XoXo

Un amour de body

Dur à prononcer le nom de ce body! Et pour cause, XoXo est plus un emoticône qu’un nom dans le fond, avec ce x qui ouvre les bras d’un gros câlin et ce o qui donne des bisous… Pour ma part, je vois surtout le o qui ouvre des yeux subjugués et le x qui mime le clignement de celui ou de celle qui n’en revient pas. Pour moi, XoXo, c’est le body qui épate! Par son audace, sa curieuse épaule dévoilée, son port près du corps.

Bon bon, on se calme! Car enfin, si ceci est une introduction, beaucoup pourraient à juste titre se demander à quoi. XoXo est un des trois bodies de Noël que Charlotte Jaubert a créé l’an dernier. Il y avait le Gashina, le Mago et le XoXo. J’ai cousu les trois modèles en terminant par XoXo qui, sur le papier, me convainquait le moins. Depuis que je l’ai fait néanmoins, je le porte en priorité. Quoique… Les trois entrent et sortent de ma garde-robe à de si fréquentes occasions que je serais bien en peine de désigner lequel mérite l’or, l’argent ou le bronze.

Comme pour Baila (voir mon précédent article La confisette Baila), ma taille a trop évolué en 6 mois pour que ma cousette soit tout à fait séante d’aujourd’hui. Vous pardonnerez les plis parfois disgracieux dûs à ce changement de morphologie. Mais les bodies, en élasthanne, je ne les adapte pas. C’est mon choix. Je préfère mettre mon énergie dans de nouvelles pièces bien coupées, plutôt chaine et trame, qui feront j’espère bientôt l’objet d’un article sur ce blog.

Que dire de XoXo? Eh bien, qu’à sa sortie, il n’était disponible qu’en version « coffret », dans deux versions : une version fuschia, une autre « prince-de-galles ». Cette dernière a retenu mon attention. J’adore la contradiction d’exposer ce motif habitué aux étoffes lourdes et raides sur une cousette qui épouse en toute fluidité les courbes du corps.

Très polyvalent, XoXo est stylé en toutes circonstances. Habillé avec une jupe crayon noire, sexy avec un pantalon satin ou une jupe plus courte, relax-chic avec un jean, et discret au bureau (si si je vous assure) s’il est couvert d’une veste. Le petit foulard-écharpe en soie de couleur vive, noué au cou, lui va aussi à ravir. Et je suis sûre ne pas avoir encore testé toutes les combinaisons gagnantes.

Quant à la réalisation de ce body ultra-rapide, j’ai peu à dire. Simple et sans histoire. Même si à l’heure où je vous écris je serais bien incapable de m’en coudre un second car il n’y a plus de points zig-zag à l’atelier en ce moment. Oui, bon, je vois… On a passé trop de temps loin les uns des autres et je ne vous ai pas tout dit…

Figurez-vous, pour commencer, que ma petite machine à coudre d’entrée de gamme qui a parcouru tant de chemin avec moi depuis son achat en décembre 2016 a rendu l’âme. OK, elle est encore en soins intensifs et pourrait revenir à la vie si le technicien trouve une pièce en seconde main. En attendant, exit ma Singer Talent.

Figurez-vous ensuite que j’ai parcouru 150 km dans l’idée de me procurer une très bonne machine à coudre cette fois. A ce propos, toute petite parenthèse pour les lecteurs belges, les établissements Stecker de Bertrix (https://www.stecker.be/) valent le détour! Je dis « détour » car enfin, Bertrix, c’est toujours un détour, à peu près où que vous soyez en Belgique n’est-ce pas? 😀

Plaisanterie mise de côté, le choix et les conseils d’un équipe dévouée et compétente qui prend le temps, quand on se prépare à acheter un objet qui doit durer et avec lequel on réalise tous ses vêtements, ça vaut la peine je crois. Toujours est-il qu’en cours de route je suis passée de l’idée d’une Bernina multi-options à… une piqueuse plate!

O combien douloureux fut ce choix! Trop d’arguments tant pour l’une que pour l’autre. Mais au final, la piqueuse plate est moins coûteuse et je vous avoue avoir été charmée par son côté un peu brut, industriel, son établi intégré, son bain d’huile, ses petites manières de Formule 1, son côté implacable, son caractère de fauve à apprivoiser… Vous comprenez, je suis envoûtée par ma petite Jack ❤ ❤ Et sans doute devrais-je y consacrer un article. Je ne dois pas être la seule couturière amateure qui s’est posé/ se pose / se posera la question du passage à la piqueuse plate.

