#jecoudsmagarderobecapsule2017 : les consignes de Clotilde (blog clo.piano)

à la Une

Découverte 2022 : Episode 1 – Deer & Doe

Sirocco, Datura, Hysope et Fougère

Fameuse découverte que celle-là me direz-vous. Tout le petit monde de la couture amateure ne connaît qu’elles! Eléonore et Camille, les deux nanas à l’origine de la marque de patrons Deer & Doe. Seulement voilà, j’ai cheminé longtemps dans les revues, surtout Burda et La Maison Victor, ainsi que dans les livres : celui d’Ivanne S, ceux d’Annabel Benilan, et beaucoup d’autres auxquels ce blog tente de rendre justice à chaque réalisation.

Donc, pour moi, acheter des patrons, entendez des patrons sans livre ni revue, c’est assez rare. Ou plutôt, assez récent, car je n’ai pas l’intention d’en rester à l’exception et ce, en grande partie grâce à Deer & Doe et à leur livre Dressed qui m’a permis de passer… du livre aux patrons indés. Ce que j’apprécie en particulier chez D&D:

  • La qualité des patrons qui donnent de jolis vêtements bien coupés
  • La qualité des explications
  • Les marques sur les patrons des endroits où la stature peut être adaptée
  • La facilité d’adaptation de ces patrons à nos morphologies de vraies femmes : une taille épaisse mais peu de hanches ou inversement. Perso je dois retirer une taille aux hanches et supprimer deux cm de stature dans le buste et 2 à 3 autres cm aux jambes
  • Le style Deer & Doe : un style hyper portable, à la fois classique mais avec le détail qui dément aussitôt cette assertion.
  • L’univers Deer & Doe : avec le livre Dressed, on découvre une vision et des valeurs cohérentes sur la mode, les femmes et le monde.

Alors qu’ai-je fait pour entrer dans cette marque? Tout d’abord une Sirocco! C’est sans doute le patron-phare, le plus cousu de D&D. La combinaison en maille, à la fois souple et structurée grâce à un design qui sculpte les hanches et un effet cache-coeur qui flatte tous les bustes.

Sirocco

Lorsque j’ai testé cette combinaison lors de sa coupe, j’étais béate d’admiration devant…moi! 😮 De plus, je m’occupais à cette tâche un jour de couture en famille avec ma nièce et cette cousette nous a conquise à l’unisson. Donc oui, je suis la millionième victime de l’effet « waw » de Sirocco. Ici, je l’ai cousue en taille 42 en retirant 4 cm de stature en tout. Le tissu est une maille Milano noire de chez Stragier.

Emballée par cette expérience hyper satisfaisante, je suis repartie à la hâte sur le site de D&D pour découvrir ce qui était alors la nouvelle collection. Cette collection présentait trois modèles : la veste ou surchemise Fougère, le pantalon Genêt et le top Hysope. Leur nom qui s’inspire d’un herbier universel indique que nous sommes sur du chaîne et trame (dans le cas contraire, ce sont des noms d’éléments météo qui sont à l’honneur comme par exemple dans le précité Sirocco). Je les voulais tous mais comme d’hab mon appétit était plus grand que mon temps libre. J’ai donc fait l’impasse sur le Genêt et me suis contentée de Hysope et Fougère.

Hysope

Voici Hysope en photo mais à défaut de l’avoir immortalisé au moment de sa couture, je ne peux pas vous le présenter « sur pied ». Hysope est devenu indécent depuis que j’erre trois tailles en-dessous de celle dans laquelle Hysope a été cousue… Pièce à réajuster vous l’avez deviné mais vu le type de patron, je dois pouvoir m’en sortir sans trop de mal. Le tissu est un coton très doux de la collection UNE de Stragier.

Fougère

Fougère aussi est désormais surtaillée mais ça ne pose pas de problème particulier. C’est le luxe des vestes de pouvoir se porter légèrement oversize. De plus le réglage de l’élastique de taille fait bien illusion et suffit à lui seul à passer à un semblant de taille 38. Ma Fougère est coupée dans un sergé léger couleur framboise de chez Stragier. Petit bémol : orpheline de tout engin capable de réaliser une boutonnière ni même un simple zigzag, je me suis mise en devoir de réaliser les boutonnières à la main. Si j’ai entre-temps acquis plus de maîtrise, je regrette quelque peu le résultat. A refaire à l’occasion. Et entre nous, les occasions de border des boutonnières, c’est devant une bonne série un dimanche après-midi pluvieux. En attendant que ces conditions soient réunies, je porte ma Fougère telle quelle.

Datura

Enfin, cet été, j’ai cédé aux sirènes de Datura. Ce petit col géométrique m’appelait vraiment et je manquais d’un petit top blanc tout simple à associer avec mes vêtements d’été. Datura est ici taillée dans une popeline (fil 60/1) de chez Stragier, réputée opaque. Dans le dos, j’ai tenté une version sans bouton qui s’ouvre donc légèrement. Portable, même si je dois ce choix davantage à l’absence d’envie de broder les boutonnières qu’à l’audace stylistique…

Orage

Pour la suite, je vous réserve un prochain article car au moment où j’écris ceci, la robe Orage qui vient de faire son entrée dans la collection D&D attend à l’atelier que je veuille lui coudre un ourlet. Elle est sublime, même si je la soupçonne d’être à l’origine d’une rupture de stock généralisée sur presque tous les tons de jersey de bambou chez Stragier 😀

La voyez-vous parmi mes réalisations de la dernière semaine d’octobre (qui fut TRES prolifique!)?

Et vous? Deer & Doe ?ou pas ? ou pas encore?

à la Une

XoXo

Un amour de body

Dur à prononcer le nom de ce body! Et pour cause, XoXo est plus un emoticône qu’un nom dans le fond, avec ce x qui ouvre les bras d’un gros câlin et ce o qui donne des bisous… Pour ma part, je vois surtout le o qui ouvre des yeux subjugués et le x qui mime le clignement de celui ou de celle qui n’en revient pas. Pour moi, XoXo, c’est le body qui épate! Par son audace, sa curieuse épaule dévoilée, son port près du corps.

Bon bon, on se calme! Car enfin, si ceci est une introduction, beaucoup pourraient à juste titre se demander à quoi. XoXo est un des trois bodies de Noël que Charlotte Jaubert a créé l’an dernier. Il y avait le Gashina, le Mago et le XoXo. J’ai cousu les trois modèles en terminant par XoXo qui, sur le papier, me convainquait le moins. Depuis que je l’ai fait néanmoins, je le porte en priorité. Quoique… Les trois entrent et sortent de ma garde-robe à de si fréquentes occasions que je serais bien en peine de désigner lequel mérite l’or, l’argent ou le bronze.

Comme pour Baila (voir mon précédent article La confisette Baila), ma taille a trop évolué en 6 mois pour que ma cousette soit tout à fait séante d’aujourd’hui. Vous pardonnerez les plis parfois disgracieux dûs à ce changement de morphologie. Mais les bodies, en élasthanne, je ne les adapte pas. C’est mon choix. Je préfère mettre mon énergie dans de nouvelles pièces bien coupées, plutôt chaine et trame, qui feront j’espère bientôt l’objet d’un article sur ce blog.

Que dire de XoXo? Eh bien, qu’à sa sortie, il n’était disponible qu’en version « coffret », dans deux versions : une version fuschia, une autre « prince-de-galles ». Cette dernière a retenu mon attention. J’adore la contradiction d’exposer ce motif habitué aux étoffes lourdes et raides sur une cousette qui épouse en toute fluidité les courbes du corps.

Très polyvalent, XoXo est stylé en toutes circonstances. Habillé avec une jupe crayon noire, sexy avec un pantalon satin ou une jupe plus courte, relax-chic avec un jean, et discret au bureau (si si je vous assure) s’il est couvert d’une veste. Le petit foulard-écharpe en soie de couleur vive, noué au cou, lui va aussi à ravir. Et je suis sûre ne pas avoir encore testé toutes les combinaisons gagnantes.

Quant à la réalisation de ce body ultra-rapide, j’ai peu à dire. Simple et sans histoire. Même si à l’heure où je vous écris je serais bien incapable de m’en coudre un second car il n’y a plus de points zig-zag à l’atelier en ce moment. Oui, bon, je vois… On a passé trop de temps loin les uns des autres et je ne vous ai pas tout dit…

Figurez-vous, pour commencer, que ma petite machine à coudre d’entrée de gamme qui a parcouru tant de chemin avec moi depuis son achat en décembre 2016 a rendu l’âme. OK, elle est encore en soins intensifs et pourrait revenir à la vie si le technicien trouve une pièce en seconde main. En attendant, exit ma Singer Talent.

Figurez-vous ensuite que j’ai parcouru 150 km dans l’idée de me procurer une très bonne machine à coudre cette fois. A ce propos, toute petite parenthèse pour les lecteurs belges, les établissements Stecker de Bertrix (https://www.stecker.be/) valent le détour! Je dis « détour » car enfin, Bertrix, c’est toujours un détour, à peu près où que vous soyez en Belgique n’est-ce pas? 😀

Plaisanterie mise de côté, le choix et les conseils d’un équipe dévouée et compétente qui prend le temps, quand on se prépare à acheter un objet qui doit durer et avec lequel on réalise tous ses vêtements, ça vaut la peine je crois. Toujours est-il qu’en cours de route je suis passée de l’idée d’une Bernina multi-options à… une piqueuse plate!

O combien douloureux fut ce choix! Trop d’arguments tant pour l’une que pour l’autre. Mais au final, la piqueuse plate est moins coûteuse et je vous avoue avoir été charmée par son côté un peu brut, industriel, son établi intégré, son bain d’huile, ses petites manières de Formule 1, son côté implacable, son caractère de fauve à apprivoiser… Vous comprenez, je suis envoûtée par ma petite Jack ❤ ❤ Et sans doute devrais-je y consacrer un article. Je ne dois pas être la seule couturière amateure qui s’est posé/ se pose / se posera la question du passage à la piqueuse plate.

Tout ça pour vous expliquer que je suis toute marie lorsqu’il s’agit de piquer en zig-zag dans un body comme XoXo dont c’est la finition prévue tant au niveau de l’encolure qu’à celui des jambes. Idem pour mes slips et soutien-gorge. Donc là, j’attends un peu et mets mes projets lingerie en stand-by. Je ne suis pas pressée et ce sera l’occasion qui fera le laron (réparation de ma machine si c’est possible, achat d’une machine basique d’occasion sinon,…)

Pour ce qui est des boutonnières, je m’exerce à la main en repassant tel un mantra les mots de Marie-Laure Thorne sur la qualité supérieure de telles boutonnières et en tâchant d’oublier que je suis à des milliers d’heures de travail et de dextérité de Marie-Laure…

Revenons à XoXo : facile à coudre, facile à porter, facile à assortir. La cousette sans histoire mais qui sort de l’ordinaire! Cette asymétrie qui dévoile l’épaule, ce n’est pas si courante en dehors des stations balnéaires et donne une touche audacieuse à la tenue, même quand on porte une veste par-dessus. Ce qui me fait penser à un précepte chez les joueurs d’échecs qui dit que la menace est plus puissante que son exécution 😀

Côté fourniture, pas de surprise, les coffrets de Charlotte Jaubert sont toujours impeccables, de qualité et dans des quantités largement suffisantes. Ce lycra Prince-de-Galles répond amplement à mes espérances et il va avec tout, y compris toutes les saisons. Ce XoXo est donc une pièce fort accommodante, que vous voyez sur moi sans le pourtant très joli bijou qui accompagne le coffret. Le voici sur une photo prise en début d’année.

Pour finir, je vous laisse avec quelques images réalisées par ma photographe maison qui a, ce week-end, postulé à l’emploi (ni publié ni même vacant) de manager auprès de sa maman. Anabelle, que vous connaissez déjà dans le rôle de mannequin et même couturière, a décidé de faire de votre dévouée une influenceuse hors pair.

Elle m’a proposé un programme stakhanoviste, ma foi assez bien conçu, qui passe par un milliard d’étapes, notamment de videos, de podcasts, de stories et d’interventions en tous genres dans l’univers des réseaux sociaux. J’ai bien tenté de signifier que si je faisais tout çà, je n’aurais plus de temps pour coudre, elle s’est comporté comme une professionnelle qui doit gérer la résistance au changement d’un client attardé.

Finalement, nous avons fait la paix en convenant que quelques photos prises dans un autre cadre que ma traditionnelle terrasse serait un premier pas acceptable pour toutes les parties. J’avoue avoir surtout sauté sur l’occasion de faire une promenade en bonne compagnie mais en fin de compte, je ne suis pas mécontente du résultat… Il est bien mon manager non? J’espère que ses tarifs seront raisonnables!

à la Une

La confisette Baila

Mon amour du fil a plus d’une facette

Voici comme promis un petit flashback sur ma première réalisation de l’année. Nous étions à l’aube de 2022, en janvier. J’avais le Covid et confinais dans mon atelier, d’où l’idée me vint de réaliser une cousette confinée, appelons çà une « confisette ». Il y a pire convalescence me direz-vous avec raison! Comme tout de même, sans être très malade, j’étais en petite forme, j’ai évité les gros défis et les grands choix. Pour ce genre de situation, les coffrets de Charlotte Jaubert sont tout de même imbattables : toujours de bon goût, généreux, de qualité.

J’ai repris le patron du body Baila qui m’avait tant plu (souvenez-vous de Baila sur mer) et j’ai commandé dans l’urgence un coupon de tissu que Charlotte recommandait à l’époque pour ce modèle. Ledit tissu, un lycra de bonne facture, côtelé, était disponible en rose ou en bordeaux. Rose, tendresse, douceur, lenteur, ou bordeaux, sensuel, capiteux et de caractère. En toute autre occasion, j’aurais tenté cette dernière alternative ambitieuse façon femme fatale mais là, lovée dans mon peignoir préféré, ma petite théière à côté de ma machine à coudre, la gorge en bouillie, j’étais dans le mood gentil. Rose! Ce fut mon choix.

A l’époque de la confection de ce body, je n’ai même pas songé à le photographier, ou si peu. En tous cas, je ne dispose d’aucune photo sur laquelle je porte ce petit chef d’oeuvre de body bien coupé et si agréable à porter. C’est un comble car depuis qu’il est arrivé dans ma garde-robe il en sort chaque semaine en toute occasion, même le boulot!

Pas de photo donc. Qu’à cela ne tienne, 9 mois plus tard, j’ai choisi de profiter d’un beau week-end d’automne en compagnie de mes enfants, improvisés photographes, pour scénariser Baila sur le fil. Car après tout, « Baila » signifie « Danse ». Et la danse que je connais le mieux est celle qu’on pratique sur un fil. Le fil du funambule cette fois, rien à voir avec ceux qui remplissent les tiroirs de mon atelier.

