qui fait l’objet de ce petit article. Le tissu est si riche en soi qu’il ne me semblait pas demander une grande éloquence stylistique coté patron.

Le modèle

C’est pourquoi mon choix s’est porté sur un modèle à la fois simple mais présentant quelques détails agréables : le modèle 104 du Burda de mars 2019.

Ce numéro en soi est un de mes favoris. Deux thèmes s’imposent dans ce numéro :

  • un style emprunté à l’univers de la danse classique (tulle et organza, fins lainages, jupes vaporeuses et cache-coeur,…)
  • les motifs « exotiques » fleuris et coloris chatoyants

J’avoue que le patron de couverture reste aujourd’hui encore l’objet d’une forte convoitise et je ne pense pas finir ma carrière de couturière sans l’avoir confectionné…

Ce n’est cependant pas celui élu pour ce projet (je pense qu’il appelle un tissu uni car il développe en soi suffisamment de fantaisie).

Ici, c’est le top 104 que j’ai réalisé : un basique avec un col en V mais tout de même une manche ballon délicieusement féminine et une ceinture intégrée qui fait office de martingale dans le dos.

Je l’ai réalisé dans une taille 44 mais je pense que c’en est une de trop. Le modèle est déjà ample en soi. Mais ça c’est un problème qui n’est pas près d’être résolu. Je continue à prendre mes mensuration seule et il est bien connu que cette démarche ne peut que fournir de mauvais résultats. Si j’y pense, ma nièce sera de corvée lors de son prochain passage à la maison…

Enfin, j’ai légèrement modifié le patron en retirant 5 cm en hauteur au devant et au dos, histoire de passer de cette femme imaginaire d’1m68 à ma petite personne d’1m63 🙂 Le modèle étant parfaitement droit, ce n’est pas la peine d’en parler. Sitôt décidé, sitôt fait.

Le tissu

Là encore, j’ai patienté longtemps avant de craquer mais c’est sans regret. Quand un tissu vous tape dans l’oeil à ce point, la déception est peu probable. Il s’agit d’un Liberty de qualité Tana Lawn, un peu atypique, baptisé Felda Peach, fleuri certes mais dans un style aquarelle étonnant. La référence du produit chez Stragier est 0363 1116 A :

Les petites violettes, les belles iris,… ce tissu à plus d’un tour pour plaire. Le Tana Lawn, c’est une batiste qui combine légèreté et robustesse grâce à un tissage dense. C’est trop beau et puis en plus, c’est très facile à coudre!

Comme le remarquait à juste titre ma grande soeur, ce top se porte été comme hiver, en toutes circonstances, ou presque, et je l’adore! (le top! Ma soeur aussi mais ce n’est pas trop le sujet ici ;-))

Les détails croustillants

Détail 1 : Des manches-ballons! Vite vite avant que la mode s’en débarrasse! Pour ma part, ça reste une de mes manches favorites, mode ou pas et en plus, c’est confortable! Ici, amour oblige, les finitions intérieures sont à la main (point de côté).

Détail 2 : une encolure en V. OK, ce n’est pas un V très plongeant. Ma soeur toujours avisée trouve que je dois davantage viser des décolletés plus ambitieux. Ce sera pour une prochaine fois, promis!

Reste que cette forme me plaît beaucoup et en tous cas bien plus de les encolures rondes. Les encolures rondes! Pourquoi pas avec col Claudine tant qu’on y est. Sans blague, je me suis toujours demandé pourquoi l’encolure ronde était celle par défaut. Une sorte de degré zéro de l’encolure en quelques sortes…

Pour un bon maintien de la parmenture, que des valeurs sûres : un bon entoilage, une surpiqure-nervure intérieure. Ca tombe parfaitement.

Détail 3 : comme une martingale, deux rubans emprisonnés dans chaque couture de côté viennent se nouer dans le dos pour apporter un peu de cintrage. Mamé comme tout!

J’avoue que j’ai validé toutes les cousettes de tops estivaux cette année mais celui-ci est la pièce maîtresse de ma collection. Quelle satisfaction renouvelée à chaque fois que je le porte!

A très vite autour d’une cousette ou d’un projet!