Tout ça pour vous expliquer que je suis toute marie lorsqu’il s’agit de piquer en zig-zag dans un body comme XoXo dont c’est la finition prévue tant au niveau de l’encolure qu’à celui des jambes. Idem pour mes slips et soutien-gorge. Donc là, j’attends un peu et mets mes projets lingerie en stand-by. Je ne suis pas pressée et ce sera l’occasion qui fera le laron (réparation de ma machine si c’est possible, achat d’une machine basique d’occasion sinon,…)

Pour ce qui est des boutonnières, je m’exerce à la main en repassant tel un mantra les mots de Marie-Laure Thorne sur la qualité supérieure de telles boutonnières et en tâchant d’oublier que je suis à des milliers d’heures de travail et de dextérité de Marie-Laure…

Revenons à XoXo : facile à coudre, facile à porter, facile à assortir. La cousette sans histoire mais qui sort de l’ordinaire! Cette asymétrie qui dévoile l’épaule, ce n’est pas si courante en dehors des stations balnéaires et donne une touche audacieuse à la tenue, même quand on porte une veste par-dessus. Ce qui me fait penser à un précepte chez les joueurs d’échecs qui dit que la menace est plus puissante que son exécution 😀

Côté fourniture, pas de surprise, les coffrets de Charlotte Jaubert sont toujours impeccables, de qualité et dans des quantités largement suffisantes. Ce lycra Prince-de-Galles répond amplement à mes espérances et il va avec tout, y compris toutes les saisons. Ce XoXo est donc une pièce fort accommodante, que vous voyez sur moi sans le pourtant très joli bijou qui accompagne le coffret. Le voici sur une photo prise en début d’année.

Pour finir, je vous laisse avec quelques images réalisées par ma photographe maison qui a, ce week-end, postulé à l’emploi (ni publié ni même vacant) de manager auprès de sa maman. Anabelle, que vous connaissez déjà dans le rôle de mannequin et même couturière, a décidé de faire de votre dévouée une influenceuse hors pair.

Elle m’a proposé un programme stakhanoviste, ma foi assez bien conçu, qui passe par un milliard d’étapes, notamment de videos, de podcasts, de stories et d’interventions en tous genres dans l’univers des réseaux sociaux. J’ai bien tenté de signifier que si je faisais tout çà, je n’aurais plus de temps pour coudre, elle s’est comporté comme une professionnelle qui doit gérer la résistance au changement d’un client attardé.

Finalement, nous avons fait la paix en convenant que quelques photos prises dans un autre cadre que ma traditionnelle terrasse serait un premier pas acceptable pour toutes les parties. J’avoue avoir surtout sauté sur l’occasion de faire une promenade en bonne compagnie mais en fin de compte, je ne suis pas mécontente du résultat… Il est bien mon manager non? J’espère que ses tarifs seront raisonnables!

La confisette Baila

Mon amour du fil a plus d’une facette

Voici comme promis un petit flashback sur ma première réalisation de l’année. Nous étions à l’aube de 2022, en janvier. J’avais le Covid et confinais dans mon atelier, d’où l’idée me vint de réaliser une cousette confinée, appelons çà une « confisette ». Il y a pire convalescence me direz-vous avec raison! Comme tout de même, sans être très malade, j’étais en petite forme, j’ai évité les gros défis et les grands choix. Pour ce genre de situation, les coffrets de Charlotte Jaubert sont tout de même imbattables : toujours de bon goût, généreux, de qualité.

J’ai repris le patron du body Baila qui m’avait tant plu (souvenez-vous de Baila sur mer) et j’ai commandé dans l’urgence un coupon de tissu que Charlotte recommandait à l’époque pour ce modèle. Ledit tissu, un lycra de bonne facture, côtelé, était disponible en rose ou en bordeaux. Rose, tendresse, douceur, lenteur, ou bordeaux, sensuel, capiteux et de caractère. En toute autre occasion, j’aurais tenté cette dernière alternative ambitieuse façon femme fatale mais là, lovée dans mon peignoir préféré, ma petite théière à côté de ma machine à coudre, la gorge en bouillie, j’étais dans le mood gentil. Rose! Ce fut mon choix.

A l’époque de la confection de ce body, je n’ai même pas songé à le photographier, ou si peu. En tous cas, je ne dispose d’aucune photo sur laquelle je porte ce petit chef d’oeuvre de body bien coupé et si agréable à porter. C’est un comble car depuis qu’il est arrivé dans ma garde-robe il en sort chaque semaine en toute occasion, même le boulot!

Pas de photo donc. Qu’à cela ne tienne, 9 mois plus tard, j’ai choisi de profiter d’un beau week-end d’automne en compagnie de mes enfants, improvisés photographes, pour scénariser Baila sur le fil. Car après tout, « Baila » signifie « Danse ». Et la danse que je connais le mieux est celle qu’on pratique sur un fil. Le fil du funambule cette fois, rien à voir avec ceux qui remplissent les tiroirs de mon atelier.

