La magie de Noël III : Jane

Le pilote de la gamme Lady

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Elles m’ont fait rêvé ces ladies à l’ancienne qui truffent les romans d’Agatha Christie. Non qu’elles affichent toutes les vertus, sans quoi peu de meurtres en ce bas monde, mais leur élégance suggérée par l’auteure a longtemps nourri mon imagination. Et cette nuit, comme je ne trouvais pas le sommeil, sais-je pourquoi ?, l’idée m’est venue de partager cet héritage imaginaire et très personnel en vous dévoilant, par la couture, la trace que je garde de ces demoiselles, jeunes ou moins jeunes… 

Vous l’avez compris, c’est mon univers mental, celui de mes lectures d’adolescente, qu’il faut ouvrir pour cela et soudain l’angoisse me prend. Aurais-je égaré la clé ? Peut-être pas Sophie, mais il est parfois cruel de mesurer l’écart entre quelques images floues qui suffisent à satisfaire le cerveau et un objet du monde, concret, palpable, exposable à tous les yeux, à toutes les critiques. 

Tiens, je ne déglutis plus si facilement tout à coup… Et ce frisson dans le dos ? Sans doute le temps pré-hivernal… Mais assez de doutes pour l’instant ! Déjà se dessine dans les brumes de ma pensée la silhouette d’un personnage qui m’est si familier que je pourrais la compter parmi mes amies intimes : cette très chère Miss Marple ! En son honneur, ma première production s’appellera « Jane » et sa ligne sera comme elle : sage et implacable quoique non dépourvue de féminité… 

Bien sûr, ce sont des mots ! Reste à les transformer en un objet acceptable qui soit une expression sincère de mon souvenir de Jane.  

L’objet : faisons pratique, ça fera plaisir à ma grande sœur de famille qui est aussi une fidèle lectrice des Gaufres! Je souhaite depuis longtemps trouver une solution pour ranger efficacement et ENSEMBLE les soutien-gorge et leur slip assorti (ou quasi assorti). Car comme je ne suis pas du matin (ce que vous pouvez désormais comprendre puisque  je viens de vous donner une idée de ce à quoi je pense au lieu de dormir), je me lève régulièrement en catastrophe et m’habille de même. Si je trouve alors encore à peu près l’énergie de choisir un pantalon et un top qui s’accordent, il va de soi que côté underwear, par contre… Ca craint ! 

OK, la lingerie, ça ne se voit pas… Mais est-ce une raison pour ne pas s’améliorer ? 

Donc, je vais réaliser une gamme de petits sacs à lingerie que je vais appeler « Lady » et chaque modèle de sacs portera le nom d’un personnage dont je garde le souvenir. Et bien sûr, Jane ouvre la marche. Ce que je vous présente aujourd’hui est la toile de Jane : le premier draft de patron réalisé « pour voir » dans une toile de calicot.  

L’idée est de rappeler le style d’un chemisier propret et bien boutonné à l’avant, avec une parmenture et deux plis à l’arrière. C’est l’idée que je me faisais du style de  Miss Marple. Voici la face avant et la face arrière :

Petite fantaisie utile : le premier bouton est bien réel et permet la fermeture du petit sac. Et pour information, ses dimensions sont de 19 cm sur 21 cm. C’est peut-être un peu juste pour les soutien-gorge à armure…

Mon idée est, une fois le patron fixé, de réaliser ce modèle dans une mousseline, un crêpe léger voire  un coupon de Liberty. Car c’est un sac à lingerie tout de même… Evitons le velours côtelé et la gabardine! :-D J’envisage aussi de l’agrémenter de dentelle (au col et dans le dos par exemple), voire d’un collier à perles ou d’une broche vintage,… L’avantage de toutes ces variations possibles est d’obtenir aisément des résultats différents avec une seule recette 😊 

Qu’en pensez-vous ? L’idée est-elle bonne ? Comment améliorer Jane ? Je verrais bien un col plus présent et peut-être une petite poignée pour faire plus sac que pochon… Le cas échéant, est-ce un cadeau de Noël acceptable ?  

