Salade de fruits

Joli! Joli! Joli!!!

Voici, comme il arrive parfois, un article dédié à la couture de ma lingerie. Que cela reste entre nous mais j’avais acheté, alors que j’étais étudiante sans le sou, un set de culottes en coton blanc dans un magasin qui les liquidait à prix cassé.

Ces culottes se sont avérées inusables et m’ont accompagnée jusqu’à… aujourd’hui (ou presque)! Ahaa! me suis-je dit, voilà une occasion en or de me refaire un petit jeu de culottes/slips/tangas/strings bien utiles et cette fois, je vais éviter le coton blanc.

OK le coton blanc, c’est confort et ça passe partout. Mais bon. Est-ce que le porter est un plaisir renouvelé chaque matin? Est-ce qu’avec çà on se sent irrésistiblement en confiance ou même irrésistible tout court? Vous devinez bien la réponse 😀

Donc, ce fut décidé : les remplaçantes seront faites maison et elles seront chatoyantes! Et aussi, sans peur des sarcasmes de la moitié qui me veut du bien, elles seront dans mon style. Vous savez ce truc étrange entre vintage et goût douteux? Mais je ne lâche rien cette fois, je fais ce que je veux, comme je le veux. Ce sont mes culottes après tout 😀

Sur les matières je n’ai pas hésité beaucoup. A l’époque où j’ai conçu ce projet de cousettes lingerie, Charlotte Jaubert sortait une série de coffrets « dentelles » dont un allait vraiment rendre possible mes envies jusque là enfouies dans ma tête. Ce coffret, épuisé depuis, s’appelait « Citronnade » et composait une jolie variation de jaune et de blanc. Et moi, le jaune… J’ADOOOORE!

Pour accompagner ces splendides dentelles, j’ai choisi deux tissus de chez Stragier. Le premier est la version jaune et glossy du tissu présenté sur un body dans mon précédent article (Baila sur mer), un lycra bi-stretch de très bonne tenue. Le second est un satin duchesse extensible, dans un ton jaune « anis ». Les références respectives de ces matières sont les articles 0000 2551 et 0000 3308.

Dotée ainsi des plus belles fournitures, j’ai choisis d’utiliser les patrons du cours culotté d’Artesane. Ce cours est donné par Charlotte Jaubert, qui du coup, occupe dans mon projet une place carrément centrale! Dans ce cours, quatre patrons sont proposés :

  • La culotte Kiwi
  • Le tanga Tropical Juice
  • La culotte montante Rhubarb
  • Le shorty Black grappe

La voilà la fameuse salade de fruits! Mes projets à présent :

Le shorty Black Grappe

Il fallait absolument que je tente la version du cours de Charlotte avec un dos en dentelle. C’est trop beau!! Côté taille, j’aurais pu viser un 40 plutôt qu’un 42, ça aurait été plus seyant. Mais ce shorty est tout de même confortable et si beau!

Le tanga Tropical Juice

le tanga, c’est le parfait compromis entre slip et string. J’aime son confort et sa jolie ligne. Du coup, je m’en suis concocté deux, dans la bonne taille cette fois!

Le premier présente un devant en satin duchesse tandis que l’arrière est coupé dans une résille couleur chair. Je voulais absolument tester cette technique de finition sans élastique présentée dans le cours de Charlotte mais j’admets que l’utilisation pour cela de la résille chair est peut-être une faute de goût. Je dis bien peut-être parce qu’elle ne fait pas l’unanimité dans le couple (mais moi j’adore ce que j’ai fait 😉 )

Le second est une tentative à partir d’un devant en lycra et d’un dos en broderie anglaise extensible. Pas sûre que le résultat soit digne des magnifiques matières utilisées. Je m’y prendrai autrement la prochaine fois, notamment pour avoir une parfaite symétrie de motifs du dos.

La culotte montante Rhubarb

Mon idée? Le truc vraiment vintage, taille haute gainante, avec côtés en dentelles. Pour le corps de culotte, c’est du satin duchesse, et pour les côtés, j’ai cousu, suivant les conseils de Charlotte, deux bandes de résille couleur chair (effet déjà sublime sans rien d’autre que celà) sur lesquelles j’ai placé deux pans de dentelles blanches et jaunes (parce que dans mon mood lingerie, plus c’est mieux).

Sur la photo, on voit fort la doublure de résille mais une fois portée, l’effet « transparent » est bien présent. Je sais, il faudrait que je vous le montre mais voilà, je ne suis pas encore convaincue de placer ce genre de photo sur un blog public et à dire vrai, mon photographe de mari l’est encore moins que moi 😀

Pour les finitions, j’ai opté pour une laminette emprisonnée, jugeant qu’il y avait assez de fioritures comme cela.

Me voici donc à la tête d’un petit ensemble bien agréable à porter et à regarder!

Et de plus en plus, la couture lingerie devient addictive. Quel plaisir de travailler des choses si petites en prenant soin du détail. Des petites choses qu’on fait d’abord pour soi 🙂

Baila sur mer

L’incroyable histoire du body qui affranchit

Comme parfois, je vais vous conter une historiette. Historiette, qui commence comme « histoire » et finit comme « cousette ». Historiette donc, ou histoire d’une cousette. Je vais donc préférer aujourd’hui parler atmosphère, impression, rencontre, vécu plutôt que marges de couture, poids des tissus et choix des aiguilles.