Ces photos ne rendent pas tout à fait justice à mon Baila d’origine. Car je l’ai réalisé en janvier en taille 42 alors qu’aujourd’hui… je taille 38! Alors, forcément, le séant n’y est plus tout à fait. Mais honnêtement, je le porte encore et ne boude pas mon plaisir quand bien même il plisse un peu trop par-ci ou glisse un peu trop par-là. Après tout, on est sur une matière stretch qui permet une certaine marge de manoeuvre. Mes autres cousettes chaîne et trame n’ont pas la même capacité d’adaptation. D’où un peu de pression en ce moment à l’atelier pour vite vite retrouver quelques basiques portables à ma taille. Mais ça, c’est déjà la fin de l’histoire. Commençons avec le rose Baila!

Baila existe avec deux types de manches : les manches ballons avec poignet ou des manches droites, près du bras. J’avais beau être d’humeur soft, il m’a semblé qu’une invitation à la danse, à l’ondulation, à la séduction, s’accommode mieux de manches ballon que de manches droites. Donc, manches ballon! L’autre option : finition slip ou tanga. Là, par contre, c’est le côté « gentil » de la force qui l’a emporté. Slip classique! J’étais vraiment en quête de confort et n’envisageais pas de porter ce body avec un bas moulant qui aurait justifié le mode tanga.

Le coffret matière de Charlotte est arrivé avec une doublure magnifique effet « seconde peau », une caresse textile en gros. J’ai cousu le tout à la surjeteuse. Trop facile, trop vite fait, trop ce qu’il me fallait à ce moment-là!

à la Une

Sortir de l’ombre

Où il ne peut être question de couture pour cette fois

Il m’en coûte mais je reviens.

Avez-vous jamais, enfant, joué au bord de la mer à vous faire ensevelir de sable? Votre ami, cousin, neveu, pote d’un jour s’active à la pelle tandis que vous vous installez confortablement, lové dans une niche fraîchement creusée. Une fois que seule la tête et les épaules émergent, le moment est impressionnant. Car il faut prendre conscience et accepter que d’insignifiantes pelletées de sable, chacune à peine perceptible, une fois mises toutes ensemble, vous empêche de bouger. On n’y croit pas vraiment, on se sent tellement plus fort que ces quelques grains légers… Pourtant, la conclusion est implacable, nous sommes bel et bien prisonniers de la plage.

Heureusement, le jeu continue et consiste alors à tout défaire au plus vite. La victime et son bourreau partagent le même état, celui qui confond peur et amusement, celui qui appelle, aux frontières de la panique, à prouver au plus vite que tout cela est réversible. Une fois l’expérience terminée, c’est à peine si on y croira encore et il faudra que peu de temps s’écoule avant qu’on regarde à nouveau les grains de sables, minuscules et inoffensifs, avec arrogance. Et si on se souvient de s’être senti contraint, on en rira.

Alors voilà, en 2022, je me suis laissée ensevelir dans le sable en songeant qu’aucune de ces pelletées ne pourrait avoir raison de moi. Puis, une fois prise au piège, bouger vers la libération me paraissait trop lourd. Genre fatiguée avant de commencer. Et je pensais à mon blog, à tout ce que je n’avais pas écrit. Mes cousettes se succédaient mais les photos ne suivaient pas, les textes et les articles encore moins. Nous voici en octobre et 2022 est encore vierge de partage.

C’est le cas parce que, du fond de ma niche, écrire futilement sur des choses futiles me semblait inapproprié, presque inauthentique. Parce que 2022, en plus d’être planétairement glauque, a aussi malmené ma vie privée et professionnelle. Alors, captive sous le poids, tantôt de la tristesse, tantôt du stress, parfois même de la colère, je me suis tue.

Je me suis tue mais je n’ai pas cessé de coudre. Même dans le deuil, même les jours de grande méforme, même en situation d’échec, et cela, ça signifie quelque chose. Je pense que coudre participe de mon équilibre, de ma capacité à sortir des niches de sable quand elles sont pleines. C’est pourquoi, communiquer sur cette activité, dans le fond, n’est probablement ni futile ni inconvenant.

Il va me falloir, les jours qui viennent, reprendre méthodiquement (ouille!) les réalisations de l’année, trouver un photographe qui leur rende justice (à mesure que les enfants grandissent, j’ai de moins en moins de choix…) et les habiller de l’article qu’elles méritent. Je n’ai pas cessé de vous lire, membres de la communauté couturesque qui n’avez pas encore cédé au « tout-Instagram » et j’ai hâte, à mon tour, de vous offrir à nouveau les quelques témoignages qui permettent d’échanger et de ne jamais se sentir seuls et seules à l’atelier.

Je suis de retour.

Sophie

à la Une

Baila sur mer

L’incroyable histoire du body qui affranchit

Comme parfois, je vais vous conter une historiette. Historiette, qui commence comme « histoire » et finit comme « cousette ». Historiette donc, ou histoire d’une cousette. Je vais donc préférer aujourd’hui parler atmosphère, impression, rencontre, vécu plutôt que marges de couture, poids des tissus et choix des aiguilles.

J’ai cousu le body Baila de Charlotte Jaubert (https://www.charlottejaubert.fr/) par volontarisme mais avec peu de foi. Je vous explique : j’aime énormément le vêtement « body ». La mode de ma jeunesse au début des années 90 et une silhouette à l’époque avantageuse m’ont permis d’en porter avec bonheur, sans me poser de questions.

Aujourd’hui, je couds ce que je porte et je vois des patrons de body sortir doucement des doigts de fée de quelques stylistes indépendantes et cette offre naissante est venue faire trembler les bases de ma confiance en soi. Ces questions étaient déjà présentes sans doute mais je ne les avais jamais exprimées aussi nettement jusqu’ici.

Peut-on porter un body à mon âge? Avec ma silhouette? Avec mes cheveux que j’ai choisi de garder gris? Que suis-je devenue? Que puis-je encore me permettre? Y a-t-il des barrières à ne pas franchir? Lesquelles? Pourquoi? Des commentaires plein de venins et si communément admis sont venus me taquiner : « elle est ridicule », « c’est une vieille folle »,  » on ne porte pas çà quand on est petite et boulotte »,…

Pourtant, au fond de moi, l’envie de plaire est intacte et l’envie de porter le body aussi. Alors quoi? Certains vêtements sont-ils réservés aux top models? Et dans ce cas, à quoi et surtout à qui servent-ils vraiment?

Dans le même temps, tout à fait par hasard, j’ai lu des articles de mode qui parlaient de Jean-Paul Gauthier. Du questionnement qu’il a permis sur la mode, le sentiment esthétique qu’elle produit, de l’importance pour celui-ci du bonheur qu’à une personne à porter le vêtement. Ces idées m’ont travaillées et vous en trouvez une part dans Et pourquoi pas crop le top?

Comme il arrive parfois, elles ont trouvé à se nourrir aussi chez d’autres blogueuses. Une blogueuse en particulier dont je recherche avidement les coodonnées du blog tristement égarées. J’ai vu un des ces articles qui était référencé par Clotilde (Couture and Clo) et qui la montrait en démonstration d’un tout nouveau patron de body. Cette personne dont je recherche le nom portait une très grande taille et avait réalisé son body dans un tissu velour stretch beige-or.

Une leçon de bien-être, de confiance, de bonheur. Grâce à elle, j’ai compris comment la personne qui croit dans ce qu’elle porte sans complexe peut réellement induire un sentiment esthétique chez celui ou celle qui la regarde. Cette personne qui ne méritait pas que j’oublie son nom, m’a convaincue de faire un premier pas.

Ce premier pas fut l’achat du patron Baila de Charlotte Jaubert. Je connais l’auteure pour avoir réalisé quelques-uns de ses patrons dans le cadre des cours et masterclasses d’Artesane : le body Amoroso cousu pour ma fille, et quelques patrons du cours culotté. Si je ne l’avais égaré (oui, je sais c’est pathologique), j’aurais bien testé une version personnelle d’Amoroso mais face à l’échec de mes recherches dans mes patrons PDF, j’ai fini par céder à l’appel de Baila, patron que la styliste décrit elle-même comme conçu pour une femme imaginaire « confiante et libre ».

Soit, me suis-je dit. Voilà certainement un signe. La coupe me plaisait beaucoup par ailleurs : un croisé type cache-coeur sur le devant et le dos, des enformes à l’encolure et à la culotte sans parler des manches bouffantes avec poignet prononcé.

Côté défi, c’était largement suffisant. Je me suis dit que comme je n’oserais sans doute pas le porter, je pourrais toujours l’utiliser en secret pour séduire mon petit mari et tout çà resterait entre nous. Un article sur le blog? Peut-être mais avec le body posé sur un cintre!

Vous voyez? Ce n’était pas gagné et les photos que je finis par publier sont le témoin du chemin parcouru grâce à ce vêtement magique. Il est tellement confortable et je me sens tellement bien dedans que la honte de montrer « trop » finit par laisser la place progressivement à l’envie de le porter en toute occasion.

D’abord un dimanche à la maison. Puis, des photos de test à des personnes de confiance pour recevoir leurs impressions. Puis, une journée au bureau avec un grand foulard qui cache tout. Enfin, porté seul, sans plus aucun complexe sur une plage normande. Ouf! Quel coquin ce body Baila. Ma seule envie : en coudre d’autres!

Le tissu est pour beaucoup dans le succès de cette réalisation : je vous recommande sans réserve les ultrastretch matt de la Maison Stragier! La palette de couleur n’est pas énorme mais quelle qualité! Le taux d’élasticité est parfait pour le patron Baila : il permet de coudre sa taille du commerce. Ici, une taille 42 pour moi. Ce tissu est par ailleurs facile à manipuler (pour un extensible) et se comporte très bien à l’entretien.

Côté finitions, j’ai tout fait à la surjeteuse en m’offrant le petit plaisir d’avoir tout bâti à la main avant de passer à la machine. Ce n’est pas tout à fait nécessaire : une bonne pose d’épingles le fait aussi. Mais les préparations à la main me donnent beaucoup de satisfaction et sont tout de même très efficaces en terme de précision. Pas nécessaire donc mais efficace et luxueuses! Et vous savez quoi? Nous qui cousons nos propres vêtements, nous sommes en capacité de nous offrir du luxe! Alors pourquoi pas?

Libre et confiante, Charlotte? Sans rire? C’est ce que je ressens aujourd’hui.

à la Une

Le petit top noir

Le top des tops de l’été n°3

Dans la série des tops de l’été, citons tout de même cette petite cousette sans histoire qui m’a permis de récupérer efficacement les chutes du T-Shirt amphibie (voir à ce propos l’article 118, T-shirt Burda amphibie). Il s’agissait de jersey de bambou. Doux, fluide, léger, mais tout de même facile à dompter sous le pied de biche.

Le modèle est du magazine Burda Style de juin 2021 (n°109). Ce modèle existe en version courte (version top) et en version longue (version robe). La version robe, dans un jersey lurex donne un style très « soirée » intéressant grâce à un son excellent rapport effort/effet.

Néanmoins, c’est bien la version top que j’ai réalisée, vu que pour moi, l’enjeu était de récupérer utilement une chute de tissu d’un projet précédent. Je vous laisse face aux photos le soin de prolonger vous-mêmes par la pensée les lignes latérales de ce modèle jusqu’à mes chevilles pour juger de ce qu’il peut donner en robe longue.

Ce projet ne présente aucune difficulté si ce n’est peut-être celle de répartir correctement les fronces côté gauche et côté droit, point sur lequel j’ai en effet péché. Malgré cela, c’est un bon compagnon estival, il se porte à toute occasion et va avec tout. La finition de l’encolure est un biais coupé dans le même tissu et rapporté par un passage à l’aiguille double.

Il s’agit d’une pièce peu consommatrice de matière première (1m10 de tissu), agréable à porter, facile à faire et qui s’accommode des journées chaudes (quand bien même celles-ci n’ont pas été légion cette année dans ma contrée :-))

On se quitte classiquement avec la petite galerie de photo, remerciant Carole, la photographe improvisée du jour et Nikita, le vieux chat de famille, toujours aussi attiré par les séances de shooting.

à la Une

Et pourquoi pas crop le top?

Le top des tops de l’été n° 2 : Audace et Liberty

Ca, c’est la question! Car c’est super joli un crop top. Mais bien sûr, il ne se voit ni ne se vend que sur des silhouettes hyper minces et hyper jeunes. A l’approche de la cinquantaine et avec les kilos qui suivent la courbe de l’âge à peu près proportionnellement, j’en viens à ressentir quelques frustrations.

Je lis avec plaisir les coups de gueule de bloggeuses couturières qui ont du mal à trouver des patrons adaptés à leur morphologie. J’ai relayé des articles à ce sujet dans le passé et le dernier dont le souvenir reste bien présent en moi est de Garak, qui a l’élégance d’avoir la colère constructive et de proposer des pistes (merci pour l’adresse de Curvy Sewing!). Mais tous les jours on peut lire des témoignages en ce sens.

Vous les trouverez plus ou moins justifiés ou exagérés suivant votre propre expérience. Mais zut! On n’en n’est pas à la nuance près. La mode a grand besoin de se renouveler de ce point de vue et la clé de voute de cette révolution, malheureusement, ne sera pas d’avoir plus de marques de patrons qui couvrent toutes les tailles.

Le point de départ dont tous les changements doivent découler, la clé, c’est… le regard! Le regard de l’autre sur soi, son propre regard sur soi, et les critères implicites mais très intégrés qui font qu’on se ressent belle/beau ou non et qu’on anticipe ce que les autres vont penser. Ces critères nous échappent, ne sont pas le fait de notre volonté et c’est bien pour cela qu’un vrai changement n’est pas pour demain.

Pour autant, il ne faut pas baisser les bras, il faut y contribuer. Dans une société inclusive, les critères de l’esthétique le sont aussi et doivent bannir les considérations a priori telles que « on ne porte pas de mini-jupes à cet âge-là, on ne porte pas de body quand on a des bourrelets, On ne porte pas des vêtements amples quand on est petit etc…

Ces listes de « fashion faux-pas » comme dirait l’autre me donnent envie de hurler. Je ne pense pas que la beauté, le sentiment de plaisir esthétique, puisse répondre à des règles intangibles. Chacun a sa manière de porter une tenue et je veux croire que si la personne aime ce qu’elle porte, elle est capable de défendre son choix vestimentaire en dégageant des ondes positives et plaisantes, en partageant de ce bonheur que ses choix lui apportent.