J’en ai des questions aujourd’hui n’est-ce pas ? Mais ce n’est pas tous les jours qu’on avoue publiquement avoir lu tous les romans d’Agatha Christie et les avoir aimés assez que pour, 25 ans plus tard, en proposer le témoignage couturier. Petite précision en vue de conserver toutes mes amitiés blogueresques : je n’avais rien fumé hier soir. 

Je vous embrasse. 

 

Sophie 

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La magie de Noël II : les chouchous

Le plaisir de faire plaisir…

Les voyages dans le temps, ça existe, j’en ai fait un! Car les chouchous, si il y a bien un truc emblématique de la mode ado de mon époque, c’est cela. En essayant d’expliquer à ma fille ce que nous, à son âge, mettions dans les cheveux, je me suis rendue compte que dans le fond, le plus clair était encore d’en faire un. Comme çà, sur le pouce, sans préméditation, autour d’un élastique de cuisine.

Alors dans la gamme des cadeaux de Noël autant que dans celle du projet récup’ par lequel je veille à faire du beau avec du laid, de l’utile avec du brol, de la valeur avec des poussières, je vous présente… ta-damm! LE CHOUCHOU.

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Pour ceux ou celles qui ne partageraient pas mon idiôme natal, un chouchou, c’est un truc informe cousu autour d’un élastique et qui orne agréablement les queues de cheval (la coiffure hein, pas le bel ornement que la nature à offert aux équidés). Ouh! Le tracassin linguistique ici… Si on causait couture, histoire de retrouver un peu de confort?

J’ai opté pour un montage très simple dans la plus pure tradition de la « couture approximative » que j’affectionne au point que je pense un jour déposer un brevet sur ce concept. A toutes fins utiles, je fournis le pas-à-pas expliqué ici. Avis aux plus débutantes que moi s’il y a : le chouchou, c’est 10 minutes montre en main. Rapport résultat-effort imbattable.

Finalement, voici le résultat :

Le chouchou Flamant

Issu d’une chute de ce tissu que j’adore et qui avait permis la réalisation d’une trousse (voir à ce propos un de mes premiers articles : La vie en flamants roses!)

Le chouchou aux cerises

Issu d’une chute de coton imprimé qui avait servi lors de la confection d’un chemisier estival (voir Beaucoup de cerises)

Le chouchou étoilé

Merveilleux tissu que celui-là : blanc éclatant parsemé d’étoiles dorées qui brillent de mille petits feux. La réalisation d’origine est un patron d’Ivanne S. : Diamond (voir mon article Diamond, un petit bijou!

Le chouchou du Colonel Moutarde

Souvenez-vous! Voici peu de temps, je me lançais dans l’aventure d’un vestiaire masculin et pour palier une carence en tissu fort inopinée, j’avais choisi de travailler avec un tissu secondaire dans une couleur tranchante : la couleur moutarde (Four fellows). Ce chouchou est un peu maigre parce que mes réserves dans ce tissu étaient faibles 🙂

Le chouchou aux fleurs

Ce chouchou hérite quant à lui de chutes de tissu acheté pour rehausser la géniale pochette caméléon de Corinne Romeyer ( Une pochette « caméléon ») mais il a été moultes fois recyclé dans divers projet comme celui d’une pochette de type « compagnon » ( Comme un jardin de fleurs)  ou encore d’un panier de lingettes durables (Projet récup’ : Des paniers, des lingettes….)

Le chouchou en jean

Quelques chutes d’un des pantalons Wanderer d’Anabelle (SOS Wanderer) attendaient le jour de leur transformation 🙂 Une première récup’ très gratifiante avait pris la forme d’un pochon. Aujourd’hui, voici donc le chouchou…

Le chouchou passe-partout

Du noir, c’est obligatoire! Ca va avec tout. Tiré d’un coupon très bas de gamme récupéré d’un jeu de société bidon, voilà tout de même deux chouchous très présentables :

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Le chouchou imperméable

Enfin, je termine la marche des chouchous avec la transformation (très partielle je le concède) d’un vieux parapluie! Le tissus de ce parapluie me plaisait tant que je n’ai pu me résoudre à le jeter avec l’armature brisée de mon ancien compagnon.

Une fois mes petits chefs-d’oeuvre terminés, je les ai présentés à ma fille pour appuyer mon propos sur ce que fut la mode quand j’avais son âge. Elle s’en est emparée et les porte chaque jour depuis. Mission accomplie!