Ces photos ne rendent pas tout à fait justice à mon Baila d’origine. Car je l’ai réalisé en janvier en taille 42 alors qu’aujourd’hui… je taille 38! Alors, forcément, le séant n’y est plus tout à fait. Mais honnêtement, je le porte encore et ne boude pas mon plaisir quand bien même il plisse un peu trop par-ci ou glisse un peu trop par-là. Après tout, on est sur une matière stretch qui permet une certaine marge de manoeuvre. Mes autres cousettes chaîne et trame n’ont pas la même capacité d’adaptation. D’où un peu de pression en ce moment à l’atelier pour vite vite retrouver quelques basiques portables à ma taille. Mais ça, c’est déjà la fin de l’histoire. Commençons avec le rose Baila!

Baila existe avec deux types de manches : les manches ballons avec poignet ou des manches droites, près du bras. J’avais beau être d’humeur soft, il m’a semblé qu’une invitation à la danse, à l’ondulation, à la séduction, s’accommode mieux de manches ballon que de manches droites. Donc, manches ballon! L’autre option : finition slip ou tanga. Là, par contre, c’est le côté « gentil » de la force qui l’a emporté. Slip classique! J’étais vraiment en quête de confort et n’envisageais pas de porter ce body avec un bas moulant qui aurait justifié le mode tanga.

Le coffret matière de Charlotte est arrivé avec une doublure magnifique effet « seconde peau », une caresse textile en gros. J’ai cousu le tout à la surjeteuse. Trop facile, trop vite fait, trop ce qu’il me fallait à ce moment-là!

Salade de fruits

Joli! Joli! Joli!!!

Voici, comme il arrive parfois, un article dédié à la couture de ma lingerie. Que cela reste entre nous mais j’avais acheté, alors que j’étais étudiante sans le sou, un set de culottes en coton blanc dans un magasin qui les liquidait à prix cassé.

Ces culottes se sont avérées inusables et m’ont accompagnée jusqu’à… aujourd’hui (ou presque)! Ahaa! me suis-je dit, voilà une occasion en or de me refaire un petit jeu de culottes/slips/tangas/strings bien utiles et cette fois, je vais éviter le coton blanc.

OK le coton blanc, c’est confort et ça passe partout. Mais bon. Est-ce que le porter est un plaisir renouvelé chaque matin? Est-ce qu’avec çà on se sent irrésistiblement en confiance ou même irrésistible tout court? Vous devinez bien la réponse 😀

Donc, ce fut décidé : les remplaçantes seront faites maison et elles seront chatoyantes! Et aussi, sans peur des sarcasmes de la moitié qui me veut du bien, elles seront dans mon style. Vous savez ce truc étrange entre vintage et goût douteux? Mais je ne lâche rien cette fois, je fais ce que je veux, comme je le veux. Ce sont mes culottes après tout 😀

Sur les matières je n’ai pas hésité beaucoup. A l’époque où j’ai conçu ce projet de cousettes lingerie, Charlotte Jaubert sortait une série de coffrets « dentelles » dont un allait vraiment rendre possible mes envies jusque là enfouies dans ma tête. Ce coffret, épuisé depuis, s’appelait « Citronnade » et composait une jolie variation de jaune et de blanc. Et moi, le jaune… J’ADOOOORE!

Pour accompagner ces splendides dentelles, j’ai choisi deux tissus de chez Stragier. Le premier est la version jaune et glossy du tissu présenté sur un body dans mon précédent article (Baila sur mer), un lycra bi-stretch de très bonne tenue. Le second est un satin duchesse extensible, dans un ton jaune « anis ». Les références respectives de ces matières sont les articles 0000 2551 et 0000 3308.

Dotée ainsi des plus belles fournitures, j’ai choisis d’utiliser les patrons du cours culotté d’Artesane. Ce cours est donné par Charlotte Jaubert, qui du coup, occupe dans mon projet une place carrément centrale! Dans ce cours, quatre patrons sont proposés :

  • La culotte Kiwi
  • Le tanga Tropical Juice
  • La culotte montante Rhubarb
  • Le shorty Black grappe

La voilà la fameuse salade de fruits! Mes projets à présent :

Le shorty Black Grappe

Il fallait absolument que je tente la version du cours de Charlotte avec un dos en dentelle. C’est trop beau!! Côté taille, j’aurais pu viser un 40 plutôt qu’un 42, ça aurait été plus seyant. Mais ce shorty est tout de même confortable et si beau!