Mais pour cela, encore faut-il que nos récepteurs et ceux des autres ne soient pas limités à une bande de fréquences trop sélective. Encore faut-il que nous soyons ouverts à ces formes de beauté qui ne répondent pas aux principes de bases communément admis, à ces p. de règles tacites qui dictent ce qui est beau/convenable et ce qui ne l’est pas. Ce qui se porte et ne se porte pas.

Et là, la route est longue. Des premiers pas sont faits, à chaque fois qu’un créateur propose des photos de mode de ses nouveaux patrons sur des personnes de toutes morphologies. Pas seulement des minces et des gros mais des petits, des grands, des bossus, … Des personnes comme tout le monde, les gens qu’on croise chaque jour au magasin ou dans le train, au café ou dans les parcs.

Je rêve d’un monde où il y a de la place pour la beauté de chacun et chacune. C’est une réflexion que je me faisais parce que j’ai tenté et tente encore de mettre mes talents de couturière amateure au service d’une personne pour le coup très belle que j’aime beaucoup et qui souffre quotidiennement au moment de s’habiller, au moment de rencontrer le regard d’autrui sur son corps. Petit et gras.

Ses yeux d’un bleu océan, sa magnifique poitrine, l’intelligence qui transpire de son visage et du langage que parle sa bouche parafaitement ourlée, sont autant de prédispositions avantageuses mais elles ne sont rien. Parce qu’elle est petite et grosse. Et quand elle me parle de son corps, ses mots tranchants comme un poignard me blessent et me révoltent : « je n’ai pas de taille ». Et la taille, ça, c’est ce le sauf-conduit vers l’habillement, le charme, le glam’. Pas de taille, pas de fantaisie, pas de fun, pas de choix! Surtout pas de choix!

Le modèle de la robe droite, qui est aussi celui du sac de patates, est le seul tolérable… Une coupe Empire éventuellement… Après tout, c’est l’astuce stylistique qu’on a trouvée pour atténuer les formes de l’impératrice Joséphine, alors pourquoi réinventer l’eau chaude? Que puis-je dire à cette femme courageuse (je ne parle pas de Joséphine ;-)) qui a bien intégré tous ces impératifs de la mode telle qu’on la subit aujourd’hui et qui, ce faisant, ne dirige sa colère que contre elle-même? J’avoue n’avoir pas encore trouvé.

Peut-être cet article est un premier balbutiement pour dire combien sa souffrance m’attriste, m’indigne, me désespère. Au lieu de ça on pourrait s’amuser! Elle pourrait se demander ce qui lui plaît, sans restriction, quel est son style, on pourrait faire des ébauches de patron ensemble, rigoler autour de quelques séances d’essayage. Mais cette joie là lui est refusée de facto parce que savoir et tester ce qu’elle aime n’est pas à l’ordre du jour. Pire, ce serait cruel.

L’ordre du jour, la question qui la taraude, c’est que puis-je porter pour donner une apparence convenable à mon corps qui ne l’est pas. Pas de taille! Et dans le fond, n’en sommes-nous pas tous là? J’aimerais tant que choisir les tenues qui nous font sourire, qui nous font plaisir, qui nous font rêver soit l’unique critère. J’aimerais tant, tout simplement, que « choisir » soit permis à tous.

Je n’ai pas de solution à cela. Ne me demandez pas comment faire, je n’en sais rien. Mais je me dis que chacun à notre échelle, on peut commencer à assumer des tenues qui nous font envie, même si elles ne sont pas « convenables » sous tout rapport. Alors voilà l’histoire de ce crop top. Je me suis dit souvent, « quel dommage que je ne soit plus jeune… Je me ferais un petit crop top. » J’ai souvent songé aussi que si j’étais plus mince et plus longue j’aimerais un peu de tulle sous une jupe, que si j’étais plus fine, un body me ravirait…

Eh bien, si le monde ouvert et bienveillant envers tous les genres et toutes les silhouettes doit prendre forme en passant par moi, le crop top m’a semblé un premier pas. Qu’il s’accommode ou non des cheveux blanchissants et des capitons ventraux dans le code de la mode bienséante, je vais le tenter, je vais le porter.

Ne vous méprenez pas, je ne suis pas tout à fait à l’aise. Et sans doute en portant ce crop top, je manque de conviction et je témoigne encore d’une certaine honte. Mais si c’était facile, ce ne serait pas un véritable geste n’est-ce pas? Si de plus en plus de monde ose, nous pourrons progressivement sensibiliser et éduquer les regards pour plus d’ouverture envers les pratiques vestimentaires des plus vieux, des plus gros, des corps différemment équilibrés, bref, de cette immense majorité de personnes qui dérogent aux proportions des tailles du prêt-à-porter supérieures à 38.

Pour terminer cet article d’un genre un peu différent de mes coutumiers blabla 100% couture, encore un petit mot. J’ai parlé ci-dessus de gros, de gras, de bourrelets. J’ai usé intentionnellement de mots simples et directs parce que je suis sensible à l’énervement de Garak qui relevait les manières détournées qu’ont les marques de patrons de désigner les femmes « aux formes généreuses ».

Ces précautions sont la marque de la gêne qu’on éprouve encore aujourd’hui à parler du surpoids et de ses effets sur la silhouette. S’il faut taire les mots, s’ils ne semblent pas polis, c’est que la réalité qu’ils désignent est honteuse ou qu’elle n’est pas souhaitable. Voilà pourquoi leur usage m’a semblé bien plus respectueux que n’importe quelle paraphrase prétendument délicate.

Enfin, tout de même, sachez que ce modèle est le n° @ du magazine Burda Style de @. Le tissu Liberty aux motifs de mirabelles est de chez Stragier. Et les manches sont couvertes sur leur partie supérieure des premiers smocks de ma vie de couturière. Je pensais que ce serait fastidieux et ce fut tout le contraire. J’en referai sans crainte et ni appréhension à la prochaine occasion. Les manches encore, présentent deux rangées de volants de peu d’ampleur que je trouve très à mon goût.

Je vous embrasse, Sophie.

à la Une

Le top des tops de l’été

N°1 : la parfaite collab’ entre Burda et Liberty

Pour rompre avec le traditionnel count down des hit-parade, je vous écris une série d’articles autour des tops que je me suis confectionnés cet été en vue d’un véritable événement : 10 jours à deux (sans enfants si si!) avec mon homme pour la première fois depuis nos débuts, soit tout de même… 21 ans!

Pour marquer le coup, j’ai cousu 5 petits tops pour toutes les circonstances :

  • Un T-Shirt Burda Easy à manches raglan qui a disparu entre-temps, sans doute oublié sur place (j’en suis malade : je l’adorais et le jersey Liberty était à la fois très beau et tout de même couteux)
  • Un petit top noir sans manche cousu dans les chutes d’un T-shirt réalisé naguère comme cadeau d’anniversaire (voir 118, T-shirt Burda amphibie)
  • Un top à volants en plumetis blanc. Du Burda Easy aussi : simple, confortable et beau)
  • Un crop top aux motifs de mirabelles qui révèle joliment les épaules
  • Un top Liberty à manches ballons et encolure en V

C’est le dernier de la liste qui fait l’objet de ce petit article. Le tissu est si riche en soi qu’il ne me semblait pas demander une grande éloquence stylistique coté patron.

Le modèle

C’est pourquoi mon choix s’est porté sur un modèle à la fois simple mais présentant quelques détails agréables : le modèle 104 du Burda de mars 2019.

Ce numéro en soi est un de mes favoris. Deux thèmes s’imposent dans ce numéro :

  • un style emprunté à l’univers de la danse classique (tulle et organza, fins lainages, jupes vaporeuses et cache-coeur,…)
  • les motifs « exotiques » fleuris et coloris chatoyants

J’avoue que le patron de couverture reste aujourd’hui encore l’objet d’une forte convoitise et je ne pense pas finir ma carrière de couturière sans l’avoir confectionné…

Ce n’est cependant pas celui élu pour ce projet (je pense qu’il appelle un tissu uni car il développe en soi suffisamment de fantaisie).

Ici, c’est le top 104 que j’ai réalisé : un basique avec un col en V mais tout de même une manche ballon délicieusement féminine et une ceinture intégrée qui fait office de martingale dans le dos.

Je l’ai réalisé dans une taille 44 mais je pense que c’en est une de trop. Le modèle est déjà ample en soi. Mais ça c’est un problème qui n’est pas près d’être résolu. Je continue à prendre mes mensuration seule et il est bien connu que cette démarche ne peut que fournir de mauvais résultats. Si j’y pense, ma nièce sera de corvée lors de son prochain passage à la maison…

Enfin, j’ai légèrement modifié le patron en retirant 5 cm en hauteur au devant et au dos, histoire de passer de cette femme imaginaire d’1m68 à ma petite personne d’1m63 🙂 Le modèle étant parfaitement droit, ce n’est pas la peine d’en parler. Sitôt décidé, sitôt fait.

Le tissu

Là encore, j’ai patienté longtemps avant de craquer mais c’est sans regret. Quand un tissu vous tape dans l’oeil à ce point, la déception est peu probable. Il s’agit d’un Liberty de qualité Tana Lawn, un peu atypique, baptisé Felda Peach, fleuri certes mais dans un style aquarelle étonnant. La référence du produit chez Stragier est 0363 1116 A :

Les petites violettes, les belles iris,… ce tissu à plus d’un tour pour plaire. Le Tana Lawn, c’est une batiste qui combine légèreté et robustesse grâce à un tissage dense. C’est trop beau et puis en plus, c’est très facile à coudre!

Comme le remarquait à juste titre ma grande soeur, ce top se porte été comme hiver, en toutes circonstances, ou presque, et je l’adore! (le top! Ma soeur aussi mais ce n’est pas trop le sujet ici ;-))

Les détails croustillants

Détail 1 : Des manches-ballons! Vite vite avant que la mode s’en débarrasse! Pour ma part, ça reste une de mes manches favorites, mode ou pas et en plus, c’est confortable! Ici, amour oblige, les finitions intérieures sont à la main (point de côté).

Détail 2 : une encolure en V. OK, ce n’est pas un V très plongeant. Ma soeur toujours avisée trouve que je dois davantage viser des décolletés plus ambitieux. Ce sera pour une prochaine fois, promis!

Reste que cette forme me plaît beaucoup et en tous cas bien plus de les encolures rondes. Les encolures rondes! Pourquoi pas avec col Claudine tant qu’on y est. Sans blague, je me suis toujours demandé pourquoi l’encolure ronde était celle par défaut. Une sorte de degré zéro de l’encolure en quelques sortes…

Pour un bon maintien de la parmenture, que des valeurs sûres : un bon entoilage, une surpiqure-nervure intérieure. Ca tombe parfaitement.

Détail 3 : comme une martingale, deux rubans emprisonnés dans chaque couture de côté viennent se nouer dans le dos pour apporter un peu de cintrage. Mamé comme tout!

J’avoue que j’ai validé toutes les cousettes de tops estivaux cette année mais celui-ci est la pièce maîtresse de ma collection. Quelle satisfaction renouvelée à chaque fois que je le porte!

A très vite autour d’une cousette ou d’un projet!

Sophie

à la Une

Adelise

Histoire d’une longue attente

Alors Adelise, c’est le modèle du mois de décembre dans le programme proposé par Christine Charles dans son livre « Passez votre CAP Couture avec Artesane.com ». Un modèle manches longues à composer durant les longues soirées d’hiver, entre une tisane et une giclée de pluie sur la vitre. Mais comme vous pouvez le constater, j’ai quelque peu allongé le trajet initialement conçu…

D’une part, j’ai le confort de n’être aucunement pressée, d’autre part, comme déjà raconté, mon atelier est squatté par mon matériel de bureau depuis que la COVID-19 me contraint à prester professionnellement la plupart du temps à domicile. Alors en l’état, mes machines à coudre ne sont plus au même étage que ma planche à repasser. Les couturiers et couturières parmi vous comprendront sans plus d’explications ce qu’il m’en coûte 🙂

Donc, cette Adelise faite pour être cousue dans un mood de fêtes de fin d’année a été réalisée entre le printemps et l’été 2021. Notez bien que du coup, l’aspect « giclée de pluie sur les vitres » n’avait rien à envier à la froide saison! L’aspect « tisane » était conséquemment aussi au rendez-vous et au final, coudre un modèle manches longues, ça le faisait!

J’en veux pour preuve que la bénéficiaire du produit final n’a pas pu attendre la séance de photos avant d’entrer dans sa nouvelle acquisition pour une séance de « roulé en boule » dans le divan devant la télé (si, si je vous jure…) Vous pardonnerez je l’espère les abominables plis qui sont nés de ce traitement inapproprié. Cela dit, ça montre aussi comment se comporte ce tissu dont il sera question plus bas.

Donc, Adelise est adulée, adoptée dans la garde-robe de ma grande adolescente « qui-ne-porte-pas-n’importe-quoi ». Mais dans le programme CAP, la satisfaction du client est secondaire, ce qui compte, ce sont les millimètres, l’application correcte des techniques en cause. Alors de ce côté, où en sommes-nous?

Gestion du tissu

Pas de précaution particulière pour un coton de qualité de poids normal (entre 105 et 150 grammes par mètre laize) me direz-vous. Oui. Oui, mais! Il s’agit d’un coton fil-à-fil dont il est impossible de distinguer l’envers de l’endroit à l’oeil nu et qui marque sans pardon les piqûres d’assemblage.

Le seul moyen que j’ai trouvé pour identifier sûrement l’envers de l’endroit est de me rapporter aux petits trous qui percent les lisières du tissu : sur l’endroit les trous présentent de légères bosses et sur l’envers de légers creux. Les bosses ne sont pas facilement visibles mais se sentent assez bien lorsqu’on y passe le doigt.

Cet exercice étant réalisé, j’ai consciencieusement appliqué un ruban adhésif mat sur chacune de mes pièces pour indiquer l’envers. Vous verrez plus bas que ces précautions ne sont ni superflues ni suffisantes 😉

Les défis du buste

Après cela, je me suis jetée dans la gamme de montage avec d’autant plus d’empressement que ma fille trépignait d’impatience : elle a véritablement flashé sur ce modèle dès qu’elle l’a aperçu dans le livre. Notez que c’est tout bénéfice pour moi quand un modèle de Christine plaît à ma fille car elle fait une taille 38 (ma fille, pas Christine. Quoique, je n’en sais rien :-D) et c’est dans cette taille que les patrons papier sont délivrés dans le livre (pour les autres tailles, ce sont des PDF téléchargeables en A4 ou A0 au choix).