 

Un drapeau pour les Hobereaux

Oiseau rapace diurne du genre faucon…

Les hobereaux sont de fiers rapaces qui élisent domicile dans les forêts européennes durant l’été. Mais « Les Hobereaux », ça, c’est le nom de la patrouille scout de ma fille et ceux-là désiraient un drapeau.

Cahier des charges : quelque chose de beau, de représentatif, qui correspondent aux couleurs de la patrouille : rouge, bleu ciel et bleu foncé.

Dimensions : inconnues. Budget : 0€.

Ce dernier critère est tellement puissant qu’il a donné seul au  projet les spécifications qui faisaient si cruellement défaut. Car si c’est gratuit, ça veut dire qu’on va devoir se contenter des tissus de récup’ qui attendent l’heure de leur résurrection dans les tiroirs de l’atelier des Gaufres :

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Le choix d’Eve s’est porté sur les tissus suivants :

  • Pour le bleu foncé, une chute du tissu employé pour le projet Tipsy – Trousse de toilette réalisé pour son frère;
  • Pour le bleu ciel, le tissu récupéré d’une housse d’oreiller en fin de vie;
  • Pour le rouge : les chutes du tissu employé pour confectionner un pantalon Wanderer (Ottobre) à sa soeur. Comme celui-ci n’a pas fait l’objet d’un article, voici, pour la petite histoire, la photo dudit pantalon : IMG_1147

La première étape du travail a consisté à refaire des pans de tissus suffisamment grands à partir des lambeaux en présence. J’ai cousu tout ce que je pouvais pour refaire des formes approximativement rectangulaires. Ces dernières ont été retaillées par la suite, conformément au patron réalisé entre-temps par Eve.

Et pour cela, il nous fallait une idée, chose dont Eve n’est jamais à court. Elle a donc conçu un gabarit qui représente un hobereau un fier hobereau qui plâne à l’affût d’une proie devant un soleil dont il faut deviner s’il se lève ou s’il se couche…

Le résultat :

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Bien sûr, vu de près, on se rend bien compte que ce fagnon est aux drapeaux ce que Frankenstein est aux humains : une reconstitution à partir de petits morceaux. Mais néanmoins, cela reste une satisfaction réelle de pouvoir construire du beau avec de l’informe.

Roland

Tutoriel pour un pochon simple et intuitif

Roland, c’est le nom que j’ai donné à la seconde production-maison des Gaufres au Guatemala qui expérimente, avec une fortune dont vous jugerez, les vertus de la couture intuitive. Je dis bien intuitive même si de mauvaises langues pourraient préférer l’adjectif « approximative ».

De quoi s’agit-il? Un modèle qui se construit en fonction de deux choses :

  • un objectif : réaliser un pochon pour ranger ces fichues pièces du jeu d’échecs familial qui traînent partout;
  • des contraintes matérielles :
    • Aucun achat de matériel : usage exclusif des chutes de tissus disponibles à l’atelier;
    • Aucune mesure : le présent tutoriel ne sort jamais ni latte ni ruban millimétré. Détendez-vous et faites-vous confiance : la bonne taille, c’est celle qui vous convient;

Ca vous dit? Alors on y va pour un « step by step » en images.

Etape 1 : sélectionner le tissu : rechercher des morceaux de tissus dans vos fonds de tiroirs : nul besoin de grands coupons, bien au contraire! Tous les tissus sont possibles mais ils doivent pouvoir s’associer. Donc, même en couture intuitive, on évite la déception en refusant d’assembler des tissus extensibles avec des tissus tramés. Tout de même!

Etape 2 : tracer dans le sens du droit-fil (parallèlement à la lisière) des languettes uniformes. Quelles dimensions? Couture intuitive, c’est aussi couture pragmatique : saisissez une latte et utilisez-la comme gabarit : la largeur est à peu près celle qu’il vous faut et ça fait des lignes parallèles fort acceptables. Sachez que la taille du coupon importe peu. Celui illustré ci-dessous est probablement le plus grand que j’ai utilisé.

