Pierre de lune

L’Atelier japonise un peu…

Me voici aujourd’hui avec un top à manches trois-quart réalisé dans le tissu Moonstone plumetis (certifié Oeko-Tex) de chez Atelier Brunette, ce même atelier que je citais déjà dans mon précédent article « Dos nu« .

Ici encore, la texture, le tombé et la tenue de cette viscose, tant au moment de la porter qu’au moment de la couper ou de la coudre, est source d’enchantement. Puis les lecteurs qui me suivent de longue date savent combien il m’est pénible de résister aux plumetis, pois et autres fioritures qui, je l’admets, quelques fois, rendent le vêtement difficile à porter (souvenons-nous avec douleur de ma première interprétation de la robe Opale (Opale dénaturée) d’Ivanne S. ou de Madeline chez La Maison Victor (Madeline!)…

Mais ici, nous sommes dans un tout autre registre de résultats! Lesdits plumetis, loin de desservir l’ouvrage, lui donne une petite touche raffinée qui me plaît beaucoup. Côté matière donc, aucun regret, bien au contraire. La photo employée ici est une illustration de Rascol.

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Mais vous savez quoi? La matière ne fut pas la seule agréable surprise de cet épisode couturier! J’ai découvert et testé grâce à lui le talent d’Aoi Koda (je suis heureuse de devoir l’écrire et non le prononcer!), à travers son ouvrage La couture au féminin – Automne-hiver (Editions de Saxe).

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Ce livre est composé de 5 « leçons » qui sont autant de pièces de base, assorties de leurs déclinaisons possibles. Ainsi, un chemisier devient un manteau, un pantalon une salopette, une blouse une veste… L’auteure vous entraîne ainsi dans un monde où les choses sont à la fois simples et épurées (5 patrons de peu de pièces) et à la fois riches (entre 2 et 5 variations).

De plus, s’il est vrai que les patrons sont simples, ils n’en sont pas moins personnels et classieux. L’univers d’Aoi transperce toutes ses créations. C’est le genre de livre dont on ne fait jamais le tour parce qu’à chaque fois qu’on le feuillette, on voyage. J’ai le sentiment que ce vestiaire, somme toute assez réduit, transporte avec lui un art de vivre dont simplicité, authenticité, pureté et discrétion flamboyante seraient les centres.

Vous l’avez compris, nous reparlerons d’Aoi sur ce blog et, je l’espère, nous le ferons autour des autres pièces que je ne manquerai pas de coudre. Petite remarque qui ne gâche rien : le sizing d’Aoi est très euro-compatible. Je m’explique : nous, européennes, ne partageons pas nécessairement la silhouette gracile et fluette de nos congénères japonaises. Parfois, il est de ce fait difficile de s’approprier les modèles des stylistes asiatiques.

Pas de ça ici, bien au contraire! Alors que le temps et les excès me poussent dramatiquement vers les tailles 42 du commerce, j’ai trouvé la parfaite correspondance à mes mensurations dans la taille 38 d’Aoi. Donc, si vous avez des formes et avez pris l’habitude d’exclure la touche japonisante de votre vestiaire, vérifiez tout de même avant d’exclure ce livre de votre liste de souhaits : il pourrait bien vous surprendre et vous offrir un patron sur mesure!

Je ne peux malheureusement relayer ici le tableau des tailles car celui-ci diffère potentiellement pour chaque modèle. Par ailleurs, je constate, consternée, qu’à l’heure où j’écris, l’ouvrage dont je vous loue les mérites depuis trois paragraphes est actuellement indisponible sur le site des éditions de Saxe. A rechercher certainement sur d’autres sites de vente ou en librairie, voire en bibliothèque! Bonne chance!

« Bon mais Sophie, on voit un peu ce que tu nous as fait là? Parce que, les envolées lyriques, c’est bien mais les images, c’est mieux! » Oups, mille pardon chers lecteurs je me suis emballée une fois encore… Je vous présente donc le modèle n°2 baptisé « Blouse » (quand je vous parle de simplicité :-D), sans variation du vestiaire automne-hiver : des manches raglan, un col rond classique à l’avant et un petit boutonnage à l’arrière pour enfiler la pièce sans encombre et, le détail qui tue : le petit bord élastiqué qui rappelle l’inévitable note « sporty chic » du moment.

D’un confort à toute épreuve et d’un style affirmé, il est mon compagnon privilégié de cette arrière saison.

A très bientôt!

Sophie

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Sésame, ouvre-toi!

La couture, c’est le respect de la chose créée, le sens retrouvé de la rareté

N’est-ce pas ainsi qu’il faut entrer dans la caverne d’Ali Baba? C’est donc la bonne formule pour ouvrir mon armoire à tissus. Ces deux tiroirs où j’entrepose depuis plus de 20 ans les chutes de tissus et coupons qui me tombent entre les mains. Plus de 20 ans, si si… A l’époque, ce n’était qu’une caisse dans un coin de mon kot et mes points, je les faisais à la main…

Mais trève de bavardages, mon but aujourd’hui n’est pas de m’émouvoir sur mes folles années! Mon but est de donner une seconde vie à tout ce qui traîne ainsi depuis trop longtemps. Car si la couture apprend quelque chose, c’est le respect de la chose créée, le sens retrouvé de la rareté, et ce faisant, le goût d’une consommation modérée, raisonnée.

Quoi de plus enthousiasmant dès lors que de faire du neuf avec de l’usagé? Aujourd’hui, je dresse un inventaire. Demain ( et après-demain, et après-après demain…) je vous écrirai pour partager les résultats de ma démarche 🙂

Dans mon armoire, deux sortes de matériau :

Bienvenue dans mes tiroirs… et si l’une ou l’autre de ces choses vous chuchote une idée pour son recyclage, laissez-moi un commentaire svp!!

 

 

 

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