Bref, je m’empresse, j’ai des ailes et nous voici très tôt avec un buste satisfaisant :

  • Symétrie des pièces anthracites (à un millimètre près hélas comme le montre la photo ci-desssous)
  • Patte de boutonnage bien entoilée, bien alignée
  • Double empiècement en sandwich réussi (c’était pas le premier! Souvenez-vous de mon émerveillement à la découverte de cette technique pourtant classique dans mon article Four fellows)

L’épreuve des manches

Je n’étais pas spécialement stressée par les manches. Ce n’est pas mon premier chemisier. Pourtant, j’étais curieuse de découvrir deux techniques que je n’avais encore jamais pratiquées : la fente simple avec parmenture surpiquée et la patte de boutonnage sortante aux poignets. Curieusement, j’avais déjà pratiqué la patte capucin et la fente indéchirable mais la fente simple, non.

En couture, lorsqu’on est occupé à travailler les parties du vêtement qui existent en double comme typiquement les manches, il est recommandé de réaliser chaque étape d’un côté puis de l’autre, pour garantir une homogénéité de traitement. Ce faisant, après avoir pratiqué la fente à droite, j’ai pratiqué la fente à gauche, puis j’ai posé le poignet à la manche droite et ai ensuite entrepris celui de la manche gauche et là… « Horreur et damnation!! »

L’évidence m’a sauté aux yeux : l’une des manches était cousue et montée sur l’envers du tissu pourtant dûment marqué. Cette erreur s’est avérée irréparable. En effet, la fente ayant déjà été montée, avec sa parementure, nul découd-vite ne pouvais me secourir. Sans parler du coton fil-à-fil qui marque sans concession les trous occasionnés par les coutures.

L’unique solution était la plus chronophage et la plus couteuse : recommander 50 cm de coton chez Stragier et recommencer la manche gauche. Cette interruption m’a lancée dans une boucle de procrastination que j’ai un temps songée infinie. Mais je vous écris n’est-ce pas, ce qui signifie que le défi devait avoir une fin.

Voici mon évaluation du résultat final :

  • Symétrie entre les poignets : échec cuisant, en particulier sur la surpiqure en « U » le long de la fente. Les consignes prévoient que la fente finie mesure 2 mm au bas du « U » et que la surpiqure se place à 5mm du bord de fente. Sur ce dernier point, en haut du « U », nous avons une manche à 7 et l’autre à 3. Ouille! En plus, ça se voit et se voit d’autant mieux que le fil enthracite est très contrastant sur le « bleu nuage » du tissu! Moi qui pensais en avoir fini de suer avec cette précision au millimètre… Serait-ce comme pour la plupart des nouvelles compétences? Que c’est au moment où on pense les maîtriser qu’elles nous rappellent à l’ordre?
  • Résorption d’embu et pose des manches : là, au moins, rien à dire, ça roule. Sauf que je n’arrive toujours pas à résorber l’embu sans poser de fil de fronces préalable. Je crois que pour cela, je ne m’en sortirai qu’avec une bonne vidéo bien faite. Peut-être d’ailleurs une parmi la série des 1001 techniques de couture que propose Christine sur le site d’Artesane. A voir. Pas d’urgence en ce moment car après tout, le fil de fronce fonctionne.
  • La patte de boutonnage sortante a été correctement exécutée d’un côté (photo n°1 ci-dessous) tandis que de l’autre, votre gaffeuse préférée a posé les boutons sur la partie réservée aux boutonnières et les boutonnières là où il eût fallu poser les boutons (photo n°2). Hormis cette distraction impardonnable, la réalisation n’a pas posé de grande difficulté et j’aime bien ce rendu : les deux côtés en bas de fente se rejoignent naturellement et le surplus de patte est caché sous les boutonnières. C’est plaisant. J’ai moins d’enthousiasme pour la fente avec parmenture. La parmenture se voit pour l’ouverture de la fente et c’est moins joli qu’une finition « capucin ». Cela dit, les deux techniques permettent des variations de style potentiellement intéressantes.

En conclusion

Voici un modèle qui ne valide pas ma capacité actuelle à passer un CAP Couture mais une pièce qui fera de l’usage, ce qui me console assez largement.

A noter : Les boutons et boutonnières ne font pas partie de la matière à connaître pour le CAP Couture car dans l’industrie, ils font l’objet d’une étape de montage distincte soutenue par des machines particulières.

Ici, bien sûr, je ne pouvais offrir ce chemisier à ma fille sans lui donner les moyen de le boutonner 🙂 J’ai opté pour des boutons de forme carrée aux coins arrondis qui allaient bien avec le côté « géométrique » du modèle et dont la couleur anthracite présente çà et là des nuances qui rappellent le bleu de l’autre tissu.

Ceci me permet de vous raconter que si j’ai toujours effectué mes boutonnières à la machine ainsi que la pose des boutons, je travaille actuellement à les réaliser à la main. Les finitions me paraissent tellement plus propres : plus aucun fil visible et + de régularité (ma machine ne fait pas des points semblables du côté gauche et du côté droit de la boutonnière).

J’espère pouvoir dès lors vous montrer sous peu une réalisation qui implique des boutonnières « à la main » et des boutons posés de même. Pour l’instant, je fais des gammes alors patience! 😉

à la Une

Ouvrages de dames

A l’heure ou amiante et couture faisaient bon ménage

Il est assez rare que je publie un article qui ne présente aucune cousette sortie de l’Atelier. Mais aujourd’hui, je ne résiste pas à partager une découverte réalisée lors de la lecture d’un passage d’un de mes ouvrages de référence préféré. Et puisque l’occasion s’offre à moi, j’en profite pour vous parler de cette encyclopédie fétiche.

Il s’agit de « L’Encyclopédie des Ouvrages de Dames » par Thérèse de Dilmont. L’ouvrage, qui a connu maintes éditions, peut encore être acheté aujourd’hui sur diverses plateformes en ligne. Sa première publication remonte à 1886 mais la version que j’ai entre les mains doit être plus « récente » puisqu’en préambule, on se félicite de son succès triomphal lors de l’exposition universelle de Chicago :-D.

Aucune date n’y figure mais je dispose d’indices pour conclure que ma version, chinée en brocante, est très ancienne :

  • Les pages, asséchées, sont profondément jaunies
  • Le signet de délicate toile s’étiole mais la qualité des matériaux et de la reliure me permet de l’utiliser régulièrement sans précaution particulière
  • Le paragraphe dont je veux vous parler ne pourrait plus paraître aujourd’hui (patience! j’y viens)

Concernant la qualité de fabrication de l’ouvrage, j’avoue ressentir toujours un peu de nostalgie pour une époque où la qualité n’était manifestement pas une variable d’ajustement. Mais j’en reste là sur la nostalgie et surtout, je suis gonflée d’espoir vis-à-vis de l’avenir qui je crois remettra la durabilité des produits au centre de nos nouvelles manières de consommer.

La biographie de Thérèse de Dilmont est consultable sur Wikipedia. J’y trouve toute sorte de motifs pour m’attacher à cette auteure qui pour moi jusqu’à aujourd’hui n’était qu’un nom. Et je m’avise de l’ampleur de ses entreprises et de son succès alors qu’elle est décédée à l’âge de 44 ans, après seulement 4 mois de mariage, en raison de l’épidémie de grippe qui sévissait alors.

Quelle triste et précoce fin pour cette femme talentueuse. Mais, est-ce une consolation?, Thérèse, à l’instar de toutes ses lectrices d’alors, risquait une mort plus lente et sans doute plus pénible.

Voici ce qui m’amène à vous écrire aujourd’hui. A très juste titre, Thérèse recommande de choisir les aiguilles pour la couture à la main avec une haute exigence de qualité. Elle aborde notamment le problème encore aujourd’hui bien connu de l’oxydation des aiguilles, en contact avec la transpiration des mains.

De nos jours, que fait-on contre ce mal ? Eh bien, on jette les aiguilles régulièrement pour les remplacer par des neuves. Et pour le coup, j’adhère à cette solution à 110%!! Car à l’époque où écrivait Thérèse, il existait une astuce qui consistait à ranger les aiguilles dans une boîte contenant… de la poudre d’amiante!

Ah! Quand je vous disais que parfois, jeter est mieux qu’entretenir… 😉 Notez que l’auteure recommande également de réserver une boîte à part contenant cette même poudre d’amiante pour permettre aux dames d’y plonger les doigts avant chaque ouvrage manuel nécessitant l’usage d’aiguilles. J’en tremble! Chaque ouverture de cette maudite boîte devait éjecter dans les airs de quoi nuire aux poumons de toute la famille mais en particulier à ceux de la couturière.

Bref, je lisais ces lignes émue, en me disant que parmi les nombreuses victimes méconnues de l’amiante, il ne faut pas oublier les nombreuses femmes qui ont, sans le savoir, favorisé la longévité de leurs aiguilles et des chaussettes qu’elles reprisaient plutôt que la leur.

Mais que cela ne vous détourne pas de ce magnifique ouvrage ni de son auteure disparue trop tôt. Il s’agit du meilleur référentiel de ma bibliothèque pourtant bien fournie.

à la Une

Couture soleil : la robe d’été qui tourne!

N°107 du Burda Style de mai 2020

Me revoici avec un numéro de matricule Burda : le modèle 107 en mai 2020 correspondait à une jolie robe estivale assez féminine : petits volants et jupe qui tourne! C’est ce modèle que ma fille a choisi et m’a demandé de lui coudre dans un tissu que j’avais égoïstement acheté pour me faire un top. Vu le résultat, pas de regret! Décidément, désormais, tout lui va mieux qu’à moi 🙂

Le modèle présente un buste doublé cintré, une basque doublée également qui sert d’accroche à une jupe ample. Ample… C’est peu de le dire. Comme je ne voyais pas la fin de mon bâti d’ourlet d’abord, puis de sa couture ensuite, j’ai mesuré le bord inférieur de cette jupe : il fait un peu plus de 7 mètres de long. Alors oui, ça tourne!

Les finitions de ce modèle sans manche : volant sur le dessus de manche! Le col est légèrement arrondi. Les finitions intérieures sont réalisée dans un biais prélevé dans le même tissu.

La robe est réalisée dans un coton qui offre une belle tenue, qui se travaille aisément et est très doux au toucher. Il fait partie des collections UNE de Stragier. Le motif, estival entre tous, est composé de petits citrons tantôt entiers, tantôt sectionnés.

Est-elle ravissante ma fille? Euh… Je veux dire, la robe!

Il nous reste à attendre une météo plus clémente. A l’heure ou je vous écris, il neige sur Bruxelles.

Amitiés,

Sophie

à la Une

CAP Couture : Eleanora la magnifique

Le problème de rédiger un article sur Eleanora, c’est qu’il faut que la robe soit disponible! Or, elle est à la lessive, puis sur moi, puis à la lessive, puis sur moi, puis… Le coup de coeur de la saison automne-hiver qui s’accommode fort bien des giboulées printanières.

Alors ok, Eleanora est d’abord et avant tout une étape obligée du cursus CAP orchestré par Christine Charles dans son livre « Passez votre CAP Couture avec Artesane.com » et à ce titre, elle est une compilation sournoise de gestes techniques et de détails compliqués à peine visibles et certainement inutiles à la beauté d’ensemble mais çà, c’est le jeu!

Eleanora, c’est aussi ma robe préférée. Si elle n’était pas si exigeante, je l’aurais déjà déclinée dans d’autres tissus et pourquoi pas, dans les autres variantes que Christine propose pour parfaire notre maîtrise d’un sujet tel que « les poches, anthologie des cavernes à nos jours ». Je suppose que cela viendra mais pas tout de suite : j’ai la suite du programme CAP qui m’attend, sans parler des commandes de ma grande fille à qui les premiers rayons de soleil inspirent des idées de bains de soleil…

Mais qu’a-t-elle donc cette Eleanora pour appeler des commentaires si enthousiastes? Elle est belle, hyper confortable, elle s’enfile en un geste, elle est douce, féminine, ses grandes poches me rappelle celles des fermières de mon enfance (Christine dit qu’elle est rustique),…

Et côté technique me direz-vous? Si elle s’enfile, c’est qu’elle n’a même pas de zip alors avec quelles plaintes viens-tu nous voir? C’est vrai! Ni zip ni boutons! Mais…

La viscose

Christine le dit souvent : la matière fait partie du défi : réaliser Eleanora dans un coton docile, oui pour le plaisir mais ça ne compte pas pour ce qui est de progresser vers le certificat convoité. Une viscose donc. J’ai lu et relu vos blogs chers lecteurs car plus d’un et d’une parmi vous ont cherché une réponse à l’indomptabilité de la viscose. J’avais à votre instar préparé le paquet de maïzena dans l’idée d’offrir un bain durcissant à mon tissu rebelle. Mais cela n’a pas été nécessaire.

Pour commencer, cette viscose est parfaitement tissée. Elle se déchire dans la trame en formant une parfaite perpendiculaire au droit-fil. Et je crois que ça aide à la maîtrise lors de l’assemblage. J’ai pratiqué récemment une viscose à succès très jolie qui présentait un irrattrapable décalage. A un tel point que je pense pouvoir parler de défaut d’usine. Je n’ai jamais eu de telles déconvenues avec un produit Stragier (qui ignore qui je suis et ne me sponsorise en aucune façon).

Et donc, j’y suis allée doucement, en usant et abusant du cutter rotatif, d’un épiglage serré, parfois d’un bâti et tout s’est passé pour le mieux côté viscose.

Les finitions avec passementeries

Il s’agit d’un dispositif aussi efficace que complexe à saisir. Les explications de Christine pour le coup ne sont pas superflues : jamais je n’aurais interprété correctement la gamme de montage industrielle sans ce petit coup de pouce. Cela dit, une fois fait, il s’agit d’une finition intéressante que je suis ravie de connaître pour, qui sait, la replacer sur un autre modèle au gré de mon humeur.

Il s’agit d’une coulisse et d’un jeu de deux doubles rubans qui resserrent la manche suivant l’envie. A porter noué ou même tout à fait desserré, avec, dans ce cas, de longs rubans qui volent au gré des mouvements.

Les poches décollées

Sans doute mon détail préféré! Les poches décollées, qui restent toujours un peu entr’ouvertes, montrent ainsi leur généreux volume et ne trahissent pas le cachet rustique du modèle.

Techniquement, elles demandent précision sur le piqué nervure et un peu de soin dans les fronces et le montage sur le corps de jupe. Rien d’insurmontable cependant et le résultat vaut la peine :

Les manches légèrement gigot

Cerise sur le gâteau : une paire de manches gigot. Un petit gigot, mais tout de même.

L’encolure en V

Côté encolure, on reste sage mais on travaille la forme en V!