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Etape 3 : découper les languettes tracées dans vos divers tissus. Il va de soi que suivant les coupons utilisés, la longueur des languettes variera. Pas de souci. C’est maintenant qu’il faut se demander à quel usage on réserve le pochon. Quelle devrait être sa hauteur à peu près? Je choisis la hauteur naturelle des languettes coupées dans le coton aux motifs de coccinelles (à peu près 25 cm mais peut nous importe). Vous voyez sur la troisième image ci-dessous que pour une hauteur de coccinelles, j’ai besoin de deux hauteur de coton fleuri et de trois hauteurs de coton à motifs de chats.

Etape 4 : Du coup, il me faut coudre de nouvelles languettes à partir de deux languettes en coton fleuri et de trois languettes à motifs de chats et ainsi de suite avec les autres tissus. La première image ci-dessous montre le résultat de cette opération. Ainsi, finalement, je dispose d’une série de languettes qui ont toutes AU MINIMUM la longueur dont j’ai envie (en l’occurrence la longueur des languettes à coccinelles). Je les trie par motifs. Cool! C’est déjà beau. A ce stade, vous méritez une pause au bord d’une tasse de thé.

Etape 5 : Faire appel à son sens artistique pour assortir au mieux les couleurs. Disposer sur une table les languettes dans l’ordre qui vous convient le mieux. Changer, tester, rechanger…jusqu’à ce que vous trouviez la bonne composition. Ensuite, cousez dans l’ordre voulu les diverses languettes (endroit contre endroit bien sûr).

J’avoue avoir vu ma belle confiance vaciller sur ses bases à cette étape car j’avais l’impression que mes tissus n’allaient pas du tout ensemble et que le résultat ne pourrait être que grotesque. Alors j’ai fait le choix qu’entre chaque languette à motifs, j’insérerais une languette de tissu uni. Par grande chance, j’avais un vieux coupon de jean léger (chutes d’un pantalon Wanderer d’Ottobre). Résultat face avant et face arrière après un repassage soigneux que je vous recommande, question de survie :

Etape 6 : Avec la même latte qui servait de gabarit à l’étape 2, tracer des lignes horizontales et couper :

Résultat face avant, face arrière :

Etape 7 : coudre ensemble les languettes en les disposant de façon à créer un contraste entre les différents motifs :

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Une cousez autant de languettes qu’il faut pour arriver à la largeur de pochon souhaitée. Dans mon cas, j’en ai cousu 7.

Etape 8 : Coudre un cadre de coton assorti. Repasser.

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Puis un second sur trois côtés. En fait, l’ouvrage peut ainsi s’agrandir jusqu’au moment où on obtient la taille souhaitée.

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A ce stade, si la taille de l’objet vous convient, la face avant est terminée.

Etape 9 : Il reste à réaliser le dos de l’ouvrage dans un coupon plus large (ou en répétant les mêmes opérations avec un peu de courage). Ici, j’ai choisi un coupon de jean léger uni. Sa taille? Je l’ai coupé en posant sur le tissu la face avant. On se retrouve avec deux pièces de même taille qu’il faut encore assembler.

Etape 10 : préparer la doublure : dans une chute de tissu assortie, tailler encore deux rectangles de même taille que les faces de l’ouvrage. Les assembler en laissant une ouverture d’un demi index sur un des côtés :

Couper les coins comme suit et épingler la doublure au pochon comme ceci :

On pique le bord ainsi épinglé et on retourne l’ouvrage sur l’endroit en faisant passer le pochon par la petite ouverture laissée dans la doublure et on ferme cette ouverture par un petit point invisible pratiqué manuellement.

Le résultat est si bien qu’on peut s’arrêter là si on veut  :

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Si vous souhaitez fermer le pochon par un gros bouton sympa c’est une bonne idée aussi. Alors on sort sa réserve de boutons, celle de sa grand-mère et les autres et on choisit sur un coup de coeur :

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Etape 11 : poser la boutonnière.

En pliant le pochon en deux, on trouve aisément le milieu de l’ouvrage, on le bouton sera posé. Sur la face avant, il faut coudre une boutonnière et sur la face arrière, côté intérieur, il faut coudre le bouton.

 

 

Et voilà votre Roland réalisé. C’est un peu fastidieux ce petit damier de tissus mais quelle valeur ajoutée pour des lambeaux de tissus qui traînaient au fond d’une armoire! Ca fait du bien non? Je trouve qu’en faisant du beau à partir de choses insignifiantes, on se sent un peu dans la peau du maître du monde non?