Le tanga Tropical Juice

le tanga, c’est le parfait compromis entre slip et string. J’aime son confort et sa jolie ligne. Du coup, je m’en suis concocté deux, dans la bonne taille cette fois!

Le premier présente un devant en satin duchesse tandis que l’arrière est coupé dans une résille couleur chair. Je voulais absolument tester cette technique de finition sans élastique présentée dans le cours de Charlotte mais j’admets que l’utilisation pour cela de la résille chair est peut-être une faute de goût. Je dis bien peut-être parce qu’elle ne fait pas l’unanimité dans le couple (mais moi j’adore ce que j’ai fait 😉 )

Le second est une tentative à partir d’un devant en lycra et d’un dos en broderie anglaise extensible. Pas sûre que le résultat soit digne des magnifiques matières utilisées. Je m’y prendrai autrement la prochaine fois, notamment pour avoir une parfaite symétrie de motifs du dos.

La culotte montante Rhubarb

Mon idée? Le truc vraiment vintage, taille haute gainante, avec côtés en dentelles. Pour le corps de culotte, c’est du satin duchesse, et pour les côtés, j’ai cousu, suivant les conseils de Charlotte, deux bandes de résille couleur chair (effet déjà sublime sans rien d’autre que celà) sur lesquelles j’ai placé deux pans de dentelles blanches et jaunes (parce que dans mon mood lingerie, plus c’est mieux).

Sur la photo, on voit fort la doublure de résille mais une fois portée, l’effet « transparent » est bien présent. Je sais, il faudrait que je vous le montre mais voilà, je ne suis pas encore convaincue de placer ce genre de photo sur un blog public et à dire vrai, mon photographe de mari l’est encore moins que moi 😀

Pour les finitions, j’ai opté pour une laminette emprisonnée, jugeant qu’il y avait assez de fioritures comme cela.

Me voici donc à la tête d’un petit ensemble bien agréable à porter et à regarder!

Et de plus en plus, la couture lingerie devient addictive. Quel plaisir de travailler des choses si petites en prenant soin du détail. Des petites choses qu’on fait d’abord pour soi 🙂

Baila sur mer

L’incroyable histoire du body qui affranchit

Comme parfois, je vais vous conter une historiette. Historiette, qui commence comme « histoire » et finit comme « cousette ». Historiette donc, ou histoire d’une cousette. Je vais donc préférer aujourd’hui parler atmosphère, impression, rencontre, vécu plutôt que marges de couture, poids des tissus et choix des aiguilles.

J’ai cousu le body Baila de Charlotte Jaubert (https://www.charlottejaubert.fr/) par volontarisme mais avec peu de foi. Je vous explique : j’aime énormément le vêtement « body ». La mode de ma jeunesse au début des années 90 et une silhouette à l’époque avantageuse m’ont permis d’en porter avec bonheur, sans me poser de questions.

Aujourd’hui, je couds ce que je porte et je vois des patrons de body sortir doucement des doigts de fée de quelques stylistes indépendantes et cette offre naissante est venue faire trembler les bases de ma confiance en soi. Ces questions étaient déjà présentes sans doute mais je ne les avais jamais exprimées aussi nettement jusqu’ici.

Peut-on porter un body à mon âge? Avec ma silhouette? Avec mes cheveux que j’ai choisi de garder gris? Que suis-je devenue? Que puis-je encore me permettre? Y a-t-il des barrières à ne pas franchir? Lesquelles? Pourquoi? Des commentaires plein de venins et si communément admis sont venus me taquiner : « elle est ridicule », « c’est une vieille folle »,  » on ne porte pas çà quand on est petite et boulotte »,…

Pourtant, au fond de moi, l’envie de plaire est intacte et l’envie de porter le body aussi. Alors quoi? Certains vêtements sont-ils réservés aux top models? Et dans ce cas, à quoi et surtout à qui servent-ils vraiment?

Dans le même temps, tout à fait par hasard, j’ai lu des articles de mode qui parlaient de Jean-Paul Gauthier. Du questionnement qu’il a permis sur la mode, le sentiment esthétique qu’elle produit, de l’importance pour celui-ci du bonheur qu’à une personne à porter le vêtement. Ces idées m’ont travaillées et vous en trouvez une part dans Et pourquoi pas crop le top?

Comme il arrive parfois, elles ont trouvé à se nourrir aussi chez d’autres blogueuses. Une blogueuse en particulier dont je recherche avidement les coodonnées du blog tristement égarées. J’ai vu un des ces articles qui était référencé par Clotilde (Couture and Clo) et qui la montrait en démonstration d’un tout nouveau patron de body. Cette personne dont je recherche le nom portait une très grande taille et avait réalisé son body dans un tissu velour stretch beige-or.