Et voilà! L’étape « novembre » narrée en avril 😉 A très vite!

Sophie

à la Une

116, T-Shirt noué

Marinière revisitée

Me revoici avec les fameux patrons numérotés de Burda (voyez le déjà célèbre n°118 ici). Nous sommes dans le magazine 01/2021 cette fois et mon idée, née en plusieurs étapes, est de réaliser un modèle de T-Shirt classieux, le fameux n°116 en lui donnant une connotation plus relax et printanière.

Avant que ce modèle ne m’interpelle, j’avais préfiguré ma tenue de printemps idéale : un jean, une marinière toute simple et pour le fun, un gilet de costume trois pièces pour homme dans une flanelle gris mouette et une doublure jaune. A ce stade, laissons là le rêve de salomés jaunes parfaitement introuvables, à moins de faire appel au concept « dessine-moi un soulier » pour un prix de 300€. Soit.

En posant ces quelques vêtements sur mon mannequin (encore un peu laborieux le dessin, je sais, mais je m’entraîne :-D), j’envisageais aussi d’autres pièces qui pourraient aisément se « mixer » entre elles et constituer ensemble un vestiaire printemps-été home made, avec, pourquoi pas, parmi ces pièces, un patronage original sorti tout droit de l’atelier?

Je vous passe ces élucubrations pour cette fois, mais c’est juste pour vous expliquer la démarche. Pour entamer sans tarder la réalisation de cette tenue, j’ai repéré un magnifique jersey de coton chez Stragier et me suis mise à réfléchir à cette marinière, jugée trop classique finalement. Alors, je me suis souvenue de ce modèle Burda :

Je me suis dit que peut-être le noeud pouvait créer des jeux de verticales et d’horizontales intéressants si je le cousais dans mon coton marinière et que cette coupe plutôt soignée dans un tissu « marin » ferait un contraste heureux.

Eh bien, je vous laisse juger. Voici le résultat :

Au final, ça me conviendra, même si c’est un peu en-deça de mes attentes. Ce que j’aime sans réserve, c’est la qualité de ce jersey, tellement agréable à porter et qui présente une belle tenue. Ce que j’aime moins, c’est l’effet « taille 44 » 😀 Et sur ce point, il y a à balayer devant la porte de tout le monde : la mienne et celle de Burda!

La mienne : il va vraiment falloir que j’aie le courage de dessiner des silhouettes qui me ressemblent pour éviter toute déconvenue. Celle de Burda : Le noeud est patronné de manière identique pour toutes les tailles. Résultat : sur une taille 48, il ressemble à une Lavallière généreuse des années 80 et sur moi, à une espèce de noeud papillon trop large.

Bon mais l’évaluation générale est tout de même bonne, ne gâchons pas notre plaisir!

Côté CAP, j’ai fini par accoucher dans la honte de mon article sur la robe Yselda (ici) et je vous prépare la narration du chapitre suivant : Eléanora.

Je vous embrasse. Prenez soin de vous.

à la Une

118, T-shirt Burda amphibie

Coudre pour quelqu’un, une totale remise en question

Ce charmant patron de T-Shirt méritait bien mieux qu’un numéro. Mais c’est ainsi que Burda pratique. Il faut dire qu’ils auraient beau faire à trouver des noms de baptême pour tous les éléments de leur volumineuse production.

Ainsi 118 est un T-Shirt à manches longues, une encolure bâteau, et un dos! Mais alors un dos… Comment ne pas craquer? Comme l’écrivait le blog « sb Couture » dans un vieil article, le numéro 11/2019 de Burda Style est une perle. N’en auriez-vous qu’un seul que ce serait celui-là. Et ce T-Shirt y trouve naturellement sa place.

Le dos est découpé en une partie haute et une partie basse qui ne se recouvrent pas entièrement, de telle façon qu’apparaît un espace libre, à la manière d’une goutte. Cerise sur le gâteau, une bague de tissu permet la pose d’un long ruban pour, cette fois, un effet « noeud », ou « longue traîne » pour celles qui préfère les contes de fée! Quelle est votre version préférée?

Sur l’une de ces images, l’heureuse propriétaire de cette humble production. Car ce T-Shirt était pour moi l’occasion d’offrir un cadeau d’anniversaire home-made ». C’était aussi du coup un essai de coudre pour quelqu’un qui ne soit ni mes enfants, ni mon mari ni moi-même. Bonjour la pression!

Pour mettre toutes les chances de mon côté, j’ai pratiqué le choix de tissu après analyse de trois échantillons de la maison Stragier :

  • Un jersey de coton : très beau mais très mat et pas vraiment doux. Prix abordable.
  • Un jersey de soie : très beau, satiné et très doux. Pour le t-shirt 118, compter 200 euro!
  • Un jersey de bambou : la douceur de la soie et le prix du coton : adjugé!

Ce cadeau d’anniversaire, je le voulais parfait. Nous n’y sommes pas. Je suis satisfaite du résultat mais un regret tout de même : j’ai suivi les instructions à la lettre, ce qui signifie que j’ai du surfiler les bords de côté après assemblage du corps. A refaire : plus jamais.

J’ai bien conscience que le dos, composé de deux parties distinctes, n’existe véritablement qu’après assemblage, ce qui justifie l’instruction de surfiler après cette étape. Mais j’aurais pu le faire après avoir bâti et avant d’assembler. Mon souci est que le pied de biche de ma surjeteuse est plus large que la marge de couture et la différence d’épaisseur, significative à certains endroits, m’a empêché de réaliser une finition soignée. A bosser, çà, Sophie, si tu veux offrir d’autres cousettes!

Enfin, ce t-shirt consacre ma première expérience de l’aiguille double. Quelle merveille! Je vous embrasse et vous promets pour bientôt des news sur la suite du programme « CAP ».

Sophie

à la Une

CAP Mois 2 : le basique à coudre

Hello chers lecteurs! Que l’année 2021 déjà bien entamée vous soit douce. Je reprends enfin la plume sur ce blog que je sais déserté à mesure qu’Instragram assoit son monopole sur nos publications couturesques. Néanmoins, j’aime trop écrire pour céder complètement à cette fièvre de l’instantané, quand bien même je concède à Insta un certain nombre de qualités.

Vous l’avez donc compris, je ne suis pas disposée à refermer les pages de mon album des « Gaufres », ouvert un peu par hasard à la fin de l’an 2016. Pour inaugurer ce retour au bon vieux blog, je me propose de publier dans un premier temps des articles qui attendent depuis plusieurs mois leur publication. Vite, leur ôter le pyjama que confère le statut « brouillon » et les revêtir comme il sied.

L’article du jour est une étape du cursus « CAP Couture » qui prend pour guide le livre de Christine Charles paru aux éditions Eyrolles. Il s’agit du basique à coudre du mois 2 qui était pour moi octobre 2020, mois d’automne entre tous. Je vous laisse lire ce que j’avais à en dire à l’époque… Bonne lecture, je suis ravie de vous retrouver.

Le choix du patron et du tissu

Je repasse avec délectation dans mes magazines chéris et ça, ça me prend des plombes parce que l’affaire est volumineuse si vous voyez de quoi je parle. Et là je n’en reviens pas! Impossible de trouver un patron qui corresponde au prescrit de Christine Charles : une robe droite, sans manche, cintrée à la taille et présentant des pinces verticales de cintrage. Le basique de robe dite « trois trous ».

Revenant bredouille de ma pourtant bien fournie patronthèque, je me résouds à activer un des jokers présents sur le site d’Artesane pour aider les lecteurs du livre « Passez votre CAP couture avec Artesane.com ». Je dis que je m’y résouds, non que cela soit désagréable, au contraire, mais parce que ma politique de consommation pour la réalisation des basiques mensuels est d’utiliser les ressources-maison, que ce soit pour les patrons ou pour les tissus.

Bref, je consulte la liste fournie : trois modèles sont recommandés mais, sauf erreur de ma part, aucun ne respecte le cahier de charges :

  • La Nicole Dress de Simple Sew est mon favori mais ne répond pas aux spécifications car, d’après le dessin technique, elle ne présente de pinces verticales de cintrage ni sur le devant si dans le dos. Donc, je choisis d’y renoncer vu que la technique du moment, c’est la pince losange.
  • La robe Burda m’attire aussi : elle se coud en jersey et vu ma silhouette du moment, si on part sur du cintré à la taille, autant que ce soit dans une étoffe extensible :-D. Mais ici encore, Damned! Des pinces losange dans le dos mais pas devant.
  • La robe Phoebe de SeamWork ne m’inspire pas confiance non plus car dans ce modèle le haut et le bas ne sont pas solidaire : il y a une couture à la taille. Du coup, pas de pinces losange n’est-ce pas? J’imagine en effet que le montage entre la jupe et le buste se fait après réalisation des pinces de part et d’autre. OK, le secret du losange est de se composer de deux triangles, c’est entendu, mais je crains tout de même de passer à côté de l’objectif pédagogique de ce chapitre.

C’est donc toute marrie que j’ai opté pour la robe Burda, considérant que deux pinces losange (dans le dos) valent mieux que pas de pince losange du tout 😀 Oui mais oui mais… Le modèle demande un tissu foulé ou un jersey lourd… Re-damned! Je n’ai pas ça en réserve. Ici, c’est du chaîne et trame qu’on thésaurise, pas de la maille. Que voulez-vous? Quand le diable est dans la boîte, il y reste. Et qui suis-je pour éduquer le diable?

Petit tour innocent, juste pour voir, sur le site de Stragier. Dangerosissime quand on aime les belles matières et qu’on a peur de craquer! Je tape « tissu foulé », je reçois un catalogue de laine de la plus belle qualité, je navigue… et je flashe sur une laine Merinos brodée de cerf sur un fond vert qui sent bon la Scandinavie (enfin c’est ce qu’il m’évoque). Je respire à fond avant de jeter un oeil sur le prix et je lis… « sur demande ». Ouille! Voilà qui clôt le débat.

Vous savez quoi? La laine foulée, ce sera pour le modèle du mois de février! C’est prévu et je ne peux pas concéder deux fois un budget de ce niveau-là. D’autant que la robe trois trous, hein, c’est pas exactement le truc qui me fait rêver (contrairement au modèle de février dont je vous entretiendrai le moment venu :-P) Donc, je choisis finalement un velours milleraies dans un ton caramel lumineux. Alors oui ça aussi c’est du chaîne et trame, mais je crois que ça le fera et à ce stade, j’en ai ras la casquette et donc, je tranche!

Les apprentissages

  • La pince losange, à piquer en deux temps
  • Le biais intérieur comme finition des manches et de l’encolure (ici petit cadeau : j’utilise un biais de la collection UNE de Stragier)
  • Le zip classique de grande longueur sur une ligne légèrement courbée (creux du dos)

Honnêtement, rien de compliqué. Pour les mois qui suivent, vous le verrez, j’ai choisi de ne plus réaliser le basique du mois, jugeant maîtriser suffisamment les techniques impliquées. Ceci dit, je lis toujours soigneusement les consignes de l’auteure, même si je ne réalise pas l’ouvrage car parfois, elle suggère une méthode plus professionnelle et efficace que ce que mes petites habitudes de couturière amateure me soufflaient de faire.

La robe présente aussi une jolie surpiqure en son milieu devant.

Voilà pour ma petite « trois trous » aux couleurs de saison (cousu en octobre). Elle le fait non? Pour terminer, je vous emmène faire un petit tour dans le joli parc qui entoure ma maison urbaine. Suivez moi!

à la Une

CAP Couture : Ambrosia

Le modèle du mois 1

Avant d’entrer dans le vif du sujet, laissez moi vous raconter mes retrouvailles récentes avec une cousine perdue de vue depuis de nombreuses années, ma cousine Jacqueline. Bien qu’elle soit largement mon aînée et que nos vies respectives ne nous permettent guère beaucoup de rencontres, j’ai toujours pris plaisir à nos trop rares conversations et le dernier épisode en date ne fait que le confirmer.

Si je vous parle de Jacqueline aujourd’hui, c’est que ce blog, qu’elle suit à partir de Facebook, lui a donné l’idée de m’informer qu’elle est …professeure de couture! Comme elle n’a jamais exercé, je l’ignorais. Dans la foulée, elle m’a montré des photos de la robe de mariée qu’elle s’était confectionnée à l’époque. Une merveille de satin, entièrement recouverte de guipure, qui affiche une telle tenue qu’aucun doute n’est permis : la chose a du être gérée au millimètre du début à la fin!

Et ceci me permet de dédier fort logiquement à Jacqueline l’article du jour, qui présente pas à pas mes efforts sur le chemin de la rigueur et de la précision. Fort heureusement pour moi, à ce stade, point encore de satin ni de guipure ;-).

Nouvelle étape donc du parcours CAP orchestré par Christine Charles : la jupe Ambrosia et son lot d’apprentissages. Ambrosia, dans sa variante de base que j’ai choisi de réaliser est une jupe avec empiècement et pli creux central.

J’ai honte de vous la présenter aussi chiffonnée mais voilà, mes petits photographes ne sont pas toujours volontaires au moment voulu et le soir, l’obscurité nous baigne déjà si tôt… Cela dit, vous la voyez ici portée après une intense journée de travail (avec marche, train, chaise de bureau,…). En ce sens, il me semble que cela plaide en sa faveur : bonne tenue et empiècement resté impeccable, sans pli disgracieux.

Ca, c’est peut-être grâce aux compétences fraîchement acquises de votre dévouée mais plus sûrement grâce à une qualité remarquable de coton sergé et d’entoilage de la maison Stragier. La découverte de cette qualité de textile que je n’avais encore jamais cousue (je ne suis pas fan de l’armure sergée) est une des nombreuses surprises de ce projet Ambrosia.

La gamme de montage

Lors de la réalisation, j’ai pu me familiariser concrètement avec la gamme de montage industrielle et j’ai beaucoup apprécié : excellent équilibre entre les explications de Christine (au mois 1, elle est encore comme une petite maman) et les consignes normalisées faites de pictogrammes, de numéros de point et de quelques mots. Il faut dire que, mes lecteurs le savent, j’éprouve souvent des difficultés à déchiffrer les instructions que nous prodiguent les magazines en langage naturel… Donc, oui, la gamme de montage structurée et peu verbeuse, J’ACHETE et j’en redemande (ce qui tombe bien, vous en conviendrez, vu les objectifs fixés.)

Les contrôles au fil de l’eau

A chaque étape de montage, la gamme fournit des indications très claires quant aux contrôles de qualité à effectuer :

Réglage de la surfileuse

Avant de commencer, tester le surfilage. Ci-dessus, on voit un espace entre la boucle du fil et le bord du tissu, signe qu’une correction de la longueur de point est nécessaire.