Sophie

Adelise

Histoire d’une longue attente

Alors Adelise, c’est le modèle du mois de décembre dans le programme proposé par Christine Charles dans son livre « Passez votre CAP Couture avec Artesane.com ». Un modèle manches longues à composer durant les longues soirées d’hiver, entre une tisane et une giclée de pluie sur la vitre. Mais comme vous pouvez le constater, j’ai quelque peu allongé le trajet initialement conçu…

D’une part, j’ai le confort de n’être aucunement pressée, d’autre part, comme déjà raconté, mon atelier est squatté par mon matériel de bureau depuis que la COVID-19 me contraint à prester professionnellement la plupart du temps à domicile. Alors en l’état, mes machines à coudre ne sont plus au même étage que ma planche à repasser. Les couturiers et couturières parmi vous comprendront sans plus d’explications ce qu’il m’en coûte 🙂

Donc, cette Adelise faite pour être cousue dans un mood de fêtes de fin d’année a été réalisée entre le printemps et l’été 2021. Notez bien que du coup, l’aspect « giclée de pluie sur les vitres » n’avait rien à envier à la froide saison! L’aspect « tisane » était conséquemment aussi au rendez-vous et au final, coudre un modèle manches longues, ça le faisait!

J’en veux pour preuve que la bénéficiaire du produit final n’a pas pu attendre la séance de photos avant d’entrer dans sa nouvelle acquisition pour une séance de « roulé en boule » dans le divan devant la télé (si, si je vous jure…) Vous pardonnerez je l’espère les abominables plis qui sont nés de ce traitement inapproprié. Cela dit, ça montre aussi comment se comporte ce tissu dont il sera question plus bas.

Donc, Adelise est adulée, adoptée dans la garde-robe de ma grande adolescente « qui-ne-porte-pas-n’importe-quoi ». Mais dans le programme CAP, la satisfaction du client est secondaire, ce qui compte, ce sont les millimètres, l’application correcte des techniques en cause. Alors de ce côté, où en sommes-nous?

Gestion du tissu

Pas de précaution particulière pour un coton de qualité de poids normal (entre 105 et 150 grammes par mètre laize) me direz-vous. Oui. Oui, mais! Il s’agit d’un coton fil-à-fil dont il est impossible de distinguer l’envers de l’endroit à l’oeil nu et qui marque sans pardon les piqûres d’assemblage.

Le seul moyen que j’ai trouvé pour identifier sûrement l’envers de l’endroit est de me rapporter aux petits trous qui percent les lisières du tissu : sur l’endroit les trous présentent de légères bosses et sur l’envers de légers creux. Les bosses ne sont pas facilement visibles mais se sentent assez bien lorsqu’on y passe le doigt.

Cet exercice étant réalisé, j’ai consciencieusement appliqué un ruban adhésif mat sur chacune de mes pièces pour indiquer l’envers. Vous verrez plus bas que ces précautions ne sont ni superflues ni suffisantes 😉

Les défis du buste

Après cela, je me suis jetée dans la gamme de montage avec d’autant plus d’empressement que ma fille trépignait d’impatience : elle a véritablement flashé sur ce modèle dès qu’elle l’a aperçu dans le livre. Notez que c’est tout bénéfice pour moi quand un modèle de Christine plaît à ma fille car elle fait une taille 38 (ma fille, pas Christine. Quoique, je n’en sais rien :-D) et c’est dans cette taille que les patrons papier sont délivrés dans le livre (pour les autres tailles, ce sont des PDF téléchargeables en A4 ou A0 au choix).

Bref, je m’empresse, j’ai des ailes et nous voici très tôt avec un buste satisfaisant :

  • Symétrie des pièces anthracites (à un millimètre près hélas comme le montre la photo ci-desssous)
  • Patte de boutonnage bien entoilée, bien alignée
  • Double empiècement en sandwich réussi (c’était pas le premier! Souvenez-vous de mon émerveillement à la découverte de cette technique pourtant classique dans mon article Four fellows)

L’épreuve des manches

Je n’étais pas spécialement stressée par les manches. Ce n’est pas mon premier chemisier. Pourtant, j’étais curieuse de découvrir deux techniques que je n’avais encore jamais pratiquées : la fente simple avec parmenture surpiquée et la patte de boutonnage sortante aux poignets. Curieusement, j’avais déjà pratiqué la patte capucin et la fente indéchirable mais la fente simple, non.