Une leçon de bien-être, de confiance, de bonheur. Grâce à elle, j’ai compris comment la personne qui croit dans ce qu’elle porte sans complexe peut réellement induire un sentiment esthétique chez celui ou celle qui la regarde. Cette personne qui ne méritait pas que j’oublie son nom, m’a convaincue de faire un premier pas.

Ce premier pas fut l’achat du patron Baila de Charlotte Jaubert. Je connais l’auteure pour avoir réalisé quelques-uns de ses patrons dans le cadre des cours et masterclasses d’Artesane : le body Amoroso cousu pour ma fille, et quelques patrons du cours culotté. Si je ne l’avais égaré (oui, je sais c’est pathologique), j’aurais bien testé une version personnelle d’Amoroso mais face à l’échec de mes recherches dans mes patrons PDF, j’ai fini par céder à l’appel de Baila, patron que la styliste décrit elle-même comme conçu pour une femme imaginaire « confiante et libre ».

Soit, me suis-je dit. Voilà certainement un signe. La coupe me plaisait beaucoup par ailleurs : un croisé type cache-coeur sur le devant et le dos, des enformes à l’encolure et à la culotte sans parler des manches bouffantes avec poignet prononcé.

Côté défi, c’était largement suffisant. Je me suis dit que comme je n’oserais sans doute pas le porter, je pourrais toujours l’utiliser en secret pour séduire mon petit mari et tout çà resterait entre nous. Un article sur le blog? Peut-être mais avec le body posé sur un cintre!

Vous voyez? Ce n’était pas gagné et les photos que je finis par publier sont le témoin du chemin parcouru grâce à ce vêtement magique. Il est tellement confortable et je me sens tellement bien dedans que la honte de montrer « trop » finit par laisser la place progressivement à l’envie de le porter en toute occasion.

D’abord un dimanche à la maison. Puis, des photos de test à des personnes de confiance pour recevoir leurs impressions. Puis, une journée au bureau avec un grand foulard qui cache tout. Enfin, porté seul, sans plus aucun complexe sur une plage normande. Ouf! Quel coquin ce body Baila. Ma seule envie : en coudre d’autres!

Le tissu est pour beaucoup dans le succès de cette réalisation : je vous recommande sans réserve les ultrastretch matt de la Maison Stragier! La palette de couleur n’est pas énorme mais quelle qualité! Le taux d’élasticité est parfait pour le patron Baila : il permet de coudre sa taille du commerce. Ici, une taille 42 pour moi. Ce tissu est par ailleurs facile à manipuler (pour un extensible) et se comporte très bien à l’entretien.

Côté finitions, j’ai tout fait à la surjeteuse en m’offrant le petit plaisir d’avoir tout bâti à la main avant de passer à la machine. Ce n’est pas tout à fait nécessaire : une bonne pose d’épingles le fait aussi. Mais les préparations à la main me donnent beaucoup de satisfaction et sont tout de même très efficaces en terme de précision. Pas nécessaire donc mais efficace et luxueuses! Et vous savez quoi? Nous qui cousons nos propres vêtements, nous sommes en capacité de nous offrir du luxe! Alors pourquoi pas?

Libre et confiante, Charlotte? Sans rire? C’est ce que je ressens aujourd’hui.

La magie de Noël III : Jane

Le pilote de la gamme Lady

Elles m’ont fait rêvé ces ladies à l’ancienne qui truffent les romans d’Agatha Christie. Non qu’elles affichent toutes les vertus, sans quoi peu de meurtres en ce bas monde, mais leur élégance suggérée par l’auteure a longtemps nourri mon imagination. Et cette nuit, comme je ne trouvais pas le sommeil, sais-je pourquoi ?, l’idée m’est venue de partager cet héritage imaginaire et très personnel en vous dévoilant, par la couture, la trace que je garde de ces demoiselles, jeunes ou moins jeunes… 

Vous l’avez compris, c’est mon univers mental, celui de mes lectures d’adolescente, qu’il faut ouvrir pour cela et soudain l’angoisse me prend. Aurais-je égaré la clé ? Peut-être pas Sophie, mais il est parfois cruel de mesurer l’écart entre quelques images floues qui suffisent à satisfaire le cerveau et un objet du monde, concret, palpable, exposable à tous les yeux, à toutes les critiques. 

Tiens, je ne déglutis plus si facilement tout à coup… Et ce frisson dans le dos ? Sans doute le temps pré-hivernal… Mais assez de doutes pour l’instant ! Déjà se dessine dans les brumes de ma pensée la silhouette d’un personnage qui m’est si familier que je pourrais la compter parmi mes amies intimes : cette très chère Miss Marple ! En son honneur, ma première production s’appellera « Jane » et sa ligne sera comme elle : sage et implacable quoique non dépourvue de féminité… 

Bien sûr, ce sont des mots ! Reste à les transformer en un objet acceptable qui soit une expression sincère de mon souvenir de Jane.  