Réglage de la longeur de point

Avant de commencer toujours, sur deux épaisseurs d’une chute du tissu, le contrôle de la longueur de point permet de confirmer que chaque centimètre comprend 4 points, ce qui correspond aux instructions. Pur info, il suffit de programmer la longueur de point à 2,5 car 2,5 X 4 correspond bien à 1. 🙂

Réglage de la presse

Autre contrôle préalable : le réglage de « la presse » ou, ici, mon vieux fer à repasser. Suivant la qualité de l’entoilage, celui-ci peut préchauffer en position « 2 ».

Vérification du prépiquage

On approche du coeur du sujet dès l’étape 3 qui consiste à pré-piquer le fameux pli creux. Les deux plis sont jointifs à l’endroit du prépiquage et ce dernier est effectué à 7mm du bord : tout va donc pour le mieux!

Vérifier l’assemblage de l’empiècement

Il s’agit de vérifier la conformité au patron et l’alignement parfait des diverses parties de l’empiècement.

Partout la valeur de couture est respectée à 1 mm près. Ici, mesure d’une valeur à 1 cm :

Vérifier le positionnement du zip invisible

Sur le zip invisible, conclusion mitigée. Pour ce qui est d’aligner le côté gauche et le côté droit, tout va bien. Par contre, je ne parviens pas à maîtriser mon pied de biche spécial et finalement, en cours de travail, j’ai opté pour le pied de biche pour fermeture éclair classique. Du coup, n’a pas une fermeture parfaitement invisible et la propreté en fin de zip n’est pas non plus irréprochable. Pour moi, cette compétence reste clairement du côté « non acquis ».

Vérifier le point de glaçage du zip

Point de glaçage régulier, invisible et propre.

Je manque d’illustrations pour commenter les autres points de contrôles imposés par la gamme de montage mais vous voyez un peu le trip!

Le résultat

Que dire ? Sinon que comme souvent, la satisfaction est à la hauteur des efforts consentis.

Prenez soin de vous et des autres,

Sophie

à la Une

CAP Mois 1 : Le basique à coudre

Grande odyssée d’une petite jupe droite

Dans le programme d’apprentissage du livre « Passez votre CAP avec Artesane.Com », chaque mois se décline à travers un certains nombre de rubriques récurrentes qui visent tantôt des connaissances théoriques, tantôt des exercices pratiques. Ces derniers connaissent chaque mois deux moments forts : la couture d’un basique de la couture et la réalisation d’une pièce plus complexe, le modèle du mois, dont le patron est fourni avec le livre.

Le présent article est consacré au basique à coudre pour ce premier mois de la course au CAP : une jupe droite, dotée de deux pinces sur le devant et deux pinces dans le dos.

Le choix d’un patron et d’un tissu

A l’inverse du modèle du mois, le basique du mois ne repose pas sur un patron fourni avec le livre. L’auteure spécifie simplement les caractéristiques que le vêtement doit présenter pour rencontrer les objectifs pédagogiques et à nous de rechercher le patron adéquat. Perso, j’adore cette approche car elle nous permet, tout en apprenant, de se confectionner des modèles qu’on apprécie!

Cela dit, pour celles ou ceux qui n’ont pas envie de repasser toute leur patronthèque en revue à la recherche du modèle parfait (je ne peux pas le concevoir mais sait-on jamais), Artesane met à la disposition des lecteurs de Christine Charles une liste de modèles compatibles dans diverses marques. Çà donne des idées et c’est bien agréable, même si certains liens vers les modèles en question ne fonctionnent pas…

Pour la petite jupe droite, je me suis avisée que les caractéristiques requises correspondaient au patron de base d’une jupe droite dans la méthode de patronage de « dp Studio. Or, c’est justement sur ce patron élémentaire que je suis en train de faire mes armes en patronage! Eh oui! Encore un bénéfice colatéral du confinement!

Mon envie de patronner est présente depuis longtemps, le temps pour m’y lancer l’était beaucoup moins. Un premier effort est recensé dans ce vieil article mais ce travail était resté sans suite. Puis, est arrivée la mi-mars 2020 et son lot de bouleversements dans nos vies. Avec lui cependant naît une idée chez Artesane qui aura impacté mon année et peut-être même mon être : les master classes à domicile en libre accès.

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer ces soirées cocoon passées dans nos salons respectifs à disserter de nos loisirs préférés, à dessiner, coudre ou…patronner! C’est dans une soirée pilotée par Christine Charles (encore elle!) que j’ai à nouveau senti la flamme du patronage embraser tout mon être. Et à ce moment-là, du temps, j’en avais : les heures de trajet vers et depuis le bureau et/ou l’école m’étaient épargnés, ainsi que les séquences « devoirs et leçons » aux côtés de ma parfois renâclante Anabelle.

Après la masterclasse avec Christine Charles, je me suis offert le cours de patronage de Dominique Pellen sur le site d’Artesane et aujourd’hui, je suis très fière de vous présenter une jupe de base réalisée sur-mesure pour ma grande jeune fille. Vous l’aurez compris, je valorise doublement ce résultat! Il consacre mes premiers pas dans le programme CAP de Christine Charles et il témoigne de mes nouvelles et encore fragiles compétences en patronage.

Sur le patron, rien à dire : les explications de Dominique Pellen sont limpides et facilitent grandement l’entreprise. Lors du premier essai, j’ai seulement raté les courbes du tour de taille. C’est clairement la partie la plus délicate : d’une part la somme des arcs doit correspondre au millimètre près au tour de taille de la cliente (+ aisance) et d’autre part, les courbes, une fois les pinces fermées, doivent venir s’aligner parfaitement pour former un tour de taille lisse.

J’ai donc gommé et redessiné les courbes en suivant scrupuleusement la video d’Artesane et j’ai testé mon petit patron dans une mousseline de coton : la toile était parfaite : une ligne de taille hyper régulière et une cliente ravie. Pourtant, satisfaire une jeune fille de 16 ans sur le plan vestimentaire, ce n’est pas rien! D’ailleurs, sa satisfaction a vite cédé la place à son impatience de recevoir la version définitive qu’elle a commandé dans une gabardine bleu marine.

Petite contrainte sur les basique du mois : comme les fournitures destinées à réaliser les modèles du mois sont relativement coûteuses, les basiques se feront dans des tissus de stock exclusivement. Et du stock en gabardine bleue, j’ai! Cela dit, ma grande fille qui a des goûts classiques et un penchant pour les couleurs sombres a de suite adopté l’idée de ce tissu de bonne tenue.

L’état des apprentissages

Ca, c’est la magie qu’opère à chaque fois sur moi Christine Charles : au départ, je suis sûre de savoir faire le truc, puis je sors convaincue qu’il n’en n’est rien ET (c’est pour çà que c’est magique) je suis carrément contente! Cette jupe, par exemple, je n’en vois que les erreurs et approximations qui m’ont échappées et pourtant, objectivement, c’est le vêtement le plus propre et le plus rigoureux que j’aie jamais sorti de l’atelier.

Une jupe droite! « Nan mais là tu plaisantes Sophie, repasse le contenu de ton blog, tu vas revenir à la raison! Bien sûr tu couds une jupe droite en fermant les yeux! » Eh bien, non je vous assure, … Concrètement, qu’est-ce que j’ai appris, qu’est-ce qui m’a frappée, qu’est-ce que je retiens et qu’est-ce qui me résiste encore? Voici mon bilan!

Marquer précisément

C’est la première fois que je teste un parquage avec carbone et roulette. Ca semble assez précis et en tous cas très rapide.

Anabelle adore me regarder faire et je sens qu’elle s’y essaiera volontiers 🙂

Repasser une pince

J’y arrive paaaas… Les pinces semblent bien cousues, les finitions sont propres. Mais le repassage est navrant. Ma maman qui n’a pourtant pas lu les trucs et astuces de Christine Charles, me certifie que je dois utiliser un coussin tailleur, que le bord de la planche à repasser ne suffit pas à préserver l’arrondi nécessaire. Oups! Christine Charles l’avait bien écrit… Et un patron de coussin tailleur est disponible dans les supports en ligne. Je n’ai plus aucune excuse. J’essaierai dès que la jupe revient pour une première lessive car je ne pourrai pas aisément la reprendre à mon adolescente comblée.

Les pinces pseudo-repassées…
Poser un zip

OK, j’y arrivais déjà mais pas avec la même méthode! Et ici, le résultat est tellement beau que je trouve l’arrière de la jupe plus beau que l’avant!

Poser un gros grain de taille

« Oui, alors pour la taille de la jupe, on va faire simple hein les amis, on utilise un gros grain ». Eh bien, en ce qui me concerne, je n’avais jamais imaginé qu’on pouvait utiliser un gros grain comme finition pour une taille de jupe! Cela dit, ça ne pose pas de grosses difficultés et c’est une méthode que je suis contente de connaître désormais. Rapport effort/finition excellent! Après, j’avoue, je me suis vraiment laissée distraire et il faut faire attention : le gros grain, ça s’effiloche à vive allure! J’ai encaissé une petite imprécision à la taille liée au fait que mon centimètre de gros grain à rentrer ne faisait plus du tout un centimètre au moment idoine. J’avais mis mon doigt sur un fil qui dépassait légèrement, j’avais tiré en déplaçant l’ouvrage et… encore un peu je me retrouve sans gros grain!

Autre difficulté toujours en cours de résolution : la fixation par petits point du gros grain au niveau des pinces crée des tensions et des plis intempestifs. Je pense que je vais les supprimer carrément…

Réaliser un ourlet en double rempli surpiqué

Vous savez quoi? L’ourlet, c’était classiquement l’étape qui me saoulait. Tout est fait, on a déjà envie de porter le vêtement mais non! Il reste cette foutue couture droite sans intérêt, longue comme un jour sans pain et c’était toujours dans un mood assez déplorable que je me mettais à l’oeuvre. Et l’humeur, en couture, ça se paie souvent cash. Ici, j’ai suivi chaque étape décrite par Christine Charles et j’ai réalisé l’ourlet le plus jouissif de ma carrière de couturière amateure : le truc parfait qui ne varie pas d’un millimètre et qui n’a ni début ni fin! C’est surtout cet aspect qui m’impressionne : le point de départ et le point d’arrivée se rencontrent parfaitement au sein d’un même point et c’est tout. C’est propre, c’est beau, j’adore.

Surfiler une pièce

Je reviens sur un pré-requis du mois zéro qui continue à manquer. J’ai surfilé les pièces de ma jupe avec ma toute nouvelle compagne, une surfileuse raseuse parfaite. Mais je sens que j’ai encore besoin d’entraînement avec elle. Surfiler sans raser n’est pas accessible comme çà immédiatement, si?

Voici l’endroit de l’ourlet où se rencontrent parfaitement le point de départ et le point d’arrivée. Satisfaction garantie!!!

Ensuite, il suffit de rentrer proprement les fils et l’ourlet est magnifique.

Mon bilan à ce stade : je redécouvre mes pratiques couturières, j’apprends et je suis fière de ce que je produis. J’avoue qu’il est parfois chronophage de remettre en causes toutes ses habitudes pour se conformer aux consignes et suggestions du livre mais je m’y contrains car c’est la seule façon de progresser.

J’ai hâte de vous réécrire, peut-être au sujet du modèle de mois? Je sais déjà qu’il présente quelques exigences à ne pas sous-estimer…

A très vite!

à la Une

CAP Mois Zéro : zéro répit!

Des gammes et des arpèges…

Août 2020 (ou ce qu’il en reste) : mois de préparation avant le lancement des opérations sérieuses dans la course au CAP orchestrée par Christine Charles dans son livre intitulé « Passez votre CAP Couture avec Artesane.com ». N’allez pas songer à quelque causerie en dilettante sur le métier de couturière car la liste des pré-requis dressée par l’auteure mérite un peu de temps et de soins, même pour les couturières amateures qui pensent en avoir vu d’autres.

Pour ma part, ces fameux pré-requis, matériels, théoriques ou pratiques, se répartissent en trois catégories :

  • Ceux dont je me dispense parce que, vraiment, je gère – ou du moins en suis-je persuadée 🙂
  • Ceux qui  méritent vérification
  • Ceux qui vont me faire sukkeler* sévère

* Pour les lecteurs non Bruxellois (qui sont une large majorité), sukkeler, c’est ramer, souffrir, suer à goutte, mâchouiller le crayon jusqu’à ce qu’il se transforme en sciure de bois,… Enfin, un peu tout çà en un seul mot.

Voyons ça de plus près voulez-vous?

Catégorie 1 : Sophie gère trop bien 😀

Hauts les coeurs, commençons par se booster le moral en listant les acquis bien acquis (le chat de l’atelier affalé à mes côtés à du mal à ronronner plus fort que moi 😉 :

  • Les bases de la couture à la main : eh oui, je viens d’une génération et d’une région où la couture manuelle s’enseignait à l’école. Comme j’adorais çà par dessus le marché, que ma maman a une formation en couture, qu’avant de m’offrir une machine, j’ai tout de même cousu quelques vêtements complètement à la main, que j’ai aussi beaucoup brodé, et que le bout de mes doigts en est délicieusement buriné (je déteste les dés à coudre), j’estime que ce pré-requis est acquis 😀
  • Les bases du dessin de mode : oufti! (comme on dit à Liège) Christine trouve que c’est un pré-requis! Perso, ça ira mais si elle m’avait demandé ce genre de « bases » il y a seulement 6 mois, j’aurais bien déchanté. Seulement voilà, pendant le confinement, Artesane a organisé des Master Classes, c’est-à-dire des séances avec les professeurs et partenaires d’Artesane, qui, en direct depuis leur salon vous offraient comme çà, tranquilles, des cours de dessin, de dessin de mode, de patronage, de couture de lingerie, de calligraphie,… J’en passe. Mais à cette occasion, j’ai bien mordu aux séance de dessin et de dessin de mode de Marie-Gabrielle Berland. Tant et tant que je les ai complétés d’autres cours du catalogue Artesane (avec cette fois aussi Rebecca Meurin) sur le même thème et finalement, là, au niveau « pré-requis de base », je me sens comme un fil dans le chas d’une aiguille. Mais… au niveau « pré-requis » seulement! J’ai hâte d’apprendre.

  • Les bases du patronage : pour les mêmes raisons que celles évoquées pour les bases du dessin de mode, je peux affirmer disposer des connaissances préalables en la matière. Je vais d’ailleurs tenter d’utiliser parfois, pour la réalisation des pièces mensuelles basiques du programme, des patrons sur mesure réalisés par mes soins. En septembre notamment lors de la réalisation d’une jupe droite. Les essayages de la toile sont en cours et la cliente (une ado qui me sert de fille) est satisfaite, ce qui est en soi un succès. Affaire à suivre!