Mon dos divisé par 5 plus 8,5 cm…

Hello tous! Vous me trouvez aujourd’hui en pleine effervescence autour d’un projet enthousiasmant qui consiste à se lancer dans le monde merveilleux du patronage. Pour m’accompagner, j’ai choisi Tomoko Nakamichi et son approche qu’elle dit peu orthodoxe mais que je trouve bien pragmatique et décomplexifiante, ce qui n’est pas si mal.

Dans ses ouvrages « Pattern magic », Tomoko lève le voile sur son cheminement créatif. Elle s’inspire d’éléments du quotidien, en particulier d’éléments naturels, et exprime son ressenti à travers des pièces uniques.  Et oui, c’est un peu magique, de retrouver la rondeur et la couleur diaphane d’une certaine pleine lune dans un top chic en jersey, de deviner la forme d’une pelure de pomme découpée en spirale dans un legging stylé, d’esquisser de l’oeil l’agencement implacable des pousses de bambous au centre d’un chemisier délicat,…

Tomoko voit ce que la nature a de géométrique et ce que la géométrie a de naturel. Tomoko me touche et ses créations me parlent, me nourrissent, comme il arrive parfois. Par contre, il arrive plus rarement qu’au-delà de la sensation esthétique qu’il me procure, un artiste me donne envie de faire un pas aussi. Modeste et sans finalité. Mais un pas irrépressible parce qu’il me semble soudain que ma tête renferme trop d’images et qu’il me faut donner corps à quelques unes d’entre elles.

Ce que Tomoko me chuchote à l’oreille, c’est que la technique ne peut pas être un obstacle indépassable et qu’après tout, aucune intention créative, si complexe soit-elle, ne peut résister à l’une de ces trois opérations basiques : couper, ouvrir, fermer 🙂 Alors me suis-je dit, pourquoi pas? Pourquoi ne pas suivre Tomoko jusqu’à maîtriser ces opérations de bases pour enfin créer les pièces que je veux plutôt que celles que je peux? Les pièces que je vois plutôt que celles que je reproduis?

Ainsi donc me suis-je lancée pleine d’entrain dans le traçage d’un buste de base sur mesure. Si Tomoko fournit les patrons de base pour les profils japonais classiques, il va sans dire que mon cas demandait plus de soin : entre une Japonaise standard et moi, il y a tout de même quelques centimètres d’écart ici et là :-). Peu importe, Tomoko explique comment dessiner soi-même son buste sur mesure à partir du tour de taille, du tour de poitrine et de la longueur de dos.

Ce buste de base une fois fait et testé constitue le plan à partir duquel il est possible de créer à peu près toutes les formes souhaitées. Mieux vaut donc ne pas rater cette première étape pour éviter les déceptions ultérieures. Curieusement, ce buste se taille dans trois blocs grossiers rectangulaires comme ceux-ci :

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Rien que çà, c’est drôlement enthousiasmant non? Se dire que de ces trois morceaux sans forme naîtra une pièce en 3D qui vous correspond au cm près, c’est… « un acte de foi! » a dit mon mari alors que tout émue je cherchais mes mots. C’était juste avant de me faire ce regard qui signifie « je t’aime quand même ».

Pourtant pourtant, rien d’illogique jusqu’ici. Comme vous le voyez ci-dessous dans un croquis qui n’est pas à l’échelle (!), le premier bloc est destiné à devenir une moitié de dos, la base est une moitié de taille (largeur de caisse dit-on non élégamment), le second bloc, plus bas que les deux autres va former l’emmanchure et le troisième bloc, plus haut sera un demi devant. Sa hauteur est supérieure à celle du dos car il faut prévoir le volume de la poitrine.

Sans titre

Jusque là, je comprends et même, j’ai hâte de poursuivre… A l’intérieur de ces blocs, en suivant scrupuleusement les proportions énoncées par Tomoko, je me mets donc à dessiner les encolures, épaules, les emmanchures. Ce faisant, me voici vite en quête d’une équerre Aristo et d’un compas à la grande surprise de mes ados qui acceptent de me fournir le matériel avec une moue sceptique. Quand je leur ai demandé de me rappeler comment construire la bissectrice d’un angle avec un compas, ils ont carrément cru que je tendais un piège. Mais non mes chats! Je vous jure, un jour, c’est une info dont on a vraiment besoin et c’est pas pour une interro!