L’objet : faisons pratique, ça fera plaisir à ma grande sœur de famille qui est aussi une fidèle lectrice des Gaufres! Je souhaite depuis longtemps trouver une solution pour ranger efficacement et ENSEMBLE les soutien-gorge et leur slip assorti (ou quasi assorti). Car comme je ne suis pas du matin (ce que vous pouvez désormais comprendre puisque  je viens de vous donner une idée de ce à quoi je pense au lieu de dormir), je me lève régulièrement en catastrophe et m’habille de même. Si je trouve alors encore à peu près l’énergie de choisir un pantalon et un top qui s’accordent, il va de soi que côté underwear, par contre… Ca craint ! 

OK, la lingerie, ça ne se voit pas… Mais est-ce une raison pour ne pas s’améliorer ? 

Donc, je vais réaliser une gamme de petits sacs à lingerie que je vais appeler « Lady » et chaque modèle de sacs portera le nom d’un personnage dont je garde le souvenir. Et bien sûr, Jane ouvre la marche. Ce que je vous présente aujourd’hui est la toile de Jane : le premier draft de patron réalisé « pour voir » dans une toile de calicot.  

L’idée est de rappeler le style d’un chemisier propret et bien boutonné à l’avant, avec une parmenture et deux plis à l’arrière. C’est l’idée que je me faisais du style de  Miss Marple. Voici la face avant et la face arrière :

Petite fantaisie utile : le premier bouton est bien réel et permet la fermeture du petit sac. Et pour information, ses dimensions sont de 19 cm sur 21 cm. C’est peut-être un peu juste pour les soutien-gorge à armure…

Mon idée est, une fois le patron fixé, de réaliser ce modèle dans une mousseline, un crêpe léger voire  un coupon de Liberty. Car c’est un sac à lingerie tout de même… Evitons le velours côtelé et la gabardine! :-D J’envisage aussi de l’agrémenter de dentelle (au col et dans le dos par exemple), voire d’un collier à perles ou d’une broche vintage,… L’avantage de toutes ces variations possibles est d’obtenir aisément des résultats différents avec une seule recette 😊 

Qu’en pensez-vous ? L’idée est-elle bonne ? Comment améliorer Jane ? Je verrais bien un col plus présent et peut-être une petite poignée pour faire plus sac que pochon… Le cas échéant, est-ce un cadeau de Noël acceptable ?  

J’en ai des questions aujourd’hui n’est-ce pas ? Mais ce n’est pas tous les jours qu’on avoue publiquement avoir lu tous les romans d’Agatha Christie et les avoir aimés assez que pour, 25 ans plus tard, en proposer le témoignage couturier. Petite précision en vue de conserver toutes mes amitiés blogueresques : je n’avais rien fumé hier soir. 

Je vous embrasse. 

 

Sophie 

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Premiers émois (#jecoudsmagarderobecapsule2017)

« Après, j’ai vu ses petites bretelles de velours bleu sur mes épaules… »

L’heure de publier le projet de février a sonné. La sueur au front, le teint blafard, je peux enfin poser le clic libérateur, celui qui envoie vers la blogosphère les résultats du défi de février dans le cadre du projet de Clotilde « je couds ma garde-robe capsule 2017 ».

Je dis défi, car c’en était un et pas seulement pour moi. En surfant de façon aléatoire sur les blogs d’autres participantes, j’ai cru comprendre que ce mois de 28 jours s’était révélé plein de venin pour un certain nombre d’entre nous 🙂

En plus, je déplore l’absence de volontaires pour me servir de mannequin et ce, malgré un appel publié dans les délais et dans les formes (Excitation et…frustration!) !! Enfin!! Porter publiquement une parure de tulle noir parfaitement transparent, je ne vois pas où est le problème 🙂

Bon, débilités post-sprint mises à part, voici la toute première parure de ma carrière de couturière… Et si la confection m’a donné du fil à retordre, si le résultat est perfectible à plus d’un égard, je suis (très) agréablement surprise du confort  au porté! Cet improbable assemblage de tulle et de dentelles est plus que mettable. C’est véritablement une seconde peau et pour la première fois, je rencontre un soutien-gorge sans baleine qui joue néanmoins parfaitement son rôle. BLUFFANT de ce côté-là!

Commençons la revue de détail par le slip! Coupe moins échancrée que le pique-nique champêtre ( Parlons lingerie… ), il reste très confortable et techniquement, rien à ajouter par rapport à ce plus ancien article. Vite fait, facile, agréable, Rapport effort/bénéfice inégalable. Le gousset est flottant (ci-dessous). Classique! J’ai cependant fait le raccord élastique à un mauvais endroit, trop visible. Je garde la leçon pour une prochaine fois.