En couture, lorsqu’on est occupé à travailler les parties du vêtement qui existent en double comme typiquement les manches, il est recommandé de réaliser chaque étape d’un côté puis de l’autre, pour garantir une homogénéité de traitement. Ce faisant, après avoir pratiqué la fente à droite, j’ai pratiqué la fente à gauche, puis j’ai posé le poignet à la manche droite et ai ensuite entrepris celui de la manche gauche et là… « Horreur et damnation!! »

L’évidence m’a sauté aux yeux : l’une des manches était cousue et montée sur l’envers du tissu pourtant dûment marqué. Cette erreur s’est avérée irréparable. En effet, la fente ayant déjà été montée, avec sa parementure, nul découd-vite ne pouvais me secourir. Sans parler du coton fil-à-fil qui marque sans concession les trous occasionnés par les coutures.

L’unique solution était la plus chronophage et la plus couteuse : recommander 50 cm de coton chez Stragier et recommencer la manche gauche. Cette interruption m’a lancée dans une boucle de procrastination que j’ai un temps songée infinie. Mais je vous écris n’est-ce pas, ce qui signifie que le défi devait avoir une fin.

Voici mon évaluation du résultat final :

  • Symétrie entre les poignets : échec cuisant, en particulier sur la surpiqure en « U » le long de la fente. Les consignes prévoient que la fente finie mesure 2 mm au bas du « U » et que la surpiqure se place à 5mm du bord de fente. Sur ce dernier point, en haut du « U », nous avons une manche à 7 et l’autre à 3. Ouille! En plus, ça se voit et se voit d’autant mieux que le fil enthracite est très contrastant sur le « bleu nuage » du tissu! Moi qui pensais en avoir fini de suer avec cette précision au millimètre… Serait-ce comme pour la plupart des nouvelles compétences? Que c’est au moment où on pense les maîtriser qu’elles nous rappellent à l’ordre?
  • Résorption d’embu et pose des manches : là, au moins, rien à dire, ça roule. Sauf que je n’arrive toujours pas à résorber l’embu sans poser de fil de fronces préalable. Je crois que pour cela, je ne m’en sortirai qu’avec une bonne vidéo bien faite. Peut-être d’ailleurs une parmi la série des 1001 techniques de couture que propose Christine sur le site d’Artesane. A voir. Pas d’urgence en ce moment car après tout, le fil de fronce fonctionne.
  • La patte de boutonnage sortante a été correctement exécutée d’un côté (photo n°1 ci-dessous) tandis que de l’autre, votre gaffeuse préférée a posé les boutons sur la partie réservée aux boutonnières et les boutonnières là où il eût fallu poser les boutons (photo n°2). Hormis cette distraction impardonnable, la réalisation n’a pas posé de grande difficulté et j’aime bien ce rendu : les deux côtés en bas de fente se rejoignent naturellement et le surplus de patte est caché sous les boutonnières. C’est plaisant. J’ai moins d’enthousiasme pour la fente avec parmenture. La parmenture se voit pour l’ouverture de la fente et c’est moins joli qu’une finition « capucin ». Cela dit, les deux techniques permettent des variations de style potentiellement intéressantes.

En conclusion

Voici un modèle qui ne valide pas ma capacité actuelle à passer un CAP Couture mais une pièce qui fera de l’usage, ce qui me console assez largement.

A noter : Les boutons et boutonnières ne font pas partie de la matière à connaître pour le CAP Couture car dans l’industrie, ils font l’objet d’une étape de montage distincte soutenue par des machines particulières.

Ici, bien sûr, je ne pouvais offrir ce chemisier à ma fille sans lui donner les moyen de le boutonner 🙂 J’ai opté pour des boutons de forme carrée aux coins arrondis qui allaient bien avec le côté « géométrique » du modèle et dont la couleur anthracite présente çà et là des nuances qui rappellent le bleu de l’autre tissu.

Ceci me permet de vous raconter que si j’ai toujours effectué mes boutonnières à la machine ainsi que la pose des boutons, je travaille actuellement à les réaliser à la main. Les finitions me paraissent tellement plus propres : plus aucun fil visible et + de régularité (ma machine ne fait pas des points semblables du côté gauche et du côté droit de la boutonnière).

J’espère pouvoir dès lors vous montrer sous peu une réalisation qui implique des boutonnières « à la main » et des boutons posés de même. Pour l’instant, je fais des gammes alors patience! 😉

Couture soleil : la robe d’été qui tourne!