J’ai cousu le body Baila de Charlotte Jaubert (https://www.charlottejaubert.fr/) par volontarisme mais avec peu de foi. Je vous explique : j’aime énormément le vêtement « body ». La mode de ma jeunesse au début des années 90 et une silhouette à l’époque avantageuse m’ont permis d’en porter avec bonheur, sans me poser de questions.

Aujourd’hui, je couds ce que je porte et je vois des patrons de body sortir doucement des doigts de fée de quelques stylistes indépendantes et cette offre naissante est venue faire trembler les bases de ma confiance en soi. Ces questions étaient déjà présentes sans doute mais je ne les avais jamais exprimées aussi nettement jusqu’ici.

Peut-on porter un body à mon âge? Avec ma silhouette? Avec mes cheveux que j’ai choisi de garder gris? Que suis-je devenue? Que puis-je encore me permettre? Y a-t-il des barrières à ne pas franchir? Lesquelles? Pourquoi? Des commentaires plein de venins et si communément admis sont venus me taquiner : « elle est ridicule », « c’est une vieille folle »,  » on ne porte pas çà quand on est petite et boulotte »,…

Pourtant, au fond de moi, l’envie de plaire est intacte et l’envie de porter le body aussi. Alors quoi? Certains vêtements sont-ils réservés aux top models? Et dans ce cas, à quoi et surtout à qui servent-ils vraiment?

Dans le même temps, tout à fait par hasard, j’ai lu des articles de mode qui parlaient de Jean-Paul Gauthier. Du questionnement qu’il a permis sur la mode, le sentiment esthétique qu’elle produit, de l’importance pour celui-ci du bonheur qu’à une personne à porter le vêtement. Ces idées m’ont travaillées et vous en trouvez une part dans Et pourquoi pas crop le top?

Comme il arrive parfois, elles ont trouvé à se nourrir aussi chez d’autres blogueuses. Une blogueuse en particulier dont je recherche avidement les coodonnées du blog tristement égarées. J’ai vu un des ces articles qui était référencé par Clotilde (Couture and Clo) et qui la montrait en démonstration d’un tout nouveau patron de body. Cette personne dont je recherche le nom portait une très grande taille et avait réalisé son body dans un tissu velour stretch beige-or.

Une leçon de bien-être, de confiance, de bonheur. Grâce à elle, j’ai compris comment la personne qui croit dans ce qu’elle porte sans complexe peut réellement induire un sentiment esthétique chez celui ou celle qui la regarde. Cette personne qui ne méritait pas que j’oublie son nom, m’a convaincue de faire un premier pas.

Ce premier pas fut l’achat du patron Baila de Charlotte Jaubert. Je connais l’auteure pour avoir réalisé quelques-uns de ses patrons dans le cadre des cours et masterclasses d’Artesane : le body Amoroso cousu pour ma fille, et quelques patrons du cours culotté. Si je ne l’avais égaré (oui, je sais c’est pathologique), j’aurais bien testé une version personnelle d’Amoroso mais face à l’échec de mes recherches dans mes patrons PDF, j’ai fini par céder à l’appel de Baila, patron que la styliste décrit elle-même comme conçu pour une femme imaginaire « confiante et libre ».

Soit, me suis-je dit. Voilà certainement un signe. La coupe me plaisait beaucoup par ailleurs : un croisé type cache-coeur sur le devant et le dos, des enformes à l’encolure et à la culotte sans parler des manches bouffantes avec poignet prononcé.

Côté défi, c’était largement suffisant. Je me suis dit que comme je n’oserais sans doute pas le porter, je pourrais toujours l’utiliser en secret pour séduire mon petit mari et tout çà resterait entre nous. Un article sur le blog? Peut-être mais avec le body posé sur un cintre!

Vous voyez? Ce n’était pas gagné et les photos que je finis par publier sont le témoin du chemin parcouru grâce à ce vêtement magique. Il est tellement confortable et je me sens tellement bien dedans que la honte de montrer « trop » finit par laisser la place progressivement à l’envie de le porter en toute occasion.

D’abord un dimanche à la maison. Puis, des photos de test à des personnes de confiance pour recevoir leurs impressions. Puis, une journée au bureau avec un grand foulard qui cache tout. Enfin, porté seul, sans plus aucun complexe sur une plage normande. Ouf! Quel coquin ce body Baila. Ma seule envie : en coudre d’autres!

Le tissu est pour beaucoup dans le succès de cette réalisation : je vous recommande sans réserve les ultrastretch matt de la Maison Stragier! La palette de couleur n’est pas énorme mais quelle qualité! Le taux d’élasticité est parfait pour le patron Baila : il permet de coudre sa taille du commerce. Ici, une taille 42 pour moi. Ce tissu est par ailleurs facile à manipuler (pour un extensible) et se comporte très bien à l’entretien.

Côté finitions, j’ai tout fait à la surjeteuse en m’offrant le petit plaisir d’avoir tout bâti à la main avant de passer à la machine. Ce n’est pas tout à fait nécessaire : une bonne pose d’épingles le fait aussi. Mais les préparations à la main me donnent beaucoup de satisfaction et sont tout de même très efficaces en terme de précision. Pas nécessaire donc mais efficace et luxueuses! Et vous savez quoi? Nous qui cousons nos propres vêtements, nous sommes en capacité de nous offrir du luxe! Alors pourquoi pas?

Libre et confiante, Charlotte? Sans rire? C’est ce que je ressens aujourd’hui.

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