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Mon seul véritable regret : le manque de matériel approprié pour coudre la lingerie! Mon fournisseur d’élastique doux et dentelé est en rupture de stock depuis plus de 2 mois,  ce qui m’a fait me rabattre sur un autre type d’élastique au bord légèrement jaune. Une horreur. Heureusement, l’affaire s’étouffe une fois le slip porté 🙂

Au tour du soutien-gorge! Ca, c’est une autre histoire. Celui-ci est de coupe simple avec un seul pan de tissu pour le dessous de bras et le bonnet. Ca commençait donc sous les meilleures auspices. Mais ma première expérience de couture avec du tulle, mais l’absence d’élastique adéquat, mais ma mauvaise interprétation de certaines instructions (ça commençait déjà au niveau de la coupe du soutien-gorge, souvenez-vous : Février : “Premiers émois” ), mais mon manque de patience parfois, mais l’absence de ruban de la bonne taille dans ma mercerie, mais l’absence d’attaches en métal,…

Au final, sans Clotilde et son fameux projet, sans les autres participantes autour de ce même défi, sans le partage de leurs propres mésaventures couturières (je pense notamment à l’agilité dont Elodie a du faire preuve, au courage d’Ibijau face à ses nombreux ajustements, sans parler de Clotilde elle-même et de ses fameuses « dents de scie »…), sans vous toutes, j’ouvrais la poubelle et j’y virais les 10 grammes de tulle de mon soutif en devenir.

Seulement voilà, un projet, c’est un projet et je n’avais pas envie de quitter le bâteau dès février…^^ C’est cependant avec la conviction que jamais je ne porterai ce truc que j’ai mis le dernier point (à la main svp) au haut de la parure « premiers émois ».

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Mais une fois ce dernier point posé, je me suis dit « ma foi, il se regarde encore ce machin, là, avec son petit air vintage… » Du coup, au cas où, je l’ai enfilé et là, ô surprise, le plus confortable et efficace des soutiens-gorge sans baleine de ma garde-robe. Après, j’ai vu ses petites bretelles de velours bleu sur mes épaules, j’ai pensé à toutes les manières de les montrer en feignant la négligence… et j’ai craqué. Adopté le soutien-gorge! Et même, dans quelques jours, j’aurai oublié le mal qu’il m’aura donné. 🙂

Les liens à l’arrière sont un montage en croix avec agrafe en « G » au centre. Les bretelles sont montées sur des anneaux (hélas en plastiques à défaut d’autres fournitures dispo) et réglables.

Le tulle ne s’effilochant pas, la dentelle de décoration peut être simplement posée envers contre endroit, ce qui donne un charmant volume, un côté froufroutant aux bord de l’ouvrage. C’est un point essentiel du modèle mais même çà, j’ai mis du temps à le comprendre. Les rubans sont fixés à la main, au point arrière.

Il s’agit d’un modèle de mes auteures « lingerie » adorées et déjà maintes fois citées sur ce blog : Katherine Sheers et Laura Stanford. Je pense bien ne pas en avoir fini avec mes réalisations issues de leur très beau livre « Coudre sa lingerie » ❤

Modèle : Katherine Sheers & Laura Stanford – Coudre sa lingerie

Tissu, ruban velours : A little mercerie

Dentelle, anneaux et attaches : Veritas

Elastique : Colruyt

Fil et jersey noir : réserve privée

Show Bee, Show me…

Succès Hilde! Tu m’as bluffée!

Deux, trois mots aujourd’hui pour saluer mon ancienne collègue Hilde avec qui j’ai connu de terribles moments de détresse et de fous rires qui sont le propre des projets à haut taux d’innovations 😉

A l’époque, nous étions rassemblées autour de cas assez créatifs mais qui n’ont rien à voir avec la couture! Je ne savais même pas que Hilde comptait la lingerie parmi ses passions et elle-même ne savait pas plus de moi. C’était ainsi, le nez sur le guidon, le productomètre à plein régime et peu d’espace pour faire connaissance…

Par un beau hasard, c’est après s’être quittées et perdues de vue que nous nous découvrons des affinités cachées.

Et comme vous avez le voir, Hilde n’a pas fait les choses à moitié. Après quelques années dans la blogosphère à partager ses coups de cœur coquins dans le monde de la lingerie, la voici à la tête d’une première collection privée, baptisée finement « Show Me » (son blog s’appelait « Show Bee » ;-). Sur son site, vous découvrez son style et ses premiers points de vente.