N°107 du Burda Style de mai 2020

Me revoici avec un numéro de matricule Burda : le modèle 107 en mai 2020 correspondait à une jolie robe estivale assez féminine : petits volants et jupe qui tourne! C’est ce modèle que ma fille a choisi et m’a demandé de lui coudre dans un tissu que j’avais égoïstement acheté pour me faire un top. Vu le résultat, pas de regret! Décidément, désormais, tout lui va mieux qu’à moi 🙂

Le modèle présente un buste doublé cintré, une basque doublée également qui sert d’accroche à une jupe ample. Ample… C’est peu de le dire. Comme je ne voyais pas la fin de mon bâti d’ourlet d’abord, puis de sa couture ensuite, j’ai mesuré le bord inférieur de cette jupe : il fait un peu plus de 7 mètres de long. Alors oui, ça tourne!

Les finitions de ce modèle sans manche : volant sur le dessus de manche! Le col est légèrement arrondi. Les finitions intérieures sont réalisée dans un biais prélevé dans le même tissu.

La robe est réalisée dans un coton qui offre une belle tenue, qui se travaille aisément et est très doux au toucher. Il fait partie des collections UNE de Stragier. Le motif, estival entre tous, est composé de petits citrons tantôt entiers, tantôt sectionnés.

Est-elle ravissante ma fille? Euh… Je veux dire, la robe!

Il nous reste à attendre une météo plus clémente. A l’heure ou je vous écris, il neige sur Bruxelles.

Amitiés,

Sophie

CAP Couture : Eleanora la magnifique

Le problème de rédiger un article sur Eleanora, c’est qu’il faut que la robe soit disponible! Or, elle est à la lessive, puis sur moi, puis à la lessive, puis sur moi, puis… Le coup de coeur de la saison automne-hiver qui s’accommode fort bien des giboulées printanières.

Alors ok, Eleanora est d’abord et avant tout une étape obligée du cursus CAP orchestré par Christine Charles dans son livre « Passez votre CAP Couture avec Artesane.com » et à ce titre, elle est une compilation sournoise de gestes techniques et de détails compliqués à peine visibles et certainement inutiles à la beauté d’ensemble mais çà, c’est le jeu!

Eleanora, c’est aussi ma robe préférée. Si elle n’était pas si exigeante, je l’aurais déjà déclinée dans d’autres tissus et pourquoi pas, dans les autres variantes que Christine propose pour parfaire notre maîtrise d’un sujet tel que « les poches, anthologie des cavernes à nos jours ». Je suppose que cela viendra mais pas tout de suite : j’ai la suite du programme CAP qui m’attend, sans parler des commandes de ma grande fille à qui les premiers rayons de soleil inspirent des idées de bains de soleil…

Mais qu’a-t-elle donc cette Eleanora pour appeler des commentaires si enthousiastes? Elle est belle, hyper confortable, elle s’enfile en un geste, elle est douce, féminine, ses grandes poches me rappelle celles des fermières de mon enfance (Christine dit qu’elle est rustique),…

Et côté technique me direz-vous? Si elle s’enfile, c’est qu’elle n’a même pas de zip alors avec quelles plaintes viens-tu nous voir? C’est vrai! Ni zip ni boutons! Mais…

La viscose

Christine le dit souvent : la matière fait partie du défi : réaliser Eleanora dans un coton docile, oui pour le plaisir mais ça ne compte pas pour ce qui est de progresser vers le certificat convoité. Une viscose donc. J’ai lu et relu vos blogs chers lecteurs car plus d’un et d’une parmi vous ont cherché une réponse à l’indomptabilité de la viscose. J’avais à votre instar préparé le paquet de maïzena dans l’idée d’offrir un bain durcissant à mon tissu rebelle. Mais cela n’a pas été nécessaire.

Pour commencer, cette viscose est parfaitement tissée. Elle se déchire dans la trame en formant une parfaite perpendiculaire au droit-fil. Et je crois que ça aide à la maîtrise lors de l’assemblage. J’ai pratiqué récemment une viscose à succès très jolie qui présentait un irrattrapable décalage. A un tel point que je pense pouvoir parler de défaut d’usine. Je n’ai jamais eu de telles déconvenues avec un produit Stragier (qui ignore qui je suis et ne me sponsorise en aucune façon).

Et donc, j’y suis allée doucement, en usant et abusant du cutter rotatif, d’un épiglage serré, parfois d’un bâti et tout s’est passé pour le mieux côté viscose.