  • Les bases de la technologie textile : en tant que pré-requis, c’est ok aussi, même si j’attends avec impatience de creuser le sujet courant d’année. Ces connaissances, je les dois à un intérêt naturel pour la chose et un livre qui m’est tombé entre les mains et qui ne quitte pas ma table de nuit : Stylisme : Les textiles de Gaïl Baugh.

Catégorie 2 : une vérification s’impose

  • La disponibilité du bon matériel : je suis peut-être bien la reine du système D en la matière, alors je dois me faire violence et veiller une fois pour toute à disposer d’un matériel robuste et suffisant pour les objectifs que je m’assigne. Un coup d’oeil à la liste de Christine et j’identifie quelques carences légères à lourdes, que je ne pourrai pas régler d’un coup. Je liste ci-dessous uniquement les éléments qui me manquent ou ne sont pas top top… :
    • La machine familiale : je me contenterai de l’existante même si elle ne répond pas tout à fait au critère « épaisseur des tissus tolérée ».

IMG_1142

    • Une zone de coupe permanente :  ce sera la table de la salle à manger, comme d’hab’ et rien d’autre.
    • La surjeteuse : elle vient d’arriver par la poste pour mon anniversaire! Gâtée la Sophie par son marinou : la surjeteuse b44 Funlock de Bernina (Bernette), s’il vous plaît! Avec tous les réglages manuels, comme suggéré par Christine Charles. Je l’ai testée aujourd’hui même et que dire… C’est juste addictif et JE L’AIME!

    • Le poste de repassage avec centrale vapeur. C’était l’un ou l’autre, la surjeteuse ou la centrale, et mon coeur s’est déchiré là-dessus mais tant pis. Je conserverai mon « biesse* » fer, cadeau de mariage qui me rend service depuis… 24 ans genre. Robuste la bête! Mais je ne vais tout de même pas le laisser tomber dans l’escalier malencontreusement si? * biesse fer =  fer classique.
    • Les ciseaux : ça va si le même marinou si sympa avec sa surjeteuse ne devient pas un diable qui emporte mes ciseaux à tissu pour couper n’importe quoi. Grrrr. Sur le même sujet (parce que des diables il y en a dans tous les foyers), j’ai entendu Anne-Sarah d’Artesane suggérer un cadenas! Chiche!
    • Les épingles : je manque d’épingles fines, je m’en suis procuré. Ca fait des années que je vois mes tissus s’abîmer sous la prise d’épingles de supérettes et il me faut attendre de lire noir sur blanc que c’est inacceptable pour réagir. Parfois j’ai honte!
    • Les outils de marquage : là, j’ai à faire parce que j’utilise vraiment n’importe quoi pour marquer. De plus, j’ai toujours bâclé un peu cette étape pourtant cruciale. Alors autant accompagner mes bonnes résolutions avec du matériel adéquat, histoire de se mettre en ordre de bataille : la roulette est arrivée par la poste et ma mercerie a commandé du papier carbonne. Le marquage… Rien qu’en pensée, je me sens déjà stressée. La patience va être un défi permanent dans cette aventure CAP…

IMG_3224

Et voilà! Pour le reste du matos, j’ai déjà, je suis prête!

  • Les bases de la coupe : oui, bon… Ca va un peu avec le marquage hein. Quand on bâcle l’un, on a du mal à ne pas bâcler l’autre… Révision complète donc depuis la remise à l’équerre du tissu (je ne faisais jamais çà – vive le faux-biais!) jusqu’au marquage. Par grande chance, je peux « sauter » les passages bien connus sur le vocabulaire employé et les symboles patron.
  • Les bases de la couture machine (machine classique) : je connais ma machine et tous ses réglages, cela va sans dire. Par contre, oserais-je jurer que mes coutures sont précises? Vu que mon marquage ne l’est pas, forcément, non, je n’oserais rien affirmer. Suis-je même capable de dire, comme çà, à brûle pourpoint, si je peux coudre en suivant une ligne droite sans jamais m’en écarter de plus d’un millimètre (écart toléré lors du CAP)? Je parie que oui mais je ne sais pas le dire, je n’ai jamais essayé. C’est donc avec curiosité et intérêt que je me suis lancée dans les 36 exercices proposés par Christine Charles. 36 exercices qui sont un peu les lignes d’écriture de la couturière.

Bilan technique :

  • Coutures droites dans le droit-fil : ok
  • Coutures droites dans le biais : ok
  • Coutures droites parallèles : ok mais plus ok dans le droit-fil que dans le biais et plus ok pour coudre les parallèles à droite de la ligne repère qu’à gauche. Etonnant! Je n’ai pas fini avec çà, je sens que je vais faire des gammes souvent 😀 Par curiosité, je me suis mise à tester une couture droite dans la trame : surprenant de voir son fil dévier ainsi sans rien faire. Je n’avais jamais fait attention à cela.
  • Coutures courbes : ok

Bilan personnel : je ne couds déjà plus comme avant : tenir la ligne devient amusant et surtout CONSCIENT. Avant, je n’y prêtais pas beaucoup d’attention (c’était à peu près çà et c’était bien comme çà). De plus, les exercices proposés par Christine Charles ont attiré mon attention sur les différents comportements de la couture et du tissu suivant qu’on travaille le droit-fil ou le biais. J’appréhendais des lignes d’écriture bien ennuyeuses alors que finalement, ces exercices ont attisé ma curiosité. J’ai le sentiment de reprendre tout depuis le début mais sans plus griller d’étapes. Top!

Catégorie 3 : ça va être chaud!

  • Les bases de la couture machine (surjetteuse) : je n’ai jamais approché une surjeteuse de toute ma vie. Enfin, jusqu’à ce que ma nouvelle amie arrive dans les bras du facteur aujourd’hui. Jusqu’ici, je me contentais d’admirer les finitions des autres blogueuses (sb couture est sur ce sujet un de mes rendez-vous favoris : toujours aussi beau dedans que dehors avec elle!). Moi, je me tenais éloignée de cette machine coûteuse à l’air complexe avec ses 4 bobines. Trop impressionnante pour moi! Mais là, je n’y coupe pas. Ca fait partie du programme et surtout, ça fait partie de mes objectifs personnels : coudre du partageable, du transmissible, du durable. Le point zigzag de ma vieille compagne ne permet pas ce niveau de propreté et de solidité. Mais… Recevoir une machine par la poste ne va pas me transformer en super utilisatrice n’est-ce pas? Donc, les exercices proposés par Christine Charles sont bienvenus! En voici les premiers échantillons :

IMG_3223

  • Bien réagir face à un cahier de charges et lire une gamme de montage : Comment dire! C’est de l’info, à lire et relire, à retenir et sortir de sa tête au moment idoine. Donc, j’ai lu, relu et j’attends les premières réalisations de septembre pour vérifier ma compréhension.

Après ces préparatifs bien intenses, je vais m’offrir une semaine de repos avant d’entrer dans le vif du sujet en septembre. Je vous tiens au courant de mes mésavenures, promis!

Sophie

à la Une

Fraise : le top!

et son petit sac trapèze

La Craftine Box d’été est arrivée et s’est glissée entre mes intentions de patronage et le projet Bikini de ma fille (projet de Clotilde « je couds mon maillot de bain 2020« ). Pas pu résister à cette double gaze couleur crème parsemée de pépites dorées. Quant au sac estival assorti, pas question non plus de postposer!

20200622_095640c3-696x530

Fraise, c’est un top aussi féminin que le veut son petit volant à l’encolure, très facile à coudre. Joli sur le devant…

…et mimi à l’arrière grâce à l’effet « papillon » de la manche :

Avec le petit sac, ça donne un ensemble estival, assez harmonieux avec mon pantalon en lin couleur naturelle :

Pour une fois sur ce site, les décors sont…normands! Et comme vous le voyez, c’est avec le top Fraise que j’ai rouvert doucement ma saison funambule 2020… Choix audacieux mais combien élégant 😀

Je vous embrasse (oui, depuis ce blog, je peux encore le faire ;-)),

Sophie.

à la Une

Ma Framboise frivole

Mon cerveau bouillonne à mesure qu’il confine

La Framboise Frivole, c’est un duo de musiciens déjantés qui mérite le détour (pour ceux et celles qui veulent en savoir plus, ils se présentent ici). Mais, Sophie, c’est quoi le rapport avec ton blog là? Eh bien il n’y en a pas! Sauf que Framboise est le nom du patron de ma nouvelle robe 100% confinement et que du coup, ça m’a fait pensé à eux et que je me suis dit que c’était bien de vous les faire connaître si jamais c’était encore nécessaire. Voilà.

Houlà! Vous le sentez bien, ça va être compliqué à suivre cet article. Que voulez-vous? Mon cerveau bouillonne à mesure qu’il confine. A force de ne plus parler qu’à moi-même (et à ma famille mais elle, détient les codes nécessaires), je laisse à mon inénarrable sens du brouillon et du débridé une expression pleine et entière. Je vous invite à me le pardonner, à m’aimer comme çà et à poursuivre la lecture de ma troisième expérience de la Craftine Box.

Je sais, je n’ai pas dit un mot des précédentes mais pour la veste « Avocat », les photographies sont de mauvaises qualité et il faudrait les refaire (à moins que je les publie ainsi?) Pour la boite suivante, je suis tombée en désamour tant avec les modèles qu’avec les tissus… Et, l’avouerais-je? Je ne rafole pas de cette boîte Craftine et de ses patrons minimalistes. Les finitions me laissent sur ma faim. Ceci dit, le rapport qualité-prix tient vraiment la route et je doute que les éditrices eussent pu mieux faire dans cette gamme de prix. J’apprécie aussi beaucoup les propositions d’accessoires assortis et je suis ravie d’avoir essayé. Sans compter que recevoir un cadeau postal quand on n’y pense plus, c’est toujours très gai 😀

Trève de bavardage! Ma robe Framboise, je la voulais ample pour être à l’aise, ne pas la sentir qui me ceinture la taille. Le modèle s’y prêtait. Alors je l’ai cousue dans une taille 48! Ben oui. Quand on fait un choix, autant y aller carrément. Evidemment, il faut assumer aussi après de ressembler à une bonne femme perdue au milieu d’un sac de patates… Par contre, je confirme : elle est d’un confort dont je ne suis pas prête de me plaindre.

Et autant elle me déplaisait face à un miroir qui ne dit pas toujours la vérité, autant les photos d’Anabelle et le beau soleil qui baigne Bruxelles aujourd’hui me réconcilient avec elle et l’allure qu’elle me donne…

Les détails que j’aime : le noeud à l’arrière (fort inutile : vu la taille je l’enfile sans y toucher! Chouette!) et la manche bouffante reprise par une bande de poignet :

Hé! Vous avez vu? J’ai le sac asssorti! Si si il l’est! La preuve en image :

Et voilà! J’espère que mon article vous trouve toutes et tous en bonne forme. A très vite pour ma réflexion sur ma garde-robe « été 2020 »!

Sophie

à la Une

Quand le stock vient à manquer…

…les masques deviennent colorés

Nouvelles commandes à l’atelier. J’en arrive à me dire qu’avec un petit registre de commerce, je pourrais me lancer dans ce que j’aime : la couture! 😀 Mais trève de rêveries! Pour l’instant, je m’en tiens à la famille et aux amis, ceux pour qui je veux coudre sans compensation autre que le cadeau qu’ils me font de compter parmi mes proches. Ma petite machine familiale suit comme elle peut.

J’ai aménagé le patron LMV pour permettre des marges de couture de 1cm plutôt que 0,5 et présenter un ourlet propre. Pour le reste, par rapport à mes velléités précédentes, (voir Des masques ou pas) j’ai testé une couture anglaise mais je trouve que la différence au niveau résultat ne justifie pas l’effort.

Pour le reste, je poursuis l’épuisement des mes réserves et en atteint doucement le bout : le fil de couleur neutre a disparu de mes bobines, les coupons de coton blanc diminuent, la réserve de biais fond comme neige au soleil et cela se constate à mesure que je sors des masques : de plus en plus colorés! Mais tous sont testés au préalables comme résistants au lavage à 90°.

Sur ce dernier point, je sais, on ne parle plus que de 60° à présent. C’est curieux comme le niveau d’exigence des recommandations s’altèrent à mesure que le matériel fait défaut… A l’Atelier des Gaufres, les coupons 100% coton bio résistent parfaitement. Donc, pas de raison de brader la qualité. D’autant que côté mercerie, les résidus de biais de ma maman (voir Le pavillon des girafes) et les élastiques de la tante Hortense sont d’une époque où le label 95° semblait de base…

Eh bien vous savez quoi? Je reviens sur un vieil article où il m’était apparu que la couture permet l’expression positive des sentiments ( Coudre, c’est dire des mots doux). Je ressens ce genre de choses à la couture de chaque masque. Il me rappelle la personne à qui je le destine, il me renvoie des souvenirs, il me fait imaginer celui ou celle qui va le trouver dans sa boite aux lettres,…)

Il m’arrive même d’imaginer que ce masque protège mes proches et fait barrière au virus. Bon, j’avoue que sur ce dernier point je suis un peu sceptique… Fort heureusement, on ne me demande pas de juger du bien-fondé de la mesure, juste l’appliquer et aider les autres à l’appliquer. Ca me suffit comme responsabilité.

Mais décidément, coudre, c’est vraiment dire « je t’aime » aux personnes chères.

à la Une

Garde-robe de rentrée…

…pour petite intrépide!

Bonjour tout le monde! Quel bonheur de se retrouver après tant de silence. Mais attention! Silence n’est pas désœuvrement et je vous dois de réserver au plus vite le temps nécessaire pour vous dévoiler les réalisations de ce printemps et de cet été qui, pour l’instant, n’ont pas été publiées.

Avant cela, je brûle d’impatience de vous parler d’un projet lancé à la légère sur un ton badin mais qui commence à prendre forme. Imaginez-vous! Nous étions dans nos pulls polaires sur un emplacement de camping de la Baie de Somme à scruter le ciel gris et Meteo France nous affirmait qu’il était ce que nous pouvions espérer de mieux en territoire métropolitain pour une bonne semaine au moins. Pour en attester, à la télé, les images d’orages succédaient à celles d’une mini-tornade en Meurthe et Moselle…

Alors, une idée a germé dans les deux cerveaux de l’atelier des Gaufres : et si on rentrait chez nous, profiter d’une semaine de pluie bien au chaud, à l’abri, autour d’un projet « couture »? Il nous a bien fallu trouver quelques arguments pour que cette envie de retour l’emporte chez les autres membres de la famille mais vous savez, la motivation (et l’humidité) peut faire merveille quelques fois.