Succès Hilde! Tu m’as bluffée!

 

 

Excitation et…frustration!

D’envie en envie, de fil en aiguille, je le tien ce slip, terminé, entre mes mains

En février, c’est dit, c’est la parure « premiers émois ». Les patrons sont décalqués, découpés… Reste le tulle qui est arrivé hier soir!

Ahaaaa! Youpie, beau le week-end! Je découvre au passage que ma belle-soeur ne m’avait pas menti en me promettant du plaisir avec cette matière 🙂 🙂 Un peu rebelle quelques fois.

Et puis, d’envie en envie, de fil en aiguilles, je tiens le slip, terminé, entre mes mains. Une belle satisfaction qu’il me faut partager avec vous.

Sauf que mon smartphone qui me sert aussi d’appareil photographique refuse de s’allumer. Damnation et frustration de malheur! Je vous la décrit? Très seyante, extrêmement transparente et vintage jusque comme il faut entre le noir du tulle et le crème de la dentelle.

Un volontaire pour faire mannequin? hihihi…

Je vous embrasse et file tester la prise de photos à partir de ma webcam. Je vous tiens au courant!!

Février : « Premiers émois »

En février, je décide de coudre ma première parure

Il est temps de me pencher sérieusement sur le projet de février dans le cadre de « ma garde-robe capsule 2017 » (pour les retardataires, voir mes précédents articles sur ce projet : Je couds ma garde-robe capsule#jecoudsmagarderobecapsule2017 : les consignes de Clotilde (blog clo.piano))

En janvier, j’ai sorti dans la catégorie « short » un petit boxer ravissant (voir Un boxer en été (#jecoudsmagarderobecapsule2017))

En février, je décide de me lancer dans la catégorie « Lingerie » et de coudre ma première parure (soutien-gorge et slip assortis) faite main. Comme indiqué dans mon programme (voir Programme complété (je couds ma garde-robe capsule 2017)), la parure intitulée « premiers émois » est l’élue!

Le modèle est de Katherine Sheers et Laura Stanford que je cite abondamment 🙂 et les curieux qui veulent en voir une image peuvent aller jeter un oeil sur le blog La couture Rose où l’auteure nous montre sa propre interprétation en tulle gris et dentelle blanche, le tout rehaussé de rubans grenats!

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Pour moi, ce sera plus classique, en noir…

Les fournitures sont commandées et devraient arriver cette semaine. Oui, je sais, j’aurais du anticiper. Février ne compte que 28 jours, ce n’est pas un scoop. Ca sent le sprint final chaotique…

En attendant mon tulle noir, je décalque, je découpe,… et découvre à l’instar de La couture Rose que le schéma propose trois bonnets : le A, le B et le…B! Erreur de frappe un peu déconcertante toutefois quand on cherche le C. Hihihi, heureusement la blogosphère est là et j’ai donc pu suivre les recommandations de celle qui était passée aussi par là 🙂

 

Un boxer en été (#jecoudsmagarderobecapsule2017)

5 jours, c’était un peu short alors j’ai sorti…un short!

C’est tardivement que je suis entrée dans l’aventure! 5 jours pour relever le premier défi des 12 travaux de Clotilde, c’était un peu  « short ». Alors ma foi, j’ai sorti…un short! Hihihi…

Et tant qu’à faire, je l’ai choisi léger et fleuri, histoire de me rappeler que l’été reviendra ! Et c’est donc bizarrement mon livrable de…janvier pour le grand projet communautaire #jecoudsmagarderobecapsule2017!

Le boxer n’est pas l’homme carruré et édenté qu’on pourrait imaginer… C’est un short très léger qui se porte en sous-vêtement et qui est monogrammé, ce qui résout l’enigme lancée à ceux d’entre vous qui ont la bonté de me suivre sur Facebook.

Tout d’abord la petite histoire de la confection de ce short. Ce qui me plaît par dessus tout en lingerie, c’est la contrainte de présenter un travail aussi propre dehors que dedans sans pour autant doubler le vêtement. A chaque fois, je trouve çà magique et la netteté des coutures me donne grand bonheur. Ici, coutures anglaises à l’envi et une première pour moi, le gousset en pétales! Ce qui donne à l’intérieur :

Et à l’extérieur :

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Les détails craquants de ce modèle : un double rang de dentelle, effilé sur les côtés.

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La sublime fente toute simple et source d’aisance :

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La pochette sur la fesse droite, avec monogramme brodé :

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Résultat final, devant et derrière :

Modèle : Katherine Sheers & Laura Stanford, Coudre sa lingerie

Tissu : Les tissus du chien vert

Dentelle : Veritas

Coton à broder : réserve privée, souvenir de Quimper…

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