Les finitions avec passementeries

Il s’agit d’un dispositif aussi efficace que complexe à saisir. Les explications de Christine pour le coup ne sont pas superflues : jamais je n’aurais interprété correctement la gamme de montage industrielle sans ce petit coup de pouce. Cela dit, une fois fait, il s’agit d’une finition intéressante que je suis ravie de connaître pour, qui sait, la replacer sur un autre modèle au gré de mon humeur.

Il s’agit d’une coulisse et d’un jeu de deux doubles rubans qui resserrent la manche suivant l’envie. A porter noué ou même tout à fait desserré, avec, dans ce cas, de longs rubans qui volent au gré des mouvements.

Les poches décollées

Sans doute mon détail préféré! Les poches décollées, qui restent toujours un peu entr’ouvertes, montrent ainsi leur généreux volume et ne trahissent pas le cachet rustique du modèle.

Techniquement, elles demandent précision sur le piqué nervure et un peu de soin dans les fronces et le montage sur le corps de jupe. Rien d’insurmontable cependant et le résultat vaut la peine :

Les manches légèrement gigot

Cerise sur le gâteau : une paire de manches gigot. Un petit gigot, mais tout de même.

L’encolure en V

Côté encolure, on reste sage mais on travaille la forme en V!

Et voilà! L’étape « novembre » narrée en avril 😉 A très vite!

Sophie

118, T-shirt Burda amphibie

Coudre pour quelqu’un, une totale remise en question

Ce charmant patron de T-Shirt méritait bien mieux qu’un numéro. Mais c’est ainsi que Burda pratique. Il faut dire qu’ils auraient beau faire à trouver des noms de baptême pour tous les éléments de leur volumineuse production.

Ainsi 118 est un T-Shirt à manches longues, une encolure bâteau, et un dos! Mais alors un dos… Comment ne pas craquer? Comme l’écrivait le blog « sb Couture » dans un vieil article, le numéro 11/2019 de Burda Style est une perle. N’en auriez-vous qu’un seul que ce serait celui-là. Et ce T-Shirt y trouve naturellement sa place.

Le dos est découpé en une partie haute et une partie basse qui ne se recouvrent pas entièrement, de telle façon qu’apparaît un espace libre, à la manière d’une goutte. Cerise sur le gâteau, une bague de tissu permet la pose d’un long ruban pour, cette fois, un effet « noeud », ou « longue traîne » pour celles qui préfère les contes de fée! Quelle est votre version préférée?

Sur l’une de ces images, l’heureuse propriétaire de cette humble production. Car ce T-Shirt était pour moi l’occasion d’offrir un cadeau d’anniversaire home-made ». C’était aussi du coup un essai de coudre pour quelqu’un qui ne soit ni mes enfants, ni mon mari ni moi-même. Bonjour la pression!

Pour mettre toutes les chances de mon côté, j’ai pratiqué le choix de tissu après analyse de trois échantillons de la maison Stragier :

  • Un jersey de coton : très beau mais très mat et pas vraiment doux. Prix abordable.
  • Un jersey de soie : très beau, satiné et très doux. Pour le t-shirt 118, compter 200 euro!
  • Un jersey de bambou : la douceur de la soie et le prix du coton : adjugé!

Ce cadeau d’anniversaire, je le voulais parfait. Nous n’y sommes pas. Je suis satisfaite du résultat mais un regret tout de même : j’ai suivi les instructions à la lettre, ce qui signifie que j’ai du surfiler les bords de côté après assemblage du corps. A refaire : plus jamais.

J’ai bien conscience que le dos, composé de deux parties distinctes, n’existe véritablement qu’après assemblage, ce qui justifie l’instruction de surfiler après cette étape. Mais j’aurais pu le faire après avoir bâti et avant d’assembler. Mon souci est que le pied de biche de ma surjeteuse est plus large que la marge de couture et la différence d’épaisseur, significative à certains endroits, m’a empêché de réaliser une finition soignée. A bosser, çà, Sophie, si tu veux offrir d’autres cousettes!

Enfin, ce t-shirt consacre ma première expérience de l’aiguille double. Quelle merveille! Je vous embrasse et vous promets pour bientôt des news sur la suite du programme « CAP ».

Sophie

CAP Mois 2 : le basique à coudre

Hello chers lecteurs! Que l’année 2021 déjà bien entamée vous soit douce. Je reprends enfin la plume sur ce blog que je sais déserté à mesure qu’Instragram assoit son monopole sur nos publications couturesques. Néanmoins, j’aime trop écrire pour céder complètement à cette fièvre de l’instantané, quand bien même je concède à Insta un certain nombre de qualités.

Vous l’avez donc compris, je ne suis pas disposée à refermer les pages de mon album des « Gaufres », ouvert un peu par hasard à la fin de l’an 2016. Pour inaugurer ce retour au bon vieux blog, je me propose de publier dans un premier temps des articles qui attendent depuis plusieurs mois leur publication. Vite, leur ôter le pyjama que confère le statut « brouillon » et les revêtir comme il sied.

L’article du jour est une étape du cursus « CAP Couture » qui prend pour guide le livre de Christine Charles paru aux éditions Eyrolles. Il s’agit du basique à coudre du mois 2 qui était pour moi octobre 2020, mois d’automne entre tous. Je vous laisse lire ce que j’avais à en dire à l’époque… Bonne lecture, je suis ravie de vous retrouver.

Le choix du patron et du tissu

Je repasse avec délectation dans mes magazines chéris et ça, ça me prend des plombes parce que l’affaire est volumineuse si vous voyez de quoi je parle. Et là je n’en reviens pas! Impossible de trouver un patron qui corresponde au prescrit de Christine Charles : une robe droite, sans manche, cintrée à la taille et présentant des pinces verticales de cintrage. Le basique de robe dite « trois trous ».

Revenant bredouille de ma pourtant bien fournie patronthèque, je me résouds à activer un des jokers présents sur le site d’Artesane pour aider les lecteurs du livre « Passez votre CAP couture avec Artesane.com ». Je dis que je m’y résouds, non que cela soit désagréable, au contraire, mais parce que ma politique de consommation pour la réalisation des basiques mensuels est d’utiliser les ressources-maison, que ce soit pour les patrons ou pour les tissus.

Bref, je consulte la liste fournie : trois modèles sont recommandés mais, sauf erreur de ma part, aucun ne respecte le cahier de charges :

  • La Nicole Dress de Simple Sew est mon favori mais ne répond pas aux spécifications car, d’après le dessin technique, elle ne présente de pinces verticales de cintrage ni sur le devant si dans le dos. Donc, je choisis d’y renoncer vu que la technique du moment, c’est la pince losange.
  • La robe Burda m’attire aussi : elle se coud en jersey et vu ma silhouette du moment, si on part sur du cintré à la taille, autant que ce soit dans une étoffe extensible :-D. Mais ici encore, Damned! Des pinces losange dans le dos mais pas devant.
  • La robe Phoebe de SeamWork ne m’inspire pas confiance non plus car dans ce modèle le haut et le bas ne sont pas solidaire : il y a une couture à la taille. Du coup, pas de pinces losange n’est-ce pas? J’imagine en effet que le montage entre la jupe et le buste se fait après réalisation des pinces de part et d’autre. OK, le secret du losange est de se composer de deux triangles, c’est entendu, mais je crains tout de même de passer à côté de l’objectif pédagogique de ce chapitre.

C’est donc toute marrie que j’ai opté pour la robe Burda, considérant que deux pinces losange (dans le dos) valent mieux que pas de pince losange du tout 😀 Oui mais oui mais… Le modèle demande un tissu foulé ou un jersey lourd… Re-damned! Je n’ai pas ça en réserve. Ici, c’est du chaîne et trame qu’on thésaurise, pas de la maille. Que voulez-vous? Quand le diable est dans la boîte, il y reste. Et qui suis-je pour éduquer le diable?

Petit tour innocent, juste pour voir, sur le site de Stragier. Dangerosissime quand on aime les belles matières et qu’on a peur de craquer! Je tape « tissu foulé », je reçois un catalogue de laine de la plus belle qualité, je navigue… et je flashe sur une laine Merinos brodée de cerf sur un fond vert qui sent bon la Scandinavie (enfin c’est ce qu’il m’évoque). Je respire à fond avant de jeter un oeil sur le prix et je lis… « sur demande ». Ouille! Voilà qui clôt le débat.

Vous savez quoi? La laine foulée, ce sera pour le modèle du mois de février! C’est prévu et je ne peux pas concéder deux fois un budget de ce niveau-là. D’autant que la robe trois trous, hein, c’est pas exactement le truc qui me fait rêver (contrairement au modèle de février dont je vous entretiendrai le moment venu :-P) Donc, je choisis finalement un velours milleraies dans un ton caramel lumineux. Alors oui ça aussi c’est du chaîne et trame, mais je crois que ça le fera et à ce stade, j’en ai ras la casquette et donc, je tranche!