En deux temps trois mouvements, nous étions de retour en Belgique avec pour ambition de concocter une garde-robe de rentrée à Anabelle. La coquine a compulsé pas moins de 46 revues pour en faire émerger une petite dizaine de modèles candidats. Ensuite, une visite de plusieurs heures au Chien Vert lui a permis d’élire les coupons requis pour 6 parmi les modèles sélectionnés. Si c’est pas de la couture raisonnée ça!

Vous avouerais-je une fois encore combien il m’est agréable de partager cette passion avec ma petite fille? Je lui découvre une personnalité forte doublée, c’est utile, d’un goût très sûr <3. Jugez plutôt : la garde-robe de rentrée « à la garçonne » sera composée des 6 pièces suivantes :

Un sarouel

Il s’agit du modèle Burda Kids 630 du numéro Hors-Série 68H paru en 2017. Anabelle aime les couleurs autant que son confort. Son choix de tissu s’est porté sur un Sweat extensible déliné en 4 tons durs : gris souris, turquoise foncé, rouge, jaune. De quoi dissiper la grisaille!

Un pantalon « sporty chic »

Le modèle est de La Maison Victor : Levin avait tout pour plaire à Anabelle : souple, élégant et surtout, le label « enfant casse-cou autorisé ». Tissu élu (dont j’espère qu’il convienne) : un tricot anthracite à l’envers gratté ultra doux.

Un T-Shirt sans manche dit « marcel »

Un T-shirt sans manche pour l’été indien mais qui peut devenir une chemisette de réconfort pour les jours plus froids. Anabelle a choisi le modèle Bent de La Maison Victor qu’elle compte décliner dans un jersey aux motifs de koalas dans des tons jaune, beige, brun clair.

Un T-Shirt classique à manches courtes

Nous testerons notre nouvelle acquisition « Couture mère-fille » grâce à un modèle de T-Shirt dit « graphique », qu’Anabelle voyait parfaitement dans ce jersey à motifs de lézards…

Une chemise

Oui, j’ai bien dit chemise plutôt que chemisier car il s’agit bien d’un modèle masculin qu’Anabelle a souhaité ré-éditer. Vu la réussite de son premier Oliver (La Maison Victor) qu’elle porte sans désemparer, je m’incline sans discussion (souvenez-vous de Maître Renard). Pour trouver le tissu de son prochain Oliver, l’intéressée a traversé le rayon « coton imprimé » du Chien Vert à de nombreuses reprises jusqu’à trouver le motif qu’elle voulait et qu’elle avait aperçu sur un modèle de vêtements exposé dans le magasin. Si les hirondelles ne font pas le printemps, allez savoir si elles ne font pas l’automne…

Un manteau

Last but not least… Un manteau! Un parka, pour être exacte, modèle « Drake » de La Maison Victor. Notre petite commanditaire était si enthousiaste que je n’y ai vu aucune malice. A l’heure où je vous écris, j’apprends, grâce à Drake, qu’il est possible de découper 58 pièces de tissu dans un coupon d’1m25 et d’une doublure d’1m ( 58! Vous avez bien lu) et je m’efforce de trouver le courage qui me permettrait de vérifier qu’un seul petit parka peut en effet contenir 58 morceaux à assembler 😉 Vous savez quoi? Je vais y aller à petits pas sur ce Drake dont je sens que nous en reparlerons…

Le choix de tissu : un jean ciré anthracite, une doublure matelassée pour avoir bien chaud au corps et pour doubler la capuche, une séduisante fourrure synthétique type « mouton ».

Et voilà qui devrait permettre à notre petite couturière en herbe de reprendre les cours sous les meilleures auspices. Bien sûr, je vous présente les résultats à mesure de nos productions et donc très très vite.

Alors? Que dites-vous de notre plan « anti-pluie »? En avez-vous fait autant ou avez-vous trouvé d’autres alternatives? J’ai hâte d’avoir de vos nouvelles!

Je vous embrasse.

Sophie.

 

Retrospective 2021

Productivité et amusement!

Hellooo! Avant de foncer tête baissée dans les projets foisonnants de 2022, je ne résiste pas au très classique mais non moins gratifiant exercice de la rétrospective de l’an écoulé.

2021, seconde année passée entre risque de contamination et risque de confinement, année partagée entre l’envie de sortir, de voir ses proches devenus trop lointains et la volonté de ne pas leur nuire. Je ne vous apprends rien mais je rappelle ces faits car ils posent une question pour tout couturier qui se respecte : est-ce encore la peine de coudre, de fabriquer des vêtements, de prendre soin de son apparence si c’est pour rester chez soi.

La question est pertinente, d’autant plus que la généralisation du télétravail et la réduction drastique des occasions de sortir limitent beaucoup l’usure de nos pièces de garde-robe. Et c’est tant mieux! La conséquence n’est pourtant pas de changer de hobby et de passer au vélo d’intérieur. La conséquence est coudre mieux : prendre plus de temps et de soin à chaque pièce et pourquoi pas? Coudre autre chose que le tout-venant destiné à couvrir les besoins quotidiens.

Pour ma part, voici, sans concession, les réalisations de 2021.

Les bodies et la lingerie

Section qui méritait d’ouvrir la marche parce que c’est vraiment dans ce domaine que je me suis le plus amusée. Je ne vous refais pas l’histoire de mon désir de body que j’avais fait taire jusque là. J’adore cette pièce confortable et un peu provocante parfois. En 2021, trois bodies sont nés dans mon atelier, tous trois dessinés par Charlotte Jaubert : Le Baïla avec ses manches-ballons m’a donné des ailes sur une plage normande, le Gashina devant le sapin de Noël m’a fait briller de 1000 feux et le Mago, plus soft, a eu son petit succès le jour de l’An, grâce à son dos bénitier rehaussé d’une jolie chaîne.

Côté lingerie, j’ai surtout travaillé la culotte, même si j’ai aussi tenté le patronnage sur mesure d’un soutien-gorge bien couvrant. L’ensemble culotte/soutien-gorge sont en plumetis de chez Stragier. La culotte est le modèle « pique-nique champêtre » de Laura Stanford et Katherine Sheers.

Le reste, c’est la série présentée dans mon article Salade de fruits Les modèles et le coffret matière sont de Charlotte Jaubert.

Enfin, un expérimentation convaincante : la culotte menstruelle de Charlotte Jaubert pour Artesane. Confort et beauté conjugués au moment où on en a le plus besoin :

Le C.A.P.

Vous l’aurez compris, 2021 était plus orientée « plaisir » que « devoir ». Aussi, les réalisations dans le cadre du programme CAP de Christine Charles ne sont pas légion. Voici tout de même deux très beaux résultats : la robe Eleanora et le chemisier Adelise :

Les tops

Une série d’articles vous a déjà présenté ce que j’ai appelé les tops de l’été. Parmi eux, le petit top noir pour les chaudes soirées d’été, le Liberty manche 3/4 bouffantes, le sans-épaules aux motifs de mirabelle, la marinière avec noeud à l’avant, le T-shirt avec noeud à l’arrière… Tous les modèles sont de Burda et tous les tissus sont Stragier.

Un petit dernier jamais édité (parce que je ne l’avais pas repassé au moment du shooting et que la luminosité était très moyenne…) : le joli top Burda Easy en plumetis Stragier :

Une robe tout de même

Enfin, une robe a tout de même vu le jour en 2021 : féminine à souhait dans un coton de la collection UNE de Stragier. Trop beau pour en liquider les chutes si petites soient-elles. J’ai testé une couture récup’ : les petits sachets de thé pour jouer à la dinette…

Des accessoires

Les sachets de thé n’ont pas été mes seuls essais en matière de récupération et de surcyclage des restes ou des matériaux usagés. Une vraie réussite en 2021 a été la confection d’un tissu à partir de petits carrés de denim retirés aux jeans (très) usagés et moultes fois déjà rapiécés d’Anabelle. Avec le coupon ainsi conçu, j’ai pu réaliser une très jolie trousse. Solidité et bonne tenue au rendez-vous :

A propos de trousse… J’en ai imaginé une à partir du modèle « caméléon » de Corinne Romeyer. C’était à l’occasion d’un anniversaire dans ma famille et j’avais envie de faire quelque chose d’unique. Aussi me suis-je lancée dans le perlage, forte des conseils de Marie-Laure Thorne lors de sa master classe de fin d’année pour Artesane. Le motif est familial, dans le sens où sa conception un peu aléatoire a requis l’intervention de plusieurs parmi nous 😀

Enfin, terminons avec le sac à main, autre projet récup très satisfaisant. La sangle est d’un vieux sacs en lambeaux, le corps est issu d’un vieux jean d’Anabelle (oui vous avez compris, elle est un intarissable fournisseur de vêtements élimés!), le rabat est un reste de simili cuir utilisé pour la trousse en forme d’éléphant (voir Fan d’éléphant!) et la doublure est un reste de coton fil-à-fil utilisé pour le chemisier Adelise. La seule matière neuve utilisée est l’entoilage thermocollant. Vu l’usage journalier que je fais de ce sac, il m’a semblé plus que raisonnable de l’entoiler.

Enfin, il me faut terminer cette rétrospective en saluant le départ du chat de l’atelier, Nikita, la fan des shootings, la démente des chutes de tissus, la chasseuse des restes de papier de soie, mon assistante imprévisible, nous a quitté à presque 17 ans.

Entre-temps, Oreo est entré en formation mais il a encore du chemin à faire pour comprendre tous les délices de l’atelier… Et pour l’instant il préfère le classique panier à mes tiroirs à tissus mais me direz-vous, est-ce un inconvénient?

Entrons à présent en 2022. Qu’elle vous soit douce!

Sophie

Salade de fruits

Joli! Joli! Joli!!!

Voici, comme il arrive parfois, un article dédié à la couture de ma lingerie. Que cela reste entre nous mais j’avais acheté, alors que j’étais étudiante sans le sou, un set de culottes en coton blanc dans un magasin qui les liquidait à prix cassé.

Ces culottes se sont avérées inusables et m’ont accompagnée jusqu’à… aujourd’hui (ou presque)! Ahaa! me suis-je dit, voilà une occasion en or de me refaire un petit jeu de culottes/slips/tangas/strings bien utiles et cette fois, je vais éviter le coton blanc.

OK le coton blanc, c’est confort et ça passe partout. Mais bon. Est-ce que le porter est un plaisir renouvelé chaque matin? Est-ce qu’avec çà on se sent irrésistiblement en confiance ou même irrésistible tout court? Vous devinez bien la réponse 😀

Donc, ce fut décidé : les remplaçantes seront faites maison et elles seront chatoyantes! Et aussi, sans peur des sarcasmes de la moitié qui me veut du bien, elles seront dans mon style. Vous savez ce truc étrange entre vintage et goût douteux? Mais je ne lâche rien cette fois, je fais ce que je veux, comme je le veux. Ce sont mes culottes après tout 😀

Sur les matières je n’ai pas hésité beaucoup. A l’époque où j’ai conçu ce projet de cousettes lingerie, Charlotte Jaubert sortait une série de coffrets « dentelles » dont un allait vraiment rendre possible mes envies jusque là enfouies dans ma tête. Ce coffret, épuisé depuis, s’appelait « Citronnade » et composait une jolie variation de jaune et de blanc. Et moi, le jaune… J’ADOOOORE!

Pour accompagner ces splendides dentelles, j’ai choisi deux tissus de chez Stragier. Le premier est la version jaune et glossy du tissu présenté sur un body dans mon précédent article (Baila sur mer), un lycra bi-stretch de très bonne tenue. Le second est un satin duchesse extensible, dans un ton jaune « anis ». Les références respectives de ces matières sont les articles 0000 2551 et 0000 3308.

Dotée ainsi des plus belles fournitures, j’ai choisis d’utiliser les patrons du cours culotté d’Artesane. Ce cours est donné par Charlotte Jaubert, qui du coup, occupe dans mon projet une place carrément centrale! Dans ce cours, quatre patrons sont proposés :

  • La culotte Kiwi
  • Le tanga Tropical Juice
  • La culotte montante Rhubarb
  • Le shorty Black grappe

La voilà la fameuse salade de fruits! Mes projets à présent :

Le shorty Black Grappe

Il fallait absolument que je tente la version du cours de Charlotte avec un dos en dentelle. C’est trop beau!! Côté taille, j’aurais pu viser un 40 plutôt qu’un 42, ça aurait été plus seyant. Mais ce shorty est tout de même confortable et si beau!

Le tanga Tropical Juice

le tanga, c’est le parfait compromis entre slip et string. J’aime son confort et sa jolie ligne. Du coup, je m’en suis concocté deux, dans la bonne taille cette fois!

Le premier présente un devant en satin duchesse tandis que l’arrière est coupé dans une résille couleur chair. Je voulais absolument tester cette technique de finition sans élastique présentée dans le cours de Charlotte mais j’admets que l’utilisation pour cela de la résille chair est peut-être une faute de goût. Je dis bien peut-être parce qu’elle ne fait pas l’unanimité dans le couple (mais moi j’adore ce que j’ai fait 😉 )

Le second est une tentative à partir d’un devant en lycra et d’un dos en broderie anglaise extensible. Pas sûre que le résultat soit digne des magnifiques matières utilisées. Je m’y prendrai autrement la prochaine fois, notamment pour avoir une parfaite symétrie de motifs du dos.

La culotte montante Rhubarb

Mon idée? Le truc vraiment vintage, taille haute gainante, avec côtés en dentelles. Pour le corps de culotte, c’est du satin duchesse, et pour les côtés, j’ai cousu, suivant les conseils de Charlotte, deux bandes de résille couleur chair (effet déjà sublime sans rien d’autre que celà) sur lesquelles j’ai placé deux pans de dentelles blanches et jaunes (parce que dans mon mood lingerie, plus c’est mieux).

Sur la photo, on voit fort la doublure de résille mais une fois portée, l’effet « transparent » est bien présent. Je sais, il faudrait que je vous le montre mais voilà, je ne suis pas encore convaincue de placer ce genre de photo sur un blog public et à dire vrai, mon photographe de mari l’est encore moins que moi 😀

Pour les finitions, j’ai opté pour une laminette emprisonnée, jugeant qu’il y avait assez de fioritures comme cela.

Me voici donc à la tête d’un petit ensemble bien agréable à porter et à regarder!

Et de plus en plus, la couture lingerie devient addictive. Quel plaisir de travailler des choses si petites en prenant soin du détail. Des petites choses qu’on fait d’abord pour soi 🙂

%d blogueurs aiment cette page :