Ci-dessous, j’ai terminé le haut du dos mais la hauteur du bloc « avant » me semble vraiment surfaite. Soit, je n’ai pas la silhouette japonaises mais  mon tour de poitrine ne fait pas 1m50 non plus.

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En posant rapidement le papier contre mon corps, je ne peux que confirmer cette impression de faire fausse route. Et pour cause, je constate qu’en calculant les différentes mesures, j’ai commis un 20+8,3 = 48,3. OK. Erreur dans le recopiage de la réponse qui aurait pu coûter cher mais à ce stade, pas de souci, il faut juste raccourcir le troisième bloc de 20 cm. Après quoi le traçage des pinces de taille sont l’enfance de l’art. Résultat :

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C’est trop beau non? Cette maquette, je vais la conserver dans un coffre-fort à l’arrière d’un tableau dans la bibliothèque, c’est sûr. Mais avant cela, j’en prends un calque que je découpe en un demi devant et un demi dos. A partir de ces deux pièces-là, je suis parée pour apprendre enfin le sens profond des opérations-clés : ouvrir, fermer, couper…

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Et ensuite, si ça marche, je suis le maître du mooonde 😀

Suite au prochain épisode!

Objectif Mars

La sève monte…

Bonjour à tous! En mars, pas de quartier! Fini l’hiver, fini de se recroqueviller sous son plaid à la faveur du soir! Fini la léthargie propre à la saison morte. En, mars, on s’éveille et je suis, pour le coup, hyper-réveillée. Reste à catalyser toute cette énergie et la transformer en quelque objet qui vous siée, chers lecteurs.

Siée. Du verbe seoir. Notez que j’aurais pu avantageusement opter pour le verbe « convenir » qui, sans modifier le sens, m’aurait permis d’introduire plus discrètement ce nouvel article. Mais voyez-vous, il me faut décompresser un peu après une soirée de conjugaison aux côtés d’un gamin qui n’aime pas çà. Et là, voilà, c’est fait. Seoir, verbe qui ne connaît de conjugaison qu’aux troisièmes personnes des temps simples. Dont le subjonctif présent puisque l’école ose appeler çà un temps simple :-D. Mais STOP, restons-en là. Que ceux et celles qui me pardonnent poursuivent la lecture avec l’assurance de revenir strictement aux sujets qui nous passionnent.

Si je vous écris, c’est pour vous parler, et dans le même temps me convaincre moi-même, de ce que je voudrais réaliser en mars pour honorer les deux défis auxquels j’ai le plaisir de participer.

Je peux pas j’ai couture

Ce défi du blog Entre veille et sérendipité (sérendipité! encore une qui affectionne la langue de Molière!) attend à chaque fin de mois la confection d’un vêtement. C’est pas trop contraignant, et c’est pour çà que j’aime. En mars, vu que c’est le printemps mais que je suis boostée comme en été, j’ai envie de coudre la promesse du beau temps. Alors, j’y vais franchement : un tissu de coton rempli de cerises et des manches courtes. Pan!

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Et comme on ne se refait pas, biais à pois et passepoil à tout-va. Si je vais pas le regretter? Bien sûr que si. Mais en attendant, je profite de cette vague pionnière qui sent bon le soleil et le ciel bleu.

Et comme les premiers beaux jours riment avec les premières amours, je choisis un modèle de Marijke Sileghem, présenté dans son livre-concept « Coudre avec un mètre de tissu. »

Défi magazine 2018

Pour Yvonne Violette, le but mensuel à atteindre est une cousette tirée d’un magazine, n’importe lequel. Sauf que moi, j’aimerais dédier l’année à La Maison Victor parce que j’apprécie le travail de ces sacrées nanas. Je m’y suis tenue en janvier avec le top Louisa et en février avec la robe Lora. Quid de mars me direz-vous? Madeline vous répondrais-je! Sans aucune hésitation. Le tissu sera noir à pois (encore!) ton sur ton.