Les apprentissages

  • La pince losange, à piquer en deux temps
  • Le biais intérieur comme finition des manches et de l’encolure (ici petit cadeau : j’utilise un biais de la collection UNE de Stragier)
  • Le zip classique de grande longueur sur une ligne légèrement courbée (creux du dos)

Honnêtement, rien de compliqué. Pour les mois qui suivent, vous le verrez, j’ai choisi de ne plus réaliser le basique du mois, jugeant maîtriser suffisamment les techniques impliquées. Ceci dit, je lis toujours soigneusement les consignes de l’auteure, même si je ne réalise pas l’ouvrage car parfois, elle suggère une méthode plus professionnelle et efficace que ce que mes petites habitudes de couturière amateure me soufflaient de faire.

La robe présente aussi une jolie surpiqure en son milieu devant.

Voilà pour ma petite « trois trous » aux couleurs de saison (cousu en octobre). Elle le fait non? Pour terminer, je vous emmène faire un petit tour dans le joli parc qui entoure ma maison urbaine. Suivez moi!

CAP Couture : Ambrosia

Le modèle du mois 1

Avant d’entrer dans le vif du sujet, laissez moi vous raconter mes retrouvailles récentes avec une cousine perdue de vue depuis de nombreuses années, ma cousine Jacqueline. Bien qu’elle soit largement mon aînée et que nos vies respectives ne nous permettent guère beaucoup de rencontres, j’ai toujours pris plaisir à nos trop rares conversations et le dernier épisode en date ne fait que le confirmer.

Si je vous parle de Jacqueline aujourd’hui, c’est que ce blog, qu’elle suit à partir de Facebook, lui a donné l’idée de m’informer qu’elle est …professeure de couture! Comme elle n’a jamais exercé, je l’ignorais. Dans la foulée, elle m’a montré des photos de la robe de mariée qu’elle s’était confectionnée à l’époque. Une merveille de satin, entièrement recouverte de guipure, qui affiche une telle tenue qu’aucun doute n’est permis : la chose a du être gérée au millimètre du début à la fin!

Et ceci me permet de dédier fort logiquement à Jacqueline l’article du jour, qui présente pas à pas mes efforts sur le chemin de la rigueur et de la précision. Fort heureusement pour moi, à ce stade, point encore de satin ni de guipure ;-).

Nouvelle étape donc du parcours CAP orchestré par Christine Charles : la jupe Ambrosia et son lot d’apprentissages. Ambrosia, dans sa variante de base que j’ai choisi de réaliser est une jupe avec empiècement et pli creux central.

J’ai honte de vous la présenter aussi chiffonnée mais voilà, mes petits photographes ne sont pas toujours volontaires au moment voulu et le soir, l’obscurité nous baigne déjà si tôt… Cela dit, vous la voyez ici portée après une intense journée de travail (avec marche, train, chaise de bureau,…). En ce sens, il me semble que cela plaide en sa faveur : bonne tenue et empiècement resté impeccable, sans pli disgracieux.

Ca, c’est peut-être grâce aux compétences fraîchement acquises de votre dévouée mais plus sûrement grâce à une qualité remarquable de coton sergé et d’entoilage de la maison Stragier. La découverte de cette qualité de textile que je n’avais encore jamais cousue (je ne suis pas fan de l’armure sergée) est une des nombreuses surprises de ce projet Ambrosia.

La gamme de montage

Lors de la réalisation, j’ai pu me familiariser concrètement avec la gamme de montage industrielle et j’ai beaucoup apprécié : excellent équilibre entre les explications de Christine (au mois 1, elle est encore comme une petite maman) et les consignes normalisées faites de pictogrammes, de numéros de point et de quelques mots. Il faut dire que, mes lecteurs le savent, j’éprouve souvent des difficultés à déchiffrer les instructions que nous prodiguent les magazines en langage naturel… Donc, oui, la gamme de montage structurée et peu verbeuse, J’ACHETE et j’en redemande (ce qui tombe bien, vous en conviendrez, vu les objectifs fixés.)

Les contrôles au fil de l’eau

A chaque étape de montage, la gamme fournit des indications très claires quant aux contrôles de qualité à effectuer :

Réglage de la surfileuse

Avant de commencer, tester le surfilage. Ci-dessus, on voit un espace entre la boucle du fil et le bord du tissu, signe qu’une correction de la longueur de point est nécessaire.

Réglage de la longeur de point

Avant de commencer toujours, sur deux épaisseurs d’une chute du tissu, le contrôle de la longueur de point permet de confirmer que chaque centimètre comprend 4 points, ce qui correspond aux instructions. Pur info, il suffit de programmer la longueur de point à 2,5 car 2,5 X 4 correspond bien à 1. 🙂

Réglage de la presse

Autre contrôle préalable : le réglage de « la presse » ou, ici, mon vieux fer à repasser. Suivant la qualité de l’entoilage, celui-ci peut préchauffer en position « 2 ».

Vérification du prépiquage

On approche du coeur du sujet dès l’étape 3 qui consiste à pré-piquer le fameux pli creux. Les deux plis sont jointifs à l’endroit du prépiquage et ce dernier est effectué à 7mm du bord : tout va donc pour le mieux!

Vérifier l’assemblage de l’empiècement

Il s’agit de vérifier la conformité au patron et l’alignement parfait des diverses parties de l’empiècement.

Partout la valeur de couture est respectée à 1 mm près. Ici, mesure d’une valeur à 1 cm :

Vérifier le positionnement du zip invisible

Sur le zip invisible, conclusion mitigée. Pour ce qui est d’aligner le côté gauche et le côté droit, tout va bien. Par contre, je ne parviens pas à maîtriser mon pied de biche spécial et finalement, en cours de travail, j’ai opté pour le pied de biche pour fermeture éclair classique. Du coup, n’a pas une fermeture parfaitement invisible et la propreté en fin de zip n’est pas non plus irréprochable. Pour moi, cette compétence reste clairement du côté « non acquis ».

Vérifier le point de glaçage du zip

Point de glaçage régulier, invisible et propre.

Je manque d’illustrations pour commenter les autres points de contrôles imposés par la gamme de montage mais vous voyez un peu le trip!

Le résultat

Que dire ? Sinon que comme souvent, la satisfaction est à la hauteur des efforts consentis.

Prenez soin de vous et des autres,

Sophie

Avocat

Une veste Craftine Box

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Quel étonnante sensation qu’exhumer ces photos semblant sorties d’un autre temps! Elles sont de février, pourtant. Seulement 6 mois. Les mesures de lutte contre le COVID19 nous étaient inconnues et malgré l’actualité chinoise et italienne je ne les imaginais même pas.

Je faisais alors mes courses accompagnée d’Anabelle. Ce jour-là elle me suivait sur le parking du supermarché pour capter la photo qui ferait la Une de notre blog Couture. Vous savez? Ce bon vieux blog au nom étrange que personne ne comprend, plus même son inventrice motivée? Des gaufres au Guatemala! Alors qu’il n’y est jamais question ni de gaufres ni de Guatemala…

Bref, c’est dans le souci d’étoffer ce blog de couture familiale qu’Anabelle, notre couturière en herbe et photographe à ses heures, cherchait le cliché qui mettrait en valeur la veste Avocat, cousue pourtant sans enthousiasme par sa maman, votre dévouée, alors récemment cliente de Craftine Box.

Vous noterez, quelle incongruité, qu’il semblait alors fort commun d’afficher son sourire publiquement, tout comme je crois avoir déambulé librement dans les allées du magasin sans avoir au préalable enclenché mon chrono sur 30 minutes, désinfecté mes mains et éviter le contact d’autrui à moins d’un mètre cinquante. Je concevais peu et même pas du tout de disposer ce faisant d’un droit dont peut-être un jour je serais nostalgique… La préciosité d’un bien se révèle quand celui-ci vient à manquer, c’est bien connu.

Et donc, voilà, en révisant les photos d’Anabelle, j’ai peine à voir autre chose que toute cette eau coulée sous le pont de la pandémie. Il me faudrait pourtant y voir cette fameuse veste Avocat et vous en dire deux mots. Coupée dans la mauvaise taille (trop large) dans un tissu à mon sens trop fluide pour le modèle. Ce dernier, lui-même ne me parlant pas trop… Vous l’aurez compris, cette box-là aurait pu passer son chemin en ce qui me concerne. Cela dit, je dois surtout le résultat très moyen à mon manque d’engagement dès la coupe. Coudre sans passion, c’est mauvais!

A très bientôt pour des aventures plus enthousiasmantes!