Vous ne connaissez pas Madeline? C’est une robe vintage sans tirette. Style et confort indissociables. Du moins est-ce ce que j’attends. Sur une photo professionnelle avec un mannequin qui l’est tout autant, ça donne ceci :

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Je me réjouis de voir ce que la mienne va donner…

Et vous, vous faites quoi?

Sophie

Le défi d’Yvonne Violette etc…

Ou quelles bonnes résolutions en 2018?

2018 est là et le projet de garde-robe capsule de Clotilde, qui a soutenu toute mon année couture en 2017, est bel et bien terminé. Tout est bien rangé dans mon petit atelier, le repos du guerrier se délecte d’un petit tour dans les réalisations de l’an écoulé et d’une réflexion sur quelques cadeaux reçus sous le sapin : entre le carnet qui me crie quelque chose dont ma soeur ne me pardonnera pas de ne rien faire en 2018 et cet objet, tellement touchant que le regard ne peut s’en décrocher : une mini machine à coudre chinée âprement par une autre soeur qui, par la magie de l’amour fraternel, atterrit finalement sous mon toit.

Tandis que 2017 se clôt, pour éviter une redoutable dépression post-partum, j’ai décidé de suivre Ibijau et Coco dans le défi initié par Yvonne Violette : Défi magazine couture (#defimagazinecouture2018).

Comme d’hab’, tout ça part d’un objectif louable et rationnel : utiliser effectivement toutes ces revues dont nous sommes immodérément fans en réalisant un patron chaque mois. Mais comme d’hab’ aussi et fort heureusement, couve derrière cette froide détermination de rentabiliser un investissement, une passion démente pour LE SPORT qu’est la couture!

Oui, nous mettrons trop d’optimisme dans le choix de certains projets, oui nous oublierons de choisir le tissu qui va bien au bénéfice de celui qui nous a fait de l’oeil en vitrine, oui nous nous retrouverons la veille de la fin de mois sur le coup de 23h, avec une épingle au coin des lèvres, quelques gouttes de sueur au front et une bande de tissu indocile sur les genoux mais nous reviendrons raconter et commenter tout cela au jour dit, nous rirons ensemble de nos péripéties et au final, en plus de la satisfaction du vêtement créé, nous aurons dans notre mémoire de couturier amateur le souvenirs de bons moments partagés.

Ca, c’est le programme! Alors que faire en ce mois de janvier? Tout d’abord, la priorité pour moi fut de feuilleter l’ensemble de mes revues! Et vlan, trois heures de bonheur condensé, trois heures volées à la course folle que deviennent nos vies en ce bas monde. Ensuite, l’heure du choix a sonné et comme mon papa se plaisait à le dire d’un ton railleur, « choisir, c’est se priver »! Il avait beau railler, c’est quand même vrai! C’est donc après moultes tergiversations que j’ai retenu un modèle de chemisier de la revue Septembre-Octobre 2017 de La Maison Victor : le chemisier Louisa!

Un bail que j’ai flashé sur ce chemisier parce que j’adore son col. Ou son absence de col, comme vous voulez! 🙂

Et j’ai dans mon armoire un tissu qui était un véritable coup de coeur, déniché sur le web à partir du mot-clé « Batik » :

Ce tissu est magique et très facile à coudre, légèrement extensible (juste ce qui va bien pour maîtriser l’embu :-)).

J’aime bien La Maison Victor. Mes réalisations LMV de 2017 sont :

Et j’aime tant et tant que j’ai reçu un abonnement de 2 ans à Noël. Et si j’aime, c’est notamment parce que sur ces deux exemples, les modèles étaient très bien expliqués avec autant d’étapes et de croquis qu’il le faut. Et surtout, chaque modèle est photographié plusieurs fois dans des situations différentes, ce qui permet de bien l’imaginer avant de se lancer dans sa réalisation.

Hélas, j’ai suffisamment avancé dans ce projet pour déjà vous dire que ces deux points forts que je reconnais au magazine n’étaient pas tout à fait au rendez-vous pour cette fameuse Louisa… Les photos sont peu parlantes, cachent les détails intéressants et l’explication du col qui fait tout le modèle… eh bien… Z’étaient fâchés avec le Français sur ce coup là chez Victor!:-)

Allez! J’essaie de sortir de l’impasse et je vous raconte tout çà dans l’article de fin de mois. Je vous embrasse!

